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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 06:45
Et l’homme apparut…I) - Un monde de brutes a l’état brut - Djida Cherfi
 
 
 
A l’aube du monde,
Quand la nature traçait sa route
Les civilisations, sans doute,
Devaient être à l’état brut.
Puis un jour, tel une verrue,
Sur la terre, l’homme apparut.
Aussi brut que barbare,
Il était sauvage et ignare.
La nature en savait plus que lui,
Il vivait de soleil et de pluie.
Faisant attention où il mettait les pieds,
Il n’allait que là où l’environnement le lui permettait ?
Peu à peu, il a évolué,
Il s’est levé, le dos redressé.
Il s’est mis à fabriquer,
A construire et à labourer.
Plus tard, il a voulu inventer,
Bâtir et détruire selon son gré.
Il est devenu homme fort et bavard,
Il est devenu fort, homme de pouvoir
Qui  veut à tout prix se surpasser
Pour avoir une revanche sur son passé.
Ne faisant plus attention aux pas qu’il fait,
Partout, il veut fourrer son nez.
L’homme primitif a avancé,
Mais son esprit est conditionné.
Il était brute, il reste barbare.
Il était sauvage, il reste ignare.
Démarches sournoises jamais réfléchies.
Indifférence et rejet des valeurs de la vie.
 
©Djida Cherfi Juin 2015  




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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 07:05
Le regard alors perdu – Michel Bénard
 
 
 
 
Le regard alors perdu
Sur le profond mystère
De la voie lactée,
Par la magie du rêve
Laisser se dérouler
Nos légendes d’écume et de sel,
Laisser s’éclaircir en nous
Les nappes de brumes
Encore enchâssée
Dans le bleu d’un vitrail
Symbolisant l’union
D’un mariage clandestin
Aux nostalgiques souvenirs.
 
©Michel Bénard.  




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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 07:22
Rêve et Désirs – Ode
 
 

Tant de lunes ont éclairées mes nuits
Tant de lunes sont venues attiser
Les braises de mon ventre blanc
Mon ventre chaud à faire fondre
Toutes les neiges de mes ans

Je t'appelle dans le rayon qui filtre
Mon corps te réclame
À ta source même
La flamme bleue de tes yeux
Allume l'éternité et fait refleurir
Nos incertaines étreintes

J'appelle les plaisirs de l'amour
Pour la seule joie d'aimer
S'allonge la nuit sur le rouge
De mon ventre de feu
Mon cœur ne chôme pas

Je suis l'amoureuse de l'amour
Et je brûle sous les braises ravivées
Réveillée par le rêve que je fais de toi
Entends-tu monter en toi le désir
Entends-tu monter la musique de mon âme

Et j'arrive à la hauteur de ta flamme
Continuer le rêve
Achever le poème de chair et de sang
Jusqu'aux berges
De son interminable blancheur
 
©Ode  




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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 06:44
Sur le chemin des fleurs – Jean Dornac
Photo J.Dornac©
 
 
 
Sur le chemin des fleurs
Je veux conquérir le bonheur
Elles sont figure d’innocence
Autant que de belle abondance
 
La fleur est l’une des images
De la perfection et de la beauté !
Des femmes, elle est l’apanage
Elles sont semblables pour l’éternité !
 
Quelle que soit la forme de leur cœur
Ou la puissance de leur parfum
Nul besoin des mots d’un flatteur
Pour qu’elles échappent au commun…
 
Les unes et les autres captivent nos vies
Comment imaginer pouvoir leur résister ?
Par séduction, elles développent nos envies
Et l’homme, toujours, sera leur prisonnier…
 
Imaginez une sublime femme
Entourée de fleurs ô combien magiques…
Y voyez-vous un quelconque drame ?
Non, il n’y a qu’harmonie et belle logique…
 
Il ne faut user que de mots doux
Pour les unes comme pour les autres
C’est le seul moyen de conquérir ces bijoux
C’est la seule arme qui demeure la nôtre…
 
Il me suffit de contempler une rose
Pour ressentir les élans d’un fol amour
Quelque chose qui ne peut qu’être grandiose
Pour me transformer en éternel troubadour…
 
©Jean Dornac
Lyon, le 13 septembre 2015  




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13 septembre 2015 7 13 /09 /septembre /2015 06:40
APOCALYPSE - Pierfetz
 
 
 
 
Le bon vieux temps passé se décline en regrets.
Dure réalité se construit au courage
D'être toujours en vie malgré ce goût "aigret"
D'un monde qui disparaît, éclaté sous l'orage.
 
L'automne flamboyant, dépouillant ses habits,
La nature se prépare à gommer les saisons.
La vie semble s'éteindre, l'avoir devient débit,
Au printemps des amours, succède la raison.
 
Est-ce bien raisonnable de devenir très sage,
Atteindre le Nirvana, ni chair, ni poisson,
Laisser pourrir sur plage, comme de vieux branchages,
L'Ineffable semence de nos futures moissons ?
 
En ces jours de colère, je quitterais la terre,
Comme le Petit Prince en route vers son étoile,
Fuyant l'apocalypse d'un monde délétère;
Je l'imagine ainsi comm(e) ma rose sur sa toile!
 
Pourtant la VIE s'incruste au-delà des tombeaux,
Envahit nos jardins, affleure les volcans
Renait à travers cendres, écarte les lambeaux.
Une antique semence défie la nuit des temps.
 
Nous sommes les relais d'un Présent incessant,
Où la vie recommence journellement ses bouquets.
L'Avenir nous prépare des printemps florissants.
Après notre passage, l'AMOUR EST aux bosquets.
 
Pierfetz - Automne 2004 ©




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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 06:59
Politique – Thierry Deschamps
" Le mensonge " SALVATOR ROSA
 


Promettre à tours de bras, tout, et n'importe quoi,
Oublier aussitôt ses engagements verbaux,
Lancer dans les medias quelques fausses infos,
Intriguer et mentir pour piquer quelques voix…
Traîner ses adversaires dans la boue est normal…
Il faut en politique oublier la " morale " !
Que ne ferait-on pas pour obtenir un siège,
Un peu plus de pouvoir et quelques privilèges
En arrangeant les lois pour péter dans la soie…

~~*~~
 
 ©Thierry Deschamps
 




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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 06:49
Généreuse nature – Michèle Freud
Renaissance – Photo J.Dornac@
 
 
 
Virginie, une lycéenne de 15 ans, après une chute alors qu’elle skiait hors piste, resta deux mois à l’hôpital pour y soigner ses multiples fractures. Elle en sortit dans un fauteuil roulant. Mais le chirurgien affirma que tout dans son corps fonctionnait à nouveau, que c’était elle qui, désormais, possédait la clé de sa guérison complète.
Mais se sentant coupable d’une grave imprudence, elle demeura dans sa chambre, murée dans sa prison intérieure, inaccessible et sourde à tout dialogue. Souffrance des proches. Douleur muette, intense, quotidienne.
 
Un jour d’automne, deux mois après son retour d’hôpital, sa mère eu brusquement une intuition irrésistible. Comme une folle, elle conduisit Virginie dans le verger et s’en alla aussitôt, la laissant seule, immobile, inerte dans son fauteuil. Les minutes s’envolèrent. Et puis, comme par magie, une brise légère se mit doucement à caresser la jeune fille. Son visage sembla frémir, elle leva les yeux et regarda autour d’elle. Elle découvrit ainsi la grande prairie du ciel et ses nuages-fleurs, elle vit les arbres et les feuilles flamboyantes. Il y avait de la couleur partout. C’était beau, si beau qu’elle n’en finissait pas de regarder, encore et encore comme si elle voulait dévorer le paysage et s’en gaver jusqu’à plus faim, jusqu’à plus soif. Soudain elle sentit en elle tout un remue-ménage : ça pleurait, ça gémissait, ça bouillonnait, ça chantait. C’était la vie qui reprenait ses droits. Alors elle ouvrit tout grands ses yeux, ses oreilles, ses bras, son cœur pour accueillir cette bonne vie qui jaillissait. Et puis elle contempla ses jambes, ses pauvres jambes qu’elle avait ignorées pendant deux longs mois. Elle les palpa, les caressa, leur demanda pardon. Brusquement, du plus profond de son être, surgit un désir, un désir ardent, un désir violent de se mettre debout. Mais elle avait peur, elle hésitait encore à oser ce geste de « déprisonnement », elle hésitait encore à se dépendre de son idée fixe, de son obsession, de ses fantasmes. Alors tout son corps cria : « Ose-donc ! »
 
Elle entendit ce cri déchirant, en fut émue jusqu’aux larmes. Et lentement, elle se souleva de son fauteuil. Avec prudence, en frissonnant, elle posa ses pieds sur le sole et avec une volonté farouche, se redressa. Elle se tenait debout. Première victoire ! Il fallait bouger, maintenant. Mais ses jambes étaient faibles, si faibles qu’elle ne put faire que trois pas. Elle insista et petit à petit, pas après pas, elle avança… Une joie pétillante, explosive, circula dans ses veines. Elle avait réussi, elle marchait ! Quelle sensation merveilleuse de fouler l’herbe moelleuse, de toucher le cœur des fleurs, de caresser les baies d’églantines, de froisser entre ses doigts une feuille de menthe, de respirer amplement, profondément avec jubilation, de goûter quelques perles de rosées, d’enlacer un arbre. Voir, toucher, sentir, goûter, c’était la vie dans tous ses éclats ! Alors, dans le cœur de la jeune fille, il y eut comme un grand tourbillon, comme une vague de lumière qui se déroule. On aurait dit qu’un voile d’enchantement flottait dans l’air et Virginie était belle avec de la joie sur tout le visage…
 
Ce fut dans une envolée de feuilles de toutes les couleurs, qu’elle prit le chemin de sa maison…
 
©Michèle Freud



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10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 07:19
Carmen - Claude-Théodore de Banville
Théodore de Banville par Bénédict Masson
 
 
                                     Dicere carmen.
                                          Horace.
 
 
 
Camille, en dénouant sur votre col de lait
Vos cheveux radieux plus beaux que ceux d'Hélène,
Égrenez tour à tour, ainsi qu'un chapelet,
Ces guirlandes de fleurs sur ces tapis de laine.
 
Tandis que la bouilloire, éveillée à demi,
Ronfle tout bas auprès du tison qui s'embrase,
Et que le feu charmant, tout à l'heure endormi,
Mélange l'améthyste avec la chrysoprase ;
 
Tandis qu'en murmurant, ces vins, célestes pleurs,
Tombent à flots pressés des cruches ruisselantes,
Et que ces chandeliers, semblables à des fleurs,
Mettent des rayons d'or dans les coupes sanglantes ;
 
Que les Dieux de vieux Saxe et les Nymphes d'airain
Semblent, en inclinant leur tête qui se penche,
Parmi les plâtres grecs au visage serein,
Se sourire de loin dans la lumière blanche ;
 
Les bras et les pieds nus, laissez votre beau corps
Dont le peignoir trahit la courbe aérienne,
Sur ce lit de damas étaler ses accords,
Ainsi qu'un dieu foulant la pourpre tyrienne.
 
Que votre bouche en fleur se mette à l'unisson
Du vin tiède et fumant, de la flamme azurée
Et de l'eau qui s'épuise à chanter sa chanson,
Et dites-nous des vers d'une voix mesurée.
 
Car il faut assouplir nos rythmes étrangers
Aux cothurnes étroits de la Grèce natale,
Pour attacher aux pas de l'Ode aux pieds légers
Le nombre harmonieux d'une lyre idéale.
 
Il faut à l'hexamètre, ainsi qu'aux purs arceaux
Des églises du Nord et des palais arabes,
Le calme, pour pouvoir dérouler les anneaux
Saints et mystérieux de ses douze syllabes !
 
Claude-Théodore de Banville
Janvier 1844.
 
http://www.poesies.net/banvillelesstalactictes.txt



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9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 07:09
Lambeaux – Denise Bernhardt
 
 
 
 
A l’heure où les monts bleutés
Rompant la surface des eaux
Etendent leurs pans d’ombre,
 
Au moment où les anges
Redeviennent des hommes
Penchés sur la nudité de la femme
Avec dans l’âme
Un filet de rêves rémanent,
 
Je m’évade silencieuse, d’un plaisir
Risquant d’altérer
Le glacis incarnat de l’aurore.

© Denise Bernhardt


Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.




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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 06:40
COURAGE, FUYONS ! – Luce Péclard
 
 
A Jacques
 
 
Si crucial soit l’affrontement,
Courage, fuyons !
 
Essuyons le feu des critiques,
Battons en retraite.
 
Désertons le gros de la troupe,
Rejetons les rênes.
 
Prenons les sentiers de traverse,
Les bons raccourcis.
 
Arpentons seuls les grands chemins,
Clé des champs au poing.
 
Défrichons les nouveaux maquis,
Créons des issues.
 
N’oublions pas le sens premier
Donné à la fuite.
 
Et si parfois nous revenons
Sur nos anciens pas,
 
C’est juste sur appel pressant,
Témoins à la barre.  
 
©Luce Péclard

Extrait du recueil de Luce Péclard, « Pars si tu peux » aux éditions du Madrier


 

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