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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 07:42
Un petit tas de poussières – Jean Dornac
 
 
 
Un poète voulait passer, chez lui
L’aspirateur à poussières
Tout sage qu’il fut, de jour ou de nuit
Voilà une besogne qui ne lui plaisait guère !
 
Mais voyez-vous, cœur largement ouvert
Bien qu’il fut à trois-quarts sourd
Il entendit soudain, crié en vers
Comme un appel au secours…
 
Vite, il chaussa ses lunettes de grand-père
Qui le faisaient tant ressembler au Père Noël
Que vit-il, alors qu’il n’avait point bu de bière ?
Un petit tas de poussières très exceptionnel…
 
Chose qu’il prit dans un premier élan
Pour simple détritus mal nettoyé
La dernière fois qu’il fit le ménage sous le divan !
Mais c’était quand ?... Souvenir déjà effacé…
 
Regardant de plus près avec sa loupe
Et ses appareils auditifs
Il remarqua, comme un petit groupe
Pour le moins démonstratif !
 
Il distingua une bouche bien dessinée
Et des yeux au regard très malin
Qui ne cessaient de l’implorer
Comme le feraient de tristes orphelins…
 
C’est que la chose voyait s’approcher
La gueule monstrueuse et menaçante
D’un horrible tuyau noir et biseauté
Qui avait une allure tellement arrogante !
 
Le petit tas tentait bien de résister au souffle
Ou plus exactement à cette aspiration mortelle
Il aurait voulu se cacher dans une pantoufle
Pour ne pas être aspiré par le tuyau cruel…
 
Le vieux poète approcha du mieux qu’il put
Ses vieilles oreilles terriblement ridées
Du petit tas de grains qui n’en pouvait plus
Et il écouta mieux, cette fois, par le cœur guidé…
 
Son âme de poète entendit la complainte
D’un petit tas de poussières qui ne voulait pas mourir
Les grains formaient entre eux une famille sainte
Aucun ne voulait être séparé des autres même pour rire…
 
Par tendre compassion, notre vieux poète à la barbe blanche
Renonça au ménage, mais il pris le tas avec moult précautions
Le posa dans sa main tremblante, l’autre posée sur sa hanche
Puis l’installa dans une vieille crèche pour une bonne intégration…
 
Prenant son chapeau rouge et ses grosses lunettes
Son pourpre pantalon, ses bottes noires et son bel anorak
Il partit pour une longue tournée, son char rempli d’amusettes
Pour les enfants, Noirs, Rouges, Blancs, bref, de toutes couleurs en vrac…
 
Survolant toits et cheminées, il songea à l’étrange famille dans la crèche
Composée au fil du temps par des rencontres mouvementées
Faites de poussières diverses, poils de chat, pollens, venus par mille brèches
Qui, depuis, vivaient d’amour et d’harmonie serrés les uns contre les autres…
 
Ainsi est la vie qui ne supporte que les grandes diversités
Soyez différents, ne cherchez surtout pas l’uniformité !
C’est seulement dans la différence que se trouve la richesse
C’est en l’acceptant qu’on trouve Dame Sagesse…
 
©Jean Dornac
Lyon, le 6 décembre 2015

 


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6 décembre 2015 7 06 /12 /décembre /2015 08:21
De très Loin en plus Près - Gilles Lecoq
 
 
 
 
 
La Solitude, cette pause
Qui se pose, de temps en temps,
D'îles en îlots, de plages de calme
En typhons crâniens,
Où le Monde entier semble y hurler
En même tant de silences et de non-dits,
Que tu te sembles un et cent,
Unique et tellement identique
A tes Frères Humains
Que tu voudrais prendre sur toi,
Pour un instant,
Toute leur détresse et
Juste leur dire
Je Comprends.
 
Mais parfois aussi,
Ta misère personnelle te rattrape,
Celle qui se fond dans le décor,
Imperceptible mais si présente
Que tu crois, des fois,
Échapper à son perçant regard,
Et puis, les pieds dans le tapis pris,
Elle ta fait encore trébucher,
Te fait comprendre combien il est difficile
De trop longtemps la narguer.
 
Alors, des foies, de bar en bar,
Marin pêchant,
Martin-pêcheur,
Dans tes filets tu remontes
Le fil du temps afin de te remémorer
Ces Miraculeuses,
Ces Purs Instants où
Tu croyais le port du Bonheur atteint,
Celui que l'on cherche tous
Dans des brumes écossaises
Ou des vignobles aux feuilles automnisées,
Cru d'avoir cru à ses trompeuses promesses
D'une idylle magnifique et bacchanale.
 
Et puis, tu remontes du puits,
Ou redescends de ton échelle lunaire,
Pierrot en quête de sa Dulcinée,
Don Quichotte et ses moulins
Tournoient de tournoi en tournoi
Pour y conquérir ton Cœur.
 
Mais tu sais depuis peu
Que ce combat-là perdurera encore
Et encore,
Que tes illusions seront mises à rude épreuve
Sur l'agrandisseur de tes clichés éphémères
De cet Amour perdu.
Alors, tu te prépares
Et te harnaches de nouveau,
Car si l'habit ne fait point le moine
L'Armure,
Elle,
Protège des coups du Destin,
Et te renforce dans tes certitudes.
Ne rien espérer afin de ne rien regretter.
 
©Gilles Lecoq
26/10/2015

 


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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 07:52
Vertige – Thierry Deschamps
" Voyageur contemplant une mer de nuages " CASPAR DAVID FRIEDRICH
 


Voyager dans la nuit, aux confins des étoiles,

Enveloppé du silence d'une brise gonflant les voiles.

Retrouver un passé que l'on croyait perdu,

Traversant le désert, découvrir l'inconnu.

Ignorer l'illusion, chercher la vérité,

Guetter les premiers cris que pousse un nouveau-né.

Envisager la vie, avec l'Être Aimé…

~~*~~
 
  ©Thierry Deschamps
 


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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 08:04
La plage abandonnée – Michèle Freud
 
 
 
La mer toute bleue danse au gré des vagues. Une écume argentée et mousseuse lèche de gros galets rugueux. La plage est déserte, comme abandonnée. Seul un arbre noueux et tordu se découpe avec une absolue netteté sur la tenture d’une voûte céleste brumeuse. Quelques crabes affamés sortent de leur cachette et avancent de travers, engoncés dans leur carapace fauve, vers un alléchant déjeuner. Des couteaux, aux reflets nacrés, se prélassent dans des creux peu profonds. Les crevettes dorment encore dans leur sombre trou d’eau, pendant qu’une méduse toute flasque, offre sur le sable mordoré, un affreux corps gluant. Contre un gros bloc rocheux, une sculpture majestueuse dresse ses longs bras décharnés. Tout près, un entassement de galets plats évoque une bête étrange, autour de laquelle un mystère plane. Des lettres d’un poème anonyme sont gravées sur un tronc couché dans un enchevêtrement d’algues séchées. Au-dessus d’une dune, un cerf-volant joue allègrement avec un vent fou et rusé. Ses arabesques remarquables sèment du rêve à la volée.
 
Dans ce cadre reposant, où flottent des parfums d’aventure, comment ne pas être perturbé par les nuées de mouettes poussant brusquement des hurlements de mégères ?
 
Mais attachons-nous seulement au beau côté des choses. La mer est belle et la journée s’annonce savoureuse. Que demander de plus ? Alors, mordons goulûment dans le présent…
 
©Michèle Freud

 


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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 07:47
Ma fleur – Kacem Issad
Photo J.Dornac©
 
 
 
Belle de jour,
Belle de nuit,
Jasmin, lilas,
Des fleurs,
Offre-moi ton cœur.
Moi,
L’univers,
Mes sens,
Crient
Et supplient
Ta présence.
Doigts de fée,
Corps assoiffé,
De ton désir je suis coiffé.
Ô Cupidon !
Dieu
Ou démon,
De son cœur
Fait moi don.
 
©Kacem Issad



 
 
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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 07:51
Le regard amoureux – Denise Bernhardt
 
 
 
 
Dans tes yeux
Je vois les galions de l’aurore
Qui remontent le cours
Des fleuves assoupis.
Je vois l’impalpable azur
Flottant sur les lacs
Eblouissants.
Dans tes yeux baignent
Les jacinthes d’eau,
Les transparences violettes
Où se reflètent
Des iris d’or.
Dans tes yeux s’amoncellent
Des nuées de roses
Que le soleil effeuille
Au fil de l’horizon,
Tandis que les flamants
Tissent de leurs ailes
Les soies grèges
De la nuit.

© Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.




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1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 07:51
L’ÉNERGIE – Luce Péclard
 
 
 
L’énergie est ce mouvement
Qui m’entraîne et me renouvelle.
S’échappe-t-elle ?
Je la concentre.
 
Si je la dissipe, elle s’use
Et se calcine à petit feu
Sur le bûcher
De l’éphémère.
 
Gaspillée, elle disparaît
Dans mes anfractuosités,
Sans grand espoir
De résurgence.
 
Economisée, au contraire,
Elle ourdit les meilleurs complots
De mes idées
Avec mes gestes.
 
Rassemblée, elle se recrée
Au fur et à mesure en moi,
Telle une source
Au débit sûr.  
 
© Luce Péclard

Extrait du recueil de Luce Péclard, « Pars si tu peux » aux éditions du Madrier


 


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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 07:42
L’HORIZON RÊVEUR - Nancy Turnier-Férère
©Balthus
 
 
 
En vain
je crée ta présence calquée
sous mes draps de satin blanc
Je veille la voûte azurée du soir
pour m’évanouir
dans un sommeil
lointain et exquis
qui m’emportera vers
le zénith des rêves irisés
aux fantaisies bizarres
et volatiles de ce monde nébuleux
 
Reviens-moi je te réclame
 
Tout à l’horizon merveilleux
me rappelle si bien
nos rencontres capiteuses
Tout devient flou à l’aube
Combien
le cafard m’envahit
Je meurs d’impatience   
Je suis toute soumise
à ta volonté
Je veux être ton esclave
 
Reviens-moi je t’en prie
 
À notre prochaine rencontre
si toutefois
elle se réalise bientôt
Je te promets d’être muette
câline et docile
Je veux être à ta merci
pour accéder à tes désirs
tes caresses
et tes longs baisers
Je veux être ta fée ta Valentine
ton péché mignon enfin
Je languis de toi
 
Reviens-moi je t’implore
 
La continuité
de ton absence
me rend faible et vulnérable
Toujours j’attends
le jais de la nuit
pour me soûler
rêver de toi et après  
Je guette la lumière de l’aube
désespérément je revis
mes propres rêves vaporeux
de la nuit précédente
et la routine bat son plein
 
Reviens-moi vite
 
©Nancy Turnier-Férère
 
 
 
 
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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 14:25
Novembre farde les joues – Victor Varjac
Photo J.Dornac©


 
Novembre farde les joues
de l’aube si pâle
évanouissant les traits
de son pauvre visage
dans le secret des brouillards…
La sève n’ose plus
parcourir les branches
et répandre son cœur
dans l’espérance des feuilles…
Le ciel baisse la tête
accablé par l’insomnie
des ombres du solstice
qui étouffent l’espace
et ensorcellent la fête
de ses prunelles noires…
Les jours sont en jachère
au milieu de l’Automne
qui jette les souvenirs
d’un été disparu
sur le bûcher tragique
où les flammes complices
emportent sous leurs crocs
les cendres de la nuit… 
 
©Victor Varjac
Antibes, le 28 novembre 2012


Extrait du recueil de Victor Varjac « Les Fiançailles de l’Aube » aux Editions Chemins de Plume

 
 
 
 
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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 07:45
À venir – Béatrice Pailler
 
 
 
 
Ne pouvant respirer sa multitude,
Je fuis, en ses heures de veille,
La ville frondeuse aux foules importunes.
Cherchant l’ineffable lumière,
Je puise aux fontaines, des pluies de novembre,
La fragile grisaille des lueurs incertaines.
Ne voulant rien d’autre que pressentir l’indicible,
Je crois en un temps suspendu
Où l’attente n’est plus impatience refrénée,
Mais bonheur d’espérance.
 
©Béatrice Pailler
Mention spéciale du jury en 2015 au concours international de poésie du Salon Orange    
 
 
 
 
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