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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 07:42
Hieroglyphes – Denise Bernhardt
 
 
 
Cet instant qui prit place aussitôt
Dans l’immortalité
Elle le recréait inlassablement,
Par la rémanence
Eblouissante
D’un visage
Se dessinant pour elle seule
Dans l’ombre de la chambre,
Et par les gestes
Qu’il avait voulu
Inscrire longuement dans son cœur
Comme une aurore inoubliable.

© Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.




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15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 07:13
Ode « Voyage en cosmogonie » - Recension de Michel Bénard
Ode « Voyage en cosmogonie » aux éditions – EUR – (Edizioni Universitarie Romane)
Traduction professeur Mario Selvaggio. Illustrations Franco Cossutta. Préface Michel Bénard. Format 15x21.  
 
 
C’est un nouveau périple en poésie auquel nous convie notre amie, Ode qui prend sa source dans celle du Saint-Laurent, pour devenir un hommage et sage dialogue. Poète et éléments.
 
Au cours de ce long voyage fluvial le ton sera donné, le mot clé repose sur un écho au reflet de l’amour cosmogonique. Donc universel !
 
L’eau du fleuve se fera l’objet d’une quête poétique initiatique où le rythme du langage s’écoule avec régularité dans un parfait enchainement.
 
Sur la voie de la connaissance la poète (1) va se dépouiller et mettre sa parole à nue.
Véritable parcours saupoudré d’un certain ésotérisme où le Verbe se mêle aux eaux mémorielles du fleuve.
 
« J’irai seule là où tu me guideras
Dans les Ombres même du Secret… »
 
Comme dans une ancienne formule alchimique nous côtoyons le feu solaire, l’air du grand vide du ciel, la terre comme élément germinal et l’eau lustrale qui se partage entre le fleuve et la mer dans un embrassement céleste.
 
Les voies sont parfois incertaines pour nous conduire dans l’entre deux d’une quête d’Amour et l’amer constat de son contraire le désamour, tout en sachant que :
 
« …/…ce n’est que l’Amour
qui est Lumière…/… »
 
Nous constatons parfois que la voix de la poète, au-delà de l’aspect initiatique, se fait prophétique, la vision se projette par delà le temps, pour observer déjà le profilement d’un froid glacial envahir des peuples sans humanité, sans état d’âme. Serait-ce le prélude d’un retour vers l’obscurantisme ou autre fétichisme ?
 
Cette poésie est symboliquement si dense, que je me sens quelque peu désemparé pour l’évoquer comme il se devrait, auquel cas il serait nécessaire d’en souligner tous les aspects, toutes les formules et paraboles.
 
Ode, observe la terre comme un simple grain de sable dans le grand Tout, comme une grande Cathédrale dans un ciel de milliards d’étoiles.
 
« Je suis née de l’union
        d’une Etoile
tombée dans le Grand Fleuve…/… »
   
Oui, que sommes nous dans cette éternité infinie ?
L’homme principal ennemi de lui-même, ne pourrait-il pas retrouver le chemin du bon sens et de l’humanité ?
La question demeure en suspend ! Est-ce la poète qui a choisi le fleuve ou le fleuve qui confie son message codé à cette dernière ? Il faut voir ici le défi de la poésie comme semence d’espoir. 
 
« …/… la Semence de l’Espoir
                  tu la trouveras
dans la poussière d’Etoiles… »
 
En un mot il s’agit ici d’une remarquable réflexion sur la signification de la vie, de ses possibles perspectives, la femme en est beaucoup plus proche et sensible car elle en est la matrice.
 
En ce passage initiatique la poète se confond à la terre matricielle, à l’univers géniteur. Notre poète se fait l’archéologue des secrets de la mémoire en soulignant la condition humaine à l’échelle cosmique.
 
Y verrait-elle la couleur des mots venus des galaxies et des constellations ?
Le temps n’existe plus, il n’y a pas d’hier, pas de demain, passé, présent, futur ne font qu’Un. La poète ici s’affranchit des attaches, des pesanteurs, elle est l’univers, nous sommes éternels.
Tout bouillonne, tout fusionne en elle, conscience est prise de la dramaturgie du grand mensonge des religions, des effroyables déviances, des écritures apocryphes conduisant à la soumission, à l’allégeance aveugle, à l’ignorance et perte d’identité allant jusqu’à faire subir les plus infantiles superstitions, les dominations patriarcales, les menaces les plus terrifiantes aux noms de « dieux » imaginaires, inventés par les hommes avec pour référant ce besoin de forces supérieures afin de mieux manipuler, aliéner, les masses naïves et crédules.
Ne fût-il pas dit et redit que les religions étaient l’opium du peuple ! 
 
«  Pourquoi l’Homme s’est-il inventé
                  des religions…/… »
 
Pour le faire sombrer dans une sorte d’esclavage des dogmes et des traditions archaïques et religieuses transgressives.
Fadaises, oui sans doute, mais au prix de quels dangers ?
 
« …/…car ces dieux ne sont pas Amour
                 mais prétextes à la Haine…/… »
 
Les lois ethniques, tribales, sociétales, autant de barrières et cloisonnements n’ayant de raisons que d’entretenir le plus souvent l’ignorance.
La poète, ne rêve que de la révélation de la lumière, de la vérité globale et universelle purifiée de tous ses ersatz.
 
Mais au plus profond de la désillusion, il faut croire encore en la renaissance de l’espérance.
Clé essentielle de ce recueil, prendre conscience de l’état des lieux et creuser les fondations d’un autre monde érigé sur une véritable justice, sur l’équité, le partage, la connaissance, la concorde, le respect et la libre Liberté raisonnée. Petit clin d’œil à Rimbaud !
 
« La dimension de l’Homme est d’ordre cosmique »
 
Puisse, notre poète architecte construire la maison de l’Homme, et non pas le temple des « dieux » de chiffons, au fil du cours des  transparences pacifiantes et des sagesses miroitantes du Saint Laurent.
 
           « Je garde Espoir
à la rencontre des Mondes
…Je vais vers eux… »
 
©Michel Bénard.
Lauréat de l’Académie française
 
(1) « La poète » en accord avec l’auteure.  
 

 

Ode « Voyage en cosmogonie » - Recension de Michel Bénard
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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 07:45
VIGILE – Luce Péclard
Le Feu – Francisco Goya
 
 
 
Et soudain une alarme
Nous fige en plein élan.
 
C’est un feu dans la nuit,
A l’heure où tout sommeille,
Une campagne close
Autour d’un incendie.
 
Alors, devant l’alerte,
Suspendons notre fuite,
Assumons tout au moins
Un rôle de vigile.  
 
© Luce Péclard

Extrait du recueil de Luce Péclard, « Pars si tu peux » aux éditions du Madrier


 


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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 07:36
Un chant s’empare de moi – Victor Varjac
 
 
 
Un chant s’empare de moi
un chant que je ne connais pas
on dirait un murmure
une berceuse obscure
qui monte et redescend
le fleuve de mon sang…
Ô nuit étrange et douce
vers quel rivage me pousse
ce long frémissement
que chantent les amants ?...  
 
©Victor Varjac
Antibes, dans la nuit du 4 au 5 janvier 2013


Extrait du recueil de Victor Varjac « Les Fiançailles de l’Aube » aux Editions Chemins de Plume

 
 
 
 
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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 07:54
L’écho – Béatrice Pailler
 
 
 
 
La peau sur les os, grelotte, grelotte.
À cor et à cris s’égrènent les mots.
 
Sous la peau si fine pointent les os,
Et ce mal à dire m’ôte les mots.
Car où s’épellent les maux se comptent les os,
Et les lettres mortes des traîtres maux.
 
Sans chair et sans os qu’importe, qu’importe.
Au corps à corps, sans un mot, s’écorche la peau.
 
Et l’être mort, ravale ses maux, montre ses os,
À la levée du corps où mot à mot se peaufinent les maux.
Et dans la chair des mots percent les os,
Du corps du délit très cher à mes mots.
 
Les os sous la peau, sanglotent, sanglotent.
À nos corps défendant s’engrangent les maux.
 
©Béatrice Pailler

 


 
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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 07:45
TRACE – Michel Duprez
 
 
 
Dans la poussière du silence,
les feux poussent comme des fleurs,
mais on les coupe sans répit.
Le corps n'a qu'un temps pour brûler
et même pas l'entièreté
d'une page pour amortir
sa chute en piqué presque aveugle?
Les mots deviennent menaçants
et l'envol serré des syllabes
s'abat tout à coup sur le monde.
 
©Michel Duprez

 


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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 07:38
La volage – Djida Cherfi
 
 
 
 
Une rose a poussé,
Ses pétales se sont ouverts.
Ses feuilles se sont exaltées,
Tout le monde l’a découverte.
 
De couleur, elle souriait,
De parfum, elle frimait.
Dans les pâturages,
Elle voulait s’élever. 
 
Elle était unique,
Elle était sauvage.
Insouciante et légère,
Inconsciente et volage.
 
Elle se permettait de vibrer,
En l’absence de son compagnon.
Elle avait l’audace,
De tromper le vent.
 
Elle voyait la liberté,
Comme un droit inné.
Elle voyait les rêves,
Comme une obligation sacrée.
 
Unique, un peu trop sauvage,
La solitude la gagnait dans les verts pâturages. 
La différance l’asphyxiait, 
L’admiration finit par l’étouffer.
 
Elle se dit que peut-être, elle pourrait galoper.
Vers d’autres ailleurs.
Parmi d’autres comme elle,
Parmi d’autres fleurs.
 
Elle avait beau être belle,
Elle avait beau être Celle.
Ce qu’elle désirait à présent,
C’était un pareil compagnon !
 
Les racines arrachées,
Impossible de galoper.
Les racines arrachées,
Plus moyen de vibrer.
 
Ne lui reste, alors,
Qu’à s’étendre et ramper.
Ainsi, malgré les maux et les blessures,
La volage continue de rêver en regardant l’azur ! 
 
©Djida Cherfi
25/04/15.

 


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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 08:21
Sous les étoiles du dôme bleu – Michel Bénard
Photo J.Dornac©
 
 
 
Sous les étoiles du dôme bleu,
Une larme de lumière
Au bec d’une colombe
Se dépose sur la colonne des anges.
Une mélodie nostalgique s’élève
Sous les doigts de l’organiste,
Alors que le soleil s’infiltre
Aux travers des vitraux en pâte de verre.
La musique coule avec les eaux lustrales.
Sur les perles de cristal tombées du ciel
En cet instant divin,
Si «  dieu » n’est pas visible
Peut-être n’est-il pas loin !
 
©Michel Bénard.

 


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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 07:41
Le Masque – Ode



Entre le masque primitif que je crée, peaufine
Il y a ta douleur... J’ai mal à toi
Par les impératifs de retourner aux origines
Je te soigne, mes mains sont remplies de toi

Il était une fois l’unique, l’inconnu, le réel
Que moi seule tu as regardée
Dès que ton âme s’est mise à errer
Au-dessus du magma originel

O dieux du Temps, faites qu’il guérisse !

Je ne supporte pas la souffrance
Qu’elle soit tienne, elle me noue
Devient mienne, ma désespérance
J’ai mal à nous

Ce masque, c’est ma prière
Chaque geste de création
Ramène vers toi les jours d'hier
Pas de pleurs pour ta guérison

Mes larmes se font ouvrage
Que je déposerai dans tes mains de sable
En offrande, sur le bleu rivage
Afin que plus jamais le mal ne t’accable

Tu étais la cabale de mes jours
Le cryptique de mes nuits
Tu es maintenant l'amour
Que je décode, chassé l’ennui

Et je brûle à toi. Toi le Secret révélé
Tes yeux se ferment quand je te regarde
Je ne vois que le visage de ton âme aimée
Dans ces temps des révélations, je te garde

Temps où l’astre de la nuit de feu
Remplit ton visage de reflets bleus

Langage hermétique, incantations, le silence
Soudain, un cri le déchire, brise tout
Tu as mal à toi  
J’ai mal à nous

Et le masque de papier sculpté
Sèche dehors au soleil de midi
Je le peindrai
Aux couleurs vives de la vie

La douleur et le mal en jachère
Nos corps emmêlés seront bleus
Se marieront à l’œuvre de chair
Pour oublier, pour vivre heureux

Aux odeurs d’encens retrouvées
Au bonheur des secrets partagés

…Et le masque primitif sèche dehors au soleil d'après-midi…
 
©Ode

 


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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 07:42
Un petit tas de poussières – Jean Dornac
 
 
 
Un poète voulait passer, chez lui
L’aspirateur à poussières
Tout sage qu’il fut, de jour ou de nuit
Voilà une besogne qui ne lui plaisait guère !
 
Mais voyez-vous, cœur largement ouvert
Bien qu’il fut à trois-quarts sourd
Il entendit soudain, crié en vers
Comme un appel au secours…
 
Vite, il chaussa ses lunettes de grand-père
Qui le faisaient tant ressembler au Père Noël
Que vit-il, alors qu’il n’avait point bu de bière ?
Un petit tas de poussières très exceptionnel…
 
Chose qu’il prit dans un premier élan
Pour simple détritus mal nettoyé
La dernière fois qu’il fit le ménage sous le divan !
Mais c’était quand ?... Souvenir déjà effacé…
 
Regardant de plus près avec sa loupe
Et ses appareils auditifs
Il remarqua, comme un petit groupe
Pour le moins démonstratif !
 
Il distingua une bouche bien dessinée
Et des yeux au regard très malin
Qui ne cessaient de l’implorer
Comme le feraient de tristes orphelins…
 
C’est que la chose voyait s’approcher
La gueule monstrueuse et menaçante
D’un horrible tuyau noir et biseauté
Qui avait une allure tellement arrogante !
 
Le petit tas tentait bien de résister au souffle
Ou plus exactement à cette aspiration mortelle
Il aurait voulu se cacher dans une pantoufle
Pour ne pas être aspiré par le tuyau cruel…
 
Le vieux poète approcha du mieux qu’il put
Ses vieilles oreilles terriblement ridées
Du petit tas de grains qui n’en pouvait plus
Et il écouta mieux, cette fois, par le cœur guidé…
 
Son âme de poète entendit la complainte
D’un petit tas de poussières qui ne voulait pas mourir
Les grains formaient entre eux une famille sainte
Aucun ne voulait être séparé des autres même pour rire…
 
Par tendre compassion, notre vieux poète à la barbe blanche
Renonça au ménage, mais il pris le tas avec moult précautions
Le posa dans sa main tremblante, l’autre posée sur sa hanche
Puis l’installa dans une vieille crèche pour une bonne intégration…
 
Prenant son chapeau rouge et ses grosses lunettes
Son pourpre pantalon, ses bottes noires et son bel anorak
Il partit pour une longue tournée, son char rempli d’amusettes
Pour les enfants, Noirs, Rouges, Blancs, bref, de toutes couleurs en vrac…
 
Survolant toits et cheminées, il songea à l’étrange famille dans la crèche
Composée au fil du temps par des rencontres mouvementées
Faites de poussières diverses, poils de chat, pollens, venus par mille brèches
Qui, depuis, vivaient d’amour et d’harmonie serrés les uns contre les autres…
 
Ainsi est la vie qui ne supporte que les grandes diversités
Soyez différents, ne cherchez surtout pas l’uniformité !
C’est seulement dans la différence que se trouve la richesse
C’est en l’acceptant qu’on trouve Dame Sagesse…
 
©Jean Dornac
Lyon, le 6 décembre 2015

 


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