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18 novembre 2020 3 18 /11 /novembre /2020 07:29


                Miloud KEDDAR, poète et peintre d'origine franco-algérienne, bien connu des revues qui associent l'Art et la Poésie, considère la France comme sa deuxième patrie. Et comme par hasard (le hasard faisant bien les choses ) voilà que sa fidèle compagne se nomme « Françoise » qui n'est autre que ''Française'' en vieux français. C'est cette compagne qui va donner le ''la'' à ce chant en quatre parties écrites en prose poétique simple, dépouillée de tout artifice.
« MA COMPAGNE » s'intitule ce recueil tout de vert vêtu : nous voici déjà sous de bons auspices. La couleur verte symbolisant à la fois le sacré et la nature vivante si précieuse en pays désertique ( pour rappel : les dômes des mosquées, la couverture du Coran, sont verts, le vert étant la couleur porte chance du prophète)
                Le recueil se divise en  3 chants ( le nombre 3 rappelant le ciel ) composés de quatre textes chacun, un peu comme les jardins clos du Moyen Age : les jardins de l'''amour courtois''. Rappelons que le nombre 4 n'est pas choisi par hasard, il est considéré comme sacré ( les 4 évangiles, les 4 points cardinaux...les 4 piliers du temple...les 4 éléments, les 4 fleuves du Paradis, les 4 saisons...) car ici, on le comprend dès les premiers mots, on est sous la protection du ciel :
''Toujours le partage de ce qui sauve'' le sentiment de notre petitesse que seul l'amour peut sauver : ''ce qui sauve, mais sauver de quoi ? Avec la lune pleine qui éclaire nos corps enlacés...'' il s'agit de durée et d'éternité, nous annonce le chant II :
''Si nos corps ont plus d'une lune, nos cœurs sont encore du matin''
              Apparaissent alors la mésange et la tourterelle, deux oiseaux à consonance féminine dont le chant annonce le printemps, le renouveau, et qui vont être des alliées de « Françoise » ; on pense alors à Saint François d'Assise nourrissant les oiseaux du ciel avec de la manne, car il y a du sacré dans la présence de ces oiseaux annonciateurs. Il faut savoir que dans la tradition arabe, la mésange-messagère annonce la naissance du Fils ( Fils de Dieu appelé non pas Jésus mais Issa le prophète, meneur d'âmes vers le salut )
                C'est ainsi qu'en toute simplicité, tel un sage assis dans la contemplation de la nuit, le poète présente les âmes qui lui sont liées par le sens de l'éternité, de simples âmes ( la mésange, la tourterelle, le chat ( Syrien), ''La Dame de cœur'' : Françoise et son fils Mathias ; c'est une arche, une sorte de crèche que l'on pressent en osmose avec le dessein de Dieu. Nous le savons : Les mystiques sont les proches parents des poètes, des peintres et de tous les musiciens, '' nous révèle Miloud KEDDAR dans son autre recueil intitulé : «  LA DETTE  » ( lui aussi recouvert de vert ...un hasard ?)
 ''Et quoi d'autre ?  Et le ciel sur les ailes de la mésange et de la tourterelle, le ciel qui vient les saluer, leur apporter les bons augures ''
Alors, selon les paroles de sagesse du poète :
''Qu'espérer d'autre dans un monde aux bouleversements de toutes sortes, qu'espérer d'autre''
                   Dans cette atmosphère quasi biblique (il est à noter les similitudes incroyables qu'il existe entre la Bible et le Coran ), il faut relever la conception du poète Miloud KEDDAR au sujet de la femme qui n'est pas l'égale de l'homme, excepté en droits, mais qui lui est complémentaire, l'homme n'étant qu 'une ébauche sans la rencontre avec la femme :
''J'unis une femme aux oiseaux
comme on unit le verbe au divin
''
''La femme est oiseau, quand elle veut avoir ses propres ailes, quand elle n'a besoin de personne pour décider à sa place'' . Voilà qui est clair ! Des paroles qui volent haut ! Oserais-je dire.
Le femme et l'homme complémentaires et égaux en droits, voilà la conviction de Miloud KEDDAR qui s'affirme ainsi et depuis toujours, citoyen de la République.
Il ajoutera d'ailleurs au chapitre IV, pour conclure et ''finir en beauté '', si besoin était, puisque tout est beauté dans ce recueil : La femme est reine, c'est poésie et c'est délicieux''
Que dire de plus ? À part merci au poète ! Merci pour ce moment à la fois simple et précieux.

 

ÉDITIONS PAROLE & POÉSIE- Collection de l' Églantier
 

 

 

 

 Jeanne CHAMPEL GRENIER

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17 novembre 2020 2 17 /11 /novembre /2020 07:38

 

Éditions Librairie-Galerie Racine, Paris,
4e trim. 2020, 168 p., ISBN : 9-78-2-2430-4831-5

      
       Au-delà d'un humour bienfaisant, ce livre est un cri aux frontières de notre humanité qui est parfois (souvent) décrite de manière monstrueuse dans l'Ancien Testament.
Ces pages peuvent générer une certaine remise en question de nos croyances toutes faites car la très sainte Bible, socle de notre civilisation judéo- chrétienne, est censée être belle, rassurante...
Or, en réalité, les textes d'avant le Christ sont souvent (mais pas toujours) une accumulation d’horreurs : à Sodome et Gomorrhe pas un seul juste, tous les habitants furent brûlés vifs : préfiguration d’Hiroshima. Et Luezior d'ajouter : et les enfants / et les bébés ?  Somme de crimes, d’holocaustes : l’invasion de Canaan, la destruction et le carnage à Jéricho (aux cours d'instruction religieuse, l'histoire des trompettes nous avait pourtant été décrite de manière si candide !)  
Barbarie : Vous avez laissé la vie à toutes ces femelles ! Maintenant tuez tout enfant mâle, tuez aussi toute femme ayant partagé la couche d’un homme. Et pourtant il est maintes fois répété que Yahvé est bon...  
Somme d’incestes, de trahisons, d'ostracismes, d'anathèmes.
Pour ce qui de la forme du présent livre, on retrouve toujours le style ciselé de l’auteur qui est un nautonier du mot. Luezior a cette langue rigoureuse, celle qui rend si proche de ce gris argent du matin, cher à L.R. des Fôrets.
Quant au fond, il faut souligner la somme de citations, de recherches, de minutie que représente un tel ouvrage, travail de chartreux, mots rédigés à travers les tourments de l’ombre, respirations profondes.
L’auteur débarrasse les textes anciens de leur gangue pour en faire ressortir l’effroyable. Paradoxalement il sait malgré tout atténuer une partie de leur noirceur par son humour, par des réflexions inattendues : remarques burlesques, surtout en ce qui concerne la Genèse : Le sage Noé, charpentier amateur de son état, était tout à la fois zoologue et botaniste. Dans son arche, véritable cage à poulets, il enferma quelques millions d’espèces ! (...) Les baleines furent dispensées de figurer dans cette histoire pour raison de corpulence et les sardines ironisèrent sur le manque de place dans la boîte à Noé.

Autre sourire, après la faillite de la tour de Babel : Grammairien dans l’âme, le bon Yahvé fit de sorte qu’ils n’entendent plus le langage les uns des autres : désespoir des potaches du monde entier.
Disparités scripturales évidentes lorsqu'apparaît soudain un puissant hymne à l’amour dans  le Cantique des Cantiques : Tes deux seins sont comme deux faons, jumeaux d’une gazelle. Et Luezior de commenter : de quoi faire convulser une bonne douzaine de pères de l’Église, non ? Par ailleurs, l’auteur ne peut s’empêcher de poser une question intéressante : combien de livres bibliques ont-ils été écrits par des femmes ?
La vie se nourrit d’interrogations. L'auteur de ce livre précise que les exégètes démêlent le vrai du faux, la fable de la réalité, le symbolique du révélé. L'Ancien Testament est peint dans une plume trempée dans le Nil, le Tigre, l’Euphrate, le Jourdain, où l'on perçoit un Yahvé manichéen, cruel et jaloux : nous a-t-il fait à son image où l’avons-nous plutôt fait à la nôtre ?
Il est impossible de ne pas souligner les similitudes entre l’Ancien Testament et notre monde actuel où se perpétuent des conflits au nom d’un Dieu unique sensé être l’alpha et l’oméga de l’humanité.
Et Luezior de conclure : ce qui est rassurant, c’est la présence, dans le Nouveau Testament, d’un rebelle d’un nouveau genre, incarnation du pardon, et de l’amour : le Nazaréen Jésus Christ.
L’Ancien Testament, déluge de violence est un recueil puissant, qui ne peut laisser personne indifférent : il atteste que nous ne sommes toujours que le refleurissement de nos cendres aussi bien dans la barbarie que dans l’amour.

                                                Nicole Hardouin

 

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4 novembre 2020 3 04 /11 /novembre /2020 07:26

J’ouvre une nouvelle rubrique, ce jour, celle des recensions de recueils de poésie mais aussi des romans. J’espère que vous aimerez et que vous nourrirez la rubrique ! Jean Dornac

Nous commençons avec une recension qui parle d’un roman de Claude Luezior que vous connaissez bien et que, je l’espère, vous appréciez comme moi ! Cette recension est due à Jeanne Champel Grenier que je remercie !

 

 


« MONASTERES »

de Claude LUEZIOR
roman, Éditions Buchet/Chastel, Paris

                Claude LUEZIOR écrivain-poète mais aussi médecin neurologue ayant œuvré dans les hôpitaux en Suisse et à l'étranger, et après un voyage marquant sur le Mont Athos où sont implantés une vingtaine de monastères orthodoxes, a naturellement fait un rapprochement entre le retrait du monde choisi par les moines et le degré d'isolement que l'on inflige à certaines catégories de population : nos anciens surtout, mais aussi ceux qui sont atteints de troubles les éloignant de ''la normalité''.
                Rassurons-nous, point de dénonciation verbale outrancière, ni de diatribe syndicale. Mais plutôt une mise en abîme de situations et de décisions déshumanisées aussi néfastes que ridicules. L'auteur, avec la finesse d'esprit que nous lui connaissons, se fait l'écho de Beaumarchais qui nous déclare : « Dépêchons-nous de rire de tout, de peur de n'être obligé d'en pleurer ! »
               Beaucoup de similitudes en effet entre ces deux mondes, pour un œil averti :
'' L'hôpital est ce monastère blanc qui n'avoue ni sa prière ni sa crasse '', quand bien même ce monde se révélerait '' propre comme un scalpel '' ; le personnel aussi nous rappelle les ordres religieux qui d'ailleurs géraient les hospices d'autrefois :'' Il y a les grands prêtres en aube blanche, avec leurs prescriptions magiques et leurs diagnostics incantatoires... les infirmières vestales... le râle et le sourire... Et souvent la prière et l'espoir. ''
              Voici donc le décor bien campé. Place à l'intrigue ! Cléard, vieillard à la forte personnalité, mais atteint de la maladie de Parkinson, est menacé d'enfermement en asile de gériatrie par sa fille déshumanisée par une vie difficile à l'étranger et qui convoite l'héritage. Une fugue rocambolesque, la découverte d'un couple secret, le vol d'une icône de valeur, une rencontre avec soi-même au cœur d'un vrai monastère...où l'on peut lire : '' Et puis, après tant de sainteté, il faut bien que le corps exulte... ''
               Les chapitres se suivent comme autant de courts métrages sur un ton imagé, original, intelligent et humain. Claude LUEZIOR, avec la finesse et l'humour qui le caractérisent, va s'employer à nous développer cette histoire qui s'appuie sur cette solitude, compagne de la vieillesse dont on se débarrasse en notre monde, où seuls comptent le rendement et l'argent. Une histoire de respect en perdition, pleine de rebondissements qui fidélisent le lecteur et dont la télévision ferait bien de s'inspirer.

              MONASTERES : une saga au rythme endiablé qui nous rappelle ''Vol au-dessus d'un nid de coucou'' et par moments, les truculentes ''Trois messes basses'' d'Alphonse Daudet.


Jeanne CHAMPEL GRENIER
 

 

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