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24 juin 2020 3 24 /06 /juin /2020 06:25

 

A propos du peintre…

 

 

 

 

                                              Un recueil de Miloud KEDDAR :

 

 

                                                  L'illustration de couverture :

 

                 Miloud KEDDAR est Poète et Peintre. Il faut en conclure que le choix de son illustration de couverture n'a pas été fait à la légère. Il me semble donc important d'essayer de l'analyser. Elle n'est pas là par hasard, surtout de la part d'un poète philosophe.

Sur fond gris de brume, un gris un peu flou s'éclairant vers le haut avec quelques traînées d'aurore ou de crépuscule  juste suggéré d'un rose violacé, sont disposées trois formes humaines revêtues d'un manteau, vues de dos et qui se suivent sans précipitation ; on les dirait en suspension. Elles sont impossibles à identifier : même corpulence mais trois couleurs sont utilisées : prune, vert et  blanchâtre, trois teintes que l'on retrouve chacune à des endroits différents sur les trois silhouettes, à croire que l'artiste ne possédait que ces trois couleurs : il y a donc une raison à ce choix restreint : une certaine idée d'unité ; sont-elles trois personnes apparentées ? Trois fois la même personne ? Serait - ce la même personne à trois périodes différentes de sa vie, à trois moments différents de la journée, ou de la nuit ? La même personne matin, midi et soir ?

                C'est une sorte de procession, une sorte de trinité mystérieuse ( 3 en 1 ? ou bien 1 trois fois ? )

Ces trois couleurs restreignent le champ des possibles car elles créent une parenté évidente à ces trois présences : même but ? même route ? même questionnement ?

Je suis tentée de dire ; une seule personne et plusieurs routes. Voilà ce que je déduis de cette image à la fois elliptique et précise, mais je suis sans doute influencée par le titre du recueil.

                 D'autre part, on ressent une sorte de retenue, de retour sur soi, vu la position des épaules et de la tête penchée en avant ; il en ressort une sensation de silence mystique et pourtant cela ne va pas jusqu'à rappeler l'image religieuse traditionnelle, pas de visage éclairé par la grâce, pas de geste de bénédiction ; tout est secret, tout est à l'intérieur. On devine ces trois silhouettes en procession lente, en apesanteur ; ce sont les pensées qui s'élèvent. Cela pourrait être la même personne à des degrés d'introspection différents ; et là, bizarrement, je pense aux feux tricolores, à l'arrêt : on est au carrefour des doutes. Mais ce n'est pas l'adolescence agitée. La vitalité, la transgression ne sont pas représentées, le ralenti, oui. On ne ressent pas l'exaltation de la jeunesse, plutôt la démarche que l'on fait lors d'un retour sur soi.

                  C'est un chemin virtuel que l'on ne foule pas avec les pieds. On est sur la voie multiple du ''Connais-toi toi-même'' et du ''Je pense, donc je suis ''. Un chemin multiple, à la fois long et lent et profond qu'empruntent ceux qui n'attendent pas la mort pour entamer ''le grand voyage''.

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

 

 

 

 

 

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23 juin 2020 2 23 /06 /juin /2020 06:33
Le penseur, œuvre de Khalil Gibran

 

 

J’ai la joie d’accueillir Miloud KEDDAR, peintre et poète, présenté ici par Jeanne Champel Grenier que je remercie grandement. Aujourd’hui, elle vous présente l’homme et le poète avec l’un de ses poèmes, demain, ici, je publierai sa présentation du peintre au travers de la couverture de son recueil intitulé : Chemins de Soi

Bonne découverte si vous ne connaissiez pas cet homme d’arts qui nous fait l’honneur de le découvrir sur Couleurs Poésies (Jean Dornac)

 

 

 

                                                      « CHEMINS DE SOI »

                                                             Poèmes 

                                                     Miloud KEDDAR

 

                     Chaque homme se demande un jour, et le plus tôt est le mieux : qui suis-je ? Pour quoi suis-je fait ; et de ces interrogations naissent mille questions sans réponse puisque la réponse se construit par tâtonnement, la plupart du temps, sauf si l'on a un don précoce et particulièrement évident, irrépressible. Certains chemins s'ouvrent d'ailleurs dans la douleur ''Etre poète c'est avoir une corde cassée et être sensible'' Il va s'agir donc de chemin de compensation, de réparation intérieure. Comment trouver cet accord parfait entre les manques et les exigences de la vie ? Il faut compter sur le hasard dont le jeu est imprévisible .  ''Ecrire, c'est mélanger les cartes, jeter les dés, les cartes seront retournées'' Nul chemin déjà tracé d'avance, il n'est pas question de destin mais de chemin à créer pierre après pierre.

                    Pour Miloud KEDDAR, homme ayant vécu dans le désert des Touareg, homme qui étudia la météorologie en Algérie, il s'agit à chaque instant d'être patient, attentif aux signes du ciel. La vie est un chemin difficile et personnel ; il est fonction de tous les sens mis à l'écoute. L'homme du désert connaît le chemin de l'eau par la soif, le chemin de l'ombre par la brûlure sur la peau, le chemin de l'autre par l'absence, la solitude. Il avance de façon primitive au sens de ''premier'' avec respect, et goût du progrès, du développement futur, comme ''la rivière se jetant dans le plus du fleuve qu'il nomme vie qui s'efface en renaissant dans le multiple''' Il y a encore chez Miloud KEDDAR des traces d'oueds interrompus asséchés dans ses aspirations de fleuve régulier qui file vers la mer. Rien ne semble acquis.'' Pas à pas se rejoint l'éternel ''. L'auteur qui a passé sa jeunesse à l'écoute des signes qui pourraient le guider vers le meilleur de lui-même, est devenu Penseur, Poète et Peintre en empruntant mille chemins personnels dans la discrétion et la sagesse.

                    Mot après mot, couleur après couleur, le tout baigné de silences alternés de rumeurs, il a vu des idées fondatrices s'installer en lui ; il s'est laissé irriguer, et de sa terre intérieure en jachère, aride, sont nés des chemins, parfois une oasis fertile, de paix et de joie :''A regarder un fleuve caresser fiévreusement la joue de la terre,...on se prend à croire en l'amour''

Attentif aux rencontres, souvent avec son ''autre'' intérieur ( ''Éclaire cet autre en toi qui s'oppose à tes doutes'') , sa vie prend de la profondeur, et cette profondeur il pourra la partager car elle est source d'enracinement :''Et tu iras d'un seuil, au salut d'un autre seuil''

                      C'est donc bien de chemins intérieurs dont il s'agit ; d'une longue introspection positive, créative, qui permet à l'homme de connaître sa position face à ses aspirations premières.

Et le recueil s'achève sur un long ralenti où les mots orange, lune, brume créent une image mentale de repos ''une orange fait l'aumône à la nuit..., une lune caresse nos paupières...et toujours l'avenir...une aube plus claire et verte... laisse place au jour qui sur le toit réitère son chant...

C'est la divine phrase des Écritures consacrant le jour de création: ''Et il y eut un jour et il y eut un matin''.

                  Le philosophe Miloud KEDDAR sait que l'on n'avance pleinement dans la vie qu'en accomplissant, parfois dans la douleur et le renoncement, ses propres chemins intérieurs, ce qui est bien plus que de développer ses dons personnels, car ces chemins de vie ne se tracent pas sans inclure l'autre, son semblable, et une certaine idée de l'harmonie, du silence et de l'infini. Alors seulement, on peut se sentir en phase avec l'univers : « O rêve , ô pilier ! Au dessus-de l'abîme soutenant tout l'azur ! »

Le miracle c'est qu'en lisant Miloud KEDDAR, en scrutant ses toiles, on se trouve, ''après tant de pleurs, en rêve encore dans l'enfance continuée'', en phase avec sa vision de l'homme et du monde car si certains poètes sont pour « l'ici et le maintenant'', Miloud KEDDAR est pour « L'ici et l'Ailleurs, et le maintenant et demain ». Il y a de l'humilité naturelle et de la grandeur dans l’œuvre de Miloud KEDDAR.

 

©Jeanne CHAMPEL GRENIER

 

 

 

Extrait de ''CHEMINS DE SOI''

de Miloud KEDDAR, Peintre et Poète

 

 

...Un peintre au Poète dit un jour

: « Ami, comme moi,

habille le monde, tente la lumière ».

Et le poète de répondre :

« J'habite la langue, avec ses ombres

 avec ses masques, avec son sacrifice ».

Puis le Poète, tout en regardant l'horizon

et sur ses lèvres rien encore que des mots, dit :

« Mais la langue est-elle le monde ? » 

Et puis il se tait,

sachant qu'il lui faut lier son destin au silence

et lier son destin à celui du Peintre

pour que peut-être du geste

et de la langue

puisse naître la lumière.

 

©Miloud KEDDAR

 

 

 

 

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