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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 08:15
La marche - Djida
J’ai le grand plaisir d’accueillir, aujourd’hui, un nouvel auteur : Djida, Algérienne. J’aime son écriture. J’ai fait sa connaissance grâce à Abderrahmane Zakad. Nous commençons, aujourd’hui, avec un texte en prose et par la suite, je publierai les poèmes qu’elle voudra bien me confier. Jean Dornac
 
 
 
 
 
 
 
      Un jour, alors que Mohand et Zahir étaient entrain de méditer sur leur avenir « en duo », un ami arrive et leur apprend qu’il y aurait une marche le lendemain. Les deux garçons étaient ravis d’apprendre cette grande nouvelle ! Ils allaient pouvoir parler de leurs multiples problèmes, tous leurs souhaits allaient être entendus. Leurs rêves les plus fous allaient devenir réalité. Ils avaient trop de choses à dire. Mohand en avait marre que son père le réveille tous les matins pour qu’il aille se trouver une occupation, ou faire une petite formation et obtenir un diplôme. Zahir, lui, était fâché contre sa mère car elle refusait de lui donner l’argent que son défunt père leur avait laissé. Il voulait passer son permis de conduire, et sa mère voulait qu’il obtienne d’abord son bac. Les deux « enfants » étaient révoltés ; et ils allaient pouvoir le dire enfin. Le dire haut et fort. Mohand veut s’exprimer ; il veut « la paix ». Zahir veut avoir les moyens qu’il mérite. Il a vu une paire de chaussures à 10.000Da ; et le pauvre ne peut pas se la payer ! « C’est des chaussures géniales ; elles sont « Trop ! », elles marchent toutes seules ! « C’est des Puma ya mhainek, tu veux t’arrêter quelque part, tu leur dis « l’arrêt » elles s’arrêtent ! ». Disait Zahir. C’est fini, ils n’allaient plus se laisser faire.
« Demain on ira à cette marche » Dit Zahir.
« Oui on va rovondéké »
« On a le droit de rovon… nos droits »
 Puis Zahir et Mohand se regardent l’air de dire… ça veut dire quoi RO  VON… Mais ils baissent la tête puis ils se lèvent pour rentrer chez eux et se préparer pour la marche.
 
          Le lendemain, les garçons se lèvent très tôt (9h30 !) et partent « revendiquer » ! Ils se sont mis en tenu de combat ; chaussures volantes, jeans a la Justin Timberlake, casquettes a l’envers, téléphone portable dernier hurlement et Mp5 (pour ne pas tomber dans l’ennui, ou pour donner le rythme ; va savoir !!). Et s’il venait à perdre ces gadgets, ils vont le revendiquer tout simplement. Ils arrivent à l’arrêt de bus et après avoir attendu une heure, ils demandent à un passant pourquoi ils ne voyaient pas de bus passer. L’homme leur répond qu’il y avait une marche ! Ils se lancent alors dans une course dont ils allaient certainement se souvenir toute leur vie. Ils arrivent au milieu d’une horde de « marcheurs ». Mais c’était trop calme ! Les marcheurs ne revendiquent rien, ils ont les yeux fixés dans le vide et les colonnes vertébrales bien à la verticale ! Mohand et Zahir qui étaient en position d’attaque (Jambes écartées et…collines… invertébrés…) se regardent et se redressent. Mais ils se disent que cette position n’est peut être pas appropriée, et qu’elle ne va pas avec leur attitude et leurs jeans taille basse. Ils se demandent pourquoi c’est aussi clams ?!
 
          A la maison, le soir venu, Zahir et Mouhand regardent les informations ; on parle de la marche qui a eu lieu dans la journée pour rendre hommage aux martyres de la guerre ! Devant la télévision, le père de Mohand est ému. Il repense à son père qu’il a perdu pendant cette guerre alors qu’il n’avait que dix ans. Et la mère de Zahir se souvient de l’histoire de sa grande mère, morte de chagrin et de honte. Elle avait été violée par un soldat français. Elle se demande si on peut la considérer comme une « Chahida », ou juste comme la femme souillé et violée de la guerre. Tous dévorent la télévision des yeux, L’air pensif, et les deux marcheurs aussi. Mais eux ils essayent de voir s’ils peuvent s’apercevoir au milieu de la foule. Et oui, c’est trop cooool de passer à la télévision.
 
© Djida
 
Coline : pour courbé
Invertébrés : Pour la bêtise de deux jeunes gens
L’arrêt ! pour arrêt, chez nous c’est correcte.
Ya mhainek : Une expression qui veut dire «  réalise ! » ou « regarde les choses en face ! » ou encore «  les chaussures sont trop belles attention ! »
 
 


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Published by jdor - dans Djida
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