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25 octobre 2019 5 25 /10 /octobre /2019 06:30

 

 

 

 

                                                                 Nous sommes à la fois le miroir et le visage

                                                                                        Mawlânâ

 

 

 

Croire que l’amour existe

Derrière les lèvres closes

Et les pages de silence.

Entrer dans la lumière

Redevenir une pensée

Légère à ton cœur,

Un désir qui fait trembler

Comme l’attente de la pluie

Un soir lourd de Juillet.

Écarter le blanc manteau de l’oubli

Pour glisser mon corps

Comme une gerbe nue

Dans l’étreinte de tes mains,

Où je me coucherai

Sous tes incandescences.

Et telle une source sinueuse

J’épouserai les ruisseaux suaves

De ta bouche initiée,

En te prodiguant

Les imperceptibles caresses

Qui laisseront ton être désarmé,

Dans l’instant de soie

Qui présage l’aube

D’une larme d’amour.  

 

©Denise Bernhardt


Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.


 

 




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2 octobre 2019 3 02 /10 /octobre /2019 06:35
« Dans le parc de veltrusy » - Antonín Slavíček, impressionniste tchèque (1870-1910)

 

 

 

 

 

Déjà les feuilles envolées

Achevées les symphonies

De cuivres et de pourpres majeurs…

Seul un soleil blanc

Aveugle les nuages

Et glisse sur les branches nues

Un frisson de métal.

Sous mes doigts une écorce blessée

Porte la cicatrice

De nos deux initiales…

Mais aujourd’hui je sais

Que mon temps est passé,

Et que tu ne viendras jamais,

Tout palpitant de sèves et de sang

Me donner l’illusion de la vie.

Bien longtemps après nous, mon cœur,

Quand nous aurons laissé en terre,

Notre trop tendre chair,

Les hampes des acacias

Déclineront encore

Leurs blanches floraisons

Et les châtaigniers

Déploieront vers le ciel

Leurs sombres apothéoses.  

 

©Denise Bernhardt


Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.


 

 




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12 septembre 2019 4 12 /09 /septembre /2019 06:23
Illustration de Louis Morin

 

 

 

Comme des voiliers cinglant

Vers les océans d’amertume

S’échappent les poèmes…

Pourtant à la terrasse d’un hôtel,

Nous restons caressés par le vent

Dans le vertige de l’espace

Pour un non-sens délicieux.

Car rien ne peut donner vie

A nos silhouettes en contre-amour.

Vers le grand large, nos visages…

Et nos mains posées sur nos genoux

Comme dans un tableau

De Paul Delvaux.

Nulle parole à fleur de lèvres,

Et des arbres étrangers

Se lèvent dans nos yeux,

Tandis que les embruns effacent

Nos gestes ébauchés.

Ainsi parfois demeurent

Devant la mer,

Où l’éternité respire

Sa démesure,

Des âmes oubliées

En attente d’aurore.  

 

©Denise Bernhardt


Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.


 

 




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23 août 2019 5 23 /08 /août /2019 06:22

 

 

 

 

Comme un lac qui vient poser

Ses baisers bleutés

Aux lèvres closes du rivage,

Mon amour s’amenuise et se perd,

Divaguant entre les monts obscurs,

Tel une barque frissonnante

Sur l’onde traversière.

Je n’irai plus m’enivrer

De miel et de nectar

En cueillant sur ta bouche

Les provendes mystiques,

Ni chercher dans la nudité

De tes silences,

Les aubes violines,

Mais je contemplerai

De mes doigts, ton visage,

Pour qu’inonde mon âme,

La blonde apesanteur

Du céleste Poème.  

 

©Denise Bernhardt


Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.


 

 




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30 juillet 2019 2 30 /07 /juillet /2019 06:34

 

 

 

 

 

Un jour survient l’automne,

Le temps des morts,

Et des feuilles tombées,

Des pages qui se fanent

Des regards qui se voilent

Et des tâches d’ombre sur les mains.

Un jour s’en vient le temps

Des amours que l’on n’aura jamais.

Celui dont on rêvait

Tout au long de la nuit,

Et auquel on parlait

Avec les yeux.

Cet autre qui venait

Comme un dernier cadeau,

Pour s’en aller après

Sans peine, ni regrets.

Un jour il faut partir

Par les sentes mouillées

En trébuchant déjà

Sur les bogues rousses

Des châtaigniers,

Que le soleil enflamme

A travers la feuillée,

D’une lance de pourpre.  

 

©Denise Bernhardt


Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.


 

 




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6 juillet 2019 6 06 /07 /juillet /2019 07:09

 

 

 

 

                                                                           Nos âmes devenaient

                                                                           Des étoiles siamoises.

 

 

 

Donne-moi ta main,

Laisse-toi couler silencieux

Dans l’ombre de mon être ;

Ta bouche effleure mon visage

Et mes paupières se ferment

Sous ton souffle ;

La paix suprême m’envahit

Dans l’étreinte des âmes.

Notre destin doucement s’inscrit

Sur les ailes du temps,

Et ton bras où je glisse mes doigts

Ne s’étonne pas.

Car nous sommes au-delà

Du jeu de la conquête,

Pénétrant dans la suavité

Des milles plénitudes.  

 

©Denise Bernhardt


Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.


 

 




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13 juin 2019 4 13 /06 /juin /2019 06:52

 

 

 

 

 

Aussi longtemps que les poètes crucifiés

Verront à leurs pieds

Les Saintes Femmes en pleurs,

Et que leurs Golgotha

Se couvriront de ténèbres,

Je chercherai dans la nuit

Ta main, pour souffrir moins,

Et je m'endormirai

Dans l'abandon d'une enfance nouvelle,

Avec contre mes lèvres,

Ton souffle qui vient mourir et renaître

Tel une petite vague d'amour.  

 

©Denise Bernhardt


Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.





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20 mai 2019 1 20 /05 /mai /2019 06:33

 

 

 

 

 

Dans le bruissement de la nuit,

S’enrouleront à l’arbre de la vie

Les jeux félins de mes doigts,

Pour que se gonflent de sang

Les tendres nervures de l’écorce

Parcourue des flammes du désir,

Alors nous réinventerons l’art

De suspendre l’ardeur

Des sèves jaillissantes,

Dans la profusion du plaisir.

Pour te laisser enfin

Recourir mon corps

Du miel lacté de la plénitude,

Quand emportée par nos enlacements,

Je serai entre tes mains

Comme une terre nue,

Que tu inonderas

De la mousson désespérée de l’amour.

 

©Denise Bernhardt



 

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « Le chant des Nébuleuses », aux éditions JEBCA, collection l’Immortel.

 







 

 

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29 avril 2019 1 29 /04 /avril /2019 06:33

 

 

 

 

Quand on voit chaque jour

Se consumer l’innocence

Et s’évanouir la vie

A l’instant du bonheur.

Quand on voit s’avancer

Sous des jonchées de fleurs

Les petits cercueils blancs

De San Giugliano,

Tandis que crépitent

Les applaudissements sourds

Des vivants

Quand on voit l’enfant

Assassiné dans les bras de son père,

On implore le Ciel

Pour un peu de pitié

Un peu de compassion,

Nos cris retombent en pleurs

Des confins silencieux

De l’espace.  

 

©Denise Bernhardt



 

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « Le chant des Nébuleuses », aux éditions JEBCA, collection l’Immortel.

 







 

 

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27 février 2019 3 27 /02 /février /2019 07:34

 

 

 

 

 

Dans le tourment de la révolte

Un homme dit à un autre :

« Je suis là, ne crains pas,

Unissons nos mains,

Pour que revienne le matin »

Et le second au troisième

Répète doucement :

« Ne crains pas, je suis là… »

Ainsi en est-il

Tout au long de la chaîne vivante.

Alors entre les hommes en lutte

Se crée une ligne de force,

Qui vibre dans les veines rouges

Et soulève leurs âmes.

Puissance égale à celle

De cette lame

Que rien ni personne

Ne pouvait briser.  

 

©Denise Bernhardt



 

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « Le chant des Nébuleuses », aux éditions JEBCA, collection l’Immortel.

 







 

 

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