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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 07:52
Je cherche un homme – Claude Gauthier
 
 
 
 
Diogène dixit. Parmi princes, monarques,
Puissants tant, que la pierre en a gardé les marques,
Prestigieux ainsi que le fut Pharaon,
Sage à ce point qu’on dit, de lui « c’est Salomon »,
Ou maître conquérant de l’ample Babylone,
Du décret de Cyrus que la Liberté tonne,
Alexandre en sa main carde espaces et temps,
Jusqu’à César qui plie à lui les continents !
 
Pourquoi leur disputer ces jeux vains, inutiles,
Jalouser leur narcose aux fins toujours futiles ?
 
Je cherche un homme et pas, du genre trublion :
Qui sache de son soc… tracer un vrai sillon !
 
©Claude Gauthier
 



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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 07:45
Le mime – Claude Gauthier
 
 
 
 
Le mime est là. Plus rien ne bouge…
Il s’est figé, juste le temps
Autour de son si gros nez rouge,
De s’apprêter. Soudain les vents,
 
Du songe bleu qui le transporte,
Soufflent de-ci, de-là, partout,
L’épure et chimérique et forte
De ses secrets, mis bout-à-bout !
 
Dans les geysers de son silence,
D’un geste sûr il nous saisit,
Nous enveloppe et nous balance,
Sur les manèges qu’il brandit !
 
A qui regarde, il lui suggère
Dans chaque mot qu’il ne dit pas,
Que la vie a pour passagère
La folie et ses branle-bas !
 
Surprends nos cœurs Mime qui danse
En silence avec tes discours
Et thaumaturge – ultime chance –
Nous guéris aux jeux de tes tours !
 
© Claude Gauthier



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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 06:45
L’apprentissage – Claude Gauthier
 
 
 
Musicien appliqué son souvenir me touche,
Quand devant mon grand-père, une flûte à la bouche
Debout, tempe battante au bout de ma candeur,
Il me disait Mozart qu’il connaissait par cœur…
Lors, il suivait ma lèvre hésitante et peu sûre,
Attentif mes efforts, en jaugeait la lecture ;
Puis noueuses ses mains, aidant mes jeunes doigts,
Fort précieusement en tirait leurs alois
Les modelant, subtil, quoique faibles encore,
A fermer tout à tour les trous du buis sonore.
 
Un gai petit putto, le port délicieux
Sur un guéridon proche et l’air facétieux,
Mimait mon enseignant simulant quelques notes,
Qu’il comptait, j’en suis sûr, de manières dévotes ;
Et quand enfin je sus enlever un refrain,
Déliré-je disant qu’il me tendit la main ?
Nous étions tous ensemble en quête de bonheur
Et nous flattant l’oreille et répétant par cœur,
Chaque note son mot pour étourdir notre âme !
 
Dans un rêve de nuit, agaçant mon calame
Je vis, éberlué, traversant le salon
L’angelot. Pour m’enjoindre : « Ecris, fils d’Apollon » !
Et par enchantement me venait l’écriture,
De ces paroles dont la mystique mouture
Ravit, puisque puisée au plus profond de soi.
Je les dis à l’aïeul, soulevé par l’émoi
Il notait chaque mot et non moins chaque phrase,
Alchimique nectar dont la coupe était rase.
Ainsi ce qu’un vieil homme fondait pour l’avenir,
Léguait à son enfant autre qu’un souvenir :
Une sorte de pacte où Sa Flûte Enchantée,
M’en servait la légende en tous points racontée.
Grand-père disparu, je ne fus jamais seul,
Notre commun livret récusant son linceul.
Ainsi, note après note à l’envi le mystère
Redira, soins jaloux, tout cet alphabétaire
De séjours délicats libres de tout souci,
Dont le seul mot de passe ouvre encor sur « Merci » !
 
Je voulais notre opus pour le moins prophétique,
Que demeurât de nous l’honneur d’un viatique :
Et qu’un passant suggère un arc et ses lauriers…
Qu’il en orne la crypte où dorment nos cahiers.
 
©Claude Gauthier
 
 
 
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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 07:34
Quand aux bords de la rivière - Claude Gauthier
 
 
Quand aux bords de la rivière
Je te vis, pâle rêvant,
Dans mon cœur comme un levant,
L’éclaira de sa lumière.
 
Lors, je fis ce que savais,
Au juste bien peu de chose,
Icelle chiche qu’on ose,
Comme ose un fichu niais.
 
D’un galet le passe-passe,
Giflant l’onde à tout hasard
Me valut, tendre un regard,
Après cent de guerre lasse.
 
Après mille vint le soir,
Tel un dais sur lit de sable,
Dont l’amour toujours aimable,
Fut de la nuit l’ostensoir.
 
©Claude Gauthier  

 


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13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 09:00
LE  FOL  ÂNE  ET  L’HERBE  FOLLE – Claude Gauthier
 
 
 
 
Souvent les vœux par trop crédules,
Conduisent nos destins vers des maux majuscules,
 Et le plus sûr talent, fût-il de Léonard,
 N’en saura conjurer l’insigne canular.
Réfléchissons d’abord, pour un meilleur office !
                                                                                        
Un âne fort nanti que taraude un caprice,
 Oublieux de son près, tend un nez frémissant
  Vers les hauts d’un clocher. Puissant
Est son désir, farouche son envie                    
D’y tondre - eh, la fourbe folie -                                                 
Trois brins d’herbes venus sous l’ardoise du toit !
Il en rêve, il s’obstine et ne mange et ne boit                               
Que par mesure extrême.
 Il n’est qu’une langueur, tout lui semble carême
Et son maître à la fin engrange de l’humeur :
 - Il me faut à Martin rendre  son goût de vivre… !
                                                                                                                
Un jour, plus ou moins ivre,
 Il encorde le cou du rétif animal,
Monte à la cloche et non sans mal,
 S’armant d’une poulie, enlève                    
Avec des ho, des hisse et vous soulève,
 Entre nuages, sol, l’indocile bourrin !
 Pour atteindre au lupin,
 Il se distend l’échine autant que l’homme peste ;
 Le quadrupède alors, flaire son pain céleste.
 Il la sent, s’enhardit, à ce point l’imprudent                                     
Qu’il atteint à la chose, hélas ! Car saisissant la touffe,
 A ce moment précis, notre fol âne étouffe !
Plus tard, le franc crétin d’aller nous raisonner :
- Ainsi voulut le Ciel, de me l’empoisonner !
                                                                         
Tels sont  les sots complices,
Qui ne sauront jamais borner, ni mœurs, ni vices,
 Non sans en rejeter le plus clair de leurs torts,
Sur un tel et consorts. 
 
© Claude Gauthier

 


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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 07:45
L’ÂNE BRAVO, VU OUTRE-RHIN – Claude Gauthier
 
 
 
Concernant le bonnet, celui-là du dit Âne,
Le procès malheureux que la France lui fait,
Calibrant son symbole à hauteur d’un forfait :
Eh, la sotte critique à l’humeur charlatane.
 
Pour sûr, fallacieuse à l’endroit du tout-Âne,
Que par chez nous l’on gâche - amateurs en tôt-fait –
C’est ignorance aidant, le dire contrefait,
Et prendre un escarpin pour vile, une tatane.
 
C’est d’outre-Rhin pourtant que nous vient cette toque,
Qui n’assimile en rien, ce chef – qu’ici l’on moque –
Aux cancres, dont est loin notre ami le Baudet !
 
Remarquable, la bête inspire en Germanie,
Son humeur et ses dons… que le crâne bonnet
L’impubère coiffant, lui cède son génie !                    
 
© Claude Gauthier

 
 
 
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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 07:54
L’ÂNE VU, HELAS DE France – Claude Gauthier
Les « Têtes d’ânes », œuvre de Bachir Hadji - © Photo J. Dornac
 
 
 
Pourquoi cet infondé, trivial argument,
Critique saugrenue au détriment de l’Âne,
Non sans qu’en maints livrets même illustres, l’on glane
L’humiliant affront d’un indigne ornement ?
 
Son injuste bonnet, couronne faussement
Cancres, sots et consorts ; et sous les préaux plane
De quoi sur lui pointer, épitaphe atellane,
Tel avis fort fâcheux d’un borné jugement.
 
Le doit-on à certains d’aisance cavalière,
Chevaucheurs de purs-sangs portant haut la crinière,
Qu’inspirent seuls le stick, les éperons, l’orgueil ?
 
Alors que l’Âne est sûr et de mœurs fort jolies,
Intelligent, sans biais, salubre en son accueil :
Le sain répétiteur d’insignes embellies !   
 
© Claude Gauthier   
 
 

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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 07:18
A la femme noire – De Claude Gauthier
© Marie-Guillhemine Benoist

 
 
Sombre beauté !
Ton visage retient, Femme,
Les mystères de l'ombre et de la nuit, 
Les chauds envoûtements. Fleur noire
Qu'un indistinct désir
Venu du fond des âges,
S'est épris à tisser
Dans d'obscures nuances :
Belle es-tu !
La plus belle sans doute. Où donc est Cléopâtre ?
Mes yeux te cherchent, mon regard
T'interroge et les clartés surfaites
Dont il se repaissait
Jusqu'alors, fuient.
Reste ! Ne bouge pas ! Permets
Que je scrute l'aplat de ta teinte profonde,
Le calme enfermement qui verse dans ta peau,
L'énigme souveraine, 
Par excellence sombre. Oui,
Ta face est une épure
Et son pouvoir sur moi,
Fait le partage
Magique, ensorceleur
De tes formes saisies.
Au nom de ta couleur, de ses charmes secrets
J'adule un rêve et ton absence feinte
Verse, aux choses de l'Amour -
Goûts mêlés qu'en mon exode de vie,
Je glane pour mon cœur -
De tes beautés, l'aura mélanésienne.
 
© Claude Gauthier



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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 07:16
PAYS – Claude Gauthier
Tu es mon seul pays
Ma douce,
Il s’y sent ail et lys,
Et gousse de vanille
Corsée, au creux d’un lit
De mousse…
Ah, ne plus vivre que
Dans un bouquet joli !
 
© Claude Gauthier



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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 08:41

 

Coq-1.jpg

http://minisite.catho.be/echosdesclochers/2013/01/29/etre-reveille-par-le-chant-du-coq



Il se dit qu’une race asphyxiée en ville,
A compris non sans mal cette idée entre mille,
Qu’un bercail bienfaisant peut exister ailleurs,
Sûr asile longtemps moqué par les railleurs.
Nul n’y a, j’en conviens, jamais pêché la lune
Ne sut rien de Babel, si peu de Pampelune,
Mais dont les sains climats reniflent la santé,
Exit depuis longtemps des flancs de la Cité.
Après avoir cru trop, aux chants de ses sirènes,
Qu’une science aseptique au jeu de ses alènes
A cousu dans les tours de froids appartements,
L’homo sapiens tissa de sombres firmaments,
Ayant mis bout à bout kyrielles d’astuces
Mais, dans le même temps qu’il s’épargnait les puces,
Il empoisonnait l’air et goudronnait le sol,
Chacun de ses exploits générant un bémol.
Puis à force de temps, sevré de la nature,
Il ressentit de maux l’inexorable allure,
Au point que son instinct pour aller un peu mieux,
L’entraîna derechef vers de champêtres cieux.
Hélas, en transportant sa carcasse au village,
Pour se refaire un cœur, à peu près, un plumage,
Le quidam toujours plein de son programme urbain,
Vécut mal le transfert d’aller changer de bain.
Au point qu’il récusa, curieuse phobie,
Les évidents bonheurs des règles de la vie
Tous ces mille et un rien qui tissent champs et près,
Rameutant par réflexe, en somme, les progrès
D’un environnement dont on sait ce qu’il coûte !
Tout lui devient rival et le mit en déroute,
Les bruits et les odeurs de toute antiquité,
Leur préférant les mœurs de sa modernité…
C’est dire ses émois quand devançant l’aurore,
Selon son habitude et toujours et encore,
Fidèle à ses aïeux, juché sur un fatras,
Le coq de son voisin le sortit de ses draps.
Fini le vide abstrait d’une chambre insipide,
Le silence apeuré de son lever livide,
L’homme urbain n’aura plus de ses levers pâteux
Qui n’en finissent plus, qu’on soit jeune ou gâteux !
A tout instant ici, chaque chose se nomme,
Que ce soit en hiver, été, printemps, automne,
Le gallinacé n’a, visiblement qu’un but :
Brandir aube naissante un éclatant contre-ut !
Casqué comme un soldat cramponné sur sa terre,
Aussi haut qu’il le pousse, il rameute naguère,
C’est la glèbe qui corne et veut pour son réveil,
Que l’assiste et le coiffe un éternel soleil.
Au diable citadin ! Perclus comme aphasique,
Un nystagmus pour seule aventure athlétique,
Il ne saurait falloir que la moindre saison,
S’invalide et se plie à son diapason !
Oh ! vous, qui trop longtemps méprisâtes l’espace,
Vous recroquevillant dans votre urbaine nasse,
N’allez pas disputer avec le Coq gaulois,
Superbissime héros qu’inventèrent nos lois !
Si la Cité vous prit jusques à vous défaire,
Vous aurez pour guérir, à réapprendre à braire
Et souffrir sur vos seuils de mon âne l’encan,
Pour mieux accompagner de Chanteclerc le chant.

© Claude Gauthier



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