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16 juin 2021 3 16 /06 /juin /2021 06:22
Magritte - L’embellie


 

Elle semblait si perdue
Sur une page inconnue
Qu’elle se peignit de nu
Et on ne la revit plus...

©Lydia Montigny  
Extrait du recueil « Exquis Salmigondis » aux Editions BoD-Books on Demand - Paris                
 
 
 

 

 


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15 juin 2021 2 15 /06 /juin /2021 06:20
Photo Jean Dornac©


 

                                 Pour Gérard Gautier

 

Les hortensias ont une excuse
d’être bleus s’ils sont de Bretagne
s’ils sont moutonnants et prospères
et s’ils imitent sobrement
le bleuté des maisons côtières

 

Pareillement s’ils sont bretons
les camélias demandent grâce
de fleurir un temps éphémère
et de tacher d’un jeune sang
les promenoirs du Finistère

 

La mer affine ses efforts
d’être un peu plus bleue chaque jour
de ce bleu de noble lignage
sur des fonds marins Véronèse
que guignent les oiseaux sauvages

 

La mer s’invente des remords
Ils sont de toutes les flambées
entre raison et déraison
couleur d’acier, couleur de feu
pourvu qu’au soir l’astre se noie
                    messianique
à l’horizon

 

©Pierre Guérande  

 

 

 
 
 

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14 juin 2021 1 14 /06 /juin /2021 06:24
Tableau de Hermann von Kaulbach - 1846-1909

 

Poèmes Lauréats Concours Jeunesse SPF 2021

 

 

Le savoir est précieux pour l'enfant qui grandit,
C'est la lampe des yeux, le soleil de l'esprit.
C'est le guide puissant qui conduit sagement
Vers des ports mystérieux à l'éclat de diamant.

 

Le savoir est la perle adorée qui guirlande
Le château de l'esprit. Toi enfant, ô demande,
Dis aux grands citoyens entourant ton enclos
Que tu as cette envie de quitter le chaos.

 

Car l'école est l'éclair qui rugit dans le ciel,
Je pense. Grâce à lui, l'abeille fait le miel.
Le savoir diminue l'épaisseur de la nuit,
Et conduit doucement sans tempête et sans bruit

 

Vers un jour plus divin, et plus clair que l'été.
Le savoir fait la paix, et l'amour, la bonté.
C'est le Dieu qui sait tout, la clé universelle.
Le savoir a rendu la poésie immortelle.

 

Ô enfant malheureux dont la rue est l'école,
Qui au bruit des soupirs se déchire et s'affole.
L'école est un baiser qui fait taire les vices.
Elle a tous les pouvoirs pour chasser les caprices.

 

Elle adore et bénit, cet enfant solitaire
Qui, victime des coups dégoûtants de la terre,
Se renferme en son coin pour apprendre à tuer,
Se donnant les moyens pour se prostituer.

 

La rue tue les génies. Elle vole les anges,
Et envoie dans l'État de sublimes mélanges :
Des esprits pleins de science et remplis de péchés
D'infernaux tourbillons aux accents déréglés.

 

Des bandits, des voleurs, des brigands et des cancres,
Qui trouvent par hasard le salut par nos encres,
Des Hugo détournés, des Danton avortés,
Des océans taris, des buissons desséchés.

 

Il est bon d'envoyer tout enfant dans les lieux,
Où l'esprit va germer, et devenir curieux,
Où le temps va tresser dans sa molle cervelle
Des refrains tout jumeaux aux doux cris de l'oiselle.

 

Tout enfant est oiseau dont la science est pâture,
Le savoir est du blé. Car c'est la nourriture
Qui vous rend éternel comme un chaste soleil,
Qui mélange à la fois l'éclat blanc au vermeil,

 

Qui brillait, s'éclatant depuis des millénaires,
Et les mers, les ruisseaux, les fleuves, les rivières.
Elle est un grand couvent qui n'a pas de totem,
On apprend les secrets, les récits de Salem.

 

On y fait des jeux doux, on se fait des amis,
On discute d'Asie, de Wuhan, de Paris.
La Grèce qui n'est plus, la Rome renversée
On chérit notre corps pour soigner la pensée.

 

© Renauld d’AVRIL
Etudiant – PRIX DE LA FRANCOPHONIE 2020-2021
     

 

 

 

 

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13 juin 2021 7 13 /06 /juin /2021 06:39

 
 
Nous sommes tous guignolisables
Le sérieux est si lourd
Et l’amadoué qui écoute
Si endormi
 
Nous serons tous guignolisés
Les épitaphes sont si prétentieuses
Et les souvenirs qu’on laisse
Si risibles
 
Nous sommes tous guignols
Moi le premier si con
Et le con qui parle
Si ignorant

 

© David Chomier    

Extrait du recueil « Soyons Bref » aux éditions Stellamaris
 
 
   

 

 

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11 juin 2021 5 11 /06 /juin /2021 06:34
Photo Jean Dornac©
 
 
Muret sec où cuit la pierre,
Pas d’ombre
Seule la lumière.
Muret sec où souffre la pierre,
Sans vie
Seul le vent.
La saison passe,
Dans l’ondée germe la pierre.
La saison passe,
Dans l’ondée l’herbe demeure.
 
Mendiante, elle tend vers la source, quêtant dans l’haleine du matin un souvenir d’eau et sur la pierre un reflet, ombre du soleil.
Soie verte sur faille sèche, minuscule elle croît.
 
Pousse, blanc vert, un silence de terre,
De terre entamée aux marnes tièdes,
De terre éclatée aux germes clairs.
Sur l’herbe mûre,
Le silence renversé.
 
©Béatrice Pailler
 
 
Béatrice Pailler /Recueil SACRE
Éditions Racine & Icare 2019
Carine Roucan : 10 rue Jean Lemarcis 76610 Le Havre
Prix public 13€
 
 
 
 

 
 
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10 juin 2021 4 10 /06 /juin /2021 06:58


 

 
un nuage de cendres vivantes, ma vie,
une fugue sur le clavier de mes désirs ou de mes espoirs
les saisons la raconte
seule cette saison folle me la veut maudite
je m'enfuis de moi-même, tout le monde s'évanouit
le silence passe comme un oiseau de cendres
j'essaie de le suivre de mes yeux encore vivants
ô, comme j’aimerais qu'ils parlent fort, oui, fort,
 
de tout ce que j'ai aimé, de tous ceux qui m'ont aimée
mais je me tais engloutie par son charme mortel.
 
©Elina Adam
Recueil en préparation : « La blessure de l’amphore. »  
 

 
 
 
 
 
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9 juin 2021 3 09 /06 /juin /2021 06:30
Photo Andreas Koener


 

 

C’est terrible de perdre un amour
Une rose à peine ouverte
Un papillon aux ailes
Humides encore
Un sang clair
Illuminant les pages,
Des mots nacrés
Pour une musique d’aube
Une gemme jetant ses premiers feux,
C’est terrible de perdre
L’amour d’un poète
Encore enfant.

©Denise Bernhardt  

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.        
 

 

 

 


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8 juin 2021 2 08 /06 /juin /2021 06:32
Peinture de Louis Le Nain - Maréchal à sa forge - 1640


 

 

19 février
Ce qu’il faut décrypter, c’est le sens sous le mot,
Ce qui cherche à se dire ou qui se voit omettre.
Je m’exerce à comprendre un texte à demi-mot,
C’est un feu sous la cendre ouvert à l’oeil du maître.

 

20 février

Qui est dans l’absolu le maître du brasier
Allumé de couleurs, crépitant d’étincelles,
Sinon le forgeron, l’expert arquebusier
Prêt à délivrer l’or d’occultes escarcelles ?

 

21 février

Sous l’action du souffler émerge l’or vivant,
La parole éclatante en cluster de lumière.
Elle rayonne alors et nul dorénavant
Ne peut la renfermer dans sa gangue première.

 

22 février

Je cherche le filon, il est beaucoup de gangues,
La pépite a la sienne au fond du minerai.
Les vertus, les valeurs demeureront exsangues
Si l’orpailleur actif ne crée un geste vrai.

 

A suivre…    

 


© Luce Péclard

Extrait du recueil de Luce Péclard, « LE GUÉ DES JOURS » aux éditions du Madrier        

 

 


 
 

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7 juin 2021 1 07 /06 /juin /2021 06:33


 

Poèmes Lauréats Concours Jeunesse SPF 2021

 

J’ai la grande joie et l’honneur de publier, une fois par semaine, les différents lauréats du concours Jeunesse SPF 2021 et je remercie particulièrement Nicole Portay responsable de ce concours au sein de la SPF.

 


Ô douce plaine,

 

Tu me rappelles ma douce jeunesse.
Te souviens-tu des champs de thé ?
Où l’on dansait, courait dans les prés ?
Mais te souviens-tu de cette mort ?
Alors qu’on n’avait rien fait !
O douce plaine,
Tu me rappelles mon chagrin d’enfance.

 

Ô le peuple et la bonté,
Cela me rappelle mon enfance d’été.
Où tout le monde riait,
Où tout le monde se côtoyait.
Mais un jour, je vis la mort autour de moi.
Et je dus fuir ma douce famille.

 

Ô quel thé savoureux,
Cela me rappelle ma douce enfance,
Celle où je buvais en riant de bon cœur.
Mais un jour ce fut la mort,
Et l’ethnie disparut !

 

Jusqu’au jour où le monde revint.
Et ils se dirent : ô douce vie,
Que ces gens morts soient éternels,
Eternels dans nos cœurs.

 

©Flavinia KATABARWA – CM2 – PRIX DE LA FRANCOPHONIE 2020-2021

 

 

 

 

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6 juin 2021 7 06 /06 /juin /2021 06:36


 


 

 

Il s'est échappé. Oui, mon mot d'amour : échappé !

 

Je l'avais pourtant peaufiné, caressé, cajolé. Entre deux fièvres, il s'était blotti dans ma paume. Tel un chiot nouveau-né, il humait mes lignes de vie, devinant celle qu'il allait suivre, malgré quelques arborescences.

 

Dans le brouhaha de mes doigts qui pianotaient leurs phrases, il s'est fait la belle, clopinant sans doute vers quelques lettres que je n'ai pas écrites, sur un billet déchiré à la volée ou sur l'écran d'un portable jamais allumé.

 

Les mots d'amour sont des êtres bien étranges. Je crois que le mien n'avait pas encore les yeux ouverts...

 

Il était tout rose, potelé à souhait, trop bien nourri, sans doute. Aux mamelles du rêve où se concentrent les étoiles, les anneaux des planètes pour de vives fiançailles.

 

Un mot d'amour tout seul, perdu dans les jungles urbaines : ce n'est pas raisonnable. Si vous le trouvez, frigorifié au coin d'un square ou sous le linteau d'un porche, parlez-lui tout doucement. Racontez-lui mes paupières qui ne cessent de cligner à sa recherche, mes lèvres entrouvertes, mes bras en déshérence. Rassurez-le un peu, beaucoup, et surtout, surtout, passionnément.  Dites-lui que les arborescences de ma paume ne sont que des dessins post-modernes commis par un gaillard qui se voulait artiste. Et qu'en fait, il n'y a qu'une seule ligne de vie à suivre...

 

Les mots d'amour sont des petites choses, susceptibles parfois. Le mien avait un domicile fixe, niché au creux de ma main.


©Claude Luezior
 
 

 


 
 

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