Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 mai 2022 7 15 /05 /mai /2022 06:22


 

 

Pour approcher plus encor
L’immensité sidérale et neigeuse,
Dérision du rêve
Sans cesse renouvelé,
Je voudrais être,
Orgueilleux, téméraire
Des nuages,
Le sculpteur de l’éphémère.

 

© Gérard Gautier  
Extrait du recueil « Je suis une île » aux éditions L'Echarpe
 

 
 

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
14 mai 2022 6 14 /05 /mai /2022 06:47


 

 

Depuis des siècles, l’homme
A eu trop à porter
jusqu’à son ciel s’effrite
En débris de rayons.

Et même le vers du poète
Qui s’appuyait sur douze pieds
Devient bancal et boiteux…

Comme la chaise géante,
Antipersonnelle et vide
Sur la Place des Nations,
Où nul pays ne peut s’asseoir
Sans s’effondrer de l’intérieur…

© Luce Péclard

Extrait du recueil « Le Feuil », aux Editions du Madrier

 

 

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
11 mai 2022 3 11 /05 /mai /2022 06:40


 

Voie d’escale, l’horizon du sentier gravite sur la pente du jour. Contredanse aux heures, le ballet des fougères module sa verve.
Le jour claudique. Le soir vient en maître. Entre ombre et lumière, les fougères penchent incertaines du choix.
Jour battu, la nuit distribue son jeu. Écartées, nos heures sont reines. Cousues de sommeil, elles incendient tout désarroi. Elles roulent en boule le monde draps et songes défaits, cueillent aux plis de l’œil fougères et sentier mêlés.

 
©Béatrice Pailler
 
Extraits d’Aubier
Revue Écrit(s) du Nord
N° 35-36 2019

 

 

 


Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
10 mai 2022 2 10 /05 /mai /2022 06:30


 

 

 

c’est dans cet excès de nature que je viens planter
notre grand poème géologique son silence indicible
entre vignes et oliviers sur des terrasses d’évidences
où rire d’aimer est un chemin sûr
des tonneaux d’impatientes clartés roulent
comme des petites filles amusées d’un acte multiplié
de mise au monde
les dieux calmes et transparents ont dépensé
depuis longtemps l’argent de leurs certitudes
ils mènent une ronde de douce ébriété
qu’ils boivent à même nos ciels sensibles

 

© Barbara Auzou.                

Extrait du recueil « Mais la danse du paysage » @( Poèmes)-Barbara Auzou-5 Sens Editions Genève( Suisse)  

 

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
9 mai 2022 1 09 /05 /mai /2022 06:39

 

Je suis né
Pour semer
Pour aimer
Désaimer
Pour nouer
Dénouer
Je suis né
Pour tes
Beaux yeux
Zieuter
Tes yeux Je suis né Pour ma gueule
Pour gueuler Je suis né Pour vivre
Survivre Seul

 

© David Chomier
Extrait du nouveau recueil de David Chomier : Vivons à Mort      
 
 
 
 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
8 mai 2022 7 08 /05 /mai /2022 06:57
Shawna Erback, peintre surréaliste


 


 
 je suis enfantée du sang et de la glaise,
de la côte d’Adam,
d’une nouvelle orfèvrerie de lumière tissus en soupirs…
je regarde la lune, je tourne autour du soleil,
je dis à la pierre et au ciel mère,
et pourtant, je m’attache aux choses, aux états, aux éphémères créatures que je crée par hasard
la chute est en moi,
je sens son goût salé tel du sang
j’entends la voix de l’ange,
qui semble déserte…
de mes pleures il lui pousse
une nouvelle paire d’ailes,
je vois s'effondrer la lourdeur du péché,
l’air s’émacie jusqu’à devenir onde,
la larme purifie même si elle pleurait juste pour une seconde…
j’ai peur que mon ange  ne sonne trop tôt,
je ne peux plus ensorceler le temps,
des voix s’entendent dans mes veines
elles murmurent que la fin approche,
ô, qu’il me donne encore une saison, un automne,
qu’il me serre dans ses bras,
qu’il  me tende la main afin que je guérisse une pensée éternelle…
puis, je vais me montrer devant lui telle qu’il me veut :
dénudée, mais sans corps,
délivrée de tous mes amours …
je les regarde se ranimer :
des vierges bleues marchant
au-dessus des eaux de ma pensée,
fumantes, brûlantes,        
délivrant le temps pétrifié en secondes

© Elina Adam                                               
 
 
 

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
7 mai 2022 6 07 /05 /mai /2022 06:43


 

 

Les dernières vibrations de cloche
dans le silence de l’abbaye,
nous enveloppent de sagesse et de paix
à l’heure des vêpres.
Elles s’étirent  sur un rayon de lune
s’élèvent vers l’infini,
se perdent dans les nues.
L’espace en conserve les ondes
les moines seuls les perçoivent
jusqu’à l’appel du prochain office.


©Eliane Hurtado                                                
 
 
 

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
6 mai 2022 5 06 /05 /mai /2022 06:39


 

 

que disions-nous
à la marge de nos danses
quand nos brindilles défaillantes
frissonnèrent en une seule plainte

que disait-tu
à la marge du naufrage
quand rugissaient tes fibres
arquées d’incessantes bourrasques

que me disais-tu
à la marge de l’abîme
quand je braconnais le plaisir
sur tes vagues en abondance

que disions-nous
quand les ciels déposèrent
en provisoire offrande
leurs naufragés exaucés ?

©Claude Luezior
 
Extrait du recueil « Prêtresse » aux éditions L’Harmattan

 

 

 

 

 

 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
5 mai 2022 4 05 /05 /mai /2022 06:35


 

Réécrire le poème
Mille fois calligraphié.
Sur les lignes de ma vie
Défilent des paysages
Aux syllabes lacérées
Par les vents de la haine.
Interlignes ravinés
De larmes d’orage,
Vocables grugés
Par les marchands du temple,
Accents travestis
Aigus de violence,
Marges biffées
A l’encre noire de la géhenne
Sur des feuilles blanches froissées,
Bréhaignes des promesses envolées.
Je n’ai de cesse
De lier les lettres
De pétrir le verbe
L’assouplir
De l’union des coeurs
Sous la lumière amie de l’éveil,
Que renaisse le poème
Aux sillons germinés
De mots phares
Eclos de pensées racines,
Prémices de fleurs humaines.

©Nicole Portay


Extrait du recueil : Les racines du miel - Editions les Poètes français
 
 

 

 


 
Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits

Partager cet article
Repost0
4 mai 2022 3 04 /05 /mai /2022 07:38


De la source à l’estuaire
coule la Seine transparente de lumière
Fille de l’onde tu t’éveilles
le gris-bleu sur les paupières
Nymphe tu redessines les berges
quand l’échappée devient belle
Danse nef de Lutèce
dans les bras de Sequana.

 

 

Née des larmes d’une nymphe poursuivie par un satyre, Sequana* , fleuve d’histoire, de légendes et de poésie, coule depuis ses sources jusqu’à l’estuaire

 

Demi-vêtue quand vient le printemps, tu franchis ponts et passerelles.


Avec un brin d’audace et le mépris du danger, tu nargues parfois le merle siffleur et les moineaux de Paris.


Arrivée à la passerelle Simone de Beauvoir, tu deviens chef-d’œuvre raffiné portant sur les plats de ta reliure les gemmes, l’or et l’argent.


Au couchant, ta tranche s’orne de garance laissant par instant fleurir la dorure ciselée d’une fibule.


Habillée de bon vélin, tu vogues vers la pointe de l’île Saint-Louis.


Le croisement d’un regard, un frisson qui court sur la berge ; ainsi passe ta beauté, chatoyante dans ses éclats fugitifs.


De remous en remous, telle une fille sauvage, tu files au Pont de Sully.


A l’approche du Pont Marie, tu resterais bien dans la douceur bleue d’une Madone, mais il te faut saluer la gloire hautaine des grandes et nobles familles.


Vêtue de soie, tu fais un pas de danse au Pont d’Arcole.


Emplie de volupté au parfum délicat, tu laisses éclater ta joie.


Tu presses le pas pour arriver à l’heure au Marché aux fleurs.


En tablier bleu, le jardinier a cueilli pour toi, Sequana, jonquilles et tulipes multicolores.
Tu glisses la mieux épanouie dans ton livre d’heures.

Au Pont au Change, tu es éblouie par la Sainte-Chapelle, merveille de l’art gothique.


Tu empruntes un cheval de fiacre pour traverser l’île de la Cité et rejoindre les bouquinistes quai des Grands Augustins.


Le temps d’un soupir, tu croises les belles dames qui se poudrent aux miroirs chez Lapérouse. Vite lasse des plaisanteries salées et des propos musqués, tu retrouves le Pont Neuf.

 

Dans le bruyant concert des mouettes en exil, tu observes le perpétuel va-et-vient d’une foule sentimentale.


Tu caresses des yeux le Vert-Galant en son logis de verdure.


Là, sûre de toi, tu deviens Sirène aux écailles brodées.


Sous le pinceau de Paul Signac, tu arrives au Pont des Arts où le peintre néo-impressionniste fait, par ses harmonies et arrangements rythmiques, palpiter ton cœur.


Entre le musée du Louvre et l’Institut de France, tu apparais naïade aux yeux verts.


Insouciante, tu as la grâce dansante d’une indomptée.


A peine sortie d’un songe, tu portes une jonchée de roses aux Immortels de l’Académie.

 

Tu rêves des sources déjà lointaines qui, goutte à goutte, ruissellent jusqu’à Lutèce :
Sequana !
Sequana !


Avec les nouvelles clartés printanières, de légères demoiselles te contemplent de la balustrade des Tuileries.

 

Belle et scintillante dans ta nudité, tu fais une révérence au Pont Royal.


Jolie frimousse,
tu chantes au gai matin
sans t’inquiéter du lendemain.

 

Au Pont de la Concorde, tu dresses ta nappe de lumière, et les peupliers bruissent sur tes berges familières.


Seul, un anneau de fer attend le lourd chaland en provenance de l’estuaire.

 

Passent les jours, les semaines et se termine ta longue promenade : sept cent soixante seize kilomètres et six cents mètres je crois.


Mais ta curiosité demeure lorsque, de ta rive gauche, tu aperçois Honfleur, cité des peintres qu’il serait trop long de citer : Boudin, Daubigny, Jongking, Marquet, Seurat, Luce et bien d’autres.


Tu nous offres une dernière image avec une peinture de Félix Vallotton qui, depuis la Côte de Grâce, exécuta, en 1910, une huile sur toile : Vue d’Honfleur matin d’été.


La Seine déroule son ruban d’argent, ravie d’épouser l’immensité intime de l’estuaire.

 

VISUEL : Figuration de la Seine. Bas-relief de Jean Goujon, conçu à l’origine pour la fontaine des Innocents à Paris, et conservé aujourd’hui par le musée du Louvre.

 

©Roland Souchon    
février 2022
 
 
 
 

 
Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Couleurs Poésies 2
  • : Ce blog est dédié à la poésie actuelle, aux poètes connus ou inconnus et vivants.
  • Contact

  • jdor
  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...
  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...

Recherche