Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 07:44
La coupe pleine – Jean Dornac
 
 
 
 
 
Il fut un temps de mon enfance
Ou l’innocence était reine
Demain n’était qu’illusion
Le futur n’était qu’un rêve
Rempli de mystères
D’inconnues joyeuses ou inquiétantes…
 
J’avais construit
Tant de projets,
Toujours plus audacieux
Et même orgueilleux…
Pas de frontières
Pour un gamin des misères
 
Il n’y a rien à perdre
Quand rien ne nous est accordé !
Tout est à conquérir
Même les raisons de vivre
Alors qu’il y en a tant pour mourir
Et plus encore pour étouffer de rire…
 
Mais la vie, c’est maintenant !
Les rêves se poursuivent
Mais se heurtent aux lois
Des cruelles réalités de la société
Qui érige des murs
Entre richesse et pauvreté !
 
Déjà, la coupe est pleine
Quand on est fils de rien !
Les portes vous claquent au nez
Poussées par le mépris
Des misérables « Fils de »
Ces héritiers du vide et de l’argent…
 
On vous fait croire encore
Que tout est possible
Pour chaque citoyen
Mais tout est verrouillé
Pour que nul ne change
De sa place à jamais assignée…
 
Alors, un jour, à force de désespoir
On se révolte, on se dresse
Fier et déterminé
A renverser la vermine dorée
Qui confisque la vie à son profit
Qui nous plonge dans les ténèbres…
 
Mourir ou vivre dans la nuit
Où est la différence ?
Mourir ou chanter la révolution
Est le dernier choix des damnés !
Aimer la vie au point d’en mourir
L’Aimer au point qu’il faut se battre…
 
Pour que chacun puisse vivre
Dignement et sans maître !…
 
©Jean Dornac
Lyon, le 15 janvier 2017
 
 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Repost 0
Published by jdor - dans Jean Dornac
commenter cet article
15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 07:35
La promesse – Salah Bekka
 
 
 
 
 
Je dois respecter ma promesse
De voler au temps des moments,
Et vivre discret dans une ivresse
Les actes sensuels d’un amant,
 
Tu dois respecter ta promesse,
De faire entorse à la morale,
Et d’éviter toute maladresse
Qui ne ferait que surgir le mal.
 
Ne faut-il pas tourner nos dos
À cette logique chargée de lois
Et vivre ensemble ce coté beau
Même si chacun vit sous un toit ?
 
Je t’ai attendu dans ta réplique,
Et tu as patienté dans la mienne,
Pour partager la magnifique
Virtuelle maison vénitienne ;
 
Et de ce passé, je garde encore
Les souvenirs des beaux moments,
Ils ont meublé tous les décors
D’une vie secrète de deux amants.
 
Te rappelles-tu de la promesse
Que tu as collé dans mes yeux ?
Lorsque je les ferme, je vis la liesse
D’un couple joyeux et amoureux !
 
Dans ce sillon d’une vie surprise
Qui nous a donné de joyeux jours,
Nous avions fait une belle devise
De cet amour qui vit toujours,
 
Je le respire, comme tu l’inhales
Dans chaque pensée qui nous réveille,
Dans nos absences, nos cœurs s’emballent
Et la nuit, il nous prive de sommeil.
 
Te rappelles-tu de tous ces mots
Que tu as lâché en pleurant ?
Avant ton départ survenu tôt
Pour un autre univers attirant ;
 
Ils bougent encore dans mes oreilles
Comme des consignes aux durs repères,
Ils me bousculent, puis me réveillent
Et mon cœur attend un geste contraire,
 
Je me rappelle de tous ces jours
Qui ont tous une date identique,
Où j’ai aligné mes traits d’amour,
Pour vivre des moments magnifiques.
 
Mon cœur malade, qui accuse le temps,
De ne pas réveiller les promesses,
Et dans mon corps, il m’agite souvent,
Et me mouille aussi de tristesse.
 
Loin, tu es parti, sans me quitter,
Comme tu as obéi au dur tracé,
Je t’ai promis de toujours t’aimer,
Même si tu demeures une éloignée !
 
©Salah BEKKA. Auteur
Fleurs, Épines et Frissons…
Paru au : LES ÉDITIONS DU NET
92150 Suresnes France
 
 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Repost 0
Published by jdor - dans Salah Bekka
commenter cet article
14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 07:45
Don Juan aux enfers – Charles Baudelaire
Jean André RIXENS (1846 - 1924) – Don Juan
 
 
 
 
 
Quand Don Juan descendit vers l'onde souterraine
Et lorsqu'il eut donné son obole à Charon,
Un sombre mendiant, l'œil fier comme Antisthène,
D'un bras vengeur et fort saisit chaque aviron.
 
Montrant leurs seins pendants et leurs robes ouvertes,
Des femmes se tordaient sous le noir firmament,
Et, comme un grand troupeau de victimes offertes,
Derrière lui traînaient un long mugissement.
 
Sganarelle en riant lui réclamait ses gages,
Tandis que Don Luis avec un doigt tremblant
Montrait à tous les morts errant sur les rivages
Le fils audacieux qui railla son front blanc.
 
Frissonnant sous son deuil, la chaste et maigre Elvire,
Près de l'époux perfide et qui fut son amant,
Semblait lui réclamer un suprême sourire
Où brillât la douceur de son premier serment.
 
Tout droit dans son armure, un grand homme de pierre
Se tenait à la barre et coupait le flot noir ;
Mais le calme héros, courbé sur sa rapière,
Regardait le sillage et ne daignait rien voir.
 
©Charles Baudelaire
 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Repost 0
13 janvier 2017 5 13 /01 /janvier /2017 07:55
Le vin clairet de l’aventure – Michèle Freud
 
 
 
 
 
Fanette a mis dans son sac à dos, du pain, du fromage, des fruits secs et une chanson à boire, à boire le vin clairet et requinquant de l’aventure, un vin qui pétille et fouette l’imagination, un vin suave et gouleyant qui vous fait dire : « C’est extraordinaire de se sentir vivre, de s’abandonner à la vie… » Et puis elle a chaussé ses gros souliers, elle a mis son vieux chapeau de paille et elle est sortie, le cœur en fête. Le soleil dansait sur une sonate de printemps, il dansait avec le vent, un vent ivre d’avoir goûté aux sucs des fleurs, un vent qui sentait bon le genêt, la menthe et la reine des prés, un vent qui avait le vin gai et sifflotait une rengaine.
 
Elle a suivi un sentier, tissé de feuilles, de mousse et de lichen. Le silence n’était rompu que par le chant des oiseaux et le clapotis d’un ruisseau où se goinfraient des libellules, tout près d’un minuscule marché de fleurs sauvages. Elle marchait lentement, prenait le temps d’écouter la fête secrète, de s’émerveiller d’un papillon aux couleurs vives, d’une écorce, d’une corolle. Toutes ces beautés entraient en elle pour la fleurir de l’intérieur. « S’émerveiller disait-elle, c’est se mettre en état de création, c’est revenir au premier matin du monde… »
 
Soudain, une cigogne noire surgit d’un buisson et d’un air guindé, demanda l’heure. La tête à peine tourneboulée par cette apparition insolite, elle répondit du tac au tac : « Il est l’heure de danser la passacaille ! »
« Alors, dansons, dit l’échassier ! »
 
La Fanette rayonnait, buvait à petites lampées le vin doux de l’instant présent et savourait l’ivresse des hauteurs du vivre…
 
©Michèle Freud


 

Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Repost 0
12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 07:33
Légèreté – Denise Bernhardt
 
 
 
 
 
Ils dérivaient au hasard de l’espace
En fragments de bonheur.
Perdus dans les pulsations d’étoiles,
Bercés par les mouvances bleues
Des galaxies.
Ce n’était rien,
Qu’un homme et une femme
Ayant rapproché leurs cœurs
De l’infini,
Ayant risqué un jeu en demi-teintes
Pour un plaisir sublimé
Où ils mentaient l’un et l’autre.
Instants délicieux
En dehors de la vie
Venant s’abîmer
Dans la vanité des jours.

© Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.




Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Repost 0
11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 07:41
Et caetera – Luce Péclard
 
 
 
 
 
J’aime le mot et caetera
Car il laisse entrouvert
Le chemin du possible,
Un espace de liberté.
 
Veux-tu t’y rallier aussi ?
Explorer un fragment du temps,
De nouveaux lieux et d’autres choses ?
 
Cela n’a guère d’importance
Si chacun, dans le mouvement,
Choisit sa propre direction.
 
On aura fait ensemble
Un certain bout de route.
 
Puis tu partiras en avant
Et je resterai en arrière,
Ou peut-être vice versa,
C’est bien égal, et caetera.

© Luce Péclard
 
Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier
 
 
 
 
Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Repost 0
Published by jdor - dans Luce Péclard
commenter cet article
9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 07:35
Demain, dès l'aube... – Victor Hugo
 
 
 
 
Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.


Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.


Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
 
Victor Hugo
3 Septembre 1847
 
Repost 0
Published by jdor - dans Victor Hugo
commenter cet article
8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 07:40
L’âme – Victor Varjac
 
 
 
 
L’âme
toujours trop près
du monde
ne perçoit
que l’anéantissement
du peuple d’un séjour…
tout s’échappe
des mains de la chair
dont l’obstination
dérisoire
ne sert d’alibi
qu’au vent
de nos actes…
 
La chute est entrée
sans preuve
et sans promesse
dans la maison
des hommes
comme un souffle
qui se livre
pour mieux ensemencer
une image plus forte !
 
©Victor Varjac
Antibes, novembre 1998

Extrait de « LE CHEMIN DES RÊVES » aux éditions Chemins de Plume




Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Repost 0
Published by jdor - dans Victor Varjac
commenter cet article
7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 07:45
DADA-démiurge – Béatrice Pailler
Paul Delvaux
 
 
Dandy dantesque en damas de daim, dans la dé-cadence des día-logues, DADA déshabille demain, délivre des donneurs à dire ; déchire, dévore, digère, défèque, les doctes dogmes des dogues donneurs d’ordres.
Ainsi, DADA-Durgā, dévêtue, déploie ses dunes de désirs devant DADA-dents-dures qui aux doutes du destin, déboute dieu.
Alors, derviche déculotté, DADA débonde dard durci aux décolletés des duègnes, aux déduits des donzelles.
Et DADA-démiurge en dentelles diurnes darde déviant et danse, danse dans le déni des déités, le dédain des diktats et danse, danse aux déserts déso-pilés, dédales du désastre.
 
©Béatrice Pailler
Revue SOUFFLES Les écrivains Méditerranéens
N° 252-253 « Mon Grand DADA » Août 2016
 
 
 
Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Repost 0
6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 07:40
Mal entendu – Michel Duprez
 
 
 
 
 
Nous lui faisons observer
qu'il avait mal entendu
dès qu'il a mis le doigt
sur la pensée odorante
dont la saveur de sa langue
tirait presque tout son miel.
 
Ayant bien mal entendu
et l'intention de reconnaître
le fait qu'il s'était planté,
il s'est dit réjoui à l'idée
que des propos si délicats
aient pu germer dans son esprit.
 
Encore un malentendu ?
Peut-être...
Mais si ce qu'attend le poète
n'est pas toujours ce qu'il entend,
pourquoi n'apprécierait-il pas
tous ces moments de délice
survenus à l'improviste
et donc, bien entendu,
tout à fait par hasard ?
 
©Michel Duprez
 
 
 
 
Voir en fin de page d'accueil du blog, la protection des droits
Repost 0
Published by jdor - dans Michel Duprez
commenter cet article

Présentation

  • : Couleurs Poésies 2
  • Couleurs Poésies 2
  • : Ce blog est dédié à la poésie actuelle, aux poètes connus ou inconnus et vivants.
  • Contact

  • jdor
  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...
  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...

Recherche