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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 06:36
Les quatre saisons – Alphonse Mucha

 

 

 

 
 
 
Au printemps, je me suis réveillé
Rêvant d’amour et de ses beautés
Corps débordant de sève
Comment ne pas désirer Eve ?
 
Toutes les femmes portent ce nom
Qui signifie tout, dans le fond…
L’amour, la sensualité, la folie à obtenir
Pour les plus beaux ravages du plaisir…
 
Lorsque sont venues les chaleurs
Des brûlants étés à toute heure
Nous avons tout consommé
Autant la pudeur que la chasteté…
 
Sous le soleil des amours
Nous avons brûlé nos esprits
Sacrifiant peut-être pour toujours
Les dieux et leurs fameux Paradis…
 
Corps dévorés de plaisirs
L’un dans l’autre assoupis
N’ayant plus la notion d’avenir
L’été engourdi est devenu automne…
 
Mais tu restais toujours la plus belle
En dépit des rides en forme de ruelles
Je perdais un peu trop vite ma folle toison
Et tu étais plus triste que de raison…
 
Trop fragiles et trop courbés
Nous nous sommes encore aimés
Réalisant qu’arrivait déjà l’hiver
Et que jamais plus nous ne serions verts…
 
Dans nos yeux se dessinait la nostalgie
De la jeunesse superbe de plénitude
Mais nous suivons encore avec notre reste d’énergie
Les chemins de notre amour baignés de gratitude…
 
©Jean Dornac
Lyon, le 8 août 2017




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13 août 2017 7 13 /08 /août /2017 06:33
Fleur des champs – Louis Janmot –Musée des Beaux Arts de Lyon / Photo J.Dornac©
 
 
 
 
 
J’aime l’oiseau parce qu’il sait ton nom.
           J’aime le ciel parce qu’il est dans tes yeux.      Pierre Perret
 
J’AIME sentir le vent passer dans tes cheveux.
 
L’OISEAU roucoule en paix près de sa tourterelle,
PARCE QU’il l’aime fort en clamant ses aveux.
IL chante son amour, car son instinct fidèle
SAIT qu’à chaque moment, ils partagent leurs vœux.

TON prénom est divin, toi que mon esprit veut :

NOM combien beau pour moi, car tu es la plus belle !
 
J’AIME sentir le vent passer dans tes cheveux.
 
LE souffle passe et fond dans l’azur qu’il modèle,

CIEL toujours dégagé, sans ombre ou désaveu.

PARCE QU’il est léger, je sais qu’il m’interpelle,
IL décoiffe ta nuque, et ma main trop charnelle,
EST dans tes longs cheveux pour nous rendre nerveux…

DANS ton âme, je lis, des mots bien trop verveux.

TES regards sont troublants dans mon cœur qui chancelle :

YEUX tendres et profonds quand ton amour m’appelle !
 
©Robert Bonnefoy




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12 août 2017 6 12 /08 /août /2017 06:52
www.cnews.fr/content/upload/redactor/images/54b4212102e742051_haiti3_650x370.jpg

 

 

 

Le matin et le soir
Vivaient au même endroit
La nourriture était à l’ordre du jour
En compagnie de deux sacs de riz
Et d’une mitrailleuse à ma face
Qui me pressurait.
 
Ce jour-là
Je t’ai aimée à la limite
Du possible
Avec le soleil sous les bras
Et ce mal du pays dans le cœur
D’un soir dénaturé.
 
Des mots sanglants de pleurs
Moitié cauchemar
Moitié folie
Mais qui es-tu pour que
Je ne t’embrasse pas
Dans ce vide solitaire ?
 
Je te donne mon amour
Et ma vie en sac de voyage.
 
Ce jour-là
J’ai regardé le temps
Fuir avec une vie frivole
Par-dessus bord.
J’ai apporté des débris
Dans l’antre de mon monde
Ma ville est dans mon rêve
Et dans les habits poussiéreux
Que portent des enfants
Plantés comme des cactus
Autour de Port au Prince
Avec l’angoisse d’une misère cambriolée
A l’espace de mes ennuis.
 
Ce jour-là
Le matin avait la main libre
Et la vie était vide.
 
© Yves Romel Toussaint
Poète - Hinche HaitiPoème

Poème extrait du recueil « Tremblements de cœur » écrit à deux plumes par Denise Bernhardt et Yves Romel Toussaint. Éditeur : Le Vert-Galant. Ce recueil est né à la suite du tremblement de terre du 12 janvier 2010.




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11 août 2017 5 11 /08 /août /2017 06:29
Photo Claude Luezior©

 

 

 

 

Plus loin, dans la pénombre
des bavardages enfiévrés
 
Toutes eaux perdues
une grenouille radote sa prière
 
Une pie, deux fées translucides
s'inclinent avec cérémonie
 
Aux galets d'un purgatoire
où gisent des soleils calcinés

 
Déjà s'inscrivent sur des feuilles
les mémoires d'une canicule
 
Et pleurent sans larmes
des saules à l'abandon
 
En cohortes basculent des présages
au seuil de puits asséchés
 
Sous des murailles incandescentes
brûlent de viles broussailles

 
Une torchère traîne au Golgotha
des lambeaux d'horizon
 
Autodafé où se bousculent
siroccos et brasiers indécis
 
En vain se dilatent des nuages
enceints de grêle et d'éclairs
 
Tandis qu'étincellent en silence
les enluminures des grappes

 
Se gorgent d'alcool et de sucs
des guêpes aux indécentes ripailles
 
Sacristie où l'on prépare
du sang, l'éloquent sacrifice
 
Dans nos chairs, l'été en gésine
signe ses ultimes frénésies

©Claude Luezior

 

 

 

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10 août 2017 4 10 /08 /août /2017 06:41
Émile Nelligan

 

 

 

« Clair de lune intellectuel » fait partie de « L’âme du Poète »
 
 
Ma pensée est couleur de lumières lointaines,
Du fond de quelque crypte aux vagues profondeurs.
Elle a l'éclat parfois des subtiles verdeurs
D'un golfe où le soleil abaisse ses antennes.
En un jardin sonore, au soupir des fontaines,
Elle a vécu dans les soirs doux, dans les odeurs ;
Ma pensée est couleur de lumières lointaines,
Du fond de quelque crypte aux vagues profondeurs.
Elle court à jamais les blanches prétentaines,
Au pays angélique où montent ses ardeurs,
Et, loin de la matière et des brutes laideurs,
Elle rêve l'essor aux céleste Athènes.
Ma pensée est couleur de lunes d'or lointaines.
 
Émile Nelligan
 
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9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 06:35
madisondream.centerblog.net/6577318-couple

 

 
 
 
 
Tu es venu
L’ultime lampe éteinte
La nuit buvait
Mes paysages.
Toute source était vaine
Et tout fleuve tari
Sur ma terre désertée.
Tu es venu silencieux
Rallumant une à une les lampes,
Ton regard noyé
Dans les abîmes de l’âme.
Alors j’ai pris ta main
Me délivrant doucement
Des sables
De la désespérance.
 
©Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « Le chant des Nébuleuses », aux éditions JEBCA, collection l’Immortel.




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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 06:40
Atlas de Wander – Vladimir Kush

 

 
 
 
Les frontières de l’impossible
De tous côtés nous cernent.
 
Je ne cesse de les longer,
D’y rechercher la moindre brèche
Par où me faufiler.
 
Pourquoi se résigner
En deçà du banal ?
 
Il existe une issue,
Un passage secret
Vers l’extra-ordinaire.
 
C’est aussi le chemin
Vers l’intra-ordinaire.
 
© Luce Péclard
 
Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier
 
 
 
 
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7 août 2017 1 07 /08 /août /2017 06:28
Les fruits de l'automne, d'Armand Niquille, tempéra sur panneau, 113 x 100 cm, 1944

 
 

        

Dans le crépuscule feutré de rousseur, les anges et les démons, vigies de la tentation, jouent une marche triomphale. Les couleurs crépitent, festoient entre soie et feu. Des saveurs s’échappent : élixirs secrets.

 

Ébauche d’une brûlante possession.

 

En cette subtile andante, prémisse d’un orage à venir, j’entends déjà le brame sauvage de vos festins s’étirer jusqu’à la moiteur du désir.

 

Nue, mes doigts se  crispent sur les fruits dérobés. Mon déluge est intérieur. Mais, en cette fin de jour enturbanné de poussière d’or, tu m’as dit : viens !

 

Sous tes mains aussi possessives que les nuées les plus ardentes, aussi veloutées qu’un miel de Provence, mon corps caressé de gourmandises ondule de soupirs et nos peaux se confessent de caresses.

 

Jouissance.

 

Dans la dérive flamboyante de cette fin d’été où le soleil hésite à conduire cette liturgie païenne,  je t’ai vu brûler.

 

De toi,  j’ai tout pris, les grands vents, les croyant protecteurs, les mirages anthropophages, le jus sucré de l’asile, prélude à l’exil.

 

J’ai pensé pouvoir t’apprivoiser, tu ne m’en as pas laissé le temps. Pourtant mon cœur faseye encore au gibet du soleil couchant, ma bouche s’égare dans les fruits à mordre.

 

Cruel imaginaire.

 

Etourdi de fantasmes, un ange dérive la tête  à l’envers,  l’Eden, s’est lézardé ; à perte de corps, la nuit sera sans frontière. Personne ne joue plus, sauf toi, ailleurs.

 

Deux paons esquissent encore un dernier baiser, est-ce l’heure de la pénitence ?

 

Je porte la crue rebelle de mes illusions.

 

©Nicole Hardouin

 
 
 
 
 
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6 août 2017 7 06 /08 /août /2017 06:28
Les collages poétiques surréalistes de Jacques Prévert

 

 

 

Je suis le sang de ton visage

les feuilles de ta chair

le coquillage sonore

où tressaillent tes pas…

 

La tendresse de la dentelle

où ton geste fluide

engendre une mousse

de voiles et de fleurs…

 

Le tendre message

de la rose des vents

qui grave tes paroles

sur le front des nuages

 

L’enfant derrière tes mains

qui chemine vers l’amour…

La joue d’une caresse

et le rire du ciel…

 

Je suis celui que tu attends

dans l’espérance d’une étoile

dont les yeux seraient ta voix

et le cœur ton paysage !...


© Victor Varjac

Antibes, le 21 avril 2001


Extrait du recueil « l’Homme Imaginaire » aux éditions MELIS





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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 06:28
Lucie Delarue-Mardus - début des années 1940

 

 

 

 
Comme un courant d'eau douce à travers l'âcre mer,
Nos secrètes amours, tendrement enlacées,
Passent parmi ce siècle impie, à la pensée
Dure, et qui n'a pas mis son âme dans sa chair. 
 
Nous avons le sourire des blanches noces
Qui mêlent nos contours émouvants et lactés,
Et dans nos yeux survit la dernière beauté
Du monde, et dans nos coeurs le dernier sacerdoce. 
 
Nous conduisons parmi les baumes et les fleurs
La lenteur de nos pas rythmés comme des strophes,
Portant seules le faix souverain des étoffes,
Les pierres et les fards, et l'orgueil des couleurs. 
 
Nous sommes le miroir de nous-mêmes, l'aurore
Qui se répète au fond du lac silencieux,
Et notre passion est un vin précieux
Qui brûle, contenu dans une double amphore. 
 
Mais parfois la lueur fauve de nos regards
Epouvante ceux-là qui nous nomment damnées,
Et l'horreur vit en nous ainsi qu'en nos aînées
Qui lamentaient les nuits dans leurs cheveux épars.
 
©Lucie Delarue-Mardus
 
 
 
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