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17 août 2020 1 17 /08 /août /2020 06:28
Photo de sortiraparis.com

 

Les traductions en occitan limousin et en italien sont de Béatrice Gaudy

 

 

Je t’écris de l’autre monde

d’un monde coupé du monde

Quand la présente t’arrivera

le monde aura changé

et mon monde et ton monde

ne seront plus séparés

par les invisibles parois du confinement

Les citoyens seront de nouveau autorisés

à sortir de chez eux

et à respirer à pleins poumons

         la pollution

 

 

et aussi le profond parfum

des violettes du temps

 

©Béatrice GAUDY

 

 

             * * *

                *

 

 

 

Ti scrivo – Béatrice Gaudy

 

 

Ti scrivo dall’altro mondo

da un mondo tagliato fuori dal mondo

Quando la presente ti guingerà

il mondo sarà cambiato

e il moi mondo e il tuo mondo

non saranno più separati

dalle invisibili pareti del confinamento

I cittadini saranno di nuovo autorizzati

ad uscire di casa

ed a respirare a pieni polmoni

             l’inquinamento

 

 

ed anche il profondo profumo

delle violette del tempo

 

©Béatrice GAUDY

 

 

                * * *

                   *

 

 

Io t’eicrive – Béatrice Gaudy

 

 

Io t’eicrive de l’autre mounde

d’un mounde coupa dau mounde

Quauro lo presènto te riberò

lou mounde aurò chanja

e moun mounde e toun mounde

ne siran plu separa

per la invesibla pareit dau counfinament

Loû cieutadin tournaran ètre autourisa

à surti de cha se

e  respira à plen poumoun

     lo pouluci

 

 

e oussi lou proufond perfum

de la viouleta dau tèms

 

©Béatrice GAUDY

 

 

 

 

 

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16 août 2020 7 16 /08 /août /2020 06:38
Photo du site : arpenterlechemin.com

 

 

 

interstices

rugueux

des catacombes

 

ici s’étreignent

les ossuaires

d’atroces attentes

 

et s’érigent

en monolithes

les prières

de craie

 

ici-même

le refuge

avant l’arène

finale

avant l’ultime

solution

 

des couloirs

à perte de vie

et dans les niches

alcôves

et dédales

 

une danse

pour tibias disloqués

 

dans le creux

de ma rétine

deux-trois crânes

que fissurent

des espoirs

sans heure

 

violence

fracassée

que distillent

encore

les millénaires

 

violence clandestine

perdue

éperdue

enfouie dans le sol

 

le crissement

sans ombres

interroge

 

histoire

effrangée

 

par deux mille ans

 

mais terreau

de mille autres

holocaustes

 

©Claude Luezior

 

 in : Jusqu'à la cendre, Ed. Librairie-Galerie Racine, Paris, 2018

https://editions-lgr.fr/claude-luezior/  

 

 

 

 

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15 août 2020 6 15 /08 /août /2020 06:56
auxbellespensees.centerblog.net

 

 

 

 

Pourquoi ces amours-là

qui n’en sont pas ?

 

Gestes désespérés

cherchant le plaisir

 

illusion envolée au matin

telle un oiseau craintif

 

vide de l’âme

repoussant le souvenir

 

frissons du corps

contre cœur meurtri

 

vif désir à peine né

fragile comme un nourrisson

 

Pourquoi ces amours-là

qui n’en sont pas ?

 

©Kathleen HYDEN-DAVID

 

Extrait de « A cœur ouvert » Éditions France Libris 2019



 

 

 

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14 août 2020 5 14 /08 /août /2020 06:07
Maternité (1893), Elin Danielson-Gambogi

 

 

                                                                       A ma mère

 

 

Le long mûrissement

des jours

enfante la moisson

cachée depuis toujours

qui ressurgit chaque fois

lorsque nous croisons

notre pierre de naissance…

L’Automne par bonds successifs

invente un paysage

où flambent les couleurs

figures changeantes

en mirages de Signes…

… chants profonds des arbres

Montant des racines…

… parfums mélancoliques

d’une heure trop brève

où le peintre un peu fou

met toute sa Vie

dans l’arc en ciel

de son pinceau !...

Sur le chemin paisible

tu poursuis Maman

au bras de l’univers

cette marche admirable

vers l’invisible point

où s’accomplit le miracle…

Quatre-vingt-huit années

de tempêtes et de joies

entre la solitude

et le cri des blessures

avec toujours la foi

la force et le combat

pour un autre futur…

Ce jour anniversaire

révèle les sentiers

invisibles et secrets

qui comme les ruisseaux

murmurent à ton oreille

la berceuse du cœur

qui protège ta Vie !...

 

© Victor Varjac

Antibes, 29 septembre  2012

 

Extrait du recueil « Les fiançailles de l’aube » aux éditions Chemins de Plume

 

 

 

 

 

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13 août 2020 4 13 /08 /août /2020 06:28
Photo J.Dornac©

 

 

 

 

Ici le ciel est tombé tout entier

dans le grand bassin bordé d'ajoncs

et ce n'est que surprise et battements d'ailes

Cols verts, pigeons, hérons ou tourterelles

se noient peu à peu dans le firmament

 

Glissement de silence perpétuel

Et pourtant l'eau d'en haut et l'eau d'en bas

continuent de converser

L'azur à mes pieds s'évanouit lentement

et puis revient comme l'âme de fond

On ne sait quelle était sa position originelle

 

Il se devine entre deux profondeurs

un bleu de Klein qui se décline

en douceurs et transparences divines,

si émouvantes que le vertige vous prend

et qu'il est bon de s'adosser à un tronc

sorte de mât aux cordages de lierre

 

Où est la terre ? Quelle est cette île ?

Où est la vraie position du monde ?

Canopée d'algues alanguies palpitantes

où se suspend la lumière en tremblant

ne permettant plus de différencier le haut du bas

Vertige de manège d'enfant...

 

Passe ondulant un rayon émeraude

qui ne dit pas son nom

suivi d' un tendre remous vaporeux

Poudroiement et silence d'or 

Ni souffle de vent

Ni clapotis

 

Les jacinthes d'eau à l'étiage

ont des renoncements d'Ophélie

dans les draps frissonnants des nuages

que l'ombre d'un grand saule bleuit

 

Reflets mêlés d'indigo, d'or et de turquoise

qui se noient dans le vert des feuillages

à peine teinté du bleu des lavandières

Blancheur des ibis tombés des prières

Douceur des pigeons à gorge d'ardoise

 

Ici, les constellations de saxifrages

ont un parfum de vanille et de miel

 

Vitrail vivant émergeant du rêve de Dieu

Tel est ce jardin d'eau illuminant les lieux

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

 

 

 

 

 

 

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12 août 2020 3 12 /08 /août /2020 06:42
"Just breathe" de Chrissy H.

 

 

 

 

 

Lorsque vos mains se referment sur une déchirure et que les anémones s’inclinent, pousse d’hiver en recherche de chaleur, suis-je feu de brousse dans le glissement des ombres ? Débris flammés enveloppés de bure, braise pour un nid cendré, onde mendiante venue des contrées lointaines, je ne sais plus.

 

Lorsque, indifférente à mon désarroi, la lune bâille tenaillée par le vent et que les étoiles tremblent contre la galaxie des rêves en ébauche, suis-je  frileuse dans les rets de l’enfer ?

 

Harmoniques sans partition, lèvres en gémir à la douane des chimères, je ne sais plus.

 

Lorsque les mots s’effilochent aux berges du vertige et qu’une plume, valse lente, calligraphie un ciel déchiré de regrets, je suis un oiseau sans ailes au bord d’une source de silence.

 

©Nicole Hardouin

 

 

 

 

 

 

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11 août 2020 2 11 /08 /août /2020 06:24

 

 

 

 

Si je suis lasse de tous ces maux,

De toutes ces guerres,
Des regards jetés trop fiers
Des feux, du fer, de l’eau

Des immondes ignorances
De ces incohérences...
Si je suis lasse de tout ce temps

Violant, volant, violent

Explosant le présent
Dans le désert des serments...

 

Mais je ne suis pas lasse de t’aimer...

 

©Lydia Montigny

  

Extrait du recueil « Exquis Salmigondis » aux Editions BoD-Books on Demand - Paris

 

 

 

 

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10 août 2020 1 10 /08 /août /2020 06:29
Alfred de Musset, Souvenir – Aquarelle d’Eugène Lami

 

 

 

 

19 janvier

Les scènes du préau ravivent la mémoire,

Souvenirs imprécis dans le passé béant.

Entre deux, l’existence et son grand champ de foire,

Avec maint épisode enfui dans le néant.

 

20 janvier

Le dernier épisode approche à pas de louve

Cherchant pour ses petits quelque chose à croquer.

L’esprit est resté net, mais le corps désapprouve,

De fatigue accablé, prêt à se disloquer.

 

21 janvier

Autrefois, la fatigue était la bienvenue.

On aimait revenir au bercail, au repos.

Maintenant, chaque geste en fait nous exténue

Et l’on recherche un port où demeurer dispos.

 

A suivre…   

 

© Luce Péclard
Extrait du recueil de Luce Péclard, « LE GUÉ DES JOURS » aux éditions du Madrier
 

 

 



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9 août 2020 7 09 /08 /août /2020 06:27
Edvard Munch, Mélancolie

 

 

 

                                                          Dédié au généreux semeur de poèmes, Jean Dornac

 

 


Triste réminiscence,
C’est le retour d’un vent servile
Aux émanations anonymes.
Trahissant le meilleur de l’humain,
Il froisse et musèle    
Les signes mellifères.
Poignets liés au seuil
Du sanctuaire de l’éveil,
Le poète ne cesse
De tremper son stylet rebelle
Dans le sang des mots altérés.
Il anime les lettres en agonie
Les martèle,
Les cisèle finement,
Les modèle sur les pages en larmes,
Les grave en partage
Sur le bois, la pierre, les pavés, les piliers,
Sur les feuilles qui d’un envol
Se régénèrent au mystère
Des flambeaux célestes.
Patiemment, de son cœur en pleurs,
Il baigne la beauté libérée.
C’est la résurgence du fleuve des mots
Gorgé de lumière
Sur les terres censurées.
 

©Nicole Portay
 
Nicole Portay - Poétesse
Déléguée BDR de la Société des Poètes Français
Responsable Nationale du concours de poésie jeunesse SPF
site: www.societedespoetesfrancais.eu        
blog: www.societedespoetesfrancais.net         

 
 
 


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8 août 2020 6 08 /08 /août /2020 06:48

 

 

 

 

 

Pour te laisser en paix

Je dérivais sur des mers inconnues,

Parcourue par la vents salés

Perdue dans les embruns.

Aussi je m’arrimais

Dans un port de hasard.

Des algues lascives

L’étreinte fut suave,

Et leurs langueurs

Sur ma coque émoussée.

Ses doigts caressaient

Mes paupières noyées,

Sa bouche me sauva

De la peur des abîmes,

Et son corps m’entraîna

Vers les grèves offertes.

Mais une fois que je fus

Repue, désaltérée,

Se réveilla la peine.

A nouveau mon âme

Etait emplie de toi.

Et je suis, tandis que m’emportait

La vague souveraine,

Qu’inexorablement je revenais

A mes amours premières.

 

©Denise Bernhardt

 

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.

 

 

 

 

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