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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 07:46
Si – Claude Gauthier
 
 
 
 
Si le plus beau poème est pour qu’un jour l’écrive :
Quelle en est la retraite, où se tient-il caché,
Le cœur doit-il se plaindre à tout le moins fâché,
Se réjouir plutôt, qu’on n’en sache la rive… ?
 
Si le sort jusqu’ici, cachotier nous en prive,
Le monde d’Apollon n’en paraît pas gâché,
Tant l’attente lui garde autre que remâché
De le savoir intact au temps qu’il nous arrive… ?
 
D’ailleurs, dès que rendu par le milieu du gué
De mon sonnet qui court, qui de vous intrigué
Pourrait y reconnaître en l’instant, le prodige…
 
Evidemment personne ; et je ne m’en plains pas,
Préférant à tout prendre honorer bien, vous dis-je,
Sa voix d’ailleurs venue… et qui me tend les bras.
 
©Claude Gauthier
 




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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 07:39
Contre-jour – Denise Bernhardt
 
 
 
 
Que se cache t’il
Derrière la porte bleue
Du jardin parfumé de Yasmine.
Un oiseau posé
Sur une aiguière d’or,
Trois perles de Santal
Dans un coffret de bois de rose,
Le murmure de l’eau évasive
Brodant sous la lune
Des aiguillées de silence.
Il y a, Sylvie, plus belle
Qu’un amandier en fleurs,
Berçant sur son cœur, le Poète
Qui s’endort en rêvant
D’une étoile nouvelle.

© Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.




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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 07:34
Le reflet d’autrui – Luce Péclard
 
 
 
 
Au miroir invisible
Qui me sert de rétroviseur,
Je l’observe à la dérobée.
 
C’est mas coquetterie
Pour découvrir
Autre que moi :
 
Ce prochain si distant,
Et cependant
A ma portée !

© Luce Péclard
 
Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier
 
 
 
 
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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 08:01
CALLI - Nancy Turnier-Férère
 
 
 
Hommage à Apollinaire
 
ME
 
CHERCHES-
TU ?
 
ME VOIS-
TU ?
ME DESSINES-
TU
COMME
UNE
FLEUR ?
 
MAIS, NE
 
SAIS-
TU
 
PAS QUE JE
 
SUIS LÀ DÉJÀ
 
DANS
TON
JARDIN ?
OUI,
JE
SUIS
 
CELLE
QUE
TU
 
ADMIRES.
 
 
©Nancy Turnier-Férère




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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 08:08
Une à une les lumières… - Victor Varjac
 
 
 
Une à une les lumières
vont rejoindre le sommeil
ouvrant à l’ombre qui s’avance
la grille incertaine des rêves…
 
La robe des étoiles
scintille comme une fée…
 
Le chemin nous devance
en dessinant nos pas
mais nous cherchons encore
et chercherons toujours
ce qui pousse le monde
et ce qui nous entraîne
vers ces lieux inconnus
qui referment nos pas…
 
©Victor Varjac
Antibes, décembre 1998

Extrait de « LE CHEMIN DES RÊVES » aux éditions Chemins de Plume




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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 07:47
Lunaison – Béatrice Pailler
 
 
 
 
Folles en tunique de peau,
Les nonnes ânonnantes prient.
Et
L’abbesse,
Corps rompu,
Insane
Sur son âne
S’ébat
Et corrompue,
Vole
Éperdue
Au sabbat,
Où le Diable cornu
L’abaisse,
La blesse,
De sa corne nue.
Ainsi,
Aux fléaux des ténèbres,
Les nonnes ânonnantes crient.
Et
Au cœur des champs
Où pullulent les chancres,
Le chœur des chantres
Hululent ses chants,
Pour les nonnes appendues
Qui gigotent suspendues,
D’une gigue idiote, bien pendue.
Trottent,
Dansent,
Se frottent la panse.
Et
Le Diable rit de cette folle diablerie.
 
 
©Béatrice Pailler
« Mon Grand DADA »
Revue SOUFFLES Les écrivains Méditerranéens
N° 252-253 « Mon Grand DADA » Aout 2016
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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 07:44
Sans le savoir – Michel Duprez
 
 
 
 
 
Je me dois de te prévenir avant qu'il ne soit trop tard : c'est une vraie cata, ta strophe.
 
Les vers traînant en longueur ayant tendance à gagner du terrain, je comprends que tu te sentes vite dépassé.
 
Que te conseiller, sinon d'emprunter vivement un raccourci dès que l'occasion sera à ta portée.
 
Une fois sur place, attends cependant encore un peu avant d'allumer la mèche.
 
Crois-en mon expérience : un feu d'artifice a besoin de plus d'étoiles et surtout de temps pour qu'un seul instant privilégié devienne un jour de fête.
 
Apprendre à fusionner ses états d'âme et de grâce est un art qui s'ignore.
 
Mais ce que tu ne sais pas encore et qui pourrait te paraître étrange à juste titre, c'est qu'il te faut d'abord perdre connaissance avant d'imaginer les choses à consigner sur la page au bas de laquelle tu apposeras enfin ta signature.
 
©Michel Duprez
 

 
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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 07:48
Mère et fils – Djida Cherfi
La mère et l’enfant – Gustav Klimt
 
 
 
 
Quand tu es entré dans ma vie,
je n'ai pas pensé faire demi-tour.
Un tourbillon nous avait pris,
j'en ignorais les détours.
Je ne sais comment ça s'est fait
ni comment ça s'est transformé,
quand un jour tu apparais
telle une lumière chaude et dorée,
un ange tombé du ciel qui m'éblouit
qui m'émerveille !
 
Moi qui croyais en avoir fini
avec mon cœur déjà épris,
je ne savais pas que l'amour pouvait
émettre un florilège de cris !
Comme le cri de ta naissance
ton arrivée dans mon monde,
mon espérance, ma chance,
"A" de mes passions profondes...
 
©Djida Cherfi
 
 
 

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 07:43
Recension Jean-Paul Person « L’état crépusculaire » - Michel Bénard
De Jean-Paul Person « L’état crépusculaire » éditions La Nouvelle Pléiade – 2016-79 pages. Format 15x21.
 
 
Le poète se fait parfois chineur de mots patinés, de rêves délavés afin d’élaborer son poème, il fouille dans son grenier aux souvenirs.
Jean-Paul Person ouvre en grand sa fenêtre afin de mieux s’envoler et rejoindre la cohorte de ses songes, il porte en lui cette sorte de personnage volant dessiné par Folon.
Il s’invente souvent les amours les plus improbables, à sa manière il transcende d’idylliques images en hommage à la vie et aux amours virtuelles.
 
« Je sais, du moins pressens,
A fleur de peau, à fleur diaphane,
Chaque battement de son sang.../... »
 
Il lui arrive de rattacher le rêve à la réalité, il devient alors délicat de faire la part de réel ou de l’imaginaire, nous traversons alors une sorte d’entre deux indéfini, un « état crépusculaire. »
Le langage tente de rompre avec l’expression usuelle, il étonne, intrigue, interroge, mais en aucun cas ne nous laisse indifférent. L’écriture se veut libérée, tout en rythmes brisés, en fractures verbales, en ruptures mélodiques.
 
« Rampant,
je m’immondice,
m’emboue,
me sépulcre. »
 
Jean-Paul Person porte un peu en lui cet esprit du « poète maudit » qui retrouve au fond de ses poches la charpie de ses rêves mêlée à sa vie.
Ce besoin de rêve, folle course vers les chimères, est omniprésent, Jean-Paul Person lui offre son ciel étoilé et s’envole avec lui.
Oui, notre poète rêveur sème sur son chemin des idylles interdites, des amours clandestines, des courtisanes éphémères autant qu’inaccessibles.
L’éclat d’un simple regard le trouble, l’intrigue, le transporte et lui noue le ventre, alors il tisse le poème d’amour au rythme de ses fantasmes.
 
« J’ai retrouvé ton visage,
tes yeux,
obsessionnellement différents.
 
Trop tardif, j’étais celui
Dont tu n’espérais plus la venue. »
Pour cela il lui arrive d’user de néologismes improbables, mais mot après mot, il érige une œuvre singulière et personnelle.
L’insignifiance quotidienne l’afflige, il joue alors de la déraison ou de la dérision, il se construit tout un monde dans la tête qu’il convertit progressivement en poème.
Il s’approprie un langage nouveau, une existence marginale, il bouscule l’ordre établi, le bon sens et la raison..
Il révise le dictionnaire à en faire perdre les cheveux qu’ils restent à nos « immortels » !
A sa façon Jean-Paul Person inverse le monde, il donne un passeport crédible à ses illusions.
  1. joue à la marelle avec l’inconsistance du monde.
 
« Pourquoi existe-t-il des hommes
qui ne font que passer ? »
 
Parce que sans doute n’ont-ils pas compris que la poésie est peut-être l’ultime voie d’espérance qui leur soit encore offerte.
 
Michel Bénard.
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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 07:46
Ce soir - Ode
 
 
 
 

Vous me disiez rêveuse
Il est vrai, je vous l'avoue
Que pour être heureuse
Je pense souvent à vous


Vous êtes mon étoile filante
Vous êtes ma lune qui brille
Vous êtes mon étoile fuyante
Mon ciel qui scintille


Oui je rêve, je rêve à l'inaccessible
N'est-ce pas là la quête
Vous êtes ma tendre cible
Écoutez, entendez ma requête


Entendez la déesse qui joue de la harpe
C'est pour vous cette céleste musique
Ce soir je regarde le ciel, j'ai mis mon écharpe
Je suis rêveuse, aussi romantique

Je suis la femme qui vous appelle
Oh ! Peut-être ne viendrez-vous pas
Mais sachez que parmi toutes, je suis celle
Qui vous aimera jusqu'au trépas


Je serai votre Vénus sans voile
Votre Étoile du Nord
Votre bonne étoile
Votre clair réconfort

Je serai votre étoile filante
Votre lune qui brille
Votre étoile fuyante
Afin que votre ciel scintille


Ode©
2 février 2004
 
 
 
 
 

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