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24 juillet 2022 7 24 /07 /juillet /2022 06:46


 


Poèmes Lauréats Concours Jeunesse SPF 2022  
 

 


allez viens
que je partage avec toi
un silence
un silence?
tu comprendras

et je t’ai suivi
sur un chemin serpentant
à travers les doutes
et les pressentiments
jusqu’au fond de ton regard
où dormait
une graine d’espoir

en silence
une promesse
a réuni nos deux âmes

Jagienka SZULC-BAGROWSKA
– 25 ans – LODZ POLOGNE
PRIX DE LA FRANCOPHONIE 2022

     
 
 

 

 

 

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23 juillet 2022 6 23 /07 /juillet /2022 06:48


 

Un poème de l’un de ses amis proposé par Gérard Gautier : Echarpe POESIE 2022 AMIS

 

 

Entrée du code cosmique  
Depuis l'ère mégalithique
Et au-delà

Entrée des vents de lumière
Dans la Nouvelle ère
Celle de la Rédemption
Inaugurée par l'Aimé
Le Christ solaire
Et au-delà

Dans ce Champ cosmique
Se déploient les arcanes
Les atomes de l'ère nouvelle

Ère nouvelle, Cosmique
Inaugurée par le Ciel
Déploiement des lumières
Venues du Ciel

Plongée dans le Temps
Dans les images du temps
D'avant
De bien avant
Celui d'hier
Et de bien avant
Qui rejoint celui du Maintenant
Celui du devant

Plongée dans les images figées
Dans la Lumière du premier temps
Du départ initial
De la Création

Plongée silencieuse
Pour retrouver le Départ du Temps
Et des escales dans le long Chemin de Vie
Quelques secondes sur la Route infinie
Du Temps
De l'Univers
Marqueurs oubliés
Cachés
Dans le Fil du Temps
Du Fil déroulé dans la Mémoire oubliée

Chants oubliés et retrouvés soudainement
Dans la Mémoire de l'humanité

Chants longtemps cachés
Recyclés
Enfouis dans les Nombres
Sacrés
Dans les pyramides
Dans les pierres du monde
Dans les mondes souterrains
Les mondes de l'intra-monde
Les mondes de l'éther blanc
De l'invisible

Cachés dans les vibrations
Du Temps

O pèlerin

Passe ton chemin
Et va silencieux
Sur la Route des étoiles
Des cieux
Qui entre-ouvrent les Portes du Nouveau Temps
Celui du Verseau

À cheval sur les étoiles
Du Temps
Dans le Souffle infini
De l'Instant
Sois toujours présent
Dans ta Quête de Lumière
Dans l'Instant

Les Maîtres d’Orion

©Jakez GAUCHER

http://chants-de-l-ame.over-blog.com /

 
 
 
 
 
 

 

 

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22 juillet 2022 5 22 /07 /juillet /2022 06:28

TABLEAUX D'UNE EXPOSITION, poésies et proses de JEANNE CHAMPEL GRENIER, éditions France Libris, 82 p., 2022, quadrichromie, préface de Michel Lagrange

 

 Non, ce n'est pas l'essai ripoliné d'un historien de l'art qui distille ses références et qui, à bout de souffle, se laisse déborder par un élan poétique. D'emblée, on sent chez Jeanne Champel Grenier (appelons-la Jeanne, à l'instar de son préfacier Michel Lagrange) une complicité avec les grands maîtres et ces 35 toiles ici reproduites en un miroir de bon aloi. L'écrivain s'adresse à Mona Lisa :


Tu nous suis du regard, immortelle présence
Signée Léonardo qui t'a sans doute aimée...


Poésie verticale ou prose, qu'importe, si le verbe est beau! Continuum d'émerveillements, d'étoiles, de berceuses, de caresses pour des peintures aimées et qui ont façonné son existence. Superbes expressions. Jeanne rebaptise les œuvres pour ses propres textes : ainsi, La sieste de Van Gogh devient La moisson :


Ce grand champ de la vie
perforé de grillons (...)


 Ou bien, à propos des Nymphéas de Monet :


Ici le ciel est tombé tout entier dans le Grand Bassin bordé d'ajoncs et ce n'est que surprises, tapis de soie fleurie flottant à fleur de nuages qui s'étirent, deviennent transparents et s'évanouissent.


Quelques mots, parfois tout simples, pour tout dire :


Il s'appelait Dali, Gala était son miel


Ou cette magistrale citation de Picasso, en 4e de couverture, sur fond noir, et qui prend toute la place :


Au fond, je crois que je suis un poète qui a mal tourné.


Tendresse et passion de Jeanne, dont on sait les dons en écriture et en peinture. Verbes et pinceaux semblent être pour elle une nature seconde : ce périple, empruntant son titre à Moussorgski, s'imprègne de ce monde, poussière de couleurs, que ne cessent de révéler poètes et artistes; mais aussi contre-jour d'une certaine inquiétude, d'ombres fertiles dévorées par la lumière.


Et aussitôt, la chaleur solaire de la poétesse plaide pour une sarabande nouvelle, celle des Coquelicots (...), derviches miniatures :


Leur flamme doit courir
Et danser, c'est un jeu
Mieux vaut brûler pour eux
Et ne pas les cueillir...


Ainsi firent Monet, Renoir ou Morisot
Qui pour les emporter en firent des tableaux :


Toute une éternité dansant le Flamenco !


On retrouve par ailleurs la profondeur humaine de l'écrivain dans son texte qu'elle intitule Maria enneigée de vivre, face à une affiche d'exposition concernant Eva Muder, par Edvard Munch (dont une majorité de gens ne connaissent que son Cri) :


J'eus envie de la prendre contre moi
de la serrer dans mes bras
de la réchauffer un peu
et de retenir son nom...
Maria, elle s'appelait
C'était un peu ma mère
d'une autre vie
ou bien moi
au seuil de ma nuit


Heureux traits de plume pour les gestes d'artistes majeurs : Chagall, Matisse et Bonnard vibrent sur la page.

 

©Claude Luezior  
 
 
 
 
 

 

 

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21 juillet 2022 4 21 /07 /juillet /2022 06:35
Le doute : sculpture d’Etienne Fatras ©


 


De mon travail que reste-t-il ?
J’ai pétri une motte d’argile
Que mes doigts malhabiles
Ont transformé en silhouette immobile.
Un drap recouvre entièrement
Un corps assis pensivement
Posément, dubitativement,
La silhouette attend.

Le drapé dessine en vain,
A droite, pas de main,
Des jambes et des pieds, rien,
Dans sa main gauche, il tient
Un masque au regard impavide
Découvrant sa tête, vide ….
Soyons lucides,
Ne restons pas timides,

Osons, une autre vérité,
Même d’un suaire habillé,
Même sous un visage masqué,
Il n’y a rien….et pour l’éternité.

©Etienne Fatras
 
 
 
 
 

 

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20 juillet 2022 3 20 /07 /juillet /2022 06:30
Nu sur la terrasse de Mircea Bochiș

 

Poème en français et en roumain inspiré par le tableau
Nu sur la terrasse de Mircea Bochiș

 

Je suis sur la terrasse, nue,
dans mon vêtement naturel, en été,
les eaux azurées du ciel me rafraîchissent,
la lumière ruisselle sur mon corps,
le bleu couvre ma nudité
que personne ne me voie, seul ton regard,


sous la branche d’un cèdre,
dans une sorte de rêverie
d’où me réveillent les cyprès,
sur leur cime la lueur de l’attente,

 

à côté, la table ronde et nue,
le cercle de ma vie,
la pierre bleue du commencement,
l’autel sur lequel tu es prêt à me sacrifier,
l’œil de l’amour sans crépuscule,

 

ce n’est pas la table du silence,
mais le miroir où je me regarde
comme le ciel, les cyprès et les cèdres,

 

tu es quelque part dans le paysage, je ne te vois pas,
je sens ton regard, ton frissonnement descendre
de mes épaules sur mon corps, ton embrassement, ton attente,
tu cherches la couleur à même de me faire parler
qu’il ne reste pas seulement le silence,
l’air doux entre nous, le ciel,
moi, nue, toi, peintre, hors du tableau,

 

les cyprès frémissent matin et soir,
le bleu m’embrasse tendrement,
je suis toujours sur la terrasse,
je serre la lumière glissée en nous dans mes bras.

 

©Sonia Elvireanu                  

le 17 juillet 2022


       

 * * *
 

 

 Nud pe terasă

Poem inspirat de tabloul
 Nud pe terasă de Mircea Bochiș


Stau pe terasă, goală,
în veșmântul meu natural, e vară,
mă răcoresc apele cerului, azurii,
mi se revarsă pe trup lumina,
albastrul îmi acoperă goliciunea
ca nimeni să nu mă vadă, numai privirea ta,

 

sub ramura unui pin, într-un fel de visare
din care mă trezesc chiparoșii,
în vârful lor lumina așteptării,

 

alături, masa rotundă și goală,
cercul vieții mele,
piatra albastră a începutului,
altarul pe care ești gata să mă jertfești,
ochiul iubirii neînserate,

 

nu e masa tăcerii,
ci oglinda în care mă privesc
precum cerul, chiparoșii și cedrii,

 

tu, undeva în peisaj, nu te văd,
îți simt privirea, înfiorarea, coborând
de pe umeri pe trup, îmbrățișarea, așteptarea,  
cauți culoarea potrivită să mă facă să-ți vorbesc,
să nu rămână doar tăcerea, aerul blând între noi, cerul,
eu nud, tu pictor, în afara tabloului,

 


dimineața și seara foșnesc chiparoșii,
albastrul mă cuprinde tandru în brațele lui,
sunt tot pe terasă, strâng în brațe lumina din noi.

 

 Sonia Elvireanu, 17 iulie 2022
       
 
 
 

 

 

 

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19 juillet 2022 2 19 /07 /juillet /2022 07:12
Photo Hélène Bourgès©
 
 
 
Je ne t’ai pas trouvé, je t’ai mal cherché
Derrière les nuages, au plus profond du ciel,
Dans des mots convenus, divin ou éternel,
De vains rabâchages en postures inutiles.
Tu étais déjà parti, ou jamais venu.
Prince du silence et de la solitude,
Voyageur immobile, ta maison est partout
Et nulle part.
Ton soleil nous inonde, et nous ne voyons rien.
Nous aimons les fables, et frissonner de peur.
Ma quête est bien finie,
Je suis empreint de toi, baigné de ton amour,
Tu es en toute chose pour qui sait regarder,
Et s’en remet à toi.
Tu es Celui qui est.
 
©  Bernard Delpech
 

 
 
 
 
 
 
 
 
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18 juillet 2022 1 18 /07 /juillet /2022 07:02


 

 


Ah ! Partir de sa langue
Sortir du mot et s’ouvrir au son
Balade au palabre en cohorte
L’émotion du dit qui fuit
Entends s’essouffler la parole
Parcours au fil des rives
Étendue des corps. Démesure se répand
Dans l’ondulence de discours
À ton oreille s’enchaînent les présences
Partir de sa langue, sortir
Un flux, anse de sonorités
Aigus graves s’écoulent, traversent nos attentes
Et le vide expurge son trop plein

©Gérard Leyzieux                                      

Extrait du recueil :  « Tes mots dits » aux éditions Stellamaris
 
 
 
 

 

 

 

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17 juillet 2022 7 17 /07 /juillet /2022 07:17



    Poèmes Lauréats Concours Jeunesse SPF 2022
 

 

Sortir de la prison du normal.
Objecter que tout doit être parfait alors qu’il n’en est rien.
Retrouver le primitif de la nature et toute sa magie.
Contrer les forces de la déprime et de l'ennui.
Imaginer les plus merveilleuses des choses.
Écouter les bruits de l'infiniment petit.
Recevoir des dons de la nature et donner en retour.
Et maîtriser la magie.
 

Enora SIGNORINI

– CM2 - 03190 VALLON EN SULLY
PRIX 2022 de l’ACROSTICHE

 
 
 
 

 

 


 
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16 juillet 2022 6 16 /07 /juillet /2022 07:09


 

Poète et peintre, membre de la Société des Poètes Français  et de plusieurs autres sociétés d’art, Éliane Hurtado laisse ses dons naturels s’unir dans la création de ses œuvres. Le recueil d’Éliane Hurtado,  Sous le bleu des Nymphéas , paru aux Éditions les Poètes français, Paris, 2019,  nous dévoile un monde vu par l’œil d’un peintre, à travers la sensibilité d’un poète.


La nature est réceptée comme étant pleine de couleur et de lumière : „Le soleil joue avec le fleuve, / Il morcelle sa surface / De mille pépites d’or et d’argent / Scintillantes au gré du vent.” La vision est surtout  picturale, l’or et l’argent de ce tableau suggèrent la sacralité de la nature. On perçoit une infusion de cosmique, les êtres remplissent leur destinée sous la bénédiction de la lumière divine: „ L’araignée tisse sa toile, / Merveille de la nature et des mathématiques, / ( ... ) Fil d’Alençon qui brode cette dentelle / Où l’astre solaire en passant / Sèchent les goutes  de  rosée / Encore accrochées à l’oeuvre”. ( La nature )


Dans le poème  „Nymphéas”  Éliane Hurtado souligne cette ambivalence de sa vision: „C’est là que le poète prend ses sources d’espoir / Et que le peintre sent surgir en lui / Le tableau qu’il va réaliser ”


En effet, la poète cherche dans la nature  l’âme cachée de celle-ci, c’est ici la particularité et la profondeur de la poésie d’ Éliane Hurtado: „La fraîcheur du petit matin / Auprès de cette pièce d’eau / En fait revivre l’âme qui s’était assoupie.” Le titre  „Nymphéas”  donné à la poésie d’où est tirée la citation d’en haut indique le fait que la poète symbolise par ces nymphéas les âmes des éléments de la nature, qui lui se révèlent. De plus, tout le recueil est mis sous ce signe, car son titre, souligne le thème de la révélation des âmes de la nature, intégrées dans la grande âme cosmique.


La révélation de ces nymphéas est présentée dans plusieurs poèmes, comme, par exemple,  „Faisceaux de lune ”: „ Quelques faisceaux de lune / Illuminent l’écrin / Où dorment les nymphéas / Auprès de libellules.” Le sentiment du mystère s’impose par rapport  à la nature, à ces nymphéas : „ Les chemins végétaux  / Tressent  des labyrinthes / Comme  celui du minotaure / Où le mystère s’ajoute. ”


Pour  Éliane Hurtado  la nature a toujours quelque chose de magique, même le désert. Elle se montre attirée par  par toutes les beautés mystérieuses, intangibles  de la nature . : „Rose des sables, / Trésor de gypse cristallisé / Façonné par l’errance  des caravanes, / Coquillage au coeur de fleur, / Jamais nous ne te verrons dans un bouquet.” (Rose des sables )


Un parallélisme d’une classicité parfaite entre l’âme de la nature et l’âme poétique de l’auteure devient aussi  un exemple distingué de métaphorisation :  „ Un insolite nimbus  rayait l’horizon / J’y voyais danseurs et séraphins / Sautant en ribambelle. // J’attendais le soleil / J’attendais ton retour  / J’étais sur un nuage / Mais il sombra bien vite / En larmes cristallines.” (Nimbus).


Les tableaux de nature représentent le point-forte de cette poète-peintre, ils étant  ravivés par la promission de l’amour, la plus puissante énergie de l’univers: „ Dans ma nuit / Aux confins des continents habités, / La lune /  Et sa traîne étoilée / S’est baignée / Dans l’azur de tes yeux, / Comme une apothéose / En bout d’ombre et de brume. ” ( Apothéose )


La présence du sacré dans le monde des humains semble être normale: „Brusquement les bruits de la ville se sont atténués / Un ange  vient de secouer le duvet de ses ailes / Il neige sur Paris.” ( La neige). Nous avons ici une méditation sur la beauté qui dépend de notre perception et qui est rapidement engloutie par le temps qui l’a laissée seulement s’entrevoir: „La nuit descend doucement sur ce décor / Qui aura peut-être demain disparu.”
Éliane Hurtado  suggère la nature divine de la beauté par une citation de Michel Ange : „J’ai vu un ange dans le marbre et j’ai seulement ciselé jusqu’à l’en libérer”.


La poète exprime sa conviction poétique dans le pouvoir de la lumière de chasser le mal de la terre: „J’aimerais que ce rayon solaire / Fasse le tour de la terre / Pour apporter Paix et Amour / Partout où il se poserait”. (Rayon de soleil). Elle perçoit partout la présence ou le reflet du célèste: „Ces larmes célèstes aux reflets nacrés” (Gouttes d’eau).


La perception du célèste transfigure tous les tableaux perçus par Éliane Hurtado: „Le croissant de lune doucement s’efface / Devant le soleil naissant / Éclairant le dôme céleste. / Un précieux parfum de sérénité / S’étend sur les dernières poussières cendrées / De la nuit.”


Pour la poète-peintre la couleur devient une force primaire qui participe à la création du monde: „ La vie n’est que le reflet des couleurs / Qui lui sont données.” ( Une main mystérieuse ).


Elle souligne toujours notre participation à l’éternité, à l’intemporel, sous la bénédiction de la lumière : „Intemporel instant / Déposant sur nos destinés / L’écume scintillante des gouttes de lumière. // Lorsque le chant du vent / Accompagne cette symphonie, / C’est une apothéose sidérale / Qui illumine ce fragment d’éternité.” (Lieu de solitude).


Éliane Hurtado  affirme elle-même sa double vision, de poète et de peintre, par rapport au monde:  „ Ce curieux ballet / Où mots et couleurs / S’enlancent amoureusement. ” (Fleur )
Et:  „ J’ai besoin de soleil, de chaleur, / Alors je peins des couleurs, des couleurs, / Et du ciel bleu sans nuages, / Un bleu providentiel aux reflets moirés.” C’est seulement la lumière „Qui pourrait effacer / Ces longues heures mornes et sinistres” du présent, de sa mémoire : „ Je me suis habillée d’un manteau de lumière / Et je plonge mon regard au loin, / Derrière le miroir céleste / Pour découvrir un monde magique / Doux et accueillant ”. (Méditation d’été).
Cherchant le reflet de l’éternité caché dans chaque élément  de la nature, la poète trouve le symbole du baobab, l’arbre millénaire, qui peut vivre aussi  dans la désert: „Souffle mystique d’un monde silencieux et illusoire, / Précieux parfum de sérénité / Qui laisse au voyageur  / Dans cette mouvance incertaine / Une illusion de plénitude et d’errance  éblouie.// Jamais nous ne sommes seuls / En terre désertique / Un arbre magnifique, fragment d’éternité/ Y a poussé.” ( Le baobab )


Le monde imaginé par le créateur poète et peintre doit unir la terre, l’eau avec le ciel,  c'est-à-dire l’humain et le sacré : „Ma main dessine dans l’espace / Une ligne d’horizon / Faite de mots et de signes. / L’eau et le ciel se confondent / La ligne de flottaison se perd, / Les mots ont besoin d’une pause / Pour passer de l’autre côté  / De l’univers bleu.” ( L’encre). En même temps, la poète affirme qu’elle est la création de son semblable, l’homme qui croît aux étoiles: „Vous m’avez ouvert le chemin merveilleux / De la création, / De la vision du monde intérieur / Dans ce miroir de lumière // Alors vous, l’homme aux semelles de vent / Qui semez des étoiles / Et des perles de rosée / Vous m’avez élevée.” ( Pygmalion ).


Elle exprime la conviction que seule la création  miroir de l’intemporel durera et restera: „ Satisfait, il contempla la dome céleste / Où la voie lactée était venue s’inviter. / Ce souffle cosmique intemporel / Réveilla en lui l’horloge du temps, Puits de nos mémoires et de nos incertitudes. // Ce passeur d’expérance et de rêve / Glissa doucement sur le fil de l’éphémère.” ( Passeur d’espérance ). Le pouvoir d’entrevoir les essences est donné au créateur  d’art par les mondes célestes:  „Il allume une à une / Les étoiles du firmament, / Puis passe de l’autre côté du miroir / Là où l’arc-en-ciel  lui fait un clin d’oeil, / L’astre solaire le salue, / La lune lui tire sa révérence.” ( Ailleurs).


Éliane Hurtado  pointe  par sa méditation les couleurs et les mots, qui composent en effet notre monde réel et celui des oeuvres créés:  „ Tu jubiles déjà à voir apparaître / Les tendres couleurs pastel du matin / Le miroitement sur l’eau / Voilà, ton tableau est presque composé ! ” ( Etretat)  et  „Les mots sont les passeurs de l’âme ” ( Les mots). Elle avoue explicitement le fondement  méditatif de ses poèmes: „Assise sur  l’étoile des vents / Je contemple l’univers. ” ( Destin).


L’imaginaire qui donne la possibilité d’écouter la musique des anges, est aussi un terrain fertile pour le poète et le peintre : „Ils sont partis / Chercher un peu d’espérance, / Faire le vide, / Se suspendre au néant de l’instant, / Écouter la parole du vent/ Et la musique des anges. //  ( ... ) Ils ont voulu // Ouvrir  la porte de l’imaginaire / Pour voir  le ciel mystique / Derrière l’arc-en-ciel ”. ( Les volets ).


La poète reconnaît dans l’amour la loi fondamentalle de l’univers, et l’amour des humain est un reflet de cet amour cosmique: „Je vous caresserai / Tel un rayon de lune / Jusqu’à la nuit des temps / de mon corps, de mon âme / Avec tant de passion / Que mes lèvres  sèmeront  / À vos pierds / D’indolents  baisers / Festonnés de lumière / Et de fragments d’éternité, / Où le rêve évanescent , / Laissera place à l’aube frileuse / Jusqu’à transmettre / la résonnance universelle de l’amour.” ( Trace d’amour). Le chant d’amour de la poète devient un hymne à l’amour:  „ Tu m’as accueilli dans un monde magique / où le moindre frisson / devient un écrin de lumière / Où l’écriture est une calligraphie enluminée / Faite de signes ignorés fragiles et secrets. // Main dans la main / Nous traverserons les galaxies / Jusqu’à l’autel de l’amour. ” ( Bras ouverts ).


On rencontre la référence poétique au mythe de l’androgyne, l’être séparé par Zeus en deux moitiés qui depuis ce moment-là se recherchent incessamment jusqu’au moment de la rencontre, pour refaire l’unité originaire: „ Quand nos chemins se sont croisés / Vous m’avez reconnue. / J’étais au fond de vos souvenirs / Comme une présence connue. / ( ... ) / Je vous cherchais / Depuis des millions d’années, / J’attendais que nos routes se croisent, / Déjà je vous connaissais / Vous étiez auréolé d’étoiles. ” (Croisement)


Les poèmes d’ Éliane Hurtado, essentialisés, d’une concentration maximale, semblent avoir une limpidité princière, qui révèle toute leur profondeur.  

 

 

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15 juillet 2022 5 15 /07 /juillet /2022 06:48


Prix d’honneur au concours « Excellence 2022 », Académie poétique et littéraire de Provence, France


Sonia Elvireanu : Ensoleillements au cœur du silence / Scintillii nel cuore del silenzio, poèmes


Edition bilingue français / italien , traduction Giuliano Ladolfi.


 ( Giuliano Ladolfi Editore, 2022)


Pour Sonia Elvireanu, la poésie est sacrée et l’inspiration poétique d’essence divine. La poésie se nourrit donc d’amour. Dans ce recueil, la parole alterne avec le silence, tous deux féconds, tous deux sources de sagesse sans qu’il y ait de contradiction.


L’‘amour / qui articule mon silence


En effet, il s’agit bien de faire parler le silence par l’intermédiaire d’un amour intense, rêvé et peut-être idéalisé. Alors seulement s’élève l’âme en un souffle divin. La passion est mystique puisqu’elle permet d’élever l’âme jusqu’à Dieu.


La nature est toujours présente dans  Ensoleillements au cœur du silence ; ce sont souvent des fragrances venues d’Orient mais pas seulement, qui pénètrent l’âme de la poétesse, favorisant «  la voie royale pour fleurir le temps renversé »


Pour Sonia, ce temps renversé, c’est celui de l’amour retrouvé par-delà la mort qui lui arracha l’homme qu’elle aimait. Écrire de la poésie permet de retrouver les senteurs du paradis perdu. Au creux de cette poésie sensuelle, « la lumière de la vie » est éternité : la vacuité du temps disparaît.
Il y a aussi ces papillons blancs : symboles de pureté ? Les pommiers aux fleurs enivrantes, les chants des oiseaux et les insectes envahissants…qui révèlent toutes les beautés d’un monde harmonieux, disparu et ressuscité grâce à la beauté de sa poésie.


*
 

Le paradis retrouvé dans les bras de l’Aimé, serait donc ce royaume du soleil levant qu’elle évoque en des vers aussi émouvants que le premier baiser ?
« je te chargerai les bras de scintillements
pour être vivant dans le mystère de la terre jusqu’à sentir
 la lumière du dernier silence sur les paupières
 »


 Pourquoi les premières amours ont-elles toujours le goût nostalgique d’un paradis envolé à jamais ? Peu importe qu’il n’y ait pas de réponse dans Ensoleillements au cœur du silence, puisque l’amour est lumière et réciproquement pour Sonia. Le sens est toujours à construire en harmonie avec la nature. L’arbre a des pouvoirs par la magie d’un regard amoureux :
 

« La floraison des arbres dans ton regard,
son éclat sous les paupières,
fais-la descendre en toi
 »

L’arbre est omniprésent ici. Il est la Vie, accomplissement et plénitude sur terre, le fidèle gardien de l’âme.


« mes arbres ont tous les horizons,
les couleurs de la rose des vents,
le levant, le couchant, le sud et le nord
 »


La nature personnifiée semble habitée par cette poésie : « Le ciel (qui) me sourit. », «  Le soleil me nettoie […] », nature providentielle au sens fort. Il y a là une seule respiration faite de douceur et d’harmonie. C’est un peu comme si Sonia avait accès à ce paradis perdu dont rêve encore un être  privé de lumière et d’espoir. Le mot « âme » est récurrent : ainsi dans le poème intitulé L’âme de la colline , l’expression revient trois fois, soulignant une nostalgie plus douce qu’amère. Serait-ce la civilisation, l’être humain qui ont perverti une essence divine? La poétesse le suggère sur le mode mineur. Il est vrai que le silence feutré souvent évoqué et invoqué dans ces vers tient lieu de bréviaire, de philtre peut-être. Sonia confère à la poésie une dimension sacrale où « seule la lumière donne goût au silence ».


Ne nous y trompons pas : si cette poésie a le goût du sacré, c’est de la plus belle façon : peut-on parler de panthéisme ? Je l’ignore. Peut-on affirmer à l’instar de Lamartine que, pour Sonia Elvireanu, « borné dans sa nature, infini dans ses vœux,/ l’homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux » ?  J’aime qu’elle fasse référence aux dieux de la mythologie plutôt qu’à un seul Dieu. Pour elle, d’ailleurs, il ne saurait y avoir de contradiction, mais l’ expression du syncrétisme de sa pensée.


*


 «  Au printemps, Tipasa est habitée par les dieux et les dieux parlent dans le soleil et l’odeur des absinthes, la mer cuirassée d’argent, le ciel bleu écru (…) »


J’ai pensé à ce passage de Camus dont la beauté lyrique me transporta adolescent, en lisant et relisant ce recueil. Je me disais que ce sont parfois (souvent ?) les athées qui parlent le mieux de la divinité, du sacré et de la fusion de l’être humain avec une nature où  subsiste parfois un goût d’innocence. Sonia, je pense, acceptera volontiers cette réflexion.


La poésie de Sonia Elvireanu est bien un arc-en-ciel. « arc-en-ciel de mon silence » , affirme-t-elle, mais aussi celui de la beauté  blottie au creux de ses mots.

 

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