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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 06:35
Papier froissé – Jean Dornac
 
 
 
 
 
Au-delà des murs de la ville
Commence le monde
Que je ne peux plus explorer depuis mon île
Car au-dedans tu as détruit toutes mes ondes…
 
Comme au premier jour
J’aimerais t’offrir mon amour
Mais comme en fin de vie
De plus rien, je n’ai envie…
 
Recommencer notre histoire
Là où tu l’as déchirée
Ne peut se faire même dans un miroir
Nous avons vieillis et tout est abîmé
 
Les rides marquent nos visages
Les douleurs envahissent nos corps
L’espoir n’est plus de notre âge
Depuis la rupture, tout est mort…
 
Le poids des ans a courbé nos échines
Mais il n’est pas le seul coupable
On dirait qu’une cruelle machine
Nous a rendu d’amour incapables…
 
Quand d’aventure tu viens chez moi
Je pourrais bien être comme un roi
Plus rien ne m’attire en ta personne
Plus rien, en moi, ne résonne…
 
Comment avons-nous pu en arriver là ?
Nous nous aimions pourtant jadis !
Quelque chose comme le Horla
Nous a sans doute imposé son vice…
 
Je devrais te maudire
Mais à quoi bon
Répéter et encore dire
Ce qui est noir comme du charbon ?
 
Nos routes à jamais se sont séparées
C’est sans doute préférable
Car nous aurions pu nous détester
Et d’horreurs devenir capables…
 
Tu aimeras de ton côté et moi du mien
Nous tenterons d’être dignes de l’amour
En oubliant nos caractères de chien
Pour éviter de connaître de nouveaux fours…
 
©Jean Dornac
Lyon, le 4 juin 20177
 
 
 
 
 
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4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 06:36
Ta rose si importante – Robert Bonnefoy
Photo J.Dornac©
 
 
 
 
C’est le temps que tu as passé pour ta rose qui fait ta rose si importante.
 
C’EST dans Tes yeux profonds que j’abreuve mon sang,
LE suc de ma vigueur, l’eau providentielle.
TEMPS combien précieux en ce jour angoissant,
QUE je m’accroche à toi comme une ombre fidèle.
 
TU t’es penchée vers moi, sur mon corps gémissant,
AS su calmer ma peur par Ta main maternelle.
PASSE encor sur mon front, ton doigt attendrissant,
POUR changer ma douleur en paix intemporelle… !
 
TA bouche est toujours là, par un mot caressant,
ROSE comme ta joue et plus léger qu’une aile
QUI frôle juste l’air pour n’être qu’un encens
FAIT d’une douce odeur, telle une nigritelle.
 
TA bonté m’envahit, insondable, en croissant,
ROSE et pure à la fois, comme une aube nouvelle :
SI j’y pouvais mourir, que j’y sois, jaillissant !
IMPORTANTE splendeur et que Ton Ame est belle…
 
©Robert Bonnefoy
 
 
Acrostiche d’après « Le Petit Prince » de Saint – Exupéry.
 
 
 
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3 juin 2017 6 03 /06 /juin /2017 05:21
Moi, je veux… - Kacem Issad
 
 
 
 
 
Moi, je veux
Sur ton corps
Sur ta peau
Laisser mes empreintes,
Mon sceau.
Moi, je veux
Dans tes yeux
Dans ton regard
Laisser mon image
Ma silhouette.
Moi, je veux
Dans ton cœur
Dans ton amour
Laisser mon bourgeon
Mes racines.
Moi, je veux
Dans ton oreille
Dans ton tempo
Laisser mon souffle
Mes murmures.
Moi, je veux
Dans ton destin
Dans ton livre
Écrire notre vie
Notre magie.
 
©Kacem Issad


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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 06:36
Espaces – Claude Luezior
L'icône, Michel Bénard, gouache, pastel et encre de Chine, 21 x 29,7
 
 
 
 
en marge
de nos écritures
le goût acidulé
d'espaces
 
marge vierge
mais brûlante
où peut éclore
juste un graphe
de l'indicible
mot-clef
d'une parenthèse
 
à la marge
de nos dédales
et de nos chiffres
une ou deux
taches d'encre
 
hiéroglyphes
indélébiles
de nos attentes
empreintes
au fond de soi
 
ces marges
annotées
ajourées
si humaines
que personne
ne publiera
et pourtant
essentielles
à nos silences
 
marge d'erreur
où respire
la tolérance
tranche d'espoir
où repose
l'essentiel
d'un aimé
d'un non-dit
 
© Claude Luezior
 
 
 
 
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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 06:37
Chant d’amour – Michèle Freud
Photo J.Dornac©
 
 
 
 
 
Notre colline, au printemps, a bien des richesses à offrir. Elle est la vie, la beauté, la poésie, le rêve, avec ses petits jardins d’orchidées pourpres ou de cerises aux pétales délicieusement froissées, ses coulées d’aphyllantes, ses coronilles qui aspergent la terrasse de leur parfum volé aux anges, ses tapis de pois de senteur et de fleurs de lin, ses cascades de liserons qui carillonnent à tout vent la magnificence du monde. Quel somptueux cadeau que ce débordement de rose, de blanc, de vert, de bleu, d’or et de mauve ! Tout est harmonie et douceur, comme peint avec les innombrables ressources d’une palette magique. Telle une abeille, je butine, je frissonne de joie. Dans l’univers des fleurs sauvages, je sens vibrer en moi l’immensité de la vie universelle.
 
Aujourd’hui, je prendrai peut-être mon repas près des bonnes têtes ébouriffées des scabieuses. Je me contenterai d’une gorgée d’air, d’un bol de lumière, d’un peu de suc de la terre, de la splendeur des plantes et du chant des oiseaux. Et surtout que le temps se fasse lent pour que dure la magie de l’heure. Et si je l’invitais à venir prendre un café, peut-être suspendrait-il son vol, le temps d’un sourire à tous mes amis, le temps de donner à la jolie coccinelle qui vient de se poser sur ma main, de prendre son envol et de n’être plus qu’un point rouge dans l’azur…
 
Je crois que je viens d’apprivoiser le temps !
 
Et comme pour m’approuver, la mésange se met à zinzinuler…
 
©Michèle Freud



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31 mai 2017 3 31 /05 /mai /2017 06:44
Ce soir, elle est ta petite – Denise Bernhardt
Berthe Morisot : Eugène Manet et sa fille dans le jardin de Bougival. (1883)
 
 
 
 
 
Ce soir elle est ta petite
Et je n’existe plus.
Elle est ta chair
Elle est ton sang
Tu es son Tout.
Le monde se brise à vos marges
Et fait silence.
Je ne suis plus qu’une ombre
Dans ton cœur,
Une idée, une pensée
Bien au-delà de toi.
Le reflet d’un ailleurs
Qui vit dans le poème
Et meurt de ton absence.
 
©Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « Le chant des Nébuleuses », aux éditions JEBCA, collection l’Immortel.




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30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 06:38
La part du diable – Luce Péclard
 
 
 
 
 
Pour deux martyrs chrétiens
Elevés en exemple,
Saint Etienne – les pierres –
Saint Sébastien – les flèches –
Combien de malheureux
Disparus anonymes
De toutes les façons,
Sous l’épée et les balles,
Dans les geôles multiples
Et par mille supplices !
 
Ajoutons-y les guerres
Aux solutions globales,
Et les peuples maudits
Des siècles nucléaires,
Irradiés d’uranium,
Crevant à petit feu
Sans nul recours possible,
Eux et leur descendance…

© Luce Péclard
 
Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier
 
 
 
 
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29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 06:38
Ton retour - Phara
Phara est étudiante à Port-au-Prince et m'a été recommandée par Yves Romel Toussaint.
 
 
 
 
 
 
Je garde au fond de moi
Le soleil que tu m'as donné
pour réchauffer mon cœur
Gelé par ton absence.
 
Longtemps ... les étincelles
De tes yeux
Flambaient mes nuits
dans la quête apocalyptique
D'un jour meilleur
 
Ton nouveau jour sera ma
terre nouvelle
En souvenir de ton regard
Posé sur moi
Dans l'attente d'une cueillette
de baisers
 
©Phara
 
 
 
 
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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 06:18
Une joie – Victor Varjac
 
 
 
                                 A René Lacroix
 
 
Une joie
surgie du cœur
à pleine gorge
tel un hymne
devenu chair
dans l’amour d’une voix
infinie de beauté
n’est-ce pas l’éclosion
du miracle absolu
au royaume des hommes ?...
 
La folie
comme un corps
m’étreint
dans ses filets…
 
Je deviens ce défi
où la graine du plaisir
pénètre et bouleverse
les vagues de mon souffle…
 
Apprendre
n'existe plus
quand la passion
s’accroche à la peau
tel un bout de métal
qui brûle
avant de s’enfoncer
dans les fibres… de ma vie…
… jusqu’au sommet de l’âme !...

© Victor Varjac
Antibes, le 3 décembre 2000

Extrait du recueil « l’Homme Imaginaire » aux éditions MELIS




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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 06:28
CALLIGRAPHIE DE LA TENTATION - Nicole Hardouin
CALLIGRAPHIE DE LA TENTATION - Nicole Hardouin
J’ai la grande joie d’accueillir parmi nous Nicole Hardouin. J’espère que vous lui ferez un chaleureux accueil. J.Dornac
 
 
" ELLE" huile sur toile, 61 sur 50 du peintre GIL POTTIER; Site internet : www.gilpottier.com
 
 
 
 
 
Dans la procession des blés mûrs, vous êtes le moissonneur édénique célébrant l’offrande aux légendes ancestrales. Une musique s’en échappe, je déchiffre cette partition avec la prudence d’une barque quittant le port.
J’ai rompu les amarres.
Nos chemins s’écartèlent en tendres violences, mon souffle part en croisade, vous encercle. Je bouscule vos intimités, votre arc se tend à la saveur de mes effluves. Fibres clandestines effleurées, fleurs d’eau prêtes à éclore, fruits à mordre en lents creusements.
Calligraphie de la tentation.
Les fortifications se lézardent, je vous observe, vous butine. Ma chair cueille vos étamines et mes lèvres s’égarent à l’équinoxe de vos nacres.
Fournaise.
Implorant, vous tremblez. En lames torrentielles, j’ondule sur vos marées. Vous êtes Neptune rompant les chaînes.
Triomphe du naufrage.
Sur mes margelles humides vous lancez vos filets. Les caresses dénudent les corps. Mes certitudes s’évanouissent à la fonte de votre plomb, je me déploie dans vos vergers. Depuis cet office des ténèbres où vous avez mis ma bure en charpie, je suis neige de désir, au plus rouge du rouge, l’amour tord l’airain.
Brûlons.
 
Mais vous m’avez laissé en cendres dans le gémir de l’extrême. Chairs en éclats. La blessure est là qui floconne, coquelicots errants.
Socle en débris.
Je vous avais offert une forêt avec sa clairière aux yeux de biche, un vitrail et ses anges musiciens, des fruits défendus cachés dans un jardin, aujourd’hui je cueille des épines noires sur un dallage gelé.
Des orties poussent à l’extrémité de mes doigts, l’hiver sort du miroir. Le hurlement des loups déchire les dernières campanules.
 
À perte de corps, la nuit. Les oiseaux ont des ailes de glace.
Il pleut dans mon regard.
 
 
©Nicole Hardouin.
In FONTAINES CARNIVORES
Éditions L.G.R. Paris.




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