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7 septembre 2021 2 07 /09 /septembre /2021 06:37
Dessin de Jeanne Champel Grenier : Dame à l’hermine d’après Léonard da Vinci


 


De Delpht et d’ailleurs

 

 

Au temps où Hérédia situe ses Conquérants
En ces siècles mouvants découvreurs d'infinis...
Tout cernés par les eaux, il est de vieux pays
Où naquirent des peintres qu'on appelle Vermeer
Da Vinci, El Greco... tous Amoureux du beau
Il règne sur leurs murs une cartographie
Représentant les voies du commerce par mer
Car ces pays curieux furent vite vainqueurs
Des routes de la soie, des îles étrangères...


Les peintres nous invitent à ce partage intime
De grâce et de silence traversés de lumière
Qui éclairent le bois sous des vernis infimes
Vermeer a préparé et pilé ses pigments :
Terre de sienne et or, turquoise ou indigo
Pour peaufiner sans fin l'univers hollandais
Avec ce ''sfumato'' caressant l'air ambiant
Qui apporte aux portraits une note sacrée
Ah ! cette ombre qui vient velouter les tableaux !


Ainsi nous voyageons dans les siècles passés
Rien ne nous est caché du commerce des mondes
Au milieu des bateaux approchant ''Cipango''
Partis chercher du thé, du poivre, des aiguières
Se glisse le vaisseau de femmes brunes, blondes
Il passe sous nos yeux comme ardente prière
Nourrie de ces chefs d'oeuvre qui allument le rêve
Madones d'El Greco, Da Vinci- La Joconde ;
Une Dame à l'hermine, de Vermeer- La laitière…


Aucun de ces visages ne sacre le passé
Chacun nous suit des yeux, réanime l'instant
Femmes, elles existent sans la marque des siècles
Sans aucune violence et sans vulgarité
Hommes, lorsque l'instinct de possession vous mine  
Lisez en leur regard la paix qui les anime :
Féminité tranquille, la beauté pour message
Ces femmes sont passeurs de toute éternité
En leur vaisseau l'Amour traversera les âges


©Jeanne CHAMPEL GRENIER

 
 
 
 

 

 

 

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6 septembre 2021 1 06 /09 /septembre /2021 06:39


 

 

De ses yeux effarés l’église me regarde
Comme une poule qui protège ses poussins :
Quelques toits accroupis penchés vers le bassin
D’autres qui se replient vers une rue bavarde,

 

Celui du boulanger lâche de sa bouffarde
Un rêve de fumée qui s’exerce au dessin ;
Dans les fond d’une niche une statue de saint
Dont le bois délavé semble vêtu de hardes !

 

Le village s’ennuie, il s’ennuie à mourir ;
Il n’a plus que des vieux chargés de repentir
Qui ne comprennent pas pourquoi la place est vide !

 

Pourquoi tous leurs enfants les ont abandonnés ?
Ils ont le sentiment d’être déjà damnés,
Eux, dont le désespoir creuse un peu plus les rides.


 
©Louis Delorme  
Extrait du recueil « La Criée – Les Vagissements » de 1974. Recueil imprimé et gravé par l’Auteur sur sa presse artisanale.        
 
 
 
 

 

 

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5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 06:30

 

Les traductions en occitan limousin et en italien sont de Béatrice Gaudy


 
Je suis née de l’été
un jour de neige pourtant
en février
Mais mon souffle vital se puise
dans la lumière incandescente
des torrides étés de chez nous
les orteils dans les rus
et les yeux dans le soleil


    * * * * * * * *

Sai nascudo de l’eitié
un jour de nèvio pertant
en febrie
Ma mon soufle vitau se pouso
din lo lus incandescento
dau tourridei eitié de cha nous
loû artei din loû ri
e loû uei din lou soulei


    * * * * * * * *

Sono nata dall’estate
un giorno di neve pure
in febbraio
Ma il mio soffio vitale si attinge
nella luce incandescente
delle torride estate del nostro paesello
le dita dei piedi nei ruscelli
e gai occhi nul sole


©Béatrice GAUDY          
 
 
 

 

 


 
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4 septembre 2021 6 04 /09 /septembre /2021 05:30


 

 

Pourquoi les roses ont des épines ?
Mais les cactus, dans leur désert,
En ont bien plus que leurs copines,
Dans les sables, loin des prés verts.
Pourquoi les roses, si fragiles
Deviennent parfois fleurs de passion ?
Les cactus en terres infertiles,
Amours désertes, dunes d’aversion ?
 
Il avait quitté son étoile.
Sa rose l'avait déconcerté.
Le vent avait conduit ses voiles
Vers une terre mal habitée..
 
Petit Prince m'a tout expliqué :
Les fleurs mangées par les moutons,
Dans un monde bien trop compliqué
Où les Renards côtoient les lions…

Chaque nuit, perdu dans les dunes,
Et cherchant l'étoile du berger,
Je retrouve Pierrot la lune
Parti au loin pour voyager.
 
 
 
 
 
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3 septembre 2021 5 03 /09 /septembre /2021 06:41
Dans la gueule du Temps…


 

 


Avant de prendre ma plume
je m’allonge
sur l’aile d’un mirage
à cheval
sur ses plus hautes branches
qui se balancent
au bras d’une promesse…
J’ouvre la cage imaginaire
et les mots s’échappent
ivres d’espace…
Oiseaux multicolores
feux follets insolites
tourbillons éphémères
caprices féeriques…
… comme ils sont beaux
à la lisière de l’éveil !…
Je suis seul à les voir
sur la lande changeante…
en cercles incroyables
ils s’approchent… s’éloignent
se rapprochent encore
avant de s’évanouir
dans l’alcôve du rêve…
et une seconde plus tard
la farandole recommence…
Tourbillons errants
à la recherche
d’un bien vagabond
toujours en devenir…
Les morts tournent
sauvages et fiers
comme les passions
à l’ombre de mon souffle…
Image inquiète
où flambe l’espérance…
Heures de sable
qui sucent mes songes
comme une gourmandise !…
… et donnent peu à peu
naissance à cette voix
au timbre d’encre…
Un à un
ils métamorphosent
la transparence de ma feuille
en un royaume où l’aube
accueille la sève
affranchie des pièges
qui finissent tous
dans la gueule du Temps !…
Les mots entrent
dans mon coeur
mon sang se cabre
la vie me dépasse
l’impossible vient d’éclore !…

© Victor Varjac
Antibes, 6 août 2011      

Extrait du recueil « Les fiançailles de l’aube » aux éditions Chemins de Plume                
 
 

 

 

 

 

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2 septembre 2021 4 02 /09 /septembre /2021 06:32



la religieuse
                        


À doigts d’oblate
solfier les soupirs
ensauvager les accords
à pas mesurés tracer des îles pour bure déchiquetée
à pas de chanoinesse défaire le chapelet des tensions
avec des grains de tendresse
à mains de moniales sculpter un visage
dans les repentances de la fumée
à courbes d’abbesse allumer la calligraphie d’un cierge
boire les gouttes cireuses
                                ambroisie
à gestes de païenne donner la clé de la partition
fermer le temps
ouvrir l’espace
                                  pour toi.
                                        

©Nicole Hardouin.    
 
 
 

 

 

 

 

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1 septembre 2021 3 01 /09 /septembre /2021 06:31
Photo de Kathleen Hyden-David©


 


Poème extrait du très beau nouveau recueil de Kathleen, tant pour ses poèmes que pour ses photos ! (J.Dornac)

 


Plis d’écorce
pour la fée
amoureuse
d’un chasseur
de papillons

 

lèvres offertes
au plus tendre
des baisers

 

Un filet
la belle
aux ailes
déjà prisonnières

 

La fée quittera-t-elle
l’arbre protecteur
pour ces rets amoureux
au bout du chemin ?

 

©Kathleen HYDEN-DAVID  
Extrait du recueil « Ecorce » aux éditions France Libris
 
 
 
 
 

 

 

 

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31 août 2021 2 31 /08 /août /2021 06:48


 

 


De gauche à droite
De haut en bas ... La distance n’existe pas...

En long, en large, en diagonale
En hauteur, en circonférence,
... Je suis là, sans distance...

En chiffre ou en lettre, écris-moi Je suis le point au bout du doigt ... La distance est un pas de trop... Le centre, le milieu, je suis le point O...
 

©Lydia Montigny
 
Extrait du recueil « Exquis Salmigondis » aux Editions BoD-Books on Demand - Paris
 
 
 
 

 


 
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30 août 2021 1 30 /08 /août /2021 06:39
Slider-Croix©Roland-Chatain-OTPEN.jpg


 

 


Est-il bien utile d’exhumer tel ou tel cas de rivalité entre artistes dès lors qu’il en existe depuis la plus haute antiquité ? Cibler, comme ici, deux épisodes précis relevant, en outre, d’une même époque et d’un contexte culturel identique pourrait à la rigueur paraître indélicat dans la mesure où ces deux dimensions – la seconde principalement – pourraient se voir et surtout se croire spécifiquement visées. Notons dès à présent que les escarmouches évoquées plus loin ne donnèrent pas lieu à d’interminables échanges d’aménités mais se sont soldées par des essais tangibles d’apaisement : les acteurs de ces deux conflits se sont révélés beaux joueurs, en définitive ! Notons surtout que les principaux intéressés ont fini par faire de leur confrontation l’objet d’épanchements littéraires et qu’il ne saurait être question d’aucune violation de faits confidentiels, de ce fait.


La vraie question ne devient-elle pas de savoir si, pour les auteurs concernés, leurs querelles ont pu se révéler bénéfiques – ou l’inverse - pour leur œuvre ou leur évolution ; de savoir ensuite si, au niveau des lecteurs cette fois, ces jalousies conservent le moindre intérêt à long terme : pour l’édification « morale », pour l’intérêt historique ou artistique, par exemple.


                        °   °   °
 

En 1975 paraît chez Plon le livre « Le Cheval d’orgueil » d’un auteur jusque là assez peu inconnu : Pierre Jakez Helias. Cet ouvrage de quelque 550 pages,  sous-titré Mémoires d’un Breton du pays bigouden, est tout entier consacré à l’évocation d’un monde rural presque révolu ; il va connaître en quelques mois un succès rare et inattendu, même aux yeux de l’auteur et de son instigateur, Jean Malaurie, ce visionnaire qui éditera les plus prestigieux ethnologues : Claude Levi-Strauss, René Dumont, Margaret Mead, Victor Segalen …  (*)

 

©Pierre Guérande    
 
 

 

 

 


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29 août 2021 7 29 /08 /août /2021 06:36


 


ce n’est qu’à la tombée de la nuit qu’on s’enlève le masque
et on s’approche l’un de l’autre, en secret.
je t’attends au bord de ce trou noir
afin qu’on se marie dans un amalgame de rêves.
je ne me souviens plus
si je les ai rêvés
ou je les ai seulement désirés.
des constellations inconnues engendrent
à chaque accouplement de pensées,
le sang fait preuve de notre existence qui n’est pas au hasard
les rapprochements et les embrassements sont permis
dans cet univers candide,
la nuit fait briller nos étoiles dans cette boule parallèle
qui comprends les cœurs entiers
non mutilés par des masques ou des craintes.

 

© Elina Adam
recueil en préparation « La blessure de l'amphore »

 
 
   
 
 
 
 

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