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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 06:30
Peinture de David Olère, survivant d’Auschwitz-Birkenau



 

 

goutte à goutte
leur sang
ne cesse
de ruisseler
jusqu'à nous

encre indélébile
encre
toujours
vive

encre à jamais
rouge
malgré les fours
crématoires

chairs
décharnées
regards

à travers
les pages d'Histoire
ces visages
me dévisagent

concentré
inhumain
tellement humain
de désespoir

alter ego
que l'on massacre
au nom d'une race
dite pure

comment prétendre
désormais
faire partie
du clan
homo sapiens ?

stalactite
leur regard
jusqu'à moi
ruisselle

©Claude Luezior

 in : Jusqu'à la cendre, Ed. Librairie-Galerie Racine, Paris, 2018
https://editions-lgr.fr/claude-luezior/  

 
 
 
 

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15 octobre 2020 4 15 /10 /octobre /2020 06:29
Dieu et les pleurs de la terre - André Martins De Barros



                    

                                                       À Jean-Michel Sananès

 

Le feu de l’aube
doit-il s’emparer
de mes poèmes nocturnes
et réduire à « Néant »
mes errances de mots ?…
Face au silence troublant
l’astre de ma lampe veille
sur mon espace d’encre
dessinant un cercle d’or
où se brise l’obscur
tandis que j’ouvre le regard
ensemencé de « Signes »
et tel un chasseur invisible
Je pénètre la clairière
d’un monde incroyable
caché dans « la chair mirage »
d’un réel multiple…
J’avance et le décor
chancelle sous ma plume…
Serais-je à deux doigts de comprendre
l’invraisemblable Fontaine
où naissent les univers ?…
Les mots que je connais…
les mots si gauches… si lourds
au bout de leurs tiges
apparaissent ici
venus de nulle part
bien plus légers que l’air
plus souriants que le jour…
ce sont des chants célestes
des miracles de vies
des mains tendues
à tous les coeurs ouverts…
… mais je ne peux les saisir
et pourtant ils sont si proches…
… si proches de mon âme…
L’heure presse le rythme
de la douce ténèbres
éparpillant les images
livrées à la poussière…
La nuit se referme
sur la chambre secrète
où les métamorphoses
retiennent mon devenir…
Ce soir j’ouvrirai la porte
et franchirai le seuil
à la rencontre des mots
fruits de l’éternel
et mélangerai mon sang
à la source des anges
transformant l’écriture
en « Soleil levant » !…

© Victor Varjac
Antibes, 21 novembre  2012
 
Extrait du recueil « Les fiançailles de l’aube » aux éditions Chemins de Plume

 
 
 
 
 

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14 octobre 2020 3 14 /10 /octobre /2020 06:46
Image : www.realite-virtuelle.com

 

             dédié à Jean Dornac
 
 
 
Comment aurais-je pu imaginer qu’Internet
m’inspire un jour la moindre ligne,
si ce n’est les mots du deuil de l’Ecrit ?
Il a fallu que vienne le temps de la solitude,
que commence à se faire sentir le poids des années
pour que le numérique me devienne oiseau messager.
Et voilà que les mots osent enfin concurrencer l’image.
Ils me font vivre toutes leurs nuances d’amitiés et d’amour,
tous leurs éclats passionnés et foudroyants,
révélant des sentiments inattendus dans l’univers virtuel.
Parodiant Gilbert Bécaud, j’aurais envie de dire :
« La solitude, ça n’existe pas. C’est pas fait pour les chiens... »
les blogs, les sites et les messageries…
Au lieu de prétendre remplacer l’écrit,
l’image demande souvent à se parer de mots
afin de mieux survivre dans nos mémoires.
Il lui arrive d’être carrément délaissée quand s’installe le dialogue,
un dialogue entre deux âmes empreintes d’amitié ou d’amour.
Ouvrir la messagerie rend alors fébrile
comme ouvrir l’enveloppe d’une lettre attendue.
Les mots viennent d’aussi loin mais plus vite que sur le papier
et sans la plume ni l’encre, nous touchent avec autant de force.
N’est-il pas jusqu’aux livres eux-mêmes,
ces ouvrages solides construits en pierres de mots
dont on prédisait la disparition prochaine,
qui offrent l’image de leurs façades sur les sites.
Et maintenant quel futur pour nos mots ?
Puissent-ils ne pas être emportés par un flot numérique
aussi destructeurs que certaines rivières à la saison des pluies…
 
©Kathleen HYDEN-DAVID
 

 
 
 
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13 octobre 2020 2 13 /10 /octobre /2020 06:30

 

J’ai le plaisir d’accueillir, ce jour, un auteur de plus, très connu, très apprécié ! J’espère que vous lui réserverez un très bon accueil ! Jean Dornac

* * *

 

À propos du poète Gérard PARIS et de ses écrits poétiques intitulés FRAGMENTS...

 

Voici une lecture ( extrait) de Philippe LEUCKX, chroniqueur de la revue BLEU D'ENCRE :

« Les FRAGMENTS de Gérard PARIS sont des concentrés de textes : une formule, un aphorisme, un paradoxe, une allitération, une assonance, simplement quelques mots pour dire l'essentiel sur un sujet que l'auteur ne développe pas ; il laisse le développement dans des points de suspension que le lecteur devra remplir en fonction des impressions personnelles qu'il tirera de la lecture.../...

Gérard Paris distille ses mots, les agence pour qu'en une brève formule, ils conduisent le lecteur là où il voulait le conduire... »)

 

Présentation de Gérard PARIS par Patrick PICORNOT, directeur de la revue ROSE DES TEMPS :

« En plus de son incontestable talent poétique, rappelons que Gérard PARIS figure parmi les meilleurs critiques de poésie contemporaine. Grand connaisseur des poètes du XX ème et du XXI ème siècles, il a publié un nombre impressionnant de notes de lectures dans de multiples revues et coordonné de nombreuses études sur différents poètes. Il est aujourd'hui un des principaux contributeurs de la revue ROSE DES TEMPS, avec publication de poèmes inédits, notes de lecture, études des poètes, présentations de maisons d'éditions, de revues...Il est particulièrement présent dans le numéro 33 de ROSE DES TEMPS ( janv-Avril 2019) avec un note sur son dernier recueil( FRAGMENT 5). »

 

* * *

 
                                                                                                             pour Jeanne C.
 
 
                                       Des voix  ,   des bruissements  ,   des palpitations  :
 
                                                  C'est l'être dans tous ses états...
 
                                                  Cette parole en nous    :   unique...
 
                    Du dedans au dehors   :   de minces pellicules transparentes...
 
                                 L'accroissement ,   l'élévation ,   l'élargissement :   notre
 
                                                             vitrail bariolé...
 
                                     Le regard  ,     l'écoute,    la houle intérieure...
 
                                          Soyez ou devenez vous même  ...
 
                                        Du flux au reflux     ( les chevauchées de l'être)...
 
                                     Infrangible  ,  incassable  :  mise à jour d'une pépite  ...
 
                                       Les vivants s'esclaffent , les morts murmurent  ...
 
                                           Sceller , céler  :  de l'obscur en nous  …
 
 
                                                                             ©Gérard PARIS
 
 
 
 

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12 octobre 2020 1 12 /10 /octobre /2020 03:20
Jolie source, photo ©Jean Dornac


 


Rien n'est moins aisé
que d'écrire simplement
humblement
écrire comme on respire...
Il faut un art infini
pour se démettre des artifices
pour se défaire de tous les liens
de cause à effet
pour paraître balbutier
de toute éternité
l'évidence nouvelle
et qui le restera
une naissance qui étonne
et que l'on sait perpétuelle
telle l'eau qui murmure
sans faire de vague
juste un éclat de nacre
entre deux courants
l'eau qui chuchote son chemin
abreuvé de ciel et qui y retourne
tandis que brillent çà et là
les carpes d'or du silence...

Rien n'est moins aisé
que d'écrire simplement
il faut une vie
peut-être deux...

© Jeanne CHAMPEL GRENIER
 
 
 
 

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11 octobre 2020 7 11 /10 /octobre /2020 06:59
Oeuvre de Jeanne Champel Grenier

Oeuvre de Jeanne Champel Grenier

A propos de MILOUD KEDDAR,
 
né à Mascara en 1950, est un poète français, peintre théoricien de l'art.
 
Poète-penseur apprécié par son style épuré très personnel animé d'un message profond. Ses poèmes, proses ou chroniques sont édités par Parole &Poésie, Ed. du Panthéon, Le Petit Rameur, La Porte, Écrits du Nord, Flammes Vives... et proposés dans plusieurs revues de poésie :
TRAVERSÉES, VERSO, ROSE DES TEMPS, CABARET, DÉCHARGE, FRICHES, COMME EN POÉSIE et COULEURS POÉSIE 2
 
Actuellement, Miloud KEDDAR se bat contre la maladie ...et continue à écrire. Ses mots nous vont droit au cœur, et l'esprit s'en trouve anobli.
 
Jeanne Champel Grenier
 
* * *
 
 
Ton aile blessée – Milloud Keddar
 
Ton aile blessée, tu détournes le visage du ciel, ton corps alors à la terre demande de panser la blessure. Parfois une aile qui tombe peut ouvrir à une vérité oubliée.
 
(L’aile blessée, tu accèdes au réveil, la phrase du ciel aura été un détour, ton corps en sommeil !)
 
Une lampe allumée en plein jour est cette aile dans le vague du ciel, et si la lumière du jour vaut plus, nous rêvons toujours de la lumière d’un jour de désir.
 
(Je veux d’une lampe, je veux une aile au réveil, je veux une aile les pieds sur terre !)
 
©MILOUD KEDDAR

 

Oeuvre de Jeanne Champel Grenier

Oeuvre de Jeanne Champel Grenier

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10 octobre 2020 6 10 /10 /octobre /2020 06:26
Photo : TZOLTEC
 
 
 
Chimères, chimères, les sens délirent, les doigts butent sur les marelles de peau. Ni ciel, ni terre.
Les spectres traînent leurs crécelles dans des miettes de brames et de ripailles.
La folie s’esclaffe derrière son masque.
Brume sur la brisure des aubes aux couleurs de couchant.
 
Un jour de plus, un jour de moins sur la griffe crépusculaire.
Chimères, chimères, fuite sur le pavement des jours.
Mirage, mirage dans le sang des nuits, dans les rumeurs possessives des racines, sur des sentes à enluminer
 
Faire l’amour comme les éclairs dans l’orage, comme les feuilles sous le vent, comme deux esquifs en perdition sous le regard de Méduse, comme des fantômes dans le lit d’un torrent, comme des feux de brousse, comme l’encens qui étouffe le jasmin, comme les cernes bleus autour d’une imploration.
Mirages, mirages, les rêves, échos s’enfuient, les énigmes s’enroulent dans l’insolence du venin, dans des traces sans passé.
À s’en rendre fou à s’en rendre sage, ouvrir l’espace du vivre pour une petite mort.
Nuit de lave, drap de suie.
 
©Nicole Hardouin
 In Lilith, l’amour d’une maudite
Éditions L.G.R. Paris  2020
 
 
 
 
 
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9 octobre 2020 5 09 /10 /octobre /2020 06:36
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Vladimir Kush, peintre surréaliste russe que j'aime particulièrement !

 

 
 
Les mots construisent des ponts
Des ponts longs, des ponts ronds,
Des ponts de mots heureux,
 Lumineux, amoureux,
Pour qu’ici rejoigne là-bas,
Pour que tu ne m’oublies pas,
Pour que le temps passe par là
Discrètement, à petits pas...
Les mots construisent des ponts,
Partitions de violons,
Des ponts joyeux en fleurs
Enrubannés de bonheur,
Des ponts de lettres douces
Tendres comme la mousse,
Des mots écrits par l’impossible
Et la force d’une âme sensible...
 
©Lydia Montigny
  
Extrait du recueil « Exquis Salmigondis » aux Editions BoD-Books on Demand - Paris
 
 
 
 
 
 
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8 octobre 2020 4 08 /10 /octobre /2020 06:41
Fille avec une gerbe de maïs de William Henry Hunt

 

 
 
 
26 janvier
La glane, ô souvenirs, nous y allions jadis
Dans les champs d’ors verdis où nous piquait le chaume.
Quelques épis à terre et des volubilis
Nous trouvaient anoblis des marques du royaume.
 
27 janvier
Le royaume est présent là où nous respirons,
Main de justice à dextre et le sceptre à sénestre.
Une tige dressée et de blancs liserons
Sont insignes naïfs de mon règne terrestre.
 
28 janvier
Etre au monde ici-bas est une grâce insigne.
Je la goûte au centuple en chaque événement.
Tel un film déroulé, ma mémoire consigne
Les images, les sons, riches d’enseignement.
 
A suivre…   
 
© Luce Péclard
Extrait du recueil de Luce Péclard, « LE GUÉ DES JOURS » aux éditions du Madrier
 
 
 


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7 octobre 2020 3 07 /10 /octobre /2020 06:25
Photo reçue de Nicole Portay

 

 

 
C’est une roselière hospitalière
Sur la moraine millénaire
Où les nids flottants
Des oiseaux venus du nord
Tissent leurs fils mystérieux,
Où la flore sereine déroule son poème
À l’écoute d’une rousserole
Mirant son babil
Dans le scintillement des eaux glaciaires.
Ici une branche affale ses feuilles
Affleurant le miroir diaphane de la rivière   
Venue se donner au grand lac.
À ses pieds
La tige gracile d’un pois de senteur
Aime à pointer son accent rose 
Parmi les herbes folles.
Là, un rejet arbore sa morte ramée,
Modeste prière vers l’écume
Lissant de toute éternité le bois flotté
De ses caresses perlantes.
Là-haut le cri perçant du héron
Survolant le grand marais
Annonce son départ rituel
Vers la nuit de la forêt.
 
C’est une roselière naturelle
Préservée par la main de l’homme.
En son cœur sacré,
Protecteur et réparateur,
L’on se surprend
À croire à nouveau en l’humanité.
 
©Nicole Portay
 
Nicole Portay - Poétesse
Déléguée BDR de la Société des Poètes Français
Responsable Nationale du concours de poésie jeunesse SPF
site: www.societedespoetesfrancais.eu         
blog: www.societedespoetesfrancais.net          
 
 
 
 
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