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14 juin 2022 2 14 /06 /juin /2022 09:56


 

 

Désintégrer sa jeunesse
Qu’elle ait été moche ou belle

Anéantir tous les souvenirs
Jusqu’à la plus petite bagatelle
Qui lui est rattachée

Puis gravir en conquérant Le monceau de cet anéantissement

Apercevoir le panorama
Du pays à conquérir Oh superbe point de vue

Il faut savoir OUI il faut savoir
Tuer sa jeunesse

© David Chomier

Extrait du nouveau recueil de David Chomier : Vivons à Mort            
 
 

 

 

 

 

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13 juin 2022 1 13 /06 /juin /2022 06:30


 

 

la nuit s’abandonne telle une robe blanche de noces
le sommeil viendra plus tard
j’ai peur de ne pas y submerger comme dans un rêve
d’où je ne reviendrai plus
 
je n'ai pas appris à nager dans le bleu
mes êtres passés m’entourent bien je le sens
nous battons de nos ailes comme des poissons
qui respirent maintenant pour la première fois
 
je ne sais ce que je cherche
une lueur ou une île
où je repose mon passé
un mot auquel je me rattache
 
je flotte dans le bleu qui me dessine le visage
il fait nuit mais une nuit blanche
personne ne me reconnaîtra à l’aube
les albatros avec leur sourire éthérique
vont emporter sur leurs dos
l’épouvante et l’amour

 

© Elina Adam                                                     
 
 
 

 

 

 

 

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12 juin 2022 7 12 /06 /juin /2022 06:25
Avec un ciel si bas qu’un canal s’est perdu …


 


Le ciel se fait pesant
Pour se noyer dans le paysage,
La petite maison du poète dort encore
Dans les brumes diaphanes
Vibrant au son d’une harpe céleste
Couvrant la campagne lointaine
Et la tamisant de couleurs nacrées.

 

La chanson de Jacques Brel
Est présente devant mes yeux
« Avec un ciel si bas
Qu’un canal s’est perdu »...
Comment ne pas se mettre en marge
De cette symphonie pastorale !

 

Les palombes dans un furtif envol
sortent des arbres feuillus
Tourbillon incessant de volatiles
Heureux et insouciants.

 

Je sens battre mon cœur
Devant cette caresse intemporelle
Venue du fond des temps
D’où j’essaie de capter
L’hymne de l’infini
Dans mon filet à papillons.

 

©Eliane Hurtado
 
 

 

 

 

 
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11 juin 2022 6 11 /06 /juin /2022 06:44
Manifestons contre l'interdiction de manifester


 


Pour une bonne manif, il vous faudra, dans votre sac à pain :
-   du personnel qualifié avec une moustache à la Staline,
-   un cabas de revendications ; pas besoin qu’elles soient fraîches,
une poignée de syndicalistes de tout poil, prêts à battre le pavé,
des affiches, banderoles, ballons et calicots recyclés (pour ceux d’il y a trente ans, on prévoira une coup de peinture),
- quelques tambours, trompettes de nouvel-an et autres casseroles comme orchestre symphonique
-    une confrérie de brailleurs à défaut des pleureuses qui sont en grève,
beaucoup de rouge qui tache

 

©Claude Luezior  

 

Extrait du recueil « Emeutes - Vol au-dessus d’un nid de pavés », éditions « Cactus inébranlable éditions »
 
 
 
 
 

 

 

 

 

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10 juin 2022 5 10 /06 /juin /2022 06:20


 

 

Ses moustaches en gerbe d’avoine, étirées en un malicieux sourire, annonçaient une journée de bonté tel le vent qui caresse les blés.
 
Il portait une chemise aux couleurs de l’été, un pantalon de grosse toile grise et un chapeau à larges bords planté de biais sur des cheveux blancs frisés.
 
Ses yeux de lac bleu s’émerveillaient à la rencontre de la silhouette musicale d’un peuplier.
 
Il aimait ces journées passées avec des amis ancrés depuis des générations dans ce pays où rudesse et douceur se conjuguent.
 
Il s’engageait sans retenue avec talent et imagination pour maintenir la vie dans la joie, fier d’appartenir à cette Auvergne fraternelle.
 
Au fond d’un vallon ou sur une éminence, le Haut-Livradois lui chantait sa romance.
 
Sa grande fierté, il l’a tenait de sa connaissance des arbres.
 
Son ancêtre, scieur de long, lui avait confié ses secrets.
 
Il distinguait du premier coup d’œil le bourgeon-feuille du bourgeon-fruit.
 
Sur sa montagne granitique, par les prés, les champs et les bois, il s’en allait à la rencontre des merisier, sorbier, alisier, sapin pectiné et sapinière à myrtilles.
 
Sur chaque arbre, il sentait palpiter l’aubier sous l’écorce. Ses mains rugueuses s’attardait le long du tronc pour échanger une confidence.
 
Il disait souvent que les arbres étaient des amis fidèles, des compagnons de vie pour ne jamais être seul.
 
Le parfum du genêt et de la fougère embaumait ce monde vivant.
 
Sur le chemin du retour, il croisait le paon du jour s’accordant une halte sur la scabieuse pour lire le passage du vent.
 
Tandis que là-haut, sur les Hautes Chaumes, le traquet motteux coulait des jours heureux sur son éboulis de pierres.

 

©Roland Souchon    

www.rolandsouchon.com      
 
 
 
 
 
 

 

 
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9 juin 2022 4 09 /06 /juin /2022 06:37


 

 


Le poète se pense libre
Sous la verte conopée
Quand ses mots suivent le voyage
Du mouvement des vents
En forêt de pierres.
Ils cheminent du sang vers la lumière
Sur la sente ponctuée des épines
Des mal tentaculaire,
Portés par le bruissement
Du feuillage qui soupire.
Précédé par l’ombre
De son lien ombilical
Avec la nature,
Le veilleur poète se sublime,
Distille l’indicible
Pour déceler son centre
Dans la cathédrale du Verbe.
Paradoxe,
Mystère de la création
Qui ne libère l’être intérieur
Que pour mieux servir
L’univers.

 

©Nicole Portay
Extrait du recueil : Les racines du miel - Editions les Poètes français  
 
 
 

 

 

 

 

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8 juin 2022 3 08 /06 /juin /2022 08:04
Le baiser - Auguste Rodin


 


Si j’avais su combler le vide, le silence
Si je disais tout bas, lors tu es près de moi
Les mots immatériels qui bouleversent les sens.
Si mes yeux se posaient à l’instant de ta voix
Aux traits de ton visage, un air de je n’sais quoi.
Si tu plongeais dans mon regard
Succombais à l’émoi
De l’esprit qui s’égare
Qui demande pourquoi.

Si tes lèvres cherchaient le baiser qu’elles inspirent.
Deux notes de ta gorge échappées ; un soupir.
Si les paupières closes tu inclinais la tête                      
Soulevais les talons, toute entière à ta quête.
Et si tu m’enlaçais pour mieux tenir à moi
Faisais glisser tes mains déployées en étole                       
Sur ma nuque fragile, mon buste, mes épaules.    
Émue à mon émoi
Si tu entrais en moi.

Si ce baiser surpris s’étendait à ton corps
Si le parfum sucré niché entre tes seins
En demandait encore
Pour m’enivrer à cœur, grisé… tendre dessein.    

Si tes pas te guidaient au seuil de notre nid
Rivages coquelicots où se peignent nos nuits
Du bout des doigts lisais les lignes de ma chance
Hésitante soudain… pudique adolescence.

Si tu étais ici…
Caressant du regard les crêtes, les vallées blanches
Dormantes sous le drap, froissées en avalanches
M’appliquerais fiévreux au dessin de tes hanches.
Dévoilant au hasard quelques fruits savoureux
En cueillerais la pulpe, gourmand, méticuleux.
Et puis par mille touches, brûlant, noyé de fièvre
Étourdi mais ravi, savourerais tes lèvres.

©Serge Lascar


 
 
 
 
 
 
 

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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 06:35


 

 

Les ans filent une trame
qui s’indiffère, pierre
ponce sous les doigts
 
Des mains ils perçoivent
la caresse fiable ou terne
et s’appliquent à y résister
 
Magnifiés par l’usage
régulier, ils apprennent
 
à conserver de leur grain
précieux, le grain d’amour.

( poème à paraître)

©Jeannine Dion-Guérin

 
               

 

 

 

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6 juin 2022 1 06 /06 /juin /2022 06:48

 

©Djida Cherfi  

 


 

     
 
 
 
 
 
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5 juin 2022 7 05 /06 /juin /2022 06:57
Piruetto, sculpture d’Etienne Fatras©

 

 

 

Le petit rat
Rêve de petit rat
Une note de musique
Et le charme opéra.
C'est magique.
Dès les premiers pas
La danse
Commence
Avec des entrechats.

Le corps s'élance
Les sauts s'enchaînent
Le rythme est intense
La musique se déchaîne.
De volutes en arabesques
Le corps est en apesanteur
Aérien ou presque.
Il ne me manque qu'un admirateur.

 
©Etienne Fatras    
Sculpture et poésie                                  
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

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