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19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 07:37
Photo Jdornac©

 

 

 
de mon rivage je tente d’apercevoir l’autre côté
à travers le souffle bleuâtre du matin,
 
la mer roule ses horizons troubles jusqu’à moi
avec les murmures étranges de là-bas,
 
les deux rives bruissent telles des âmes jumelles
qui pleurent de n’être réunies sous le même ciel.
 
©Sonia Elvireanu
7.04.2020
 
 

 
 
 
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18 mars 2021 4 18 /03 /mars /2021 07:43


 

                                                                                    à Jean DORNAC

 

On ne fait pas carrière en poésie.
On creuse,
on rêve aussi parfois à ciel ouvert.
De temps en temps,
avec un peu de veine,
on parvient à accéder aux souterrains de la mémoire.
On ne fait pas carrière en poésie.
On fouille au fond des choses
pour mieux se rapprocher,
mine de rien,
du cœur d’un souvenir que les années
ont rendu indéfinissable.
On part en reconnaissance
dans l’espoir de réanimer
une émotion tombée dans l’oubli
et qui aimerait tant
être à nouveau ressentie.
On ne fait pas carrière en poésie,
même si vous avez fréquemment l’impression
que nous recherchons le bon filon
pour en extraire quelques pépites
d’un or qu’il vous sera formellement interdit
de comparer au silence

 

©Michel Duprez          
 
 
 
 

 


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Je tiens à te remercier, mon cher Michel, de m'avoir dédié ton magnifique poème ! J'en suis très, très touché ! Jean

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16 mars 2021 2 16 /03 /mars /2021 07:26


 


Cela faisait des jours et des jours que le vent roulait sa curiosité au-dessus d'un sol aride et desséché sans la moindre touffe d'herbe à tripoter. Des cailloux, rien que des cailloux, coupants et tranchants comme des lames. Finis les tourbillons joyeux, les imposantes cabrioles où il tentait d'escalader le ciel. Il devait se contenter de faibles soubresauts, quasi inconsistants.

 

Il n'était plus qu'un vent engoncé dans sa fatigue, cloué dans sa torpeur, entortillé dans une déprimante solitude. Il en avait marre de ce soleil arrogant, brûlant et suffocant. Un soleil qu'il aimerait bousiller, anéantir ou faire disparaître.

 

Si seulement il trouvait un arbre, touffu, verdoyant où il pourrait, dans cette obscure fraîcheur, se mettre à l'abri de cette chaleur torride.
Mais pas le plus petit buisson à l’horizon.

 

Pourtant il ne perdit pas l'espoir. Il flottait autour de lui, beau et frais comme une fleur de seringa et le maintenait en vie.

 

C'est alors que la nuit eut pitié de ce souffle d'air courageux, elle accourut, douce et câline, l'enveloppa dans ses voiles et le berça comme un enfant...

 

©Michèle Freud            
 
   

 

 

 

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15 mars 2021 1 15 /03 /mars /2021 07:43
Le Masque – Œuvre de Gérard Beaulieu


 

 

Ce matin je me suis offert
Le luxe d’un voyage vénitien,
A l’heure où les derniers
Masques de carnaval
Effaçaient les ombres de la nuit.
Dans les brumes et reflets d’un palais
J’ai partagé, grenades, figues, mangues,
Mais aussi de la passion le fruit,
Avec une femme inconnue vêtue
D’une élégante robe brocardée
Où ondoyait une longue tresse
Aux claires nuances vénitiennes.
Au cœur de l’hiver ce fut soudain l’été,
Simplement nous nous sommes aimés.
Le rêve soudain s’est dissipé,
Dans la coupe de fruits il ne restait
Qu’une pomme ayant été croquée,
Sur le guéridon
Deux tasses de thé,
Et, une plume de perroquet.  

©Michel Bénard.
 
 

 
 

 


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14 mars 2021 7 14 /03 /mars /2021 07:29


 

 

À la nuit venue
Aux soirs de lunes bleues
Des étoiles en dentelles
Nous vous ferons d’autres bouquets d’étincelles
Pour oublier…
Au jardin de la mémoire
On a effacé le Temps
On a détruit l’Histoire
On a fait trop de mal à la Terre
Les Poètes des Origines se souviennent
Ils pleurent la beauté de la blondeur des chevaux
Montés par les femmes et les hommes des plaines
Survolés par les Anges de Chagall
La Poésie qu’ils ont semée à travers le Temps et les Pays
Ne périra pas, elle garde l’espoir des peuples…
Les Poètes ont la force du chêne, le cœur grand comme l’Univers…
Ils labourent les mots
Au rythme du battement des ailes des chevaux …

Ode©  

25 février 2019
 
 

 

 


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13 mars 2021 6 13 /03 /mars /2021 07:28

 

 
 
Autant je le désirais
ce temps rapide
sur les bancs de l’école
autant je la déteste
la course effrénée
du temps qui passe
du temps qui dessine
de vilains rides
sur nos faces lisses
qui impose
ses laids bourrelets
et nos échines
à jamais courbées.
 
Mais la liberté
de l’esprit et de l’âme
doit rester jeune et sans rides
Elle doit toujours être révoltée, mais
Mon âme est souvent dégoûtée !
Par moments, je me dis
que mourir est moins dur
que de découvrir encore
la méchanceté
les haines
les stupidités
d’un grand nombre
qui se croit tout permis
y compris le pire
sur internet et ailleurs !
 
Alors, je le dis tout net,
je préfère passer
pour un doux idiot
plutôt que de ressembler
aux assassins en puissance
qui traînent sur les réseaux
qu’on dit encore sociaux
mais qui trop souvent
ne sont plus que ramassis
de gens incultes et fanatisés
d’esprits haineux et violents
d’êtres sans autres fonds
que ceux imposés
par le vide de leur cervelle !
 
Je pense à tous ces cinglés
qui en veulent à la vie d’une gamine
qu’ils ont provoquée
sur son homosexualité !
Ces esprits étroits
ces esprits mauvais
sont incapables de respecter
la liberté des autres
femme ou homme
au nom d’un dieu
dont rien ne prouve l’existence
mais qui a l’art
dans toutes les religions
du passé à aujourd’hui
de rendre fous et monstrueux
certains de leurs adeptes !
 
Oui, je préfère passer
pour un faible
pour un raté
qui n’a que faire de la forme
de ses muscles, plats ou bombés
la valeur d’un homme
se situant ailleurs !
Plutôt qu’être une de ces brutes
qui bat et viole la tendre féminité
qui la menace de mort
parce qu’elle est trop différente
et n’obéit pas servilement
aux ordres des mâles fanatiques 
oui je préfère passer pour un faible !
C’est ce qui fait ma force !
 
Ô combien !
l’humain doit encore
progresser, en sagesse
doit encore apprendre
à ne plus écouter
les gourous
de toutes les religions
politiciens, scientifiques
tous ces individus
persuadés
de détenir, seuls, la vérité
face aux ignares
que nous serions !
 
Le doux idiot
par nature
respecte et aime la femme
toutes les femmes !
Le doux idiot
reste un être qui doute
un être qui ne sait pas
un être qui n’impose rien
et autant que possible
qui ne juge pas
en dépit des immenses colères
qui agitent son coeur
en voyant les crimes commis
en entendant les pires sottises
des dirigeants
et de trop nombreux citoyens
 
Si le Dieu que tant de gens
ici comme ailleurs proclament et adorent
existe vraiment
alors le doux idiot l’adore aussi
mais en aimant la vie, les oiseaux
et tous les animaux
en aimant la beauté de la mer,
la majesté des montagnes et ses pics
en aimant la merveille qu’on trouve
parfois dans le coeur
de sublimes humains
qui savent encore aimer
qui savent encore se donner
plutôt que prendre et s’enrichir
en volant et méprisant les « petits »
ou les gens d’autre couleur
d’autre culture
d’autre religion
 
Honorer ce Dieu
si hautement proclamé
c’est aimer sincèrement
Ses créatures, nous tous
et Sa création
du plus petit au plus grand
du microbe à l’univers
C’est ne jamais tuer
et respecter la nature…
 
©Jean Dornac
Lannion, le 12 mars 2021
 
 
 
 
 

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12 mars 2021 5 12 /03 /mars /2021 07:52
Photo Hélène Bourges©


 

Au jardin de ma folie
Il y a un âne gris
Sa grosse tête fait toujours oui
Ou bien parfois han
S’il n’est pas content
 
Il y a un papillon ténor
Qui chante joliment des arias
Ou des comptines surannées
Alors il se met à pleurer
 
Il y a un espace-temps
Entre avant et après
Qui n’est pas maintenant
J’aime aller m’y promener
Y voir des âmes jamais nées
 
Au jardin de ma folie
Il y a un feu de Saint Jean
Que sautent de drôles de gens
Parfois l’un d’eux tombe dedans
Flotte une odeur d’ombre roussie
 
Il y a des souvenirs d’amours
Jamais vécues, jamais rêvées
Qui oublient aux épis de blé
Des chapeaux et des rubans
 
Au jardin de ma folie
Il y a un chevreuil blanc
Qui a traversé ma nuit
Quand l’enfant est parti
 
Il y a l’amour de toi
Soleil émerveillé
De s’être enfin levé
D’avoir trouvé la joie
Dans la tendresse et l’émoi
 
©Bernard Delpech 
 
 
 
 

 
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11 mars 2021 4 11 /03 /mars /2021 07:36
Peinture « La Mouche » (huile sur bois), de Louis Delorme©


 

 


Deux mains sortant de terre
pour clamer leur désespérance.
Et pourquoi vers le ciel,
vers quel Dieu ?
quand l’espace
ne comporte ni haut ni bas.

Le soleil en train de s’éteindre :
Il mangera bientôt la terre ;
La mouche seule a survécu
Qui regarde à travers la vitre
D’une ruine oubliée !

Sur quel cadavre d’homme
Ou d’animal
A-t-elle bien pu naître ?
Sont-ce des mains de robot
Qui sortent de cet amas
De boue
Et pour clamer quelle désespérance ?

Le peintre a-t-il signé là
Un rêve prémonitoire ?
 

©Louis Delorme  
Extrait du recueil « Alternances » aux éditions Thierry Sajat
 
 

 
 
 
 
 

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10 mars 2021 3 10 /03 /mars /2021 07:27

Traduction en Occitan Limousin par Béatrice Gaudy

 


Lorsque le Sage montre la démocratie menacée
le Fou regarde son nombril

Ou est-ce l’inverse :
Lorsque le Fou montre la démocratie menacée
Le Sage regarde son nombril

                            ?

A chaque citoyen de décider
si le nombrilisme est une sagesse
ou si la sagesse est de penser aussi aux autres
aux autres du temps présent
aux autres du temps d’avant
et puis aussi ou surtout
aux autres du temps à venir
à la société dans laquelle ils naîtront
et que nous leur léguerons


* * * * * * * * * * * * *


Quouro fou Sage moutro lo démoucracio menaçado
lu Fòu regardo soun ambouni

O ei-co lou countrari :
Quouro lou Fòu moutro lo democracio menaçado
lou Sage regardo soun ambouni

                            ?

A chaque ciéutadin de decida
se l’ambounisme ei uno sagesso
o se lo sagesso ei de pensa oussi à loû autrei
à loû autrei dau tèms presènt
à loû autrei dau tèms d’avans nou
e puei tambè o subretout
à lou autrei dau tèms à veni
à lo soucieta din lo qualo  naisseran
e que nou lour legarem
 

©Béatrice GAUDY
 

 
 
 
 
 

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9 mars 2021 2 09 /03 /mars /2021 07:38
Paul-Emile Bécat - La Religieuse

 

 

L’odeur de l’encens, liée à celle des lys
s’échappe de la pénombre. Des
réminiscences se collent à ma peau, notes
d’harmonies premières.
 
Oui, j’ai mordu à pleine chair dans la
volupté, oui j’ai bu dans des gobelets ciselés
de lèvres, oui je suis gorgée de tentations.
 
Puis-je les suivre ?
 
Au sanctuaire des tourments, l’attente
creuse la morsure. Les moniales, pétales
d’âme, s’ouvrent, leurs corps, enclos de
mémoire, quémandent encore.
 
Désarroi sur mes croyances.
 
 
©Nicole Hardouin.
Extrait du recueil « Prométhée, nuits et chimères » aux éditions de l’Atlantique, collection Phoibos.
 

 
 
 
 
 
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