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10 août 2020 1 10 /08 /août /2020 06:29
Alfred de Musset, Souvenir – Aquarelle d’Eugène Lami

 

 

 

 

19 janvier

Les scènes du préau ravivent la mémoire,

Souvenirs imprécis dans le passé béant.

Entre deux, l’existence et son grand champ de foire,

Avec maint épisode enfui dans le néant.

 

20 janvier

Le dernier épisode approche à pas de louve

Cherchant pour ses petits quelque chose à croquer.

L’esprit est resté net, mais le corps désapprouve,

De fatigue accablé, prêt à se disloquer.

 

21 janvier

Autrefois, la fatigue était la bienvenue.

On aimait revenir au bercail, au repos.

Maintenant, chaque geste en fait nous exténue

Et l’on recherche un port où demeurer dispos.

 

A suivre…   

 

© Luce Péclard
Extrait du recueil de Luce Péclard, « LE GUÉ DES JOURS » aux éditions du Madrier
 

 

 



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9 août 2020 7 09 /08 /août /2020 06:27
Edvard Munch, Mélancolie

 

 

 

                                                          Dédié au généreux semeur de poèmes, Jean Dornac

 

 


Triste réminiscence,
C’est le retour d’un vent servile
Aux émanations anonymes.
Trahissant le meilleur de l’humain,
Il froisse et musèle    
Les signes mellifères.
Poignets liés au seuil
Du sanctuaire de l’éveil,
Le poète ne cesse
De tremper son stylet rebelle
Dans le sang des mots altérés.
Il anime les lettres en agonie
Les martèle,
Les cisèle finement,
Les modèle sur les pages en larmes,
Les grave en partage
Sur le bois, la pierre, les pavés, les piliers,
Sur les feuilles qui d’un envol
Se régénèrent au mystère
Des flambeaux célestes.
Patiemment, de son cœur en pleurs,
Il baigne la beauté libérée.
C’est la résurgence du fleuve des mots
Gorgé de lumière
Sur les terres censurées.
 

©Nicole Portay
 
Nicole Portay - Poétesse
Déléguée BDR de la Société des Poètes Français
Responsable Nationale du concours de poésie jeunesse SPF
site: www.societedespoetesfrancais.eu        
blog: www.societedespoetesfrancais.net         

 
 
 


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8 août 2020 6 08 /08 /août /2020 06:48

 

 

 

 

 

Pour te laisser en paix

Je dérivais sur des mers inconnues,

Parcourue par la vents salés

Perdue dans les embruns.

Aussi je m’arrimais

Dans un port de hasard.

Des algues lascives

L’étreinte fut suave,

Et leurs langueurs

Sur ma coque émoussée.

Ses doigts caressaient

Mes paupières noyées,

Sa bouche me sauva

De la peur des abîmes,

Et son corps m’entraîna

Vers les grèves offertes.

Mais une fois que je fus

Repue, désaltérée,

Se réveilla la peine.

A nouveau mon âme

Etait emplie de toi.

Et je suis, tandis que m’emportait

La vague souveraine,

Qu’inexorablement je revenais

A mes amours premières.

 

©Denise Bernhardt

 

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.

 

 

 

 

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7 août 2020 5 07 /08 /août /2020 06:45

 

 

 

 

 

Telle la lumière plissée

D’un œil qui se garde,

La craie du jour glisse

Des moucharabiés de verdures.

Au socle du soir,

Une brume calcaire,

Sonnant doux,

Cueille à petit glas

Le rêve.

Sous la paupière

Le mur se délite,

Lamelles sur l’œil mouché.

 

La fenêtre semble nue,

Cernée d’une ecchymose.

Visage du soir,

Visage de verre,

Le carreau respire

Métissé d’incertitude.

L’œil

Dans le temps

Cale la fenêtre

Et dans l’embrasure,

Ne cherche plus mais accepte.

 

Visage calqué sur le soir,

La vitre a disparu.

Et dans l’œil en suspend

Le mur n’attend plus son rêve ;

Il l’est devenu,

Tout à la fois marbre et sciure.

 

©Béatrice Pailler 

 

 Revue Traversées N°88

https://revue-traversees.com/les-auteurs-de-traversees-2/

 

 

 

 

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6 août 2020 4 06 /08 /août /2020 06:49

 

 

 

 

 

La lutte est sanglante

Et semble sans fin

 

Tantôt un vainqueur
Une saignée plus profonde

Vaines veines éclatées
Tout se remet
La lutte reprend au cœur

D’un niveau plus immonde

 

La lutte est sanglante

Et semble sans fin

 

Les coups sont mortels

Mais nul ne meurt

Increvables ces deux moi

Eh oui, regardez-moi

Victime éternelle

D’une (cruelle) lutte intérieure

 

© David Chomier

  

 Extrait du recueil « Soyons Bref » aux éditions Stellamaris

 

 

 

 

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5 août 2020 3 05 /08 /août /2020 03:59

 

 
 
 
J’ai gardé, de mémé, la pendule à coucou,
Le moulin à café qui ne vaut plus un sou,
La photo de pépé faite par la cousine
Et le moule à gâteau rangé dans la cuisine.
 
La photo a jauni, pépé n’est plus dessus.
On l’a même enterré, un jour, à mon insu.
Mais avant de mourir, il m’a donné, grand-père,
Une blague à tabac qu’il portait à la guerre.
 
Le tabac n’y est plus, parti dans son cancer,
Mais il reste la blague, échappée de l’enfer.
Celle-là, je le dis, ne m’a jamais fait rire.
D’autant que son usage a fini par l’occire.
 
Lui, qui a survécu aux terribles combats,
N’a pas pu supporter la blague du tabac.
Il ne reste de lui que le parfum qu’exhalent
Cette photo jaunie et la blague fatale.
 

©Gérard Cazé
 
 
 
 
 

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4 août 2020 2 04 /08 /août /2020 06:22


 

 


Enfin, ils ont réussi, quelle joie ! 


Cette joie, je ne la gère pas, je la vis, je la crie, je la hurle, je la danse, je la chante, je la mime, je la raconte : joie-graminées qui secoue ses graines sous la brise, joie mutine qui butine sur le thym, joie-nuage au ventre mauve, joie-soleil levant, joie-girandole qui palpite sur une branche de cèdre, joie-étincelle aussi vive qu'un furet, joie bleue, plus bleue que bleue.


Joie, ma petite fille chérie, aux cheveux ébouriffés, aux yeux de boutons d'or, tu es encore plus belle, plus bouleversante quand tu es partagée, quand tu es offerte comme une brassée de mimosa.


Joies d'ici, joies d'ailleurs, je t'aime...


Il n'y aura pas péril en ma demeure tant que tu y construiras ton nid.

 

©Michèle Freud

 

 

 

 

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3 août 2020 1 03 /08 /août /2020 06:21

 

 

 

La transparence du crépuscule

N’efface pas la solitude

D’un confinement supporté.

 

Un long voile s’abaisse

Le jour s’éteint lentement

Préludant de difficiles périodes

Une profonde émotion s’installe

Tout semble insolite, étranger

Pas un bruit, pas un mouvement

Un rythme inconnu s’approche

en compagnie de cet ennemi

invisible et dangereux.

 

Il faut vivre pourtant

Inventer d’autres idoles

Créer un nouvel univers

Sans se croiser, sans bouger,

Où seuls les chemins du rêve

Nous rassemblent

Sur la voie de l’inconnu.

 

©Eliane Hurtado

 

 

 

 

 

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2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 06:34

                                                            

Prose poétique

 

 

 

Préfacée par Gérard PARIS et posfacée par Patrick PICORNOT, voici une œuvre portée avec respect et admiration sur les fonts baptismaux. Que pourrais-je dire de plus sinon que ce titre positif : « Les recommencements » nous touche profondément à un moment où son auteur affronte en combat singulier la maladie. C'est donc un titre d'avenir et il nous plaira de le prendre ainsi.

Rappelons que le poète né en 1950 en Algérie Française a déjà vécu plusieurs vies : il fut enseignant en aérométéorologie dans l'armée, à Tafraoui, et ensuite guide-chef d'expéditions touristiques aux frontières du désert en pays touareg ; après quoi, en 1976, il décida de migrer en France où il devint le poète, peintre et philosophe que nous connaissons, grâce à ses chroniques dans les revues de poésie TRAVERSEES et VERSO.

 

Pourquoi ce titre : Les recommencements ?

Ne dit-on pas :« La vie est un éternel recommencement » ? ce qui signifie souvent lassitude et manque d'originalité ; or ici, il s'agit d'accueillir les perpétuels signes de renouveau en toute chose pour celui qui s'applique à lire entre les lignes de l'apparence : il arrive alors qu'on s'aperçoive que dans une même vie et à tous les niveaux, s'enchainent « les recommencements ». C'est le cas de tous ceux qui sont en quête des chemins qu'ils ont en eux, n'ayant pas peur des bifurcations, des départs définitifs, puisque c'est ainsi que l'on progresse dans la découverte de soi, en amour comme pour tout le reste :

 

L'aube et la fête aux portes de l'oasis. Là, je l'ai rencontrée, la bouche réinventant l'écume. Ah  la femme venue des eaux, lorsque ton corps en braise vibrant éclaira le désert de mes bras !...Sais-tu, je n'ai pas oublié, la dune guide mes pas, les dattes portent l'aurore de mes amours. Maintenant, je pars, je suis parti ! (L'aube en fête p.41)

 

Et puis un recommencement :

 

Je pose sur tes lèvres ma dernière écriture. Sois heureuse, le jour se lève entre tes bras. France France, le jour fluide, fruité, clair en un soleil de chair. Sois fière, il n'y a de la chaleur que dans les draps de ton corps ! ( Lettre seconde. p.42)

 

Il arrive parfois qu' une simple rose devienne un signe qui rappelle la foi, ce silencieux chemin qui continue en soi et chaque jour ''vous'' recommence :

 

La rose de mon balcon est un pont entre les hommes aimant à s'émerveiller, un pont entre les peuples, au-delà des frontières, au-delà des continents et je salue Marie car devant la rose de mon balcon je suis comme « ...un mendiant retrouvant sa monnaie », je vous salue Marie » !

 

Dans la parole de cet auteur demeurent des mots de Sage antique, parfois des paraboles, souvent des mots d'oracle modeste comme le sont les Anciens respectés des peuples africains, des mots non sentencieux. Car ce que nous révèle le poète ce sont aussi ces recommencements quotidiens quasi invisibles qui créent la joie, la vie, par la rencontre fortuite ( ''Certains sans le savoir ont accueilli des anges ''  disent les Écritures dans Hébreux 13:2 ) Dès le premier texte, d'ailleurs, l'auteur nous révèle en tout simplicité, mais avec sa parole bien à lui nourrie d'une lecture instinctive des signes, ce qu'est la naissance de l'amitié, là où l'on n'aurait vu qu'une rencontre parmi tant d'autres :

 

 C'était le mois d'avril, ou peut-être en mars, ou peut-être en mai...la table garnie, la vie qui fleurit, et la conversation...nous nous sommes découvert un lien de quelque chose d'autre que le  « Salut, comment vas-tu ? » de plus que le « tu »...Est-ce ainsi que naît le besoin de ce que j'appelle « la connaissance du beau jour »  cet accès qui préfigure une amitié...Et maintenant que tu es loin, je peux te dire : l'amitié ne se peut que si elle a nom « l'affection ». On n'aime pas, on apprend à aimer ! ( L'exercice de l'amitié p.13)

 

Pour le poète, les rencontres amoureuses et les moments d'amitié sont toujours des aubes nouvelles où recommence la vie :

 

Ton cou brûle dans la brume de tes cheveux ( L'orage de la rose p 34)

 

Ni l'Ombre de la Pomme ni le Chacal n'arrêtent celui qui marche vers la lumière, ni la nuit parce qu'elle n'est qu'une attente du jour...(Que le jour se lève p 53)

 

Il y a eu cette angoisse de n'être que ce « nous deux » quand l'horloge pouvait décider de plus de pommes sur l'arbre, une autre main dans la sienne, un ou plusieurs regards sur le rêve d'être deux. Si nos corps ont plus d'une lune, nos cœurs sont encore du matin.( L'horloge du matin p 33)

 

Je te vois marcher mon ami, tu vas où comme ça ? Je marche, je marche, comme tu vois, je marche dans la nuit pour que se lève le jour. Ainsi depuis l'origine nous marchons pour que la lumière soit.( En lisant « Une pomme d'ombre » de Paul MATHIEU) ( p .53)

 

La vérité dans tout cela ? Après avoir lu « Les recommencements », on ne peut s'empêcher de ''recommencer''. Car on apprend vite à aimer la parole poétique de ce voyageur qui parle la langue du perpétuel renouveau du cœur et de l'esprit, en ménageant des pauses, des silences qui donnent du relief aux rencontres. On suit pas à pas ce voyageur épris de lumière et d'amitié, cet homme droit venu des sables afin de s'accomplir dans le partage. La vérité c'est aussi qu'aucun vent ne pourra effacer ses mots, aucun retour à la case départ ne pourra nier ses œuvres écrites ou peintes ; son œuvre se déplacera s'il le faut, par le bouche à oreille, de mémoire en mémoire accompagnée du chant des dunes, à l'infini...

                                                                                                       

Jeanne CHAMPEL GRENIER

 

 

LES RECOMMENCEMENTS - Miloud KEDDAR - 14 euros

 

Ed. Flammes vives

17 rue Georges Léger

Le Coudray

28130 Saint Martin de Nigelles - France

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1 août 2020 6 01 /08 /août /2020 06:25

 

 

 

 

 

Tout en métamorphose

La tête qui explose

La souffrance à petites doses

Et le choix qui s'impose

À trop vouloir satisfaire

Le cœur de Lucifer

C'est son monde qui se perd

La fin de son univers

 

Flamboyante enveloppe

Tout en métamorphose

Elle prend le dessus la rêveuse

La fébrile nauséeuse

L'estomac noué

La gorge enrouée

La captive du monde stérile

Renonce et se met en péril

 

Elle avance d'un seul pas

Elle ne reculera pas

La patience paiera

La rivière de larme s'assèchera

Elle sera à son apogée

Et la fleur qui a fané

Prendra la lumière qui lui a manquée


©Djida Cherfi 
 14/07/2020

 

 


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  • : Ce blog est dédié à la poésie actuelle, aux poètes connus ou inconnus et vivants.
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