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7 janvier 2024 7 07 /01 /janvier /2024 08:30

 


Depuis de longues marées
Sur son îlot désertique, luxuriant et
nourricier,
Le naufragé désespéré n’attendait plus
rien de la vie,
Usé par la fuite lancinante des jours
interminables
Et des nuits aux rêves angoissants,
Il souhaitait, en vain, trouver la paix
éternelle.
Démuni de tout et même
De moyen pour y parvenir
Une idée lui vint.
Il se raconta des histoires qu’il ne
connaissait pas.
Il est, enfin, mort… de rire !
A l’horizon une voile est apparue

 

© Gérard Gautier
Saint-Brieuc

Extrait du recueil « Errances choisies » aux éditions L'Echarpe              
 

  Gérard Gautier a été honoré de la distinction d’Ambassadeur de la Paix.
 

 

 

 
 

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6 janvier 2024 6 06 /01 /janvier /2024 09:33

 

Il suffit d’un rien
Un pas de côté
Il suffit de pas grand-chose
Une pluie chaude
Des battements d’ailes
Il suffit d’une vétille
La vie sourit

Sur-le-champ

© David Chomier
Extrait du nouveau recueil de David Chomier : Vivons à Mort                                              
 
 
 
 
 
 
 
 

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24 décembre 2023 7 24 /12 /décembre /2023 07:48


 


Herbier d’ombres, des heures choisies : cahier buissonnier du jour et du soir. Cahier aux pages pleines du temps où la vie dépose : limons d’absence, voies du vide et le silence en vérité.
D’eux tous en bouquet naît l’ombre compagne de l’heure,  mesure du jour, cette part de nous-mêmes.


Il faudrait trier, effeuiller, mettre à nu les pages. Resterait alors, l’ombre portant l’empreinte du cahier. Il faudrait polir l’empreinte, la nourrir, l’amender. Resterait l’ombre sans tain,  vierge de nous.
L’ombre en signet, une pliure au coin du temps, herbier remarquable de nos heures.

 

©Béatrice Pailler
Extraits d’Aubier Revue Écrit(s) du Nord N° 35-36 2019

 

 

 

 

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23 décembre 2023 6 23 /12 /décembre /2023 07:49

 

 
 
Tel un sphinx
tu es là, très proche de moi
tête haute, regard lointain.
 
A quoi penses-tu ?
 
Toi le chat, maître des lieux
parfois tu ressembles au guépard
dormant d’un œil
sur une branche d’arbre
les pattes pendantes.
 
L’univers t’appartient
en ta sérénité communicative.

©  Eliane Hurtado               
 
 
 
 
 
 
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22 décembre 2023 5 22 /12 /décembre /2023 08:01

Une île au ponant
 

à force de le caresser le temps devient soleil
même sous un vent breton tu sais
ma belle durée d’abeilles noires bourdonne
toujours dans les cavités de l’espoir en langues de fête
je te donnerai l’autre lenteur du monde celle qui naît
dans la main de mémoire et l’heure exacte aux matins des
fenêtres
je mettrai au jour ce que l’on ne comprend pas mais que
l’on rêve
les yeux ouverts une île au ponant les splendeurs sur ton
front
que la plaine ronde libère la chaux blanche de notre maison
des champs de céréales l’ajonc debout narguant le schiste
un phare
pour que tu te sentes mariée à une joie et une lumière
permises

 

© Barbara Auzou.                
Extrait du recueil « Mais la danse du paysage » @( Poèmes)-Barbara Auzou-5 Sens Editions Genève( Suisse)          
 
 
 

 

 

 

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20 décembre 2023 3 20 /12 /décembre /2023 07:47


 
 

 

La courbe caressante d’une lumière d’hiver annonce les fêtes.


Une nappe damassée est dressée avec deux bougeoirs en faïence de Nevers, bleu persan.


Dans un soliflore, une rose sauvage éclaire de son délicat parfum le chemin de table.


 
Voici le temps des plaisirs gustatifs pour devenir gourmet, sans trop mélanger vins, épices et fumets.


Bien sûr, il y a le civet de saumon frais au Vosne-Romanée, la langouste farcie, doucement rôtie au four sous une neige de Parmesan, arrosée de cognac, finement flambée et servie dans le soleil du champagne.


Mais existent aussi des agapes plus simples où toute l’attention sera réservée au style, à la manière de servir, à ce je ne sais quoi qui émerveille, toutes papilles en éveil.


Le sublime de l’art culinaire n’est il pas la simplicité qui ne vise jamais l’effet.


Le gourmet sait se préparer aux finesses, aux innovations sans extravagance, à l’audace d’un accord dessert et vin.


Le gourmet est un connaisseur de fameux crus ; il suscite l’échange, les bons mots qui viennent porter aux nues l’échanson.


 
Bec-fin, c’est à vous maintenant, loin du bruit, d’accueillir massepain et pâte de coing.

Pour ce faire, l’imaginaire doit prendre le pas avant la dégustation.
 
 Croquer délicatement un massepain suppose de rencontrer L’amandier en fleurs de Bonnard.


Sa floraison festoie aux premières aventures de mars.
                          L’amandier
               Entends tu la flûte du vent
               Sur le bourgeon ébloui de tendresse
              Cœur intemporel à la source de l’aube
              Les nymphes à coiffes blanches
              S’envolent sans fin
              Cueillir le bleu de l’azur

                                                         R S


L’amandier devient joie de vivre dans l’exaltation des couleurs.


Une jubilation. Une fête. Une envolée lyrique. Un émerveillement hors du temps. L’espérance.


 
Quant à la pâte de coing, il faut toujours s’imaginer la passion du jardinier ; elle s’accompagne de ténacité, du courage de celui qui n’abdique jamais au verger.


Cueillir un coing, c’est comprendre le travail des sèves où se résument beaucoup de sagesse et de douceur de vivre.


C’est une vérité poétique qui élève au-dessus du petit profit.


Sur le jaune soyeux d’un coing dansent tous les soleils d’automne.


Caresser la hanche d’un coing, c’est épouser ce vent de frugalité, cette saveur subtile loin des symphonies rutilantes.


Ancêtre du dessert, le coing est le symbole de l’amour dédié à Vénus.


 
Le massepain mordoré est servi sur un plat de vermeil, tandis que vient en écho la pâte de coing à l’échine fauve, gage d’harmonie et de bonheur.


Ce duo est l’assurance d’une santé pour le corps et l’esprit.


Régalez vous avec ce savant dosage d’abandon et de retenue.


 
Prenez le temps de déguster le bouquet fleuri d’un Sancerre blanc qui, dans son verre de cristal, fera revivre vos chatoyantes années de jeunesse.
 
                                                  
Bonnes fêtes
 

le seize décembre deux mille vingt-trois
 

©Roland Souchon
2023
www.rolandsouchon.com          
 
 

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LE SANCERRE :
Le vignoble de Loire s’est constitué autour du sillon creusé par le fleuve le plus long de France.


Le fleuve Loire traverse des terrains géologiques très divers qui, conjugués aux fluctuations climatiques et aux différents cépages, influencent le caractère des vins.


Le SAUVIGNON est l’unique cépage du SANCERRE blanc.


L’appellation AOC Sancerre s’étend sur une mosaïque de sols : les caillottes (calcaire dur), les grillottes (calcaire plus friable), mais aussi les terres blanches ou les silex, ce qui confère aux vins autant d’expressions aromatiques, notamment vivacité et souffle minéral intense.


La température idéale de service pour le Sancerre blanc est 8-10° C.


Autrefois, les sancerres mûrissaient essentiellement en bouteille ; aujourd’hui, le Sancerre blanc issu de sauvignon, vinifié avec un passage en barrique, est capable de vieillir en cave pendant plus de 15 ans.


Source : Le grand Larousse du vin

 

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19 décembre 2023 2 19 /12 /décembre /2023 09:07


 

Reviens, l’Étoile !
Les enfants du monde
T’appellent !
De ta Lumière
Éclaire l’oiseau blanc,
Le rameau de l’alliance
Fissuré, se perd
Dans les nuits de la discorde.
Les racines de mon arbre
Pointent vers le ciel
Sur nos terres torturées
Aux sommets de l’horreur.
Reviens
Belle Étoile de l’Espérance !
Réveille l’aurore
À l’heure des mots oubliés,
Concorde
Paix
Amour.

©Nicole Portay    


Nicole Portay a été honorée de la distinction d’Ambassadrice de la Paix.  

 

 

 

 


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18 décembre 2023 1 18 /12 /décembre /2023 07:35

 

conte, illustrations de Sandrine Besnard, 83 pages, éditions Stellamaris, ISBN : 978-2-36868-833-5

 

 

 

            Délicieux ! Gérard Le Goff, qui est aussi à l’aise en prose qu’en poésie, nous propose ici un conte pour enfants qui ravit tout autant les adultes que nous sommes. Les dessins signés par Sandrine Besnard sont parfaits et suscitent à la fois fraîcheur et rêves.

Tout d’abord, les protagonistes, caractérisés par des patronymes savoureux : l’ogre Croquemouflet, le garçonnet Jean Jolicoeur et sa maman Alice, le copain Léandre Coquet, le chat Balthazar, l’instituteur Compas… Et puis, tout un Petit Peuple de nymphes, fées, elfes et autres personnages minuscules, étranges et truculents. Les lieux : le village de Saint-Anthelme, la forêt de Bételgueuse, les Hauts de Golconde, résidence de l’affreux géant. Le décor est planté. On se croirait un peu à Brocéliande (comme son nom l’indique, l’auteur est éminemment breton) !

            L’intrigue rappelle celle du boucher qui séquestre des enfants, les dépèce en son saloir et les dévore dans son antre au fond des bois. Le but, comme dans la légende de Saint Nicolas, est de les sauver et de vaincre l’affreux cannibale… S’organise une troupe hétéroclite à cet effet. Atmosphère type Clan des Sept de la bibliothèque Verte tant chérie de notre enfance.

            Là s’arrêtent les réminiscences, car la magie est ici subtile. Pas de jeu de force ni de bataille. La mère va proposer à Croquemouflet un plantureux repas de végétaux concoctés au domicile du géant afin de l’apprivoiser, de l’enivrer et de délivrer trois enfants sur le point d’être sacrifiés. La gourmandise du récit et de la recette nous fait penser que l’auteur doit être lui-même bon vivant ou fin cuisinier ! Délivrance et fuite des protagonistes. Ce qui suit ne manque pas d’être original : Croquemouflet se convertit résolument, devient végétarien et se nomme désormais Croquechou ! La chute est non seulement cocasse, mais Le Goff ajoute un Epilogue interpellant le lecteur de manière humoristique.

         La bonhomie du récit, de ses détails et dialogues très réussis, le faux suspens de l’action (on se doute bien de l’issue de ce conte mais on ne devine pas la manière !), une langue parfaitement maîtrisée, donnent ici une ambiance poétique et rendent la lecture délicieuse. Pour tous, y-compris pour les grands-parents, à savoir les enfants que nous sommes restés en ces périodes de Noël.
 

©Claude Luezior      
 
 
 

 

 

 


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17 décembre 2023 7 17 /12 /décembre /2023 07:54


 

 

S’aimer à la lisière d’un échiquier, dans les interstices des ombres transparentes, là où se tissent légendes, chimères et mirages.

Chimères, chimères

Dans le vagabondage de mes songes, je suis captive de tes erreurs couleur de sauge, de mangue et de tubéreuse.

Chimères vénéneuses, venin et ambroisie, bois, je retiens la pulpe de tes lèvre. A fleur de sel marin, sur une diagonale folle, elles sont d’impérieux géographes quant aux sentes à suivre et savent où se poser. Mais le sel fond si vite sur les lèvres d’un explorateur…

Mirage, mirage, je te retiens à marée haute, à marée basse, sur le blanc sur le noir, dans les ressacs de l’utopie, ne te retourne pas, tu n’es pas prêt, tu es au-delà des légendes, celles que l’on croque comme des pierres.

Chimères, chimères, je t’ai aimé à t’en rendre fou, à t’en rendre sage, sirènes et elfes confondus. Nous avons fait l’amour comme les éclairs dans l’orage, comme les feuilles sous le vent, comme deux radeaux en perdition sous le regard de Méduse, comme des fantômes dans le lit d’un torrent, comme des feux de brousse, comme l’encens qui étouffe le jasmin, comme des cernes bleus autour d’un cri.

Mirage, mirage, nous sommes aimés dans le sang des nuits rouges, dans les rumeurs possessives des racines, sur des sentes non tracées, dans les ailes d’une libellule, sur la lisière de l’échiquier, oubliant à l’horizon l’échec et mat.

Tu étais un roi, j’ai fait de toi mon fou, mon fou de Bassan, mon ravi, mon délirant. J’en avais croisé des silencieux, des émerveillés, certains en perdaient la tête mais avaient du cœur, d’autres l’inverse; toi tu étais mon mirage et nous nattions des ronces sur des seuils crépusculaires, dans des draps de suie.

Je t’ai fait hurler jusqu’à mordre la cendre, jusqu’à oublier ton nom, jusqu’à ramper dans l’ardence des flammes que je tisonnais, jusqu’à perdre ta diagonale, jusqu’à perdre ta tête.

Chimères, chimères, pour une Arabie sans parfum, un miroir sans visage, silence muselé. Jeu car c’était un jeu et nous ne le savions pas. L’éphémère coule, mufle contre le vent, dans la vibration de ta voix, Je sens encore, dans ma crinière d’étoiles, tes lèvres qui errent sur la résille de ma peau, arpèges, soubresauts, mirages.

Chimère, chimères, la nuit tressaille, les cases se brouillent, tu as la tête à l’envers, tu ne me vois plus. Le silence joue avec l’attente, jeu perdu, le noir et blanc s’entrecroisent, les diagonales s’échappent des lisières. Plus rien, impair noir et passe, tout était écrit, nous étions trop près de l’irréalisable, échec et mat.

Mirages, mirages nous n’avons plus de rêves mais nous repoussons encore  le pré des Asphodèles.

Chimères, chimères, tes sens délirent et tes mots butent à cloche-pied, la folie rit derrière son masque, tu es devenu mon Styx, mes ténèbres, ma barque sans retour.

Mirages, mirages, les échos s’enfuient, les énigmes s’enroulent dans l’insolence des songes, tu dérives dans des traces sans légendes, tu hurles dans ta nuit charbonneuse.

Les liqueurs de ton corps sont taries, je ne suis plus la reine, mais, peut-être ailleurs, la Gravida, la Belle ferronnière ou Lilith, jalousie, jalousie.

Il te reste juste la blessure de la source, laisse- là couler, tu y trouveras les chimères de la solitude. Écume sur la brisure de l’aube aux soies d’épines. Écoute, les spectres traînent leurs crécelles, un jour de plus, un jour de moins dans la légende d’un amour perdu.
 

©Nicole Hardouin


 
 
 
 

 

 

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16 décembre 2023 6 16 /12 /décembre /2023 08:09

 

 
l’iode, cet élément volatil
subtilement chargé de toutes les réminiscences
les larmes et les rêves au porteur
 
l’iode, qu’on te le livre au petit verre
la portion sage de vie
qu’on a toutes les chances de rater
 
l’iode, ce miraculeux gardien
du trésor d’un cœur
tout au début du chemin
 
ou d’un autre qui est déjà embêté
d’un œil presque clos
 
l’iode, mon frère depuis une dizaine d’années
où le médecin aux cheveux blancs et aux yeux bleus
 
me regardait avec tendresse et me souriait
la mort, il faut s’en foutre
elle n’est qu’un oiseau un peu plus affamé
 
 j'ai généreusement craché dans ma paume
et je lui en ai donné à manger
 
le lendemain un papillon est passé
devant le miroir
et rien n'était plus pareil
 

© Elina Adam                                                                 

Elina Adam (extrait d’un manuscrit un cours de publication)
           

 

 

 

 

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