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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 06:38
©Tableau de Rody Sanon

 

 

 
 
Une étrange nouvelle s’ébruite, encore une amie sacrifiée sur l’autel de l’imbécillité. Les chants venant de la colline peu avant l’aube gouttent du glas des départs.
 
Ardemment hostile l’opprobre orne le quotidien. L’atteinte à la vie devient affaire banale dans un pays et l’honneur prend l’exil. Veillée amère de pleurs, de révolte, d’angoisse et de questionnement. Le temps n’a nulle intention d’apaiser notre douleur : une virginité et quelques vies envolées ce n’est que le commencement de la longue chaîne des tribulations.
 
Intellectuel, homme de la rue, amateur d’empoignade, fonctionnaire, gens de robe, enfant, vieillard, prostituée, prélat, politicien et maraudeur, l’assassinat est le fidèle partenaire ; il ne fait pas de quartier.
 
Nous visite un temps d’épreuve et de désamour. Le bonheur est en panne sèche dans le paysage de cette île où les oiseaux chantent dans les caféiers en fleurs.
 
Nos tambours ignorent-ils que nous n’avons plus la volonté du rire et vivons l’exil de l’insouciance ?
 
Aucun filtre magique ne pouvant sauver nos pas englués dans cette déchéance de l’âme. Nos parfums sont de haine et de sang versé sans aucune préférence ; dans ces voyages infâmes où l’on tue nos semblables.
 
Nos familles en deuil hurlent dans le fracas des désillusions et l’obscurité de l’incompréhension.
 
La résonnance de la fureur des tempêtes sur cette Haïti étriquée où l’on nous blesse, nous emprisonne nos joies et assassine nos valeurs.
 
Les crimes sont gratuits et l’offense téméraire.
 
Le rêve et le cauchemar se confondent dans le monde de la réalité et du sommeil. Se gangrène l’insouciance. Les prières ne montent plus et les oraisons effritent le champ de l’espoir. Le malheur trace sa route sur le rictus de déplaisir des larmes nouvelles.
 
L’écho charrie la mort quand rien ne fait plus plaisir. Dans cet univers où les jeunes n’ont que des objectifs incongrus au sein de multiples drames ; rien ne sera plus comme avant. Nos enfants héritent de nos cicatrices et de nos blâmes. L’adolescence trahie et l’innocence immolée sur l’autel de la délinquance vont-ils trouver audience salutaire à leurs stigmates indélébiles ?
 
La foule paillarde entend-elle le thrène de la vierge blessée quand toute ambulance est char de carnaval pour dépendants de la drogue et autres stupéfiants.
 
Nos enfants sont devenus les marionnettes sans défense sur la table des paris et des mises pour hors-la-loi. Qui sera le prochain crucifié au Golgotha de notre décadence.
 
Stries de boue, de bave et de blasphème servent de masques de carnaval à la foule grouillante d’avilissements et d’anathèmes. Les sous-hommes donnent le la au bal des déclassés.
 
Tous reprennent la même rengaine au festin des puants.
 
 Qui aura le courage de crier notre humiliation et notre honte à la face d’une société blasée quand la réflexion et l’entraide ont pris la fuite devant l’égocentrisme et la bêtise.
 
Sur le drapeau le palmiste contemple d’un air chagrin la force tournant dos à l’union ? Où sont donc endormies les âmes vaillantes des dignes chevaliers défenseurs de l’honneur et de la dignité.
 
Les fils de nos enfants vont-ils trouver l’émollient qui apaise les rancoeurs et sauve la mise au futur pour que revienne le temps des folles amours d’antan et des nobles sentiments.
 
©Marie Alice Théard
 
 

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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 06:21
Le chat - Geluck©
 
 
Du courrier est arrivé ce matin et, parmi celui-ci, cette lettre,
la première écrite à la main que je reçois
depuis qu'un ange a eu l'excellente idée de remettre quelques bûches
dans l'âtre où les mots couvaient encore sous la cendre.
Étant donné la relation qui nous unit, j'aimerais l'ouvrir devant vous
afin que vous profitiez également de son contenu.
Ah, voilà :
« Cher Poète,
Pour commencer, un bon conseil : soyez bref. »
 
Alors là, il y a un pépin,
et pas un petit !
J'avoue avoir été pris de court.
 
« Trois vers tout au plus suffiront désormais amplement
pour affirmer votre talent. »
 
Du même coup, vous pensez bien, plus de moments d'ivresse !
 
« Autant que possible, observez le jeûne... »
 
On va voir ce qu'on va voir ! à commencer par de quel bois se chauffe
l'éternel jeune premier que vous traitez d'antiquité,
mais qui a pourtant encore bon pied bon œil !
 
« ... et, s'il le faut, jusqu'à la grève de la fin
en refusant jusqu'au bout de ponctuer vos écrits ».
 
Après ça, bonjour à ceux qui ont la manie de mettre les points sur les i
ou, parfois, leur carrière entre parenthèses !
 
« J'en déduis que vous avez d'ores et déjà saisi l'importance de ce message, »
 
Ben voyons ! Je vais vous dire, moi, ce que j'en pense :
C'est justement en procédant ainsi, de déductions en déductions,
que l'on finira bientôt par réduire la parole à sa plus simple expression.
 
J'avais raison, puisqu'on ajoute :
« ...car l'art sera minimal ou ne sera pas ».
 
Bah, au fond, si ça devient minimal, ça ne devrait pas encore être trop grave.
 
 ©Michel Duprez
 
 
 

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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 06:19
jardinsduciel.centerblog.net/rub-wallpapers-feerique-fantasy--22.html
 
Ce poème est tiré d’une collection que j’ai intitulée « Marabout ». Je le dédie ainsi que le reste de la collection a ma cousine Ouarda, ma tante Hassiba, ma mère et à tous les marabouts de ma région ; Ath-Waghlis.  
 
 
 
Dans la vie réelle,
tous les mauvais choix que l’on fait
peuvent changer, évoluer et être influencés
par les visions du subconscient,
souvent, plus éveillé et au courant !
 
On pense réfléchir avec lucidité
mais en vrai,
tout nous est dicté
par la haine, la rage ou la méchanceté.
 
Quand la contrariété se fait ressentir,
on a tendance à se donner de la légitimité.
On ignore, alors, certains paramètres
En prenant de mauvaises décisions ;
Sans se douter que c’est nous-mêmes
Qu’elles vont compromettre.
 
Cela arrive dans un état d’éveil « concret »
Ce qui ne rime pas forcément avec perspicacité !
 
Alors,
 
La conscience qui, le jour, est amoindrie de force
Profite du calme de la nuit,
Quand le conscient repose  tout son mépris,
Pour purger son énergie.
 
Cette conscience utilise des craintes et des faiblesses du subconscient
Pour attendrir le récalcitrant conscient !
 
On a tous une conscience.
Soit on l’écoute, soit on ne l’écoute pas.
 
A mi-chemin entre le conscient et le subconscient,
Elle s’étale comme un pont,
Elle use de l’irrationnel pour tromper le rationnel
Parce que le premier est la faiblesse du deuxième.
 
Nous avons tous une conscience,
Soit nous l’écoutons, soit nous ne l’écoutons pas.
Tout dépend de sa force.
 
Moi, ma conscience me parle dans mes rêves.
Comme mon conscient est assez faible,
Il capitule et accepte la  trêve !
 
Ne dit-on pas que la nuit porte conseil ?      
                               
©Djida Cherfi
16/03/16
 
 
 

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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 06:39
Rêverie – Martine Dinet©

 

 

 
Beauté du corps révélé
S’identifiant au mystère
Intime et germinal de la terre.
Corps immaculé,
Corps dépouillé,
Corps princier et nu
D’un grain de peau soyeux,
Baignant dans un halo
De lumière irisée.
Corps en gloire,
Sexe des origines du monde,
Fruit absolu de l’amour
Doux et chaud,
Gorgé des sèves
Des nacres polynésiennes.
Beauté du corps révélé
Impénétrable mystère
De la création.
 
©Michel Bénard.
 
 

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4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 06:35
Toi – Ode
Oeuvre en titre : « Abécédaire archaïque » papier-matière de Ode©
 
 
 
 
Toi, l'abécédaire de ma vie
De mes jours, de mes nuits
Je te conjugue au présent-absent
Je te conjugue et mes bras te tends
et
Je me conjugue au jour
Tu es mon bonheur
Épinglé à mon ventre
Comme une fibule
Aux pierres précieuses
Retenant à mes hanches
Tes fibres de chairs soyeuses

 
Tu es mon espérance
Homme des attentes
Chevalier du Temps
Beau papillon, vole

 
Tu es mon présent-futur
Luciole
Qui s'allume
Qui s'éteint
Sur mon île ombreuse
Tu es mon soleil de nuit

 
Tu es l'aboutissement de mon jour
Et de l'heure bleue, la lisière
Tu es mon astérie
Au fond de ma mer

 
Mon étoile bleue
Toi, l'absence lunée

Mon amour
Mon aimé

Toi


Ode©
An des éphémères
 
 
 
 



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3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 06:44
Disharmonie – Jean Dornac
 
 
 
 
 
Cœur brisé
Papier froissé
Tu es partie
Verre brisé
Et j’ai trop pleuré
Miroir gâché
 
Nous avons trop crié
Papier déchiré
En moi, j’ai tout répété
Papier mâché
J’ai mis mon poing dans le mur
Décor effondré
 
Nous n’avons pas su
Trouver l’harmonie
Ce pays trop bien caché
Mais nous sommes tombés
Sur le sentier des disputes
Que l’on trouve sans chercher
 
A présent que tu es partie
Je me dis que tout est fini
Notre couple et ma vie
Ne reste de moi
Qu’une âme écorchée
Juste comme du verre pilé…
 
Il semble aussi
Que j’ai perdu la clef
Pour ouvrir la serrure
De nouvelles amours
Ils s’envolent au loin
Avant d’être esquissés
 
Peut-être n’ai-je jamais su
Ce que signifie aimer ?
Après tout, tu le sais
Il n’y a pas d’école
Pour apprendre
La vie à deux
 
Faire l’amour était si doux
Mais croire que c’est le ciment
Qui assemble à jamais les cœurs
Fait partie des illusions cruelles
Qui font de nos âmes
Des sacs à rancœur…
 
Et je me demande avant que vienne
Le sinistre jour de la mort
Si c’est notre destinée
De ne voir et comprendre
Ce qui est grand et beau
Que devant la porte
Qui s'ouvre sur le mot fin…
 
©Jean Dornac
Lyon, le 1 juillet 2017
 
 

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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 06:29
Cueillez ces quelques fleurs – Robert Bonnefoy
Photo J.Dornac©
 
 
 
CUEILLEZ ces quelques fleurs qui marquent un court été,
DES boutons par milliers, formant un beau bouquet.
AUJOURD'HUI il est vert, demain il sera mort...
LES plus belles pensées n'ont point raison du Sort !.
ROSES de ces grands jours, beautés de ces matins,
DE quel amour es-tu, fille de mes desseins ?
LA crainte du futur me fait aimer la vie...
VIE !, le mot est doux, mais quelle sotte envie !.
 
©Robert Bonnefoy
D’après Ronsard
 
 

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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 03:59
AUBE – Claude Luezior
Photo Claude Luezior©

 
 
d'instinct
j'apprivoise
les prunelles
des ténèbres
 
dans la matrice
de l'invariable
se coulent
des apparences
 
offrandes
souveraines
pour épiderme
qui frissonne

 
m'effacer
dans l'ablution
monochrome
de l'errance
une lune
de son croissant
moissonne
des étoiles
 
peu à peu
s'évaporent
les méfaits
de l'absence
 
le camaïeu
de la grisaille
balbutie
un ultime alphabet

 
paradoxe
d'ébène
où débordent
les songes
 
dans leur nid
grouillent
et s'enlacent
des couleuvres
une fois encore
jouissent
et germinent
des reflets
 
à l'Orient
un geste accroche
son rayon
premier
 
©Claude Luezior

www.claudeluezior.weebly.com




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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 04:56
Des yeux trompeurs – Kacem Issad
Par Amélie Beaury-Saurel — Photothèque Musée des Augustins, Toulouse
 
 
 
 
 
Dans les eaux troubles de ton regard
Je me suis noyé.
J’ai cru que seul
Mon souffle ravivait ton visage
Que seul
Mon cœur était ton réveil
Que seule
Ma peau était ton parfum
Que seules
Mes pupilles étaient tes astres
Que seule
Ma voix était ta mélodie
Mais mensonge, mensonge
Tu m’as trompé avec tes yeux traîtres
Et tes pensées infidèles.
 
©Kacem Issad




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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 06:45
Rêve de lumière – Michèle Freud
 
 
 
 
 
Un jour, en montagne, j’ai eu l’occasion de marcher dans un bois étrange avec des lichens qui pendaient de chaque rameau, d’énormes pierres moussues, une végétation luxuriante, exubérante. On aurait dit la forêt de la Belle au Bois dormant. Dans ce lieu insolite où planait une atmosphère mystérieuse, j’eus brusquement le sentiment que j’allais vivre des moments peu ordinaires. Tout mon être frissonnait de plaisir.
 
Soudain, je remarquai l’Arbre avec ses énormes branches tordues et noueuses, son tronc imposant dont l’écorce épaisse était sillonnée de rides profondes paraissant dessiner un pays imaginaire, peuplé d’êtres fabuleux. Avec les mains, j’explorai le contour de cet étrange royaume. Mais que se passait-il tout à coup ? Comme si j’avais prononcé la formule magique : « Sésame, ouvre-toi » le tronc tout doucement commença de s’ouvrir. Je me dis alors que je me trouvais devant un arbre extraordinaire : Il avait une porte et il était tout creux. Par curiosité, j’entrai dans cette drôle de maison. Aussitôt, avec un claquement sec, la porte se referma. C’était incroyable, incompréhensible car il n’y avait pas le moindre souffle de vent. Quand j’ai voulu sortir, ce fut impossible. La porte ne s’ouvrait pas. Or je n’avais pas peur. J’étais plutôt intriguée par le côté magique de la chose et puis le mystère qui planait autour de moi me ravigotait les méninges. J’étais en attente d’un événement hors du commun et c’était exaltant. Je n’eu pas à attendre longtemps car je me suis endormie brusquement comme si l’on m’avait fait boire un potion miracle. Et je fis un rêve merveilleux. Pourtant à mon réveil, j’avais tout oublié. Tout ? Pas exactement. Il me restait une impression de lumière douce, pure, inoubliable. Sans difficultés, cette fois, je sortis de ma cachette et légère, délestée de tous mes soucis, je pris mon envol au-dessus des prairies multicolores, ruisselantes de clarté…
 
©Michèle Freud



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