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28 décembre 2022 3 28 /12 /décembre /2022 07:34

caricature de Vladimir Poutine du dessinateur cubain Carlos David Fuentes

 


Que penser d’un dirigeant
qui ne tient pas sa parole
qui trahit ses dires
mais encore sa signature

nécessairement
cet homme est sans honneur

que penser d’un bonhomme
qui joue depuis des années
au matamore musclé
et toujours sans peur
mais qui menace
toute l’humanité par le nucléaire

cet homme est sans honneur

que penser d’un soi-disant
chef militaire
qui au fil des défaites
préfère s’attaquer
aux populations civiles
par définition sans défense

cet homme est sans honneur

que penser de celui
qui jour après jour
tue sauvagement
femmes et enfants
jeunes et vieillards
tous sans arme

cet homme est sans honneur

que penser encore
de ses complices
au pouvoir
aucun d’eux n’a d’honneur
le monde doit les juger

ce sont de vulgaires criminels
sans conscience ni honneur

et dire qu’on pouvait
admirer cet homme
certes avec des pincettes
reconnaître son pays
comme grand et important
las, désormais

c’est un pays sans honneur…

 

©Jean Dornac

Lannion, le 21 novembre 2022                    
 

 

 

 


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27 décembre 2022 2 27 /12 /décembre /2022 07:39


 

 

Dieu ne m’a pas fait de signe
faut-il pour autant jeter
le manche après la cognée

 

Pourrais-je avoir mérité
autre chose que de vivre
si j’ai gagné l’aller simple
ce n’est déjà pas si mal

 

Sommes-nous vraiment importants
ou simplement insignifiants
plus ou moins que ce que nous sommes
le livre un ne le dit pas
mais qui sait quoi de prochain épisode


©Louis Delorme    

Extrait du recueil imprimé par Louis Delorme lui-même, recueil nommé : « Le point de rupture »
 

     
 

 

 

 

 

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26 décembre 2022 1 26 /12 /décembre /2022 07:55

photo Leafar Izen

 
 

Je vous aime
Ne vous méprenez pas
Cet amour
N'est pas le tapis rouge
Où vos légions iront racler
La boue de leurs chausses crottées
 
Cet amour est brodé
Dans la soie et dans l'acier
N'essayez pas d'en faire un lange
Et d'y emmailloter l'ange
Que je fus et que je serai
 
Cet amour du soi est cloué
Au-delà de nos têtes couronnées
Si haut sur les nuages
De la tempête que je présage
 
Et qu'importe si cet amour passe
Comme au ciel passent les nuées
Cet instant vaut l'éternité
Ce qui est fut et sera
 
© Leafar Izen      
Extrait du recueil « souvenirs du néant »

L'auteur travaille actuellement sur un 4eme roman : "L'Homme qui n'existait plus"

Le site de Leafar Izen et son site de vente par correspondance  http://www.leafar-izen.com http://www.leslibraires.fr/          
 
 
 
 
 
 
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25 décembre 2022 7 25 /12 /décembre /2022 07:47


 

 

Mina et son frère Gaspard décident de prendre le chemin de l’Alsace pour leurs libations de Noël.


Leur route sillonne à travers la grande hêtraie des Vosges. Orée lumineuse, landes sommitales, flore et faune sauvages, ce massif forestier a bien des points communs avec leur Haut Livradois.


Les lignes bleues se succèdent pour apercevoir, au pied du Hohneck, le lac de Retournemer. Gité dans une ancienne cuvette glaciaire, c’est un miroir d’eau profonde.


Mina ne peut quitter ces lieux sans caresser l’écorce lisse d’un jeune hêtre, encore toute parfumée d’arnica et de pensées sauvages.


Un ciel plombé couleur d’ardoise leur suggère de reprendre la route avant l’arrivée de la neige.


Adieu ballons vosgiens, c’est maintenant la descente vers la plaine d’Alsace.


 
Vêtue de grès rose, apparaît la ville de Munster où rugit un lion de fierté sur la place du marché.


Mina et Gaspard veulent, cette année, rompre avec les foie gras, dinde et bûche traditionnelle ; ils ont simplement envie d’un duo magique, d’un accord de fête.


 
Le blond sourire de Coralie les accueille à l’auberge de la Marcairie.


Cette auberge exhale une puissante séduction à l’image de sa tenancière raffinée, portant vêtement de fantaisie épousant la forme de son corps.


L’accueil se fait autour d’un vin chaud parfumé à la cannelle et  d’une copieuse tranche de Kougelhopf.


Coralie parle avec aisance et distinction, et se plaît à dire qu’il est vulgaire de maudire son temps.


Elle connaît nombre de poètes et les prononce avec respect. A ses heures, elle déclame du Musset.


Coralie aime les choses qui convoquent le toucher, le goût et l’odorat.


Elle parle souvent de poétique de l’infime, inépuisable source née de la simplicité des choses humbles.


Tiens, dit-elle, ce soir je vous propose d’épouser cimes et vallons de notre région.


Je vous promets de faire émerger l’âme d’un territoire, de vous faire aimer l’étonnante sagesse de la terre.


 
La nuit tombée, chandelles allumées, Coralie revient près de l’âtre avec une broche bleu saphir fermant à demi son blanc corsage.


Point de dentelles et de fragrance, tout en harmonie, lumineuse, elle est prête à s’enthousiasmer de couleurs, de mots, de vin, de bon pain, de tout.


Elle invite Mina et son frère à s’installer près du poêle en faïence sur une banquette commune devant la Rêverie du soir, reproduction d’un tableau de Mucha.


 
Maintenant la neige tombe à gros flocons, rehaussant le charme lié à l’atmosphère de l’auberge.


 
C’est dans ce décor qu’arrive le duo magique : Munster et Gewurztraminer.


 
Une première image vient : Ariane semble conduire le cortège des ménades portant pain croustillant, fromage à la croûte rouge orangé, tandis que Bacchus présente en musique, chants et danses ses augustes flacons.


 
Mina et Gaspard ont pris soin d’apporter leur couteau, un Laforet d’Arconsat, pour trancher généreusement le pain au carvi, cette ombellifère qui a le pouvoir de fleurir une seconde fois la croûte du Munster.


 
Mina voit dans le modelé et les couleurs de la croûte du fromage une parfaite symbiose avec paysage et éléments d’architecture : la robe de bure des chaumes du Hohneck, l’argile, la paille et le crin du torchis des maisons à colombages, le grès micacé à grain fin vosgien, ainsi que les tuiles plates en écailles des toits alsaciens.


 
De la croûte au cœur, le Munster se signale par une saveur fleurant bon les pâturages des Vosges que survole le faucon pèlerin.


 
Gaspard accueille avec joie la bouteille de Gewurztraminer – Domaine Hugel - vin blanc titrant 14,5°, issu de vendanges tardives 2010.


Fermant les yeux, il devine les grappes de ce cépage, récoltées tardivement, d’un jaune mordoré qui n’a rien à envier à l’or des Incas.


Il va même s’imaginer les reflets sur l’aile d’une bécasse à l’heure de la croule.


Le long col de la bouteille n’est pas sans rappeler le clocher de Riquewihr baigné des brouillards d’automne où se développe le fameux Botrytis.


 
Décanté avec doigté, le vin est mis en carafe.


Le Gewurztraminer se distingue avec des arômes d’agrumes confits, de fruits exotiques, parfois de réglisse.


C’est un vin opulent aux notes de miel et d’abricot sec particulièrement perceptibles lorsque le Botrytis cinerea, autrement dit la pourriture noble, a fait son œuvre.


 
Coralie partage le bonheur de Mina et Gaspard.


 
Un croissant de lune ouvre le bal des étoiles.


 
Tous les trois écoutent ce frémissement né au nid de l’amitié où palpite la flamme de Noël sous son duvet immaculé.


 
©Roland Souchon

www.rolandsouchon.com        

décembre 2022
 

SOURCES :
 
LE MUNSTER :
Originaire des Vosges, le fromage Munster a reçu l’AOC en 1978. C’est un fromage à pâte molle et à croûte lavée. Il est fait de lait de vaches vosgiennes, race scandinave introduite au dix- huitième siècle.


Ce lait, riche en protéines, est caillé à la présure.


A ce stade, le caillé ne doit être ni lavé ni malaxé.


Ensuite, il est mis dans des moules qui laissent lentement s’écouler le petit lait. Puis, retiré, il est prêt pour être affiné.


L’affinage est de trois semaines minimum, souvent porté à 2 ou 3 mois pour les productions fermières.


Entreposé dans une cave à 11-15°C - hygrométrie de 95% , le fromage est retourné tous les 2 jours, frotté à la saumure diluée, souvent directement à la main.


C’est ainsi que se développe la croûte rouge orangé.


D’une saveur piquante, fort et épicé, le Munster s’apprécie avec un âge avancé.


Bien sûr, pour un accord parfait, il voyage avec son compagnon préféré, le Gewurztraminer, voluptueux et d’un irrésistible moelleux.


 
LE GEWURZTRAMINER :
Il y a 250 millions d’années, au Trias, la région est de la France est pénétrée par une mer « germanique » au fond de laquelle se déposent les gypses, marnes et calcaires des futurs terroirs alsaciens.


Niché entre Vosges et Forêt-Noire, le vignoble alsacien bénéficie d’un terroir où se juxtaposent treize types de sols, la plupart du temps étroitement imbriqués, notamment, volcanique, gréseux, granitique, gneissique, schisteux, marno-calcaire, argilo-marneux, loess.


Les vignerons ont dû tester une multitude de cépages pour, au final, obtenir une très large palette de vins.


Les vignobles qui entourent les villages de Kaysersberg, Riquewihr et Ribeauvillé sont le terroir d’élection du cépage Gewurztraminer.


Comment reconnaître le cépage Gewurztraminer ?


Après un bourgeonnement cotonneux blanc à liseré carminé, la feuille est orbiculaire et gaufrée. Grande, elle se découpe en 5 lobes.


La grappe est tronconique avec des baies ovoïdes roses à rouge clair pour devenir ambrées en vendanges tardives, donnant la fameuse pourriture noble ; voilà un bel oxymore n’est-ce-pas !


La température de service est entre 8 et 10° C.


Le potentiel de garde se situe entre 2 à 10 ans avec une aptitude au vieillissement pouvant dépasser le demi-siècle pour les récoltes en vendanges tardives et sélection de grains nobles.
         
www.rolandsouchon.com
         
 
 

 

 

 

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24 décembre 2022 6 24 /12 /décembre /2022 07:29

 

Savons-nous pourquoi le miroir
renverse l'apparence
et fascine les yeux
au delà du reflet ?
 
Rencontrer son image
suspendue à un mur
par la seule magie
du regard sur la glace
n'est-ce pas entrouvrir
la porte secrète
qui donne sur le rêve ?
 
A peine quelques pas
et la lumière du visage
se dilue dans l'espace...
aucune empreinte...
aucune ride...
sur le lieu de rencontres...
 
L'écho de l'apparence
s'est volatilisé
et le miroir immobile
comme le chasseur à l'affût
attend sans impatience
qu'une nouvelle image
apparaisse un instant
dans la joie de son oeil !
 
© Victor Varjac
Antibes, février 1997
 
Sources : http://victorvarjac.wifeo.com/#1123
       
 
 
 
 
 
 
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23 décembre 2022 5 23 /12 /décembre /2022 08:51

 

ni pour l’oiseau
ni pour les nuages qui traînent
le paradis n’a semblable visage

 

©Hafid Gafaïti 1      
1 Hafid Gafaïti, Les braises de l’aube, Éditions Al-Amar (Alain Gorius), Paris, 2017, p. 22.        
 
 
 

 

 

 

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22 décembre 2022 4 22 /12 /décembre /2022 07:35

Tableau :
Éclaircie, huile, 1990
Exposé à Bruxelles en 1992. Collection particulière.
© Monique Thomassettie

 

1995

- Ouvre-toi, regarde... Le rouge lumineux et parfait du soleil couchant a le pouvoir d'apaiser les peines de cœur. Même quand il a disparu derrière les toits, et qu'il se reflète encore sur une vitre, sa brève incandescence t'interpelle. Si tu voulais, au moins, essayer de voir, au lieu de te refermer sans cesse...
- Tu parles comme une carte postale romantique de la côte !

- Mais tu es romantique ! Sans cela, tu ne souffrirais pas...


Mon argument la touche. Elle s'entrouvre, prudemment, attend d'autres paroles.


- En contemplant la beauté, non seulement tu distrais ta pensée de ton chagrin, mais tu découvres un autre objet digne d'amour.

- Quand j'écoute une belle musique, je pleure...

- Tant mieux. Tu ne pleures pas seulement sur toi, mais tu pleures d'émotion d'entendre une musique qui exprime ta douleur, ou qui chante la joie, une joie que tu croyais perdue, et que tu découvres ailleurs...

- ...

- Oui ?

- ... Si nous partions en voyage... pour découvrir un horizon, un soleil qui ne soit pas masqué par les maisons quand il descend le soir ? Tu m'as parlé de ces pays de ta jeunesse...

- Quand tu veux. Nous ferons provision de soleil. Tu reviendras éblouie, éblouissante, et peut-être l'éblouiras-tu...

- ... Et toi ? As-tu aussi, dans ta vie, eu besoin de contempler le soleil couchant ?

- Je suis arrivée à un âge où je le préfère levant.

- C'est drôle, ça !

- Ce n'est pas une boutade. Je veux dire que l'âge, paradoxalement, mène vers les commencements...


©Monique Thomassettie            

Soleils, conte extrait de mon recueil Les Seins de lune.
Recueil de contes paru aux Éditions Luce Wilquin en avril 1998. Soleils écrit en 1995.
 
 
 
 

 

 

 

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21 décembre 2022 3 21 /12 /décembre /2022 07:43

Photo Kathleen Hyden-David

 

Seins
modelés
sur un buste
en devenir

 

Picasso
émerge
de l’argile

 

Capture
du geste créateur

 

Réalité
végétale
aux limites
de l’abstraction

 

©Kathleen HYDEN-DAVID  
Extrait du recueil « Ecorce » aux éditions France Libris              
 
 
 

 

 

 

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20 décembre 2022 2 20 /12 /décembre /2022 07:41
Tableau de Gustave Moreau : « Salomé dansant »


 

Pour toutes les personnes aimant la poésie et la peinture, je ne peux que recommander ce superbe recueil, n’hésitez pas à vous le procurer ! (Jean Dornac)

 

 

Elle est là, elle avance
corps face au spectateur
visage de profil
Armée de nudité
brodée, revendiquée
elle avance, elle est là
en place du bourreau
la tête de Saint Jean
sur un plateau d'argent

Blancheur de lait d'ânesse
des ivoires antiques
le corps dans un fourreau
de dentelle de soie..
Et brille sa peau blanche
qui fait rêver le roi

La tiare au lion de Perse
fleurs de lotus au ventre
elle avance et vous berce
déesse somnambule
prêtresse orientale
voilée de libellules

Rêvée, satin de Chine
peau de neige brodée
toute blanche elle avance
telle une épée dans l'air
au tranchant raffiné
de chryséléphantine

Elle avance en silence
ni luth, ni gong, ni sistre
aura de dessin pur
qui guidera l'artiste
au geste tendre et sûr
plus loin qu'il ne le pense

Rouge et or le décor
d'Orient fantasmé
Univers opposés :
Nudité et Mihrab
reliés par le peintre
Elle avance, elle danse
L'artiste a peaufiné
la châsse du mystère

Ainsi va l'Art sacré
tatouages des rêves
toujours inachevés
qui brûleront Moreau
sans cesse à fleur de peau

 

Extrait du superbe recueil : TABLEAUX D'UNE EXPOSITION, éditions France Libris
 
© Jeanne CHAMPEL GRENIER                                      
 
 

 

 

 

 

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19 décembre 2022 1 19 /12 /décembre /2022 07:32


 

 

Cheveux en l'air,
Regardez-moi sur mon cheval qui prospère,
Avec son pelage couleur de fer
Qui luit sous le soleil d'une lueur pépère,
Et virevolte dans le vent, survolant terre,
Flottant telle une bannière.

 

Regardez-moi sur mon cheval qui prospère
Déchaînant ses sabots qui ne se font plus taire,
Se libérant de cette muselière qui le serre,
Embrassant d'un galop cet horizon, objet de réunion entre ciel et mer.

 

© Mounia CHELOUAH                  
 
 
 

 

 

 

 

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