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19 août 2022 5 19 /08 /août /2022 09:02



En mémoire de Jacques Roche, poète, journaliste assassiné le 13 juillet 2005 à Port-au-Prince

 

Ce soir ne m’écris pas
Ils ont tué le poète
Ils ont liés ses mains
Porteuses de lumière
Ils ont brisé son chant,
Ignorant que sa voix
Ne mourra jamais.

Ce soir mon âme
Ne trempe pas ta plume
Dans le sang,
La lampe s’est éteinte
Qui éclairait la nuit,
Et les dunes, derrière les mots
Ensableraient le coeur.

Mais à la lueur des torches
Nous veillerons, égrenant le silence
Le poète qui dort
La face vers le ciel
Dans la repentance des étoiles.

 

©Denise Bernhardt    

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.                                                        
 
 
 

 

 

 

 

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18 août 2022 4 18 /08 /août /2022 06:33


 

Je viens d’apprendre le décès de Luce Péclard, le 2 juin 2022. Je veux lui rendre hommage, elle était une grand poète suisse, elle a reçu divers prix, mais surtout, pour moi, sans que nous ayons pu nous rencontrer, elle était devenue une amie que je publiais régulièrement. Tant qu’il me restera des textes d’elle, je la publierai encore et encore.
Je pense aussi à sa famille frappée par ce deuil et à tous ses amis, en Suisse, en France et ailleurs… (Jean Dornac)

 

 

Non-conçu… non-né
Non-advenu… non-vécu
Non-vu… non-su

Non-dit… non-éclairci
Non-rappelé… non-évoqué
Non-pensé… non-écrit

Non-projeté… non-accompli
Non-inventé… non-réalisé
Non-exploré… non-découvert

Non-jaugé… non-jugé
Non-choisi… non-résolu
Non-observé… non-prouvé

Non-semé… non-moissonné
Non-planté… non-récolté
Non-fabriqué… non-recyclé

Non-accueilli… non-connu
Non-embrassé… non-retenu
Non-aimé… non-compris

© Luce Péclard
Extrait du recueil « Le Feuil », aux Editions du Madrier
        

 

 


 
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17 août 2022 3 17 /08 /août /2022 06:48
Le rêve de Dickens par Robert W. Buss


 

Gérard Le Goff : La cité chimérique, Encres Vives, Collection Encres Blanches, janv. 2022  et Brisées, Encres Vives no 516, nov.-dec. 2021, 16 p. chacun, 6,20 Euros

 

La cité chimérique est une nouvelle commise par une plume trempée dans un style hors du commun, fait de précision, d'images, de rythmes. Preuve, s'il en fallait encore, que la poésie peut se terrer dans la prose...  Parfois, la ville ouvre ses portes sur la limpidité de l'évidence. Sans un bruit. Parfois, elle les maintient closes sur l'oubli. Je sais qu'elles ont toujours été là, dans le reste de ces jours qui sable mes paupières, dans le peu de ces nuits qui s'égoutte au fond de mes yeux. Il m'appartient de vérifier leur disponibilité. La phrase est taillée au couteau. Elle annonce un cauchemar...


Peu à peu, nous avons l'impression d'être dans une toile de Dali. La peinture est extrêmement bien dessinée mais thèmes et personnages s'entrelacent, se bousculent, se fondent dans une cité mystérieuse puis dans une jungle. Zeste d'érotisme pour évoquer des sirènes égarées. Décrits avec une sorte de froideur chirurgicale, des peuples étranges tel celui des Financiers, prennent vie dans des décors byzantins plus vrais que nature. L'observateur passe d'un palais à une cathédrale, d'une échoppe à une rue insensée. On se croirait dans une Venise ourdissant ses complots, mais ce n'est pas Venise. Ou dans Londres égrainant ses venelles prêtes à un crime, ou dans Paris affûtant ses lumières ou dans Amsterdam chuchotant entre deux canaux. Mais nous ne sommes ni à Londres, ni à Paris, ni à Amsterdam...


On entre dans un magasin étrange, sorte de cabinet des curiosités. Une fois, le négociant m'a conseillé d'acquérir, sans sourciller : une mèche de cheveux de Yul Brynner, le prépuce d'Albert Einstein, le glaive de Saint-Paul, un grain de beauté de Marilyn ainsi que l'intégrale de la correspondance entre Adolf Hitler et le Mahatma Gandhi. Humour grinçant, déjanté.


Le propos se veut presque journalistique, d'allure réelle, porté par un locuteur (le "je" omniprésent) dont le langage châtié, parfaitement correct, est parsemé de mots rares : aventurine, tavelé d'étoiles, turquin, céladon... Les descriptions acérées ramènent le lecteur à une pseudo-réalité qui donne à l'ensemble une allure surréaliste à la René Magritte ou à la Max Ernst.


En un mot, cette nouvelle surprenante me fait penser à l'adage : "nous avons tous fait l'expérience de la folie, c'est celle des rêves"... Encore faut-il le talent et la plume de Gérard Le Goff pour l'exprimer de manière aussi éclatante et chimérique.

 

***

 

Le recueil, également chez l'éditeur Michel Cosem d'Encres Vives, intitulé Brisées, est constitué de soixante-quatre quatrains en vers octosyllabiques de belle facture. Le sous-chapitre, Sauf-conduits, a particulièrement attiré notre attention, puisque chaque quatrain est inspiré par une ville ou un lieu : Londres, Rome, Florence, Prague, Barcelone, voire Louxor... Résumer chaque fois un émerveillement n'est pas facile.


Il leur reste tant de hauteur
Aux Météores tombés du ciel
Que leur ombres même déroute les cœurs
Vers un désir d'élévation

 

Ou bien, pour Abou Simbel :

 

Pharaon un et multiple
Ses regards ignorent les royaumes
Que conquirent le sable et le vent
Avec pour seule arme le silence


En quatre lignes, donner la main à un lieu. Non pas le résumer, mais ouvrir une porte, des effluves. Pari insensé : celui du poète...


Plus loin, Gérard Le Goff évoque avec délicatesse l'offrande des hautes fleurs (...), la harpe (qui) parle toutes les langues de l'eau / Elle sait les prophéties des sources (...) Accorde son cristal à la pluie.


Marc des mots, condensé de poésie. Seize pages ? Encore !

 

©Claude Luezior
   
 
 

 

 

 

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16 août 2022 2 16 /08 /août /2022 06:31

 

Un oiseau se pose
sur le rebord d'une fenêtre,
une mouette sans doute,
qui crisse dans le silence,
dans la béance de ce jour creux,
dans ce jour lourd de bleu,
d'un feu sans soleil, sans rose,
sans fleur éclose sur le sol.

Un oiseau se pose.
Son cri déchire l'air bleu
comme le chant d'une sirène
échouée sur le sable et sa solitude.

Un oiseau se pose,
sur un rayon de soleil cette fois-ci,
sur la circonférence d'une fleur morte,
sur son calice qu'a sucé l'abeille éclose

qui à butiné cette pluie d'or
pour en faire un miel
de lumière imprescriptible,
un miel à la saveur d’un soleil au zénith,
au parfum d’azur inaccessible
au son des cigales qui crépitent.
                        

©Alix Lerman Enriquez                       
 
 
 

 

 

 

 

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15 août 2022 1 15 /08 /août /2022 06:47


 


Si avec humilité
Possibilité m’est donnée
De suggérer comment,
Le moment venu,
La Mort doit arriver,
Je lui demanderais
D’être franche, brutale
Sans détour
Et non point latente, incertaine
Insidieuse, nauséabonde
INTERMINABLE …
Je la voudrais définitive,
Sans appel,
Je voudrais, en fait,
Le moment venu,
Lorsqu’il sera temps,
Etre encore…VIVANT.

 

© Gérard Gautier  
 

Saint-Brieuc 1978
Auteur- Editeur      

 
 

 

 

 

 

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14 août 2022 7 14 /08 /août /2022 07:13
Dessin de Jean-Michel Folon


 

 

Poèmes Lauréats Concours Jeunesse SPF 2022  
 

 

L'hiver je flotte dans les airs.
J'erre dans la mer, pour y voir plus clair.

Le printemps je file dans les vents...
Le temps passe vite, au printemps...

En été il y a du blé, et je déforme ma bouée...
En été soyons organisés !!

En automne j'invente des consonnes,
J'entends les abeilles qui bourdonnent, qui grognent...


Loubna DUPUIS PUTELAT et Paula OLIVEIRA PERREUX
CM1 - 31500 TOULOUSE

Extrait d’un tapuscrit de 10 poèmes

Prix spécial de l’Imaginaire 2022
             
 
 

 

 

 

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13 août 2022 6 13 /08 /août /2022 06:29


 

 

Traverse au jour, la nuit tendue aux châssis des fenêtres. Sur l’ombre, le mur est l’horizon de l’heure. L’hiver le dépouille. Le froid l’use. La ligne des pierres guide le temps où le silence convié y joint son poids.  
Peu de lumière, quelques mots sans parole, des regards aux châssis d’insomnie.


La fenêtre cristallise. Le réel s’écoule informe sous la loupe du gel. Les allées s’indifférencient. Le sombre tamise la neige où, dos d’écorce, les bois coupés cabossent l’herbe.
Un glissement s’opère, telle une faille sur l’envers du temps : éveil à nos sens.

 

©Béatrice Pailler  

Extraits d’EAU-FORTE
Revue en ligne le Capital des Mots
http://www.le-capital-des-mots.fr/2018/11/le-capital-des-mots-beatrice-pailler.html

 
 

 


 

 

 

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12 août 2022 5 12 /08 /août /2022 07:00


 

 

Sauvage abîme

 

ne te fie pas au regard triste des macareux
dedans s’évase la conscience pleine
de l’enfiévrée gentiane bleue
et l’âme de la délicate silène
les courants d’air ascendants
et descendants prennent
nos corps contraints et ravis dans
les tréfonds que l’océan déchaîne
la falaise élevée que point que la mer
toujours rattrape dans l’effarement
des pierres vives sait le sauvage abîme
où l’on craint souvent la perte de soi
dans l’âme collective
au paysage dirigé de ton rêve je devine
qui ose l’écume une liberté hors du temps

 

© Barbara Auzou.                
Extrait du recueil « Mais la danse du paysage » @( Poèmes)-Barbara Auzou-5 Sens Editions Genève( Suisse)  
 
 
 
 

 


 
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11 août 2022 4 11 /08 /août /2022 06:49


 

 

Je suis d’ici
Et de maintenant
De chair et d’os
Vous, moi, nosotros
 
Vivant parmi les vivants
 
Suis d’ici
Et de maintenant
Dans le réel jusqu’à l’os
 
D’ici
De maintenant
 
Terrien dans l’univers
 
© David Chomier
Extrait du nouveau recueil de David Chomier : Vivons à Mort                
 
 
 

 
 
 
 
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10 août 2022 3 10 /08 /août /2022 06:29



 


on reste assis sur l’herbe
une steppe sauvage d’eaux entre nous
où s’ondoient paresseux
nos désirs et nos rêves


un air tel un souvenir nous envahit
et se dépose sur nos yeux
sa brume légère
fait trembler la lumière


on n’est pas seuls
même si le monde entier nous sépare


nous portons chacun
sur nos dos et nos bras
dans nos yeux et dans nos corps
nos êtres passés
que nous envoyons des fois
à notre place
tels les spectres beaux et blancs
 
les flèches les transpercent comme l’air
ils tournent tel un feu
et des fois ils ressemblent à la mort


fatigués nous nous allongeons dans l’herbe
avec tout ce qui nous appartient
l’air nous envahit les narines et les yeux
et coule sur nos corps tel un fluide opalescent
 
doucement ces spectres beaux et blancs
commencent à se couvrir de chair et de sang
dans un amalgame nouveau et tendre
 
on reste assis sur l’herbe
il y a rien qui nous sépare
seul le goût diffèrent de nos larmes
qui coulent avec douceur sur nos visages
comme jadis
l’huile précieuse sur la barbe d’Aaron
 

 © Elina Adam                                                           
 
 
 

 

 

 

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