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8 août 2019 4 08 /08 /août /2019 06:53

 

Traduction en provençal de Béatrice Gaudy

 

 

 

 

Un deux trois quatre cinq six sept huit hommes

qui tapent de toutes leurs forces

un grand nombre de fois

sur un homme sans arme

tombé à terre

Tu ne parviens pas à concevoir

que leur uniforme

élève ces huit hommes

au-dessus de la délinquance

 

                           * * *

 

 

Un dou trei quatre cinq sièis sèt uech omei

que tuten de touta loûr força

un grand noumbre de fes

un ome sen armo

toumba au sou

Tu ne pervenei pa à councevre

que lour uniforme

eilevo qui uech ornei

au-dessus de lo delinquencio  

 

©Béatrice GAUDY

 

 

 

 

 

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7 août 2019 3 07 /08 /août /2019 06:36
Autoportrait - Paris printemps 1887 (Vincent Van Gogh)


 

 


empesés de rêves, des corbeaux
évanouissent leurs silhouettes
dans la masse fleurie du soir

 

l’aujourd’hui, qui piétinent
des souvenirs acides, ébroue
sa toison tel un chien perdu

 

s’effrangent les étoffes déchirées
d’oliviers qui contorsionnent
leurs plaintes d’amants inassouvis

 

ici s’étreignent et s’entremêlent
pour une ultime sarabande
les grelots de désirs démembrés

 

par touches pyromanes
des jaunes à la hâte allument
les contre-jours en gestation

 

tableau en déshérence
quand s’allongent vainement
les traces qu’un désespoir macule

 

traces chromatiques
d’une unique oriflamme
pour ligne de survie

 

en ces arpents dont l’épiderme
se pare de démesures
jusqu’à l’inéluctable démence

 

l’homme à l’oreille tranchée
s’égare une fois pour toutes
dans l’huile d’un crépuscule

 

trois traits sur canevas incendié
trois corbeaux lourds du soir
s’arrachent au rêve d’une toile  
 

©Claude Luezior
 
 in : Jusqu'à la cendre, Ed. Librairie-Galerie Racine, Paris, 2018
https://editions-lgr.fr/claude-luezior/  

 
 
 
 

 


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6 août 2019 2 06 /08 /août /2019 06:39

 

 

 

 

 

Le visage solitaire

de l’inexprimable

délivre chaque soir

le charme de la nuit

enfermé dans les pierres…

 

La blessure des lampes

déchire l’illusion

de son corps de brume…

 

La marche infidèle des ombres

volatilise la menace

hissant jusqu’aux lèvres

l’image qui s’estompe…

 

Les ténèbres tournent

s’étirent et s’enroulent

à l’espoir des talus…

 

Doucement l’éphémère

se décompose

et la mort attentive

accompagne la dernière faiblesse…

 

Une à une

les formes se nouent

dans l’humble poussière

des grandes solitudes…

 

… quand soudain…

… la lune surgit

un châle blême

sur sa gorge trop sage

libérant d’un regard

la danse obscure

des branches

attachées à l’abîme

des herbes

où conspire le mirage

des racines

enfouies dans la terre…

 

© Victor Varjac

Antibes, janvier 1999

 

Extrait du recueil « Le chemin des rêves » aux éditions Chemins de Plume

 

 

 

 

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5 août 2019 1 05 /08 /août /2019 06:34

 

 

                                                          A Yanael, né début août 2019

 

Te voilà enfin
Toi que j’attendais
Depuis des années, sans fin
Toujours, je t’aimerai !

Tes parents, tout comme moi
T’ont espéré puis attendu
C’est long neuf mois
Surtout pour maman au ventre tendu !

Je ne t’ai pas encore rencontré
Mais je sais que tu seras le plus beau
De tous les bébés du monde de cette année
Devrais-je pour cela être traité de sot !

Tu es né dans un milieu d’artistes
Si tu choisis la même voie
Seras-tu un merveilleux pianiste
Ou un poète qui portera loin sa voix ?

T’appeler « ti ‘bout » n’est pas une insulte
C’est que je ne connais pas encore
Le nom que tes parents, qui ne sont pas incultes
Ont choisi pour accompagner ta vie et ton corps.

Pour l’heure, je ne veux penser
Qu’à la joie de l’accueil du nouveau né
Bénédiction depuis toujours
Et tout au long du reste de mes jours

Tu arrives dans un monde de fous
Mais oublions quelque temps
Pour privilégier les moments doux
Avant l’arrivé de tes premières dents…

Viens sur mon torse, ti ‘bout
Tire donc sur la barbe du pâtre
Pour entendre ton rire fou
Et sentir la chaleur de ton nouvel âtre

Ce petit cœur qui bat la chamade
Tout étonné d’être arrivé
Sans excès de pommade
Mais sûr d’être à jamais aimé !

Bienvenu mon cher petit-fils !!

©Jean Dornac
Lannion, le 4 août 2019
 
 
 
 
 

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4 août 2019 7 04 /08 /août /2019 06:28

 

 

 

Je m'étais levée tôt.


La pluie coulait à flot


Dans le sombre de la nuit,

Le vent faisait grand bruit

Dans les volets mal calés...

L'air humide me glaçait...

 

J'ai enfilé un djean


Délavé bleu marine,


Un tee shirt trop grand

Bienveillant et charmant,


Et ce blouson trop lourd

Couleur des mauvais jours...

 

Dans mes poches j'ai caché

Mes espoirs apeurés,


Des soleils passionnés,


Des rêves dessinés

A force de volonté...

Et puis j'ai marché...

 

J’ai marché jusqu’au lever du jour

Jusqu’au bout de toujours


J’ai marché sans détour


Sans m’arrêter, vers ton amour...  

 

©Lydia Montigny

  

Extrait du recueil « Exquis Salmigondis » aux Editions BoD-Books on Demand - Paris

 

 

 

 

 

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3 août 2019 6 03 /08 /août /2019 06:40
Oeuvre de Michel Bénard

 

 

                                                                                    À Michel Benard,
 

Baladin rebelle
À l’envers du miroir
Tu es scribe en cavale
Dans les sphères célestes,
Nourri par la main des étoiles
Ton calame réfléchit la folie lucide
D’un dédale invisible
À la lisière de l’au-delà,
Nouant des fils de soie
Sur le lien d’argent effiloché.
Héphaïstos au feu mystérieux
Tu forges les tesselles
Des mots de cristal fêlé.
Ton souffle gorgé de brume
Allume le verbe
Le cajole le libère
Réveille des soleils éteints,
Émaillant d’épis d’or tes poèmes
En des terres en jachère.
 
Sous l’arbre aux abeilles
Je démêle les arcanes
Du parchemin miellé
Par le baladin rebelle,
Passeur de pollen.  
 

©Nicole Portay
Extrait du recueil « Fileuse d’espoir » aux Éditions les poètes français
 
 

 

                       

Nicole Portay - Poétesse

Déléguée BDR de la Société des Poètes Français

Responsable Nationale du concours de poésie jeunesse SPF

 

site: www.societedespoetesfrancais.eu    

blog: www.societedespoetesfrancais.net    

 

 

 

 

 

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2 août 2019 5 02 /08 /août /2019 06:13

 

 

 

 

Où es-tu dans cette jungle,

Homme, femme, enfant, vieillard ?

 

Comment ouvres-tu ta voie,

Avec les couts e machette

Ou les éclairs du langage ?

 

Obligé de transiter

Sans laisser aucune trace

Autre que tes coups d’éclat

Et les échos de tes mots,

 

Puis l’appel déshabité

De ta forme disparue.  

 

© Luce Péclard

Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier  

 


 

 

 

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1 août 2019 4 01 /08 /août /2019 06:25

 

 

 

 

 

Le vide

Nourrit l’âme.

Le vide

Revêt le corps,

Sur l’air

Peau du vide

La geste.

 

De terre à chair

L’amorce

Et du sol l’éclair

D’un corps

Puisant au vide sa force.

Réel expié d’un saut.

 

©Béatrice Pailler

 

Recueil Mouvements-Panta Rhei

Editions La Porte 2017

 

(Commande chez Yves Perrine : 215, rue Moise Bodhuin 02000 Laon Prix public 4€)  

 

 

 

 

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31 juillet 2019 3 31 /07 /juillet /2019 06:31

 

 
                                     Polis sont mes quatrains, polissons mes propos.
 
 
Il lui avait offert chaque jour une rose,
Pendant des mois, sans jamais rien lui demander.
Jusqu’au soir où, n’y tenant plus, il lui propose
D’un coup la botte, avec un air bien décidé.
 
Et ce fut le bouquet, quand sortant l’épinette,
Directement et sans aucun a priori,
Il prit la chose en mains pour que la blondinette
Fasse grossir entre ses doigts le canari.
 
Une fois déformé, l’oiseau était de taille.
Mais encor fallait-il penser à l’habiller.
Chacun voulant œuvrer, c’est à la courte paille
Que le sort a choisi qui devait l’emballer.
 
C’est elle qui gagna de poser la capote.
Mais lui n’y perdit pas car elle avait des doigts !…
« Des doigts de fée ! » A-t-il raconté à ses potes.
Entendez bien qu’elle fit ça comme il se doit.
 
Vous connaissez la suite on ne va pas la dire.
S’engager plus avant serait indélicat.
Face à la pandémie il nous fallait décrire
Un moyen judicieux d’arrêter le sida.
 
Si je vous ai choqué, c’est pour la noble cause.
Le sida tue encor, il faut le rappeler.
On doit dans tous les cas, bien emballer la chose,
Que ce soit pour la faire ou bien pour en parler.  
 

 

©Gérard Cazé 

https://gerard-caze.book.fr/

 

 

 

 

 

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30 juillet 2019 2 30 /07 /juillet /2019 06:34

 

 

 

 

 

Un jour survient l’automne,

Le temps des morts,

Et des feuilles tombées,

Des pages qui se fanent

Des regards qui se voilent

Et des tâches d’ombre sur les mains.

Un jour s’en vient le temps

Des amours que l’on n’aura jamais.

Celui dont on rêvait

Tout au long de la nuit,

Et auquel on parlait

Avec les yeux.

Cet autre qui venait

Comme un dernier cadeau,

Pour s’en aller après

Sans peine, ni regrets.

Un jour il faut partir

Par les sentes mouillées

En trébuchant déjà

Sur les bogues rousses

Des châtaigniers,

Que le soleil enflamme

A travers la feuillée,

D’une lance de pourpre.  

 

©Denise Bernhardt


Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.


 

 




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