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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 07:45
Orgasme – Yves Romel Toussaint
 
 
 
 
 
Nos amours sont dites
Par des voyelles folles
Du vent
J’aime à perpétuité
La chaleur de ton ombre
Tes seins dévoilent
Le langage de mes mains
 
Ta nudité diluvienne
Dans la fulgurance de mon orgasme
 
C’est cette femme qu’il me faut
Pour charrier le vide
Dans le gouffre du désir
 
© Yves Romel Toussaint



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24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 07:41
Les Sources de la Nuit – Robert Desnos
 
 
 
 
 
Les sources de la nuit sont baignées de lumière.
C’est un fleuve où constamment
boivent des chevaux et des juments de pierre
en hennissant.
 
Tant de siècles de dur labeur
aboutiront-ils enfin à la fatigue qui amollit les pierres ?
Tant de larmes, tant de sueur,
justifieront-ils le sommeil sur la digue ?
 
Sur la digue où vient se briser
le fleuve qui va vers la nuit,
où le rêve abolit la pensée.
C’est une étoile qui nous suit.
 
À rebrousse-poil, à rebrousse-chemin,
Étoile, suivez-nous, docile,
et venez manger dans notre main,
Maîtresse enfin de son destin
et de quatre éléments hostiles.
 
Robert Desnos
 
 


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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 07:40
La lumière bleue – Michèle Freud
 
 
 
 
 
Le soleil disparaissait derrière la montagne. C’est n’était pas encore l’obscurité mais la nuit ne tarderait pas à se poser sur le hameau couché sur un piton rocheux.
 
Marie avait passé l’après-midi dans le flamboiement des couleurs d’automne. Sur le chemin du retour, elle hésita soudain à rentrer chez elle : une intuition fulgurante venait de la traverser. Elle pressentait qu’il allait se produire quelque chose d’exceptionnel, du jamais vu. Et elle attendit, toute excitée, au pied d’un vieux chêne. Brusquement, le ciel s’anima comme si, derrière la voûte céleste, un magicien allumait des lampes gigantesques. Et fait extraordinaire, de ces projecteurs géants, se mirent à jaillir des faisceaux de lumière bleue. Oui, la lumière était bleue, d’un ravissant bleu myosotis. Marie n’en revenait pas mais elle ne perdit pas de temps à se poser des questions sur ce phénomène incroyable, elle l’accueillait, avidement, de tout son être. Le cœur palpitant d’émotions, elle regarda ces draperies lumineuses qui se mouvaient avec légèreté. Elle était belle, la Marie, toute barbouillée de joie, d’émerveillement, de gratitude. Et malgré son grand âge, elle se mit à danser dans cette floraison d’aurores boréales, dans cette atmosphère immatérielle, cette ambiance de rêve et de douceur. Elle était Alice au pays des Merveilles. Elle se sentait euphorique comme si elle avait bu une coupe de Champagne, un vin vendangé par les anges dans les vignes célestes. Un vin vleu ! Lui revinrent alors en mémoire quelques vers d’un poème de Robert Desnos : « Une fourmi de dix huit mètres avec un chapeau sur la tête, ça n’existe pas, ça n’existe pas. Et pourquoi pas ? »
 
Malicieusement, avec ses propres mots, Marie à murmuré : « Un vin bleu qui tombe du ciel, avec un délicieux goût de miel, ça n’existe pas, ça n’existe pas. Mais ça peut exister, n’est-ce pas ? »
 
Et puis, ragaillardie, le dos bien droit, les jambes souples, elle prit le chemin de sa maison tandis que la lumière bleue disparaissait pour faire place à la nuit…
 
©Michèle Freud
 
 


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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 07:43
Le rendez-vous – Denise Bernhardt
 
 
 
 
 
Depuis toujours tu m’attends
Investi de patience
Tout au bout de ce quai
Où va se réfugier mon désir.
Parmi les gens indifférents,
Tu es là sans inquiétude
Car tu sais que mon corps
Se souvient
Et te reconnaît entre mille.
Alors doucement tu devines
Dans le bruissement de la foule
Mon cœur comme un grain de mil
Suspendu
Aux battements de ton cœur.
 
© Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.




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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 07:35
Partout à la fois – Luce Péclard
 
 
 
 
Ce fil qui nous relie
Toi et moi, vous et nous,
Aussi loin soyons-nous
Dans l’espace et le temps,
L’un par rapport à l’autre.
 
Mais le « loin » souvent devient proche,
Et le « près » gît à mille lieues…
 
Quel est ce fil que rien ne casse,
Indéfiniment étirable,
Qui résume et englobe tout ?
 
La base et le sommet,
Le nadir, le zénith,
Point zéro, infini,
Centre et circonférence,
Passé, présent, futur ?
 
Ce lien d’ordre exceptionnel,
C’est l’Amour inconditionnel.

© Luce Péclard
 
Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier
 
 
 
 
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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 07:27
AVATAR – Nancy Turnier-Férère
 
 
 
 
Je commande une journée bourrée
De souhaits de joie et enveloppée
D’une pluie métamorphosée en rêverie
Sans fin, d’un paysage assombri à l’infini.
Le destin m’offre une journée pluvieuse
Qui se déborde à verse et s’avoue chanceuse,
Pour moi seule.
 
Journée palpitante changeant la nature,
Les êtres, les allées, les sentiers et les murs.
Pluie et arc-en-ciel, zéphyr somptueux,
Buées de la terre au bouquet vaporeux,
Étrenne folle et bizarre aux confins du cœur
Se délocalisent et s’ornent d’une écluse d’heur,
Pour moi seule.
 
Je déballe mon présent à la hâte afin de jouir
De cette résonance qui bruisse sans finir
Sur les tôles ondulées de ma case. Le sol assoiffé
Et les arbres dénudés de fleurs au ton vif, coiffés
De cette eau bénie du ciel qui chasse la chaleur,
Change le papillon et la libellule d’une autre couleur,
Pour moi seule.
 
Cette métamorphose aux trésors prodigieux,
De ce jour non étoilé et fastueux,
Qui charme et fascine une pluie tiède d’été,
Invite la tristesse et le désespoir à s’égarer.
Ces brindilles de gouttelettes ensorcelées
Me grisent et se noient sur ma face émerveillée,
Tout, pour moi seule.
 
Une aire bohémienne sans effroi
Sans soucis ni décrets ni lois
Me déguise en gitane d’un air érotique.
Avant que la dernière goutte ne me quitte,
La nature me choie me dédie sans limite
Une nova aveuglante aux rayons radieux
Me lance en flèche vers la cour des dieux
Sans angoisse, pour des lendemains heureux,
Pour moi. Pour moi toute seule.
Ce que j’aime mon cadeau !
 
©Nancy Turnier-Férère



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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 07:45
Scellée avant le premier pas – Victor Varjac
Les Misérables / Victor Hugo.- Paris : J. Hetzel et A. Lacroix (Gallica bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
 
 
 
 
Scellée avant le premier pas
l'existence véritable
n’appartient qu’à ceux
qui nous exploitent
mais peut-on feindre l’absence
quand pour le monde
où grandissent les hommes
nous n’existons pas ?...
 
Alors… vite… vite… vite…
jetons un peu de couleurs
sur le grain de béton
pour marquer notre passage
d’une anonyme signature
ou d’une lettre admirable
de l’alphabet du cœur !...
 
Vite un mot
un cri de couleur
une forme rebelle
sur la pierre grise
pour qu’après notre mort
on puisse toujours entendre
le hurlement du silence
révolter les vieux murs !...

© Victor Varjac
Antibes, le 10 juillet 2000

Extrait du recueil « l’Homme Imaginaire » aux éditions MELIS



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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 07:45
Terril – Béatrice Pailler
 
 
 
 
 
Un appel tremble, un cri, faible et, dans le soir, sous la platitude des cieux, ce puits de chagrin, l’horizon, navré, s’éteint.
Devant la lune plénière, dans le vallonnement adouci des wagons dispersés, l’ancienne plaine de triage moutonne mollement. Aux flancs des ferrailles fossiles, croissent des lumières folles. Dans le désordre des mâchefers et des terres corrompues, une végétation brouillonne cherche sa voie. Au sol durci, des feux éphémères, mouillés de cendre, fouillent une terre de roche où naviguent serpentelets de goudrons et cordons de brumes lourds de scories. Une odeur de minerais flotte, le souvenir des houilles-mortes.
Dans la presque pénombre, le fraîchissement des pluies peuple la solitude où, inlassablement, conversent vent et feuillage où, parmi les herbes, dans l’étalage des verdures, niche l’averse. De loin en loin, troublant l’errance, un tertre grandissant marque la nuit. Montagne ? Volcan ? Le cône minier soulève son corps.
Montagne-terril, au pays minier se lève l’appel, mémoire des hommes.
 
©Béatrice Pailler
Revue Traversées
N°79 Mars 2016




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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 07:47
Fini de rire – Michel Duprez
 
 
 
 
 
Je ricane. D’accord, je n’ai pas souvent rigolé dans la vie. La vie elle-même, d’ailleurs, n’est pas toujours drôle. Pourtant, ne me croyez pas si vous voulez, mais rire, dans certains cas, peut s’avérer extrêmement dangereux…
 
Ce que je vous dis est très sérieux, même si j’ai la réputation d’être l’abracadabra du bric-à-brac poétique, le coup de matraque à la métrique, le roi du troc trop à l’étroit dans son costume étriqué, bref le trouveur qui se souvient encore avec fierté d’avoir fait ses premiers pas comme plongeur dans l’Eurêka et qui, aujourd’hui pétrifié face à vous, est mort de trac.
 
Voyons, voyons, un peu de bon sens, je vous prie, et réfléchissez : il faut être tordu pour se plier en quatre, trouver normal d’avoir la rate dilatée, de se fendre la pipe ou d’en arriver à devoir se tenir les côtes juste pour ne pas étouffer de rire ! Et même si quelques-uns, au bout du compte, ont fini par se dérider, vous pensez qu’ils ont rajeuni pour autant ? Nenni !
 
Tiens, c’est marrant, tout d’un coup on n’entend plus rien ! Forcément : ils sont tous morts de rire.
Après ça, on dira encore que le ridicule ne tue pas !
 
©Michel Duprez




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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 07:43
Un poème pour ma grand-mère – Djida Cherfi
 
 
 
 
Toi qui étais orpheline,
Qui a grandi sans parents,
Toi qui étais orpheline,
Tu as vu mourir tes enfants.
Tu as laissé en ce monde un vide immense.
Toi qui as toujours porté sur ton dos,
Des soucis, des malheurs et des fardeaux.
Toi qui as toujours obéi,
Tu n’as jamais eu d’ennemis.
Tu as laissé dans mon cœur un vide immense.
Toi qui as toujours offert
Les bras et le cœur ouverts.
Toi qui n’as jamais cessé de rire,
Tes histoires et tes blagues sont nos meilleurs souvenirs.
Tu as laissé un monde froid et vide de sens.
Toi qui as vécu sans parents,
Tu avais la bravoure d’un roi.
Tu nous as quittés si brusquement,
Nous sommes orphelins de toi !
 
©Djida Cherfi



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