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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 06:50
A la vue de tous – Michel Duprez
 
 
 
 
 
Plume ou pinceau,
crayon, ciseau, brosse ou maillet,
couleurs à l'huile, à l'eau,
carnet, socle ou chevalet,
pierre, argile ou feuille
ainsi que les dizaines d'autres accessoires
indispensables aux esprits créateurs,
en principe il ne manque rien, tout est là,
quelques œuvres ont déjà même allongé leurs racines
et commencé à bourgeonner, bourgeonner,
jusqu'à porter fruits.
 
Toutefois, si je comprends bien,
vous leur trouvez à chacune un défaut ?
 
Encore heureux ! Sans ce petit détail,
justement,
tout cela serait complètement dénué d'intérêt.
Ce que vous qualifiez ici d'anomalie,
d'erreur grossière ou de faute de frappe,
c'est notre accent à nous,
la porte qui s'ouvre sur un autre univers,
au-delà de toute expression artistique,
où chaque auteur se sent chez lui.
 
Vu sous cette optique, on pouvait s'attendre à tout,
sauf que nous étions à cent lieues d'imaginer
qu'un jour quelqu'un qui ferait partie de nos semblables
tout en ne partageant pas nos points de vue
oserait nous comparer à des myopes.
Et il aurait en effet quelque part bien raison.
Mais, par bonheur, il se trouve,
à notre plus grande satisfaction
et parce que la nature est bien faite,
que nous ne possédons pas tous
la même dioptrie
 
©Michel Duprez
 



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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 06:33
Mes rêves – Djida Cherfi
 
 
 
 
 
Dans mes rêves, il y a des maisons
Aussi secrètes qu’un vieux château.
Il y a la mer,
qui berce de magnifiques bateaux,
Sur le sable,
Des poussières d’or
Des saphirs et des émeraudes
Sur l’eau.
Moi au-dessus de tout cela,
Je m'éloigne et vole très haut
J’ouvre mon cœur aux ailes d’oiseau
Puis je contemple le plus merveilleux des cadeaux
Notre si beau monde !
 
©Djida Cherfi

 

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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 06:40
Dans l’intime silence du ciel – Michel Bénard
©Franco Cossutta
 
 
 
 
Dans l’intime silence du ciel
Se forme une calligraphie
Au linéaire informel, sensuel,
S’exprimant en fulgurances pigmentées,
Où même les mots se sentent perdus.
Et pour ce poème de l’inconnu
Gravé de matière irisée,
Dans l’embrasement du couchant
L’oiseau un instant aveuglé
Se fît voleur de feu.
 
©Michel Bénard.
 
 
 
 
 
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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 06:42
Muse et Poète : De la guerre - Ode
Oeuvre en titre de Ode©
 
 
 
{ Muse }
 
Poète, prends ton calame; quitte ta thébaïde
Va et regarde au loin, baigne ton âme à ton encre
Hurle devant le fait, ce que voient tes yeux humides
Trempe ton cœur lourd, libère-toi du chancre
 
{ Poète }

Je suis fille de la Terre Ô ma Muse
Et j'ai peur pour Elle, tout est si sombre
J'ai peur pour mes sœurs, mes frères, Ô Muse
Je vois des voiles noirs, des brumes épaisses, des ombres
Ce que mes yeux voient m'effraie, ne me plaît guère
Je ne vois plus la Planète Bleue mais seule la guerre
 
{ Muse }

Poète, prends ton calame; arme-le de courage
Regarde la jonquille en ton jardin, elle te parle
Te raconte la vie qui renaît. Laisse monter en toi la rage
Te rends de par les Terres, du bout du monde jusqu'à Arles
 
{ Poète }

Mon âme voyage de par le monde Ô ma Muse
Je n'y vois que désolation, peurs, pleurs et sang
Mon calame tremble sous ma main inquiète, diffuse
Le mal est partout, pluriel, les barbares sont en rangs
Leur bras est armé pour la pire des forfaitures
Je rage devant ces incultes illuminés ainsi les sépultures
 
{ Muse }

Poète, prends ton calame; dénonce, crie ce que tu vois
Que les dieux t'entendent ! Que par le monde on entende ta voix
Que le vent glacial porte ton message et crie ton désespoir
Que tes mots fassent taire enfin, des barbares, la rumeur
 
{ Poète }

J'irai Ô ma Muse, j'irai là où de moi on a besoin
Mes mots d'abomination partiront de par le monde
Fasse que les dieux m'entendent et partout au loin
Qu'ils tonnent plus forts que leurs canons immondes
Qu'ils fassent enfin cesser de la guerre la clameur
Que de l'Amour et la Paix reviennent à jamais les odeurs.
 
Ode©
14 mars 2003
 
 
 
 
 
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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 06:33
Tel un ouragan – Jean Dornac
 
 
 
 
 
La vie, au fil du temps
Prend l’image d’un ouragan
Sa vitesse s’emballe
Comme un cheval fougueux
Qui vient d’être piqué
Par une guêpe ou un bourdon…
 
Impossible d’arrêter la course du temps
Pas plus que celle du cheval affolé
On a beau tirer sur les harnais
Rien n’y fait ni les pas de la bête
Ni la ronde des jours
Ne connaissent un sain repos…
 
Au contraire, plus la bête s’affole
Plus les jours passent
Plus la vitesse nous entraîne
Vers la chute que l’on sait fatale
Où cette fois, tout s’arrêtera
Alors qu’on ne le veut pas…
 
Les jours s’enroulent autour de la vie
Qui ne ressemble plus qu’à l’œil de l’ouragan
Tout le reste devient confus
Les expériences comme les souvenirs
Il n’est plus que le point central
Le mot « fin » qui perdure clairement…
 
Les souvenirs, bons comme mauvais
Ne sont plus qu’ombres de fantôme
Comme les spectres, ils glacent mon sang
Ils hantent mon esprit qui s’engourdit
Souvenirs d’échecs répétés
Et de bonheurs qui ne reviendront plus
 
Heures mortes et desséchées
Diluées dans l’éther du temps
Qui n’oublie jamais rien
Qui ne pardonne aucun faux pas
Passé dressé devant moi
Comme un défi permanent !
 
Passé ricanant et moqueur
Passé mort depuis longtemps
Mais passé persifleur face à la vie
Pour mieux me rappeler
Que, bientôt, demain ne sera plus…
…Plus qu’un passé décomposé…
 
©Jean Dornac
Lyon, le 22 avril 2017

 



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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 05:46
Laisse-moi respirer – Robert Bonnefoy
http://chariteromaine.blogspot.fr - Dessin de Jean Dominique Ingres
 
 
 
 
« Laisse-moi respirer longtemps, longtemps, l’odeur de tes cheveux, y plonger tout mon visage » . Ch. Baudelaire (Un hémisphère dans une chevelure)
 
 
 
LAISSE – moi t’approcher, te regarder encor,
MOI qui ai toujours su rester beaucoup trop sage,
RESPIRER dans ton cou les bouts de ton corsage…
LONGTEMPS j’ai désiré caresser ton beau corps,
 
LONGTEMPS j’ai caressé le désir d’un record !
L’ODEUR de la vanille et celle du brassage
DE parfums enivrants me lancent un message :
TES hanches et ton dos me veulent pour décor…
 
CHEVEUX fous, les seins nus, tu épices ma vie ;
Y songer et te voir, me forcent à vouloir
PLONGER mes mains sur toi jusqu’au bout de l’envie…
 
TOUT ton être n’est plus qu’un charnel avaloir,
MON cœur s’y brûle en vain, seul dans son isoloir :
VISAGE défendu aux vapeurs d’eau-de-vie…
 
©Robert Bonnefoy
Sonnet en acrostiche




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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 06:48
Capture – Yves Romel Toussaint
 
 
 
 
Je suis poète
C’est mon nom de rage
Sur cette île suicidaire
Où il pleut du sang
Sur des vents contraires en furie
Dans l’engourdissement des néants
Et les dires muets de ma terre natale.
 
La nuit mes fenêtres gémissent encore
Derrière le vent
Entaché du sang de l’autre
Dans le ventre de ma terre
Couveuse des mes éboulements nocturnes.
 
Avec ma voix mi-crevée dans le cœur
Mi-crevé à l’aube
Avec mes palpitations sans lendemains
Dans le vertige de mes poèmes.
 
© Yves Romel Toussaint
Poète - Hinche HaitiPoème

Poème extrait du recueil « Tremblements de cœur » écrit à deux plumes par Denise Bernhardt et Yves Romel Toussaint. Éditeur : Le Vert-Galant. Ce recueil est né à la suite du tremblement de terre du 12 janvier 2010.




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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 06:30
Veux-tu que… - Kacem Issad
 
 
 
Veux-tu que je te raconte l’histoire de cette porte ?
De cette porte qui ne s’ouvrira jamais
Veux-tu que je te peigne ce ciel d’un bleu ?
D’un bleu que tu ne verras jamais
Veux-tu que je te dise des choses belles ?
D’une beauté que tu ne humeras jamais
Veux-tu que je te tende une main tendre ?
D’une tendresse que tu ne sentiras jamais
L’herbe est-elle verte ?
Le soleil est-il étincelant ?
La lune est-elle gracieuse ?
La nuit est-elle obscure ?
La vie mérite-t-elle d’être vécue ?
Les vivants avancent mais sans vie
Les morts sont là dans nos vies
À quoi bon de parler, de rire, de rêver
Si la couleur du sang est devenue aussi claire que celle de l’eau !
 
©Kacem Issad




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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 06:49
Prise de bec – Michèle Freud
 
 
 
 
 
« Dites donc les mecs, lance le chef de bande, vous êtes timbrés ou quoi ? Arrêtez votre tohu-bohu, on ne nous a pas demandé d’ambiancer la rue. Reluquez plutôt la gueuse ! Oh c’te touche ! Un vrai bâton de chaise ! Et sa bouille ? On dirait une pomme blette. Même si j’avais faim, j’en ferais pas mon repas. Et avec ça, fichue comme l’as de pic. Elle a l’air aussi à l’aise dans sa robe informe qu’un poisson dans un litre de porto ! Mais pour l’instant, je suis en train de me cailler le mou pour savoir si elle est vivante : elle est plantée là comme un piquet, toute raide. Mais v ‘là qu’elle ouvre sa gobeuse ».
 
« Vous les p’tits rigolos, les hurluberlus, vous vous croyez fortiches à dégoiser ainsi sur mon compte. Vous débloquez le gars, vous dévissez du cabochon. Mais toutes vos fariboles, vos boniments à la graisse d’oie, vos dingueries et vos guignolades, je me les balance par dessus l’épaule et je m’en bats la paupière. Vous vous prenez pour des durs, pour les balèzes du quartier, mais vous manquez de moelle, de jus. Par contre, des hannetons dans votre soupente, vous en avez à tire-larigot. Et puis, vous vous êtes déjà regardés ? Faites-donc fonctionner vos mirettes. Vous vous imaginez élancés comme un cyprès alors que vous avez le pétrousquin tout près du gazon, autrement dit, vous êtes bas du pont arrière. Je vous vois mal danser la girandole. Cela vous épate, ça vous en fiche plein les lanternes que ce mot là sorte de ma goule. Forcément, votre niveau intellectuel est nettement inférieur à celui de la mer. Vous ne pensez qu’à la gonflette de vos bras, tans que vos neurones se la coulent douce. Vous savez quoi ? Vous allez devenir des ramollis de la rotonde. Mais un cerveau, ça se muscle, bande de crétins indécrottables ! Moi, j’ai mon Petit Robert que j’aime à la folie. Avec lui, chaque soir, je m’enivre, je m’enlumine, je m’empolissonne, je m’ensniffe, je m’engouffre dans les mots, histoire de m’allumer les méninges. Un coup de lumière, t’y vois plus clair et ça change tout. Ah les mots ! Les mots crémeux, beurrés, fondants ou craquants sous la dent, les mots précieux et rares, tarabiscotés et tortueux, pittoresques et loufoques. Et que dire des mots endimanchés dans leur robe de bal, des mots si doux et si beaux qu’on leur voudrait des joues pour les embrasser ? Et puis, avez-vous déjà écouté la petite musique des mots ? Mais elle vous chavire, vous met sens dessus-dessous, vous donne la chair de poule, elle peut même vous faire gicler dans les étoiles, elle pourrait, j’en suis sûre, réenchanter le monde ! Tiens, tiens, c’est une petite lueur que j’aperçois dans vos yeux de merlans frits. Par hasard, commencerais-je à vous chambouler le palpitant ? Mais enfoncez-vous ça dans votre calebasse : pas question de vous fréquenter, les gars. J’aurais trop peur que vous effarouchiez mon pote-en-ciel. Et maintenant, tirez-vous de là, allez traîner vos grolles ailleurs, sinon ça va bouillir. J’ai en réserve un ouf énorme qui ne demande qu’à sortir de ma goule. Et quand ça va se produire, il va jaillir comme un boulet. Faites gaffe à votre théière, les mectons, une théière, c’est si délicat…
 
©Michèle Freud



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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 06:42
J’ai lancé cet amour – Denise Bernhardt
 
 
 
 
J’ai lancé cet amour
En épervier de lumière
Retombant en corolles
Sur la mer.
J’ai jeté un pont
Au-delà des poèmes,
Nous gardant enlacés
Dans la spirale du temps
Pour que vienne l’instant
Où nous broderons la vie
Dans chaque pli du jour,
Pareil aux reflets diaprés
Des voiles de mariées.
 
© Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « Le chant des Nébuleuses », aux éditions JEBCA, collection l’Immortel.




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