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17 janvier 2023 2 17 /01 /janvier /2023 07:41

Tableau « Passage du temps » d’Eliane Hurtado

 

Dans ce parc, un arbre en gloire
Pacifie l’atmosphère sereinement.
Ce n’est pas un rêve éphémère
qui le drape d’une musique
devenue nôtre dans le privilège de l’instant
indescriptible et intemporel.
Cette mélopée légère ne serait-elle
Qu’une goutte de mélancolie ?

Assis seul sur un banc
Un homme contemple l’infini,
Bilan de vie ou méditation ?
Le mystère restera en suspens.


©Eliane Hurtado        
   

 

 

 

 

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16 janvier 2023 1 16 /01 /janvier /2023 08:00
   
                               "Feu"
     
                     Pépère flammèche
                     Patibulaire brasier
                   Des cendres vétustes .

 
"Eau"
Singulière goutte
Indolent ruban marin
Audacieux flot .

 

"Air"
Un souffle discret
Une fumée hésitante
Brouillard étouffant.

 

"Terre"
Grains par myriades
Petit palais de ramures
Champ engloutissant.

 

© Mounia CHELOUAH                        
 

 
 

 

 

 

 

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15 janvier 2023 7 15 /01 /janvier /2023 07:48


Prix Louis Guillaume 2023, éditions Le Silence qui roule

Excellente nouvelle pour Béatrice Pailler lauréate du Prix Louis Guillaume 2023 ! Formidable début d’année pour elle !

Ci-dessous un note du poète Michel Lamart

 


    Herbes folles confrontées au jardin, sa rigueur, son soin, et, entre les deux, le chemin où il est doux de se perdre car « aujourd'hui est ailleurs où hier conduit à demain. » Toute la subtilité du propos réside dans ce va-et-vient permanent. Et Béatrice Pailler en file brillamment la métaphore. Le projet – pacte de lecture – s'affiche au seuil du recueil (du jardin) dans un verset qui précise clairement la démarche de la poète :
    « Le vent sème et l'herbe et l'homme, enracine l'un, déracine l'autre. L'herbe est de poussière et d'eau. L'homme est de terre et de larmes. Histoire commune, voyage commun. Le vent sème. Un brin d'espoir pousse au chemin. »

    C'est à ce voyage que nous sommes conviés dès la première (« Corps sauvageon ») des trois parties subdivisées en deux sous-parties qui constituent le corps de ce recueil de proses poétiques. C'est ce corps où circule la sève qu'il nous est donné de parcourir par la magie incandescente de la langue d'une richesse exubérante – quasi végétale – de Béatrice Pailler.

    « Corps sauvageon ». Ce qui compte, ici, c'est l'adjectif. « Sauvageon » désigne à la fois l'arbre non greffé et sujet à greffer et l'enfant qui pousse, tel un petit sauvage. « L'oubliée » s'anime, danse, rêve : « En chasuble de nuit, avec la lune pour compagne, l'herbe vit son plus beau rêve. Un rêve d'infini. » Cette danse « qui du vivre au mourir régit l'homme. » « D'Autan et d'Ancolie » : c'est l'incursion dans un fantastique orchestré par le diable : « Le diable à voix de cor lève le camp, battant campagne en appel à ses fous. » Vent orageux et agrément des jardins : « sur la toile de mai l'ombre en bouquet épouse ta main. » Insaisissable ancolie : « Nul ne peut l'atteindre, nul ne peut l'étreindre ». Le vent, le traître, « découd nos pensées » mais « l'Ancolie veille, portant l'aube dans ses poings. » Triomphe de la lumière sur le diable et la mort.

     « Sève et sang ». « Grand » devient l'étalon, la mesure d'une vie menacée par le chaos, le mystère, la mort « Seuls au grand Rien, Grand Néant. » Nouvelle confrontation. Cette fois du dehors et du dedans. Avec la fenêtre en miroir qui « naufrage l'instant. » La nuit « cogne à la fenêtre », efface le dehors et avive le dedans. Révèle la fable mythologique où triomphe, à la croisée des chemins, la maléfique Hécate. Vieille histoire sur laquelle toujours veille l’œil à travers une fenêtre où « s'absente le vivre, s'invite la vie ». « Dis-moi » opère, par les mots (« respiration de nos corps », « sève et sang de nous-mêmes »), une approche du jour et de la nuit. Clair-obscur qui mime la frontière ténue entre sommeil et insomnie : « L'insomnie veille, mangeuse de rêve ; sommeil à tire-d'aile que la chouette salue d'un cri de lune. » On y retrouve la fable qui est le récit de l'enfance autour duquel tout s'organise mais dont il faudra bien s'échapper... pour devenir « Grand » : « L'oiseau, le cerf et le loup sont en mémoire comme en cage. Artisans de la nuit, ils usent la faim, façonnent de nouveaux mots, de nouveaux rêves pour que, paupières closes, le hanneton n'écoute plus sa peur. » Le monde devient lui-même récit : « la fenêtre ouvre le livre. » Acquiert, avec son unité, son sens : « un seul monde, trois visages : l'arbre, le loup et le poème. » La louve (« Au jardin : l'enfance de la Bête. » qui rôdait déjà dans « Sève et sang ») enfante le futur dans ses jappements : « De cris en appels, de souffles en mots, par la voix naître au monde. »

    « Fenêtres » Au clair de l'hiver : février. C'est la transparence du poème réinventée : « La fenêtre à verse et de verre et de temps. » Alors, « L’œil éclaire le monde, donne un nom à toutes choses ». Pour cela, il a fallu traverser le sommeil, cueillir le fruit à naître du poème. Lequel invite au voyage dans son éclosion : « Ainsi vient le poème. Ainsi voyage le poème : joie posée sur l'indicible du jour, l'inarticulé de nos vies. » « L 'herbier du poète » retour à l'indécision du clair-obscur : « Entre le sombre et le clair, les fougères penchent incertaines du choix. » Condition essentielle de l'écriture : « Aux branches de l'ombre mûrit le poème. » L'herbier du poète présente la richesse d'un inventaire que l'on feuillette de saison en saison : sous-bois de mars, renoncules rapportées des croisades, graminées couleur de plumes, pissenlit dont le « feuilles font jardin », chardon, l'ivraie « sang de nature » qui vêt le chemin - « sans elle, la parole s'éteint », le lilas et son secret, l'hortensia cuvant ses liqueurs, chant de l'oiseau « fruit de l'aubépine », néflier « chargé d'automne ». Tel est cet « Herbier de silence où s'inscrit le temps. »

    On sort de cette lecture ébloui par la richesse inventive de la forme, le renouvellement des images, le travail de la syntaxe. L'écriture. Le style n'est plus « de l 'homme même », comme l'écrivait Buffon. Il est aussi de la femme. Totalement. De manière parfaitement assumée. Il est travail. Il ne traduit pas ce « ressenti » dont nous accablent trop de poètes d'aujourd'hui.  Béatrice Pailler nous rappelle ici quelque chose d'essentiel :
    « Se dépendre du réel, telle l'eau : eau des fontaines muettes, eau du chemin trop dur, eau des paupières ; simplement se dépendre.

    Revêtir le temps pour écouter l'instant, l'inscrire en nous. Cueillir aux lavis des fenêtres le silence, sa force. Ainsi viendra le poème. »

    N'en déplaise à Rimbaud : on ne naît pas poète (« Lettre du voyant »), on le devient !

    Évelyne Voldeng – à qui fait penser le travail de Béatrice Pailler (thèmes de prédilection identiques : nature et flore –, au début des années quatre-vingt-dix, avait distingué quatre modèles distincts d'écriture féminine/féministe : biologique, psychanalytique, linguistique, culturelle. Le biologique fait ressortir qu'un texte est marqué par le corps (anatomie et textualité). Le psychanalytique situe la différence dans le psychisme de l'auteure et dans le rapport qui s'établit entre le genre et le processus créateur. Le linguistique cherche à confirmer l'hypothèse que la différence sexuelle est l'axe des variations du langage. Le culturel s'approprie les modèles précédents mais les interprète en fonction du contexte social dans lequel ils se produisent.  C'est le cas de Béatrice Pailler chez qui le glissement du corps vers la langue s'illustre dans la métaphore du jardin.  

    michel lamart  

 

 

 


 L'Autre Versant,
 Le Silence qui roule

 9782492888021 / 15€
https://www.lesilencequiroule.com/

 

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14 janvier 2023 6 14 /01 /janvier /2023 07:34

Tableau de Nicolas Poussin
 
 


 
Ce matin, éclairée par une lumière d’hiver, ma plume glisse vers vous
 
Que devenez vous ?
 
Un peu essoufflés, le cœur en coulisse, l’âme tourmentée par notre monde en folie …
 
N’y a-t-il pas un chemin vers l’émerveillement, cette couleur qui permet d’ébranler nos certitudes ?
 
Rappelons nous l’aubépine odorante, blanc bouquet sur un chemin oublié
                             le premier vol des hirondelles sous le toit aux tuiles rouges
                             ce mois de mai, enlacés avec notre brin de muguet
                             cette valse musette un soir de fête des vendanges
 
Aujourd’hui,  je croise votre regard, les yeux mouillés de souvenirs
 
Si proche de l’an neuf, voici un vœu :
 
     N’oublions jamais les nymphes au bord de la rivière transparente de l’aube
 
                      Elles sont les sources vives qui enchantent nos cœurs.
 


©Roland Souchon

www.rolandsouchon.com            
 
 

 

 

 

 

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13 janvier 2023 5 13 /01 /janvier /2023 07:29


 

Sortir de la nuit
Au long des chemins d’incertitude,
Baigner ses pensées
Dans la rivière de la lucidité
Et voir glisser sur l’écume
Un filet de brume
Déchirant la voilette
De secrètes pensées.
Entraîné par un vent nouveau
Vers des sommets purifiés,
Libérer un souffle satiné
Sur les racines en dérive
Des fleurs humaines assoupies.
D’une plume au bleu d’acier,
Esquisser les signes indélébiles
De la beauté brute et primitive,
Vision d’une paix révélée
A l’émerveillement des abeilles à miel.
Au long des chemins de solitude,
S’enchanter enfin
De la lumière du matin.

 

©Nicole Portay
 
Extrait du recueil : Les racines du miel - Editions les Poètes français              
 
 

 

 

 

 

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12 janvier 2023 4 12 /01 /janvier /2023 07:17

Dessin : www.francetvinfo.fr/culture

Texte magnifique de révolte, juste et nécessaire offert par Jeanne Champel Grenier ( J. Dornac)


Des femmes qu'on tue parce qu'elles montrent leurs cheveux, des hommes qu'on torture et qu'on pend parce qu'ils défendent la liberté, des mères et des pères qui hurlent de douleur au pied des gibets...et partout des enfants qui crèvent de faim !
Un million de croix sur la Méditerranée !

 

À quel âge, la retraite pour eux ?

 

Poètes, je veux bien qu'on dise la force
des mots d'amour qui réconfortent
mais il faut se garder de croire
que nos paroles vont guérir
les suppliciés, c'est illusoire
Quelques miettes de bonté
ne vont guère multiplier
ni ranimer la raison morte

 

Un pain rassis et deux poissons
voilà bien ce que je leur offre
en quelques mots avec ma peine
car rien ne va ressusciter
l'amour, la joie et le respect
qui tissent des journées de paix
et d'humanité pérenne

 

Vont-ils accoster notre vie
nos frères et sœurs d'Outremonde
eux que nous avons démunis
à force de piller la terre
qui meurt de peur et de douleur ?
Mais quel silence la misère !
Rien qui n'empêche de dormir ?

 

Je veux bien qu'on dise la force
des sentiments qui réconfortent
la tendresse, la poésie
sur une musique sereine
mais RIEN ne vaudra la révolte
contre l'hérésie et la haine
rimant avec cent mille volts !

 

© Jeanne CHAMPEL GRENIER                                          
 

 
 

 

 

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11 janvier 2023 3 11 /01 /janvier /2023 08:50



de Sonia ELVIREANU. traduction de Giuliano LADOLFI
Éd. Ladolfi, 264 pages, couverture d'Irina Petraş, 2022, Italie, ISBN: 9788866446217

 

Peindre les mots : l'expression est connue et a été employée en particulier par l'écrivain suisse Jacques Chessex. De plus, celui qui sait exactement d'avance ce qu'il va peindre est-il vraiment un artiste ? Celui qui connaît précisément ce qu'il va écrire en renvoyant les muses accrochées à ses lignes est-il poète ?

 

Lire Elvireanu, c'est s'immerger dans un monde onirique qui nous fait penser à celui de Claude Monet, comme nous l'avons déjà noté dans notre recension de son recueil, Le souffle du ciel. Monde enchanté où l'on picore les miettes de la couleur, des ensoleillements où chantent espaces et quiétudes...

 

Ne t'en vas pas, Lecteur : prends la pause sur le pont japonais du génial impressionniste : écoute la poétesse, susurre, psalmodie ses lignes au goût de miel. En français qu'Elvireanu maîtrise avec une aisance déconcertante, mais ici également en italien, la langue des anges que nous propose avec élégance son traducteur, préfacier et éditeur Giuliano Ladolfi.

 

Idiomes peints par des créateurs, au-delà du descriptif, propres au rêve, tout à la fois profanes et sacrés, intimistes et fantastiques, dans un au-delà de la texture grammaticale, dans un dépassement de soi.

 

Dans le brouillard (p.56)

 

Une brume bleuâtre
enveloppe l'argile au crépuscule,


le murmure d'un bourgeon
meurtri,

 

sous l'écorce,
le frémissement du silence,


l'iris de l'épanouissement
esseulé.

 

 

Nella nebbia (p.57)

 

Una nebbia azzurrina
al crepuscolo avvolge l'argilla,


il mormorio di una gemma
straziata


sotto la corteccia,
il sussulto del silenzio,


l'iris della fioritura
solitaria.

 

Brouillard, teintes bleuâtres, murmures, sous l'écorce, touches verbales mais aussi fascination transculturelle d'une écrivaine roumaine nous prenant par la rétine, avec, en miroir, les sonorités transalpines si riches de leurs voyelles! Les nymphéas de Monet en frémissent d'aise... Déambulation délicate, sécrétions de pétales et de mots en un silence feutré...

 

La poésie, telle la peinture, est souvent faite de surprises, d'émotions, d'inconscient à la marge du narratif : j'ai l'impression d'être dans l'attente du mystère / avec son pouvoir de te prendre aux tréfonds / pour te faire sentir la vie, aux mille visages / s'émerveillant de ses mots, de ton image (p. 106).

 

On  se rapproche du passage entre le formel et le non-figuratif. L'académicien Henri Troyat ne disait-il que, même dans un roman, les personnages prennent le pouvoir ? Ici, c'est l'âme qui, dans l'éclat / de l'argile / céleste (p. 210), occupe toute la scène.

Peintre des mots : Sonia Elvireanu serait-elle un auteur impressionniste ?

                                
                            
Claude LUEZIOR

         
 
 
 
 

 

 

 

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10 janvier 2023 2 10 /01 /janvier /2023 07:51

                  Photo Ellen Renneboog

 

 

©Ellen Renneboog
Extrait du recueil « Poèmes pour P. » disponible chez Amazon.           
 
 
 

 

 

 

 

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9 janvier 2023 1 09 /01 /janvier /2023 07:44


 


 
Il est des renaissances étoilées
plus timides que semis étranglé
sous le tapis des mousses
 
Appelées à des danses nouvelles
craindraient-elles d’y mêler leur flux ?
 
Une source bien disposée  
épouse de ses clapotis
 
la promesse d’une croissance
étouffée peut-être mais entêtée
     à atteindre son but


  ©Jeannine DION-GUERIN          
 
 
 
 

 

 

 

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8 janvier 2023 7 08 /01 /janvier /2023 07:58


 

Deuxième partie, traductions par Béatrice Gaudy


Excellent conte-poème de science fiction tragique mais possible… JD

 

« La vie de la Terre
est aussi fragile
que celle d’une personne »
arguèrent les terroristes
qui las de vandaliser
les chefs-d’oeuvre d’art des musées
sans susciter instantanément
les décisions politiques fortes pour le climat
qu’ils affirmaient appeler de leurs voeux
avaient décidé de s’exprimer encore plus clairement
en faisant exploser dans la foule une bombe
qui avait tué 8 personnes
dont 3 enfants


Et l’écologie ainsi associée à la barbarie
fut désormais honnie


        * * * * * * * *


« Lo vido de lo Terro
ei aussi fragile
que lo de uno persouno »
argueren lou terrourista
que las de vandalisa
lou chap - d’orbe dau museon
sen suscita istantanamen
la decisi poulitica forte par lou climat
que afiermavan pela de lour vot
avian decida de s’espremi denguèro plus claramen
en fasent esplousa din lo foulo uno boumbo
que avis tua 8 persona
dount 3 efant


E l’ecoulougio entau assouciado à lo barbarié
fugue deseinant agounido

©Béatrice GAUDY                                          
 
 
 
 

 

 

 

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