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31 août 2017 4 31 /08 /août /2017 06:42
Renée Vivien (1877-1909)
 

 

                       INCIPIT LIBER VENERIS CÆCORUM
 
 
Le feuillage s’écarte en des plis de rideaux
Devant la Vénus des Aveugles, noire
Sous la royauté de ses lourds bandeaux.
Son temple a des murs d’ébène et d’ivoire
D’où monte l’odeur charnelle des nuits.
— Le reflet des sons, la couleur des bruits
Forment un arc-en-ciel blanc sur une mer noire.

Le mystère a masqué son visage inconnu.
Les yeux du silence et les yeux du rêve
Ont seuls contemplé son corps sombre et nu,
Tel un ténébreux soleil qui se lève.
Elle a méprisé l’aurore et ses fards
Et le soir couché sur les nénuphars :
Car son orgueil ne veut que la ferveur du rêve.

Les Aveugles se sont traînés à ses genoux,
Et parfois, levant leur paupière rouge,
Semblent adorer un dieu sans courroux…
Et nul ne gémit et nulle ne bouge,
Mais, dans une extase où meurt le désir,
Où la main se tend et n’ose saisir,
Une larme a coulé de leur paupière rouge.
 
Renée Vivien
 
 
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30 août 2017 3 30 /08 /août /2017 06:24
George Frederic Watts, Le semeur d’univers, 1902, huile sur toile, 66 x 53 cm

                                                                                  

 

 

 

 

Comme un semeur
Offre à la terre
Ses meilleures  graines
Gorgées de rêves et d’espérance,
Je t’offre le germe de ce poème,
Prends-le aux creux de tes mains,
Insuffle-lui la vie, nourris-le
Des écumantes passions
Qui nous accouplent,
Ose cette folle envolée,
Ose cette destinée inespérée,
Cueille ce que t’offre mon cœur.
Pour toi je sertis entre mes vers
De nobles lettres d’or
Et des signes de lumière,
Qui draperont nos corps et nos vies
De transcendantes promesses d’alliance.
 
©Michel Bénard.




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29 août 2017 2 29 /08 /août /2017 04:10
« La Colombe de la Paix » de Picasso

 

 


Tout est renversement dans les cris de la guerre
Tout est drame dans le silence bleu du feu

Fragments de cendre à rebours d'Orion

 
Où donc est le jour sous la paupière lourde
De la paix abîmée par les hommes

Et l'orage s'allume aux frontières noires
J'entends tes mots impatients du départ
À travers toute déroute des fleuves
Et je revis l'itinéraire de nos amours


Interminable exil de la Colombe

Ô brouillard et chaos de l'Histoire
Vrombissements, échos, murmures, silence
Cri des femmes, des enfants, des hommes
Feu millénaire à l'aube de ce siècle, dérisoire

La terre tremble de tant de champs de batailles

Ô source à la hauteur de la vie, de la mort
Protège en ses lieux mon bien-aimé
Que mes fleurs se rendent à ses rêves
Que ma prière soit entendue, le protège

Dormir tout ce temps pour assoupir l'absence


Ô toi, Colombe ! Vole au-dessus des palmiers
Des sables infinis et rougis par le sang
Que les hommes lèvent enfin les yeux vers toi
Et entendent cette fois ton précieux message

Et j'oserai mériter tes tendres pensées nocturnes
Dans les longues heures de l'attente
Couchée au seuil de la promesse de la naissance
Au seuil de nos tendres amours d'éternité

Et tu verras dans mes yeux au retour
Notre grand fleuve d'amour
Répandre ses larmes
De sel et de joie

Reviens vite !
Reviens-moi sur les ailes de la Colombe !


Ode©
1er avril de l'An Deux
 
 
 

 

 

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28 août 2017 1 28 /08 /août /2017 04:55
Catherine Chauloux : La Dame à l'ombrelle - Huile sur toile - 60 x 60 cm
 
 
 
 
 
Tu es libre comme l’air
Fluide comme l’eau
Brûlante comme le feu
Tu es mon amour !
Tu es celle que mon esprit
Du matin au soir, dessine
Celle que, à chaque instant
Je réinvente toujours plus parfaite !
 
Sous ton ombrelle cachée
Je sens vibrer ton cœur
Lorsque tes yeux
S’accrochent à mon regard !
Tu deviens violette parfumée
Lorsque nos prunelles
Se croisent et se disent
Dans un murmure : Je t’aime !
 
Nos deux corps à l’unisson
Abattent tous les murs
Dressés devant notre amour
Par les cultures, les religions
Les habitudes et les jalousies !
Comme Roméo et Juliette
Nous sommes infiniment libres
Puisque nous serions prêts
A mourir d’amour s’il le fallait
Pour ne jamais être séparés !
 
J’ai lu dans tes yeux
Cette âpre volonté
Et tu as découvert
Dans mon sourire
Qu’autant je suis déterminé !
La mort n’est pas notre choix
C’est la vie que tous deux nous voulons
C’est l’amour fou, l’amour joie
L’amour roi, l’amour virevoltant
Toi et moi, à jamais unis !
 
Nos deux cœurs soudés
Pour ne faire qu’un au firmament
Verront les contours de l’univers !
Par nos deux corps à l’amour donné
Nos deux âmes entrelacées
Sur le dos d’une météore
Nous attraperons la lumière
Pour qu’elle soit notre marchepied
Celui qui, assurément
Nous mènera droit à la félicité !
 
©Jean Dornac
Lyon le 27 août 2017




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27 août 2017 7 27 /08 /août /2017 06:27
L’Everest

 

 

  • La vie est un voyageur qui laisse traîner son manteau derrière lui, pour effacer ses traces. Louis Aragon.
 
LA montagne m’attend toujours mise de blanc,
VIE intense des sens que mon cœur en chancelle…
Est-ce la mariée et son voile galant,
UN bouquet dans sa main sur un pied de dentelle ?
 
VOYAGEUR assoiffé, je suis cet indolent
QUI revoit son destin, car sa pauvre escarcelle,
LAISSE passer les ans, sans avoir vu, trop lent,
TRAINER sa pauvre voie, en suivant cette belle…
 
SON voile et son chapeau, couvrent son bien troublant
MANTEAU de fins cristaux telle une grande ombelle…
DERRIERE ses fleurs, son regard nonchalant,
LUI, m’a conquis un jour, en parfaite Cybèle…
 
POUR caresser son cœur, j’ai dû, dans mon élan,
EFFACER et ternir une femme fidèle.
SES dures volontés, m’ont laissé chancelant :
TRACES d’un homme seul, insatisfait, rebelle…
 
©Robert Bonnefoy




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26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 06:49
Marina Tsvetaeva, photo de Pierre Choumoff

 

 
 
"Comment ça va la vie avec une autre,
Plus simple, n'est-ce pas ? - Rames, claquez ! -
S'est-il vite, le profil de la côte,
le souvenir, s'est-il vite masqué.

De moi, de moi, île désamarrée ?
(Voguant de par le ciel, pas sur les flots !)
Ames ! Jamais amantes ne serez !
Soeurs vous serez ! Soeurs : vous ! C'est votre lot !

Comment ça va la vie près d'une femme
Simple ? C'est comment sans divinités ?
Votre souveraine, prince profane,
Détrônâtes (ledit trône quitté)


Comment ça va la vie, les froissis d'ailes,
Les tracas ? Le lever, comment se passe ?
Pauvre créditaire de l'immortelle
Médiocrité, comment faites-vous face ?

"Tressauts et syncopes, stop ! Je suis quitte !
Un toit me louerai ! Suffit, le déluge !"
Comment ça va avec n'importe qui ?
Comment ça va la vie avec un pastiche
Pour vous qui trahîtes le Sinaï ?

Comment ça va la vie près d'une d'ici-bas ?
D'une si peu vôtre ? Son flanc vous plaît ?
A toute bride Zeus ne fouette pas
Votre front ? La honte vous laisse en paix ?


Comment ça va "vivre", comment va-t-elle
La force d'être ? Et de chanter, la force ?
Pauvret, la blessure de l'immortelle
Conscience, comment y faites-vous face ?

Comment ça va la vie près d'un produit
De pacotille ? Un peu abrupt, le prix ?
Les marbres de Carrare, reconduits,
Comment ça va la vie près d'un débris

De plâtre. (Taillé dans la masse même,
- Dieu, sa tête : presque aussitôt détruite !)
Comment ça va être avec la cent-millième,
Dites, pour vous qui connûtes Lilith ?


L'or de pacotille vous intéresse
Encore ? Las des grâces magiciennes,
Comment ça va auprès d'une terrestre,
C'est comment une femme sans sixième

Sens ?

Bon, la tête entre les deux mains : heureux ?
Non ? Des fonds sans profondeur étant l'hôte,
Comment ça va, l'ami ? Plus douloureux,
Moins douloureux que pour moi près d'un autre ?"
 
19 novembre 1924
 
Tentative de Jalousie, in Le Ciel Brûle, Marina Tsvétaïeva, Préface de Zéno Bianu, Traduction de Pierre Léon et d'Eve Malleret (Ed. Nrf, Poésie/Gallimard)
 
 
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25 août 2017 5 25 /08 /août /2017 06:35
Edvard Munch - Autoportrait avec cigarette, huile sur toile

 

 

 

 

Mes yeux caressent
déjà ta neige fruitée
 
               Cigarette
 
Ton écaille laiteuse filtre
déjà le parfum
d’une fumée sucrée
 
               Cigarette
 
Je t’effeuille avant
de te brûler vive
volcan vertige
 
               Cigarette
 
Mes lèvres te palpent
et ton nom mord déjà le silence
comme un fruit défendu
 
               Cigarette
 
Et puis je t’allume
je te distille
et puis j’embrase le volcan
je délivre la braise
et puis
 
               Cigarette
 
Tous les astres d’un seul coup
s’éteignent
comme on souffle une allumette
 
Et je suis enchaîné
 
               Cigarette
 
©Claude Luezior
Poème extrait du recueil « furtive ». Editeur « La Bartavelle » - Collection « le manteau du berger ».




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24 août 2017 4 24 /08 /août /2017 06:33
Photo J.Dornac©
 
 
 
 
J’aime les fleurs sauvages, surtout les coquelicots. Mais j’ai aussi beaucoup de tendresse pour les marguerites. Pourquoi ? Parce que leurs longs pétales ressemblent à des oreilles. Et je voudrais avoir une douzaine d’oreilles pour mieux capter le chant du monde, de l’eau, de la terre et aussi pour mieux écouter le silence, un silence qui nourrit comme le pain.
 
Rien qu’en prononçant lentement le mot silence, je perçois comme un frisson de flûte, un chuchotis de source, un voile de brume flottant dans l’air, un flocon de neige qui se balance, une voix fraternelle. Et puis avec le mot silence, comme s’il était un galet poli par les vagues, je me masse le corps des pieds à la tête, pour qu’il pénètre jusqu’au plus profond de mon être. Ô douceur de la caresse, douceur de la peau qui vibre et palpite.
 
Douceur…
 
J’en appelle à la douceur pour un monde sans peur. Essayez d’imaginer pendant quelques instants, un monde sans guerre, sans terrorisme, sans crimes, sans tortures. Essayez d’imaginer votre vie dans un monde sans peur. Cette seule pensée vous soulève, vous donne des ailes, de l’énergie.
 
N’est-ce pas le rêve de nous tous de vivre ensemble, unis et différents, dans la paix, l’amour, la fraternité, la solidarité. Agissons pour vivre notre rêve…
 
©Michèle Freud




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23 août 2017 3 23 /08 /août /2017 06:40
Conceptual Photography

 

 

 
 
 
Tu ne dis jamais les mots
Que l’on dit quand on s’aime
Ceux qui naissent d’un souffle
Et prennent vie dans le  poème.
Sont-ils à la dérive
De tes peines secrètes,
Ou viennent-ils mourir
Au bout de tes doigts
Courant sur les claviers.
Protège-nous par ton silence,
Sois le barrage la digue
Retenant la puissance des eaux,
Mais laissant couler parfois
Le trop-plein
Des rivières de l’âme.  
 
©Denise Bernhardt

Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « Le chant des Nébuleuses », aux éditions JEBCA, collection l’Immortel.




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22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 06:37
Via ferrata du Diable

 

 

 

 
À un moment donné de vie,
Nous entrons dans la résonnance,
Et c’est elle qui nous dirige.
 
Les signaux des êtres,
Les échos des choses
 
Dessinent le chemin à suivre,
 
Avec les trésors
De soudains miracles.
 
Un état d’illumination,
Une compréhension ouverte,
Un futur d’une autre portée.  
 
© Luce Péclard
 
Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier
 
 
 
 
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