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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 06:37
Ombre et lumière – Luce Péclard
 
 
 
 
 
 
La nuit rassemble l’ombre
Que le matin disperse.
 
Car l’ombre existe, intacte,
Au fil de la journée,
Blottie entre les feuilles,
Plus sombre et noire encore
Au soleil de midi,
Sous les rayons dardés
Aux vives et dures flèches
Dont les pointes transpercent
Un à un tes chagrins…
 
Il ne reste en ton cœur
Qu’un espace troué,
Tamis pour la lumière.

© Luce Péclard
 
Extrait du recueil de Luce Péclard, « LA FORCE DE L'ELAN » aux éditions du Madrier
 
 
 
 
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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 06:44
L’ORIZZONTE
 
Collana fondata e diretta da: R.-L. Etienne Barnett (Atlanta), Giovanni Dotoli (Bari), Encarnación Medina Arjona (Jaén), Mario Selvaggio (Cagliari)
 
Cette collection, format 14 x 21, 100 pages maximum, publie toutes sortes de textes dans le domaine des sciences humaines, en français, en italien, en anglais et aussi en d’autres langues : poésie, prose, essais, linguistique, philosophie, sociologie.
Papier de luxe 115 gr, cousu, couverture en couleurs avec rabats de 9 cm. AGA Editrice, Alberobello (Bari). Volumes en français en coédition avec Le Nouvel Athanor, Paris.
 
Les deux premiers numéros de la collection viennent de paraître :
 
1. Giovanni Dotoli, Dialogue imaginaire avec Vénus Khoury-Ghata, mars 2017.

 

Une nouvelle collection italo-française – L’Orizzonte
Une nouvelle collection italo-française – L’Orizzonte
2. Mario Selvaggio, Tempo e memoria in Giovanni Dotoli poeta, avril 2017.
 

 

Une nouvelle collection italo-française – L’Orizzonte
Une nouvelle collection italo-française – L’Orizzonte
Une présentation de la collection est prévue en Italie et en France.
 
Ceux qui voudraient y publier sont priés de se mettre en contact avec : giovanni.dotoli@uniba.it
 
Conditions économiques : 400 euros - 80 exemplaires à l'Auteur
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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 06:43
La jalousie du réel – Victor Varjac
 
 
 
 
 
La jalousie du réel
effrite et dissout
les volutes attachées
au visage inconnu
et le miroir douloureux
s’agenouille et se ferme
face à l’imaginaire
qui tristement
se retourne et s’élance
dans la brèche profonde
où la mort détruit
ce qui n’a pas de nom !
 
De l’apparaissance demeure
le parfum d’une robe
arrachée à la chair
qui se tient encore debout
dans la plaie du souvenir…
 
Proche et tendre
comme la passion de l’ombre
l’image s’alanguit
au rythme d’un supplice
puis tel un adieu
me livre frissonnant
à l’insupportable brasier
des regrets éternels…

© Victor Varjac
Antibes, le 29 octobre 2000

Extrait du recueil « l’Homme Imaginaire » aux éditions MELIS




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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 06:40
La Revenante – Béatrice Pailler
 
 
 
 
 
Au jour finissant, quand le réel, superbe d’indigence, se drape des grisailles du doute, je sais, un répit, prémices aux vacillements, je sais, l’heure métisse.
La pièce, sous un dais de poutre, semble comme écrasée. Évidée au fil du temps, il ne reste plus, entre croisée et cheminée, que l’écueil vieillissant d’un fauteuil de cuir. Des nuages en taille-douce s’illustrent aux carreaux des fenêtres où quelques gouttes pluvieuses paressent. Un rideau d’ailes bruineuses, traverse les nuées. Les étourneaux sont en campagne et le ciel est un étang. Il y a peu de lumière et, derrière la vitre, le paysage est un lavis où les ombres invitent au repli. Appendue aux murs, l’aune souple des tentures vient border la pierre. Pareilles aux paroles murmurées à l’orée de la nuit, les tapisseries frémissent. C’est une oscillation lente, le bercement d’une nacelle dans la lumière déclinante. Il faut attendre encore et prendre place, parmi les souvenirs, au corps du fauteuil de cuir. Il faut attendre et prendre place devant ces hautes lisses qui parlent de jadis. Il faut attendre, l’heure métisse.
Fatiguée des lisières de nuit, elle viendra faire litière aux berceaux des toiles tissées. Hors des sables du temps, de ses remous, paysages et couleurs s’émerveillent. L’onde éblouie ruisselle et la nature ivre s’ensoleille. Voici qu’aux labours des flots, la houle nourrit l’océan. Là-bas, aux ventres des mers, des hommes audacieux harponnent le destin. Et sous l’iris mauve, pailleté d’or, d’une lune fauve, le marin espère la terre : des îles peignées de vent, aux vertes frondaisons, aux grenades offertes.
Fils de trame, fils de chaîne, sur le tableau de toile, les fantoches jouent la farce du monde. Attendris ou surpris, des visages crient. Soldats, filles connues, comédiens se ruent aux côtés des diables et des spectres. Ici, le Silence aime la Vie qui pendue au cou du Trépas se voit déjà pantelante, morte, dans ses bras. Passe le temps, l’histoire change. Et telles des feuilles, déçues au glas qui sonne, radieuses au vent de l’automne, serments et promesses s’envolent. Et puis, dessous la lunaison, au corps du théâtre tissé, la vie reflue. Alors, les tentures scellées de lune, histoires tues, fables cousues, pendent inertes.
Certains soirs esseulés, sous la paupière du ciel, dans ce cocon de cendres où les rouges noircissent, j’ai vu, la revenante des lisières de nuit, j’ai vu, l’heure métisse.
 
©Béatrice Pailler/2015
Prologue du recueil « L’heure métisse »
Prix Jean Giono 2015 de la Société des Poètes Français
 
 
 
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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 06:38
Nota bene – Michel Duprez
 
 
 
 
 
                                       À Lucia, mon épouse.
 
Oh la la,
Elle est là !
Elle est si…
Si fa sol,
Fa si la do ré,
Si mimi
Au dodo,
Si dorémifasolasinante
Et sans souci,
Ni fa ré si la,
La petite voix
Tout près de mon oreille.
Elle est là, si : là,
à rouler les airs
De son sol natal
Et si vous ne savez pas
Qui lui a donné le la,
Il sera toujours de bon ton
De la saluer tous en chœur,
Croyez-moi.
 
©Michel Duprez

 


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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 06:31
Larmes en deuil ! – Djida Cherfi
Boualem Cherfi, disparu tragiquement le lundi 20 mars 2017
 
 
 
 
 
Pourquoi je n'arrive plus à pleurer ?
Quelques jours seulement se sont écoulés et,
les larmes semblent refuser de couler.
Mon cœur serait-il desséché
par la peine inconsolée ?
Quelques jours seulement sont passés,
je cherche ton visage voilé
par le souvenir qui risque de s'effacer.
Dans ma tête, un dernier sourire tatoué,
une image que, jamais, je ne voudrais oublier
malgré le temps et ses souvenirs embrouillés.
Quelques jours… C'est mon cœur qui ne cesse de pleurer.
Les yeux sont complètement vidés !
Quelques jours seulement et, je commence à me demander
si le temps peut réellement soigner
cette blessure que ton absence nous a laissée.
Tragédie qui ne fait plus pleurer parce qu'en silence, le cœur a décidé de souffrir,
prenant l'air résigné à travers des yeux qui ne peuvent plus pleurer !!
Même les larmes sont endeuillées...
 
©Djida Cherfi
27/03/2017
 


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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 06:38
Voyez c’est l’arche – Michel Bénard
 
 
 
 
Voyez c’est l’arche de passage
Où je retrouve la position fœtale,
Le sang de la terre et la sève de l’univers.
Je voyage au cœur des pierres dressées
Au pays des elfes et des légendes de Brocéliande,
Céleste parure de jade et de turquoise.
L’instant se voulant hors du temps,
Devient transfiguration.
Un rayon vert descend du ciel
Sur l’officiant du temple.
Les voix célestes des femmes se fondent
Aux volutes des fumées d’encens,
La nef s’est inversée
Pour le grand voyage initiatique.
Voyez c’est l’arche de passage
Où je retrouve la position fœtale,
Le miel de ciel et les poussières d’étoiles.
 
©Michel Bénard

 


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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 06:31
Ma Terre – Ode
Photo : « Notre-Dame-du-Portage en fin août » de Ode2005©
 
 
 
 
Si loin des grandes villes
Si loin des gratte-ciel
Se cache mon petit coin de paradis

Si loin de la rumeur
Si loin de l'amour qui meurt
Il me prend dans ses bras, mon paradis

Assise sur la plage je contemple mon fleuve
Je regarde dans le silence ses eaux voyager
Et moi, je voyage dans ma tête


***

 
Ma chaude et belle Terre du Québec
Nourrie d'un million de lacs et d'autant de rivières
Qui se déversent dans ton Saint-Laurent
Terre aux couleurs de mes étés
Terre aux couleurs de mes enfants
Terre aux odeurs de mes amours
Terre d'oiseaux aux rêves des jours

D'Ouest en Est
De l'Abitibi jusqu'en Gaspésie
Du Nord au Sud
Du Lac Saint-Jean à Saint-Jean-Port-Joli
Je t'ai marché, ô ma Terre-Mère


De tes montagnes et tes plaines
De tes vallons et tes vallées
Je t'ai regardé en face, fière
Je t'ai vu flotter
Mon Fleur de lysée

Ma Terre de géants
De légendes et de rigodons
Ma Terre de survie
Malgré l'abandon
« Je me souviens »* c'était écrit


Ma Terre rousse d'octobre
Terre des longs labours
Et des abondantes récoltes
Ma Terre blanche de janvier
Qui se repose pour préparer la saison
Et les sucres d'érables
Ma Terre de la renaissance de mai
Aux senteurs de lilas, de muguets, de pommiers
Ma Terre verte d'été
Terre d'avoine et de blé
De champs fleuris et de soleil de plomb

 
Terre bleue et dorée à perte d'horizon
Je t'aime

 
Je t'aime parce que tu m'as donné la Vie
Ainsi la Beauté, le Fleuve et mes Amours
Et... mon petit coin de paradis


Ode©
5 décembre 2003
 
* « Je me souviens » est la devise du Québec

Création Ode©
 
 
 
 
 
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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 06:38
Pendant que tombe la pluie – Jean Dornac
 
 
 
 
Pendant que tombe la pluie
Et qu’en politique la vérité s’enfuit…
 
Je te contemple, corps et âme
Dans ta sublime nudité de femme
Toi, l’amour de ma vie
Toi sans qui, je n’ai point de survie !
 
Toi qui est l’amour que je bois
Et l’existence qui me nourrit…
Toi qui es mon meilleur choix
Et mon plus tendre abri…
 
Pendant que tombe la pluie
et qu’en politique l’honnêteté s’ennuie…
 
Un seul de tes sourires
Suffit à mes poumons
Pour qu’ils puissent rire
Loin de tous les sermons !
 
Tes douces paroles
Sont presque d’Evangile
Ta voix est ma seule boussole
Et me fait malléable comme l’argile…
 
Pendant que tombe la pluie
Et que la politique est ridicule…
 
En toi, je crois pour toujours
Nul besoin de vains discours
Tu es mon amour et mon choix
Car ton cœur est toujours droit !
 
À quoi bon choisir un politicien
Malandrin certifié coquin
Ou puceau jamais élu
Ou raciste farfelue ?
 
Moi, pendant que tombe la pluie
Je décrète que toi seule es mon élue !
 
Je n’ai nul besoin d’un Président
Qui ne pactise qu’avec les puissants !
Je n’ai nul besoin d’un quelconque chef
Qui tournera, comme toujours, sa veste derechef !
 
Pour que ma vie reste digne
Je n’ai besoin que d’amour
Nulle compromission grave ou bénigne
Ni malhonnêtes pratiques de cour !
 
Pendant que la pluie tombera
Tu seras mon unique isoloir…
 
©Jean Dornac
Lyon, le 25 mars 2017


 


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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 15:21
Demain matin – Robert Bonnefoy
 
 
 
 
DEMAIN matin très tôt, au coeur de la froidure,
DES que le clair obscur se teintera de blanc,
L'AUBE me fera voir son gel sur la verdure...
 
À l’instant mon destin sera sans faux-semblant :
L'HEURE m’enlacera dans l'épreuve trop dure
OU je m’avancerai heureux et non tremblant.
 
BLANCHI par un soleil à l’âme sans bordure,
LA brume moulera l’horizon accablant :
CAMPAGNE hors du temps au cadran qui perdure…
 
JE me sens tout petit, élève et redoublant,
PARTIRAI - je serein, léger, sans procédure ?
VOIS - tu j’ai soif de Toi, de Ton Amour troublant,
TU m’attends pour calmer tout ce mal que j’endure…
 
Sonnet en acrostiche Robert Bonnefoy©
D’après Victor Hugo... (A sa fille...)
 




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