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10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 08:15
Eden - Béatrice Pailler

Edvard Munch

 

 

 

Dis-moi

Qui es-tu ?

                                                         

Mais le ver tueur au cœur de fiel si charmant.

 

Alors

Qui hais-tu ?

                                              

Ce vertueux chœur du ciel qui charme et ment.

 

©Béatrice Pailler  



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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 07:46
Hantise – Michel Duprez
 
 
 
C’est le dernier bastion d’un monde que l’on croyait disparu depuis longtemps. Plus personne derrière les meurtrières de ses tours ou de ses remparts. On entend des clameurs d’enfants monter aux créneaux quand la mer, à marée haute, exhale sa douce haleine de fraîchin et que le bruit des canons de l’orage étouffe celui du ressac.
 
Ce château en ruine sans souterrains ni pont-levis et aux douves si profondes qu’il nous a toujours semblé imprenable est-il réel ou seulement une de ces illusions dont on bâtit les légendes ?
 
Peu importe. Les vagues, qui ont la réputation d'être sans pitié, mettront un point final à ce dilemme en emportant tout sur leur passage.
 
©Michel Duprez
 



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8 décembre 2016 4 08 /12 /décembre /2016 07:44
La plaie – Djida Cherfi
Détail de « La Madonne » d’Edvard Munch
 
 
 
Je suis une plaie et,
c'est comme ça qu'il faut m'aimer.
Pas une blessure a panser, juste une plaie
qu'il faut apprendre à apprécier.
Je suis rebelle, je suis sauvage,
agitée, je fais des ravages.
J'éclate de rire quand ça ne va pas,
je pète un câble avec joie.
Les gens m'aiment et aiment m'aimer,
mais ce qu'ils préfèrent, c'est me détester.
Je suis une plaie, je vais vite et loin.
Tu t'attaches contre ton gré et,
tu perds toute notion de ton destin.
Je suis une fissure, une faille
un tremblement dans les entrailles
Prévisible et généreuse,
mais imprévisible et mystérieuse.
Je suis une marque sur une peau frêle,
Identité pour l'outragé, complexe pour une belle !
Je suis une plaie dans un corps étroit,
c'est mon âme qui a mal en moi.
Mon moi s'échappe,
gouttelettes amères par les globes oculaires,
une plaie qui s'envole dans les airs
avec des rêves et des chimères.
Je suis une plaie, je ne veux plus de moi,
il gonfle dans ce corps étroit.
Il déborde par les globes oculaires
et éclate dans mon ciel en éclair.
Je suis une plaie,
c'est comme ça qu'il faut m'aimer.
Être capable de me suivre,
c'est tout simplement vouloir vivre !
 
©Djida Cherfi
06/12/2016.



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7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 07:45
En bout des terres rouges – Michel Bénard
 
 
 
 
En bout des terres rouges,
L’océan !
La grève que ramassent les femmes.
Terme du paysage des savanes,
Des espaces infinis parcourus
D’ombres furtives qui se profilent
Sous la voute étoilée,
Au cœur d’une nuit opiacée.
Des rumeurs lointaines s’élèvent,
Tam-tams, complaintes séculières,
Magiques litanies, monde transfiguré
Par le mystère céleste,
Les braseros des marabouts
Et les prophéties des griots.
 
©Michel Bénard



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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 07:39
Aurore - Ode
« Pont - Foca » de Djordje Prudnikoff©
 
 

 
À l'aurore bleue des caressantes amours
Les brumes célestes se font nuages
Aux tendres amants du petit jour

 
La source en son lit se réveille
Va à la rencontre du ruisseau
Sous leurs yeux émerveillés, devient rivière
Gonfle jusqu'à la chute
Se transforme gigantesque
Coule jusqu'au fleuve et à l'océan
Avant même que ne se lève le soleil

 
À la limpide fontaine des amants
Tout est repos, chants d'oiseaux.
Et s'ouvrent dans les champs
Une marée de fleurs
Tableau de grand Maître 
Ils ne font plus qu'Un
Éblouis devant la magnificence
 Et les féeriques odeurs

 
Au petit jour des amants
L'heure bleue ne dure qu'un instant

Un instant d'Éternité


©Ode
8 février 2003
 
http://zodode.5.50megs.com/CS/aurore.htm



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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 07:38
La jalousie -  Jean Dornac
 
 
 
 
 
L’esprit humain et son âme associée
Peuvent mourir d’un cruel cancer
Qui ronge tout de cet être d’exception
Du squelette au cerveau
En passant par le cœur et les entrailles…
 
Il est un  mal qui ronge ses porteurs
Et fait des conjoints le malheur !
Il se nomme Jalousie
De bon ou de mauvais aloi
Il détruit ce en quoi il croit…
 
Ainsi, tel homme, avec colère, dit :
 
« Tu es ma femme, tu es à moi !
Tout de toi m’appartient
Sans moi, tu n’es que misérable rien,
Qu’inutile et mauvaise femelle
Tu n’as de sens que selon mon vouloir » !
 
Ce à quoi la femme répond :
 
« Je n’appartiens qu’à moi-même !
Certes, j’ai fait alliance avec toi
Pour autant, je ne suis pas ta chose 
Et avec le temps, je ne sais que trop bien
Que je fis une terrible mésalliance » !
 
Le jaloux très vite reprend :
 
« Nul autre que moi n’a le droit
De porter le regard sur ton corps
De désirer avec toi un quelconque rapport !
Je suis le seul à posséder ce pouvoir » !
 
Et la femme de répondre :
 
« Tu peux toujours rêver
J’accueille tous les sourires
Je ne rejette que les tiens
Car tu n’es qu’une brute
Un misérable mâle toujours en rut » !
 
Au bout des ténèbres de ce bruit à deux
Le jaloux se transforme en loup
Il hurle, il bave, il cogne, fier de lui
Et de sa stupide virilité
Sûr de son droit de vie et de mort…
 
L’amour est devenue haine
Leurs yeux crachent le feu
Leurs âmes étranglent leurs cœurs !
Ce cancer a remporté la victoire
De la mort sur la vie…
 
©Jean Dornac
Lyon, le 4 décembre 2016



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4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 07:43
Promenade nocturne - Pierfetz
Promenade - Littorio-Del-Signore ©
 
 
 
 
Bourdon d'hiver,
Cloche de nuit,
Froidure, misère,
Gelée d'ennui.
 
Jour après jour, quand vient la nuit,
Après le devoir,la passion.
Je sors chasser tous mes ennuis
Libéré dans mon évasion.
 
Elle m'embrasse de sa lumière,
M'attire comme un papillon.
Je m'y sens mieux qu'en ma chaumière,
Pour y rencontrer l'illusion.
 
Rêves d'enfant, désirs d'adulte,
J'ai toujours aimé les lumières.
Et je m'y plonge comme au culte,
Qu'elles soient bougies ou réverbères.
 
Quand le ciel de mon coeur est noir,
Avec mon chien je m'y promène.
Je retrouve tous mes espoirs
Et l'angoisse jamais ne me mène.
 
Jeux de lumière
Mangent la nuit,
Chansons de bière
Emoussent l'ennui.
 
Ce plein de lumières sur ma toile,
Avec mes amours, mes Amis,
Ne me masque pas les étoiles
Quand je rentre chez moi la nuit...
 
Pierfetz © 2003 
 
 
 
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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 07:50
Le bel espoir - Salah BEKKA
 
 
 
 
Comme un éclair dans un tunnel
Qui offre à mon cœur un éclat,
Il me rassure comme un fidèle,
Et de joie je lui ouvre les bras.
 
Sors ! Il me dit,
Quitte ce gourbi !
Lève ton regard !
Et loue ce départ !
 
À son conseil j’ouvre mon cœur,
Pour me rapprocher d’un visage,
Et de ma bouche sort sans lenteur,
Tous les mots laissés en captage :
 
Donne-moi ta main pour le futur,
C’est le moment pour nous enfuir,
Oublions ce passé des tortures,
Et préparons notre avenir !
 
En route formulons une prière,
Marchons ensemble vers la lumière,
Pour en faire d’elle notre édifice,
Loin des bobards et de la malice ;
 
Comme une libérée de prison,
Tu évacueras ce lourd poison
Reçu de ces anciennes morsures,
Qui ont rendu ton cœur très dur.
 
Ensuite nous connaitrons le bonheur       
Me dit son corps entre mes bras,
Et nous serons d’élus acteurs,
Et nous écarterons les tracas !
 
Elle est bien là à me sourire,
Les anges commencent à nous offrir,
Ce sucre pour tuer l’amertume,
Qui a fait de nous de vraies victimes.
 
Et à cette aubaine née du miracle,
Nos cœurs succombent au même tacle,
Dans notre petit monde, rempli de roses,
Où juste l’amour est sa seule cause.
 
©Salah BEKKA. Auteur
Fleurs, Épines et Frissons…
Paru au : LES ÉDITIONS DU NET
92150 Suresnes France



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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 07:48
Le chasseur d’idées noires – Michèle Freud
 
 
 
 
Seize heures sonnent au clocher de l’église qui veille sur le cimetière d’un petit village de Provence. Comme chaque jour à la même heure, René, qui porte bien ses quatre-vingt-cinq ans, est assis sur le seuil de sa maison, une vieille bastide aux fenêtres enluminées de géraniums. Il traverse les années, avec l’intime conviction, que celle qui allait suivre serait encore meilleure. Surtout ne pas perdre une miette du pain de l’existence, ne rien gaspiller du temps offert ; quand la base du sablier s’alourdit de jour en jour, chaque grain de sable a son importance.
 
René éprouve un inexprimable bien être à rester assis dans la lumière mauve d’une glycine. Il a dans les mains une pomme, d’un jaune aussi éclatant que celui du soleil. Il  la regarde avec gourmandise, caresse sa peau satinée. Ses papilles excitées, déjà s’émoustillent. Puis René prend son couteau , coupe le fruit en deux et c’est toujours avec le même plaisir qu’il découvre l’étoile à cinq branches qui apparaît telle une fleur, au centre de la pomme. Il mord alors goulûment dans la chair pulpeuse : un jus sucré et parfumé inonde son palais. Quelle jubilation, quelle jouissance ! Après cette dégustation revigorante, ce pur moment de bonheur, « l’homme au cœur d’or » va rendre visite à son ami Jean, à demi paralysé à la suite d’un accident de voiture. René mérite bien son surnom car il est toujours prêt à rendre service, à donner de son temps, à dire les paroles qui réconfortent, qui consolent, qui encouragent. Et quand une personne rumine des idées noires, il l’invite dans son antre, son jardin des merveilles, un espace de rêves ou brillent des centaines de pierres précieuses dont la beauté à elle seule est une thérapie car elles savent émouvoir nos yeux, nos sentiments et tant de choses se cachent parfois dans un caillou. C’est pour les personnes déprimées, une parenthèse magique où elles se sentent soudain plus légères comme si elles allaient s’envoler pour quelque voyage extraordinaire. Quand la douleur s’estompe, c’est comme une éclaircie, une embellie, c’est prendre une douche de lumière.
 
René est heureux dans sont village, petit coin de nature encore illuminé de silence et il sera heureux tant que ses jambes le porteront vers les autres, tant qu’il pourra semer de la joie autour de lui car, même à son âge, il ne veut pas se replier, il désire toujours déployer ses ailes pour mieux goûter à la vie tout simplement...
 
©Michèle Freud



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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 07:40
Fonction du poète (extrait) – Victor Hugo
Poème de l'âme - Louis Janmot
 
 
 
 
Peuples ! écoutez le poète !
Ecoutez le rêveur sacré !
Dans votre nuit, sans lui complète,
Lui seul a le front éclairé.
Des temps futurs perçant les ombres,
Lui seul distingue en leurs flancs sombres
Le germe qui n'est pas éclos.
Homme, il est doux comme une femme.
Dieu parle à voix basse à son âme
Comme aux forêts et comme aux flots.


C'est lui qui, malgré les épines,
L'envie et la dérision,
Marche, courbé dans vos ruines,
Ramassant la tradition.
De la tradition féconde
Sort tout ce qui couvre le monde,
Tout ce que le ciel peut bénir.
Toute idée, humaine ou divine,
Qui prend le passé pour racine
A pour feuillage l'avenir.


Il rayonne ! il jette sa flamme
Sur l'éternelle vérité !
Il la fait resplendir pour l'âme
D'une merveilleuse clarté.
Il inonde de sa lumière
Ville et désert, Louvre et chaumière,
Et les plaines et les hauteurs ;
À tous d'en haut il la dévoile ;
Car la poésie est l'étoile

Qui mène à Dieu rois et pasteurs !
 
Victor Hugo
 
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