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20 février 2021 6 20 /02 /février /2021 07:26
Photo Serge Lascar©

 

Bercé
D’un feu si tendre que le ciel s’est troublé
D’un sentiment si doux qu’un rayon de soleil s’y est réfugié.

 

Percé
Au fond de l’âme d’une larme retenue, qui jamais ne s’épand
Cascade interrompue par le souffle du temps.

 

Jardin muet
Jardin secret
Peuplé d’ombre, de tombes froidement alignées
Envahi de silence
De souvenir qui dansent.

 

Il me faut m’en aller la mémoire muette
Ravaler mon chagrin, mes larmes désuètes
Renoncer à t’offrir mes œillets de poète.
Il me faut m’éloigner, te laisser à ta mort pour me perdre à ma vie
Affronter la quiétude qui vient après les cris.

 

Exercice de style
Me voici inutile
Et mes mots, et mes vers je le sais, je les hais et les jette à l’oubli.
Quiconque passera ne les reconnaîtra
Ne les remarquera
Qui sait ?
Même pas toi.

 

©Serge Lascar
Du sang dans l’encrier - Ed. LGR
 
 
 

 


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19 février 2021 5 19 /02 /février /2021 07:26


 

 


Rampent les heures en tapinois
ainsi qu’un funeste tournois.
Insaisissables elles ricanent,
se faufilent sous les arcanes
de nos journées et de nos nuits,
inaltérables et sans répit.
Et dans les instants de bonheur
elles nous trompent, elles nous leurrent
car elles nous guettent constamment
pour nous jeter dans le néant.
Elles sont d’autant plus pernicieuses
qu’elles avancent, silencieuses,
tout en creusant impunément
leur lot d’entailles dans le temps.
Oui, c’est une ronde infernale,
une véritable bacchanale.

©Ellen Fernex        

 

 

 

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18 février 2021 4 18 /02 /février /2021 07:33
Pixabay - kellepics

 

Sur proposition de Michel Bénard, j’ai la joie d’accueillir Véronique Flabat-Piot, vice-présidente de la Société des Poètes Français. J’espère que vous lui réservez un très bon accueil.

 


Comme une aube qui s’étire
    les mots
    se sont effilochés
        dans mon cœur…

L’écharpe vermeille du jour
    emmitoufle
    d’un châle évanescent
    mes espoirs et mes rêves.

Un collier de rosée
    pare mes songes
    de perles d’espérance.

Le souffle éternel
    de la nature
    rythme mon être.

Chaque atome de vie
    converge
    vers cet infini
    de lumière palpable.

            Au terme du parcours
            le Verbe
            recompose la parole.

            Les mots renaissent
            pour colorier l’Avenir
            de leur puissance subtile,
                nuages dessinant
                la phrase
                où fleurissent
                les « Je t’aime ! »…


© Véronique Flabat-Piot
 
 

 


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17 février 2021 3 17 /02 /février /2021 07:29
Commons.wikimedia.org - Takasugi Shinji

 

 

 
 
 
Coeurs vacants
Bruit de talons sur le bitume
Perpétuelle tribune
Et nulle trace de ces passants.
 
Rendez - moi le désert et les dunes
L'empreinte des hommes qui savent se taire
Le sablier du temps, la lune
La terre entière.
 
Votre cœur n'était pas assez grand
Je donne mon amour à la rose des vents.
 
© Leafar Izen
 
 
Extrait du recueil « SOUVENIRS DU NÉANT »
illustré d'encres et acryliques sur toile de Pascale Met
(''Pour ne pas oublier que le néant n'existe pas,
c'est un trop plein...''L .I .)
 
LÉAFAR IZEN vient de publier
chez ALBIN MICHEL IMAGINAIRE
son nouveau livre : « LA MARCHE DU LEVANT »
 
 
 

 
 
 
 

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16 février 2021 2 16 /02 /février /2021 07:14
Tableau de Roland Souchon©

 

Janvier s’en est allé
  Février frappe aux volets
     Laissez moi vous offrir ce bouquet
 
 

Un ciel en exil aux nuages fuyants m’invite à tourner la page du calendrier.
 
La Seine a mis son manteau aux boutons de givre.
Elle déploie son ruban céladon, saluant square Viviani le robinier, vénérable de plus de quatre siècles. Il ouvre ses bras nus pour accueillir la fée des neiges.
 
Vêtu de frimas, le Petit Pont tend son regard vers le prophète :
                             Chemin perdu sur l’horizon des attentes
                                              Nuit glacée, voix égarée
                                                             Buisson brûlé
                                                                         Chimères aux arbres effeuillés
 
Tandis que les corneilles fuient au vent de l’oubli, l’espérance renaît au Pont au Double. ans un ciel blanc de neige se lève une main :
                                    Main muette et transparente
                                    Main lasse à la dérive
                                    Main de maraude
                                    Main de tendresse
                                    Main d’offrande
                                    Main de justice
                 Mains jointes devant les vingt-huit statues des rois de Juda et d’Israël
                 Mains ouvertes vers la grande rosace où demeure l’écho de la flèche
 
Le Pont de l’Archevêché conduit au square Jean XXIII drapé de sa toge d’ivoire. ans son dépouillement, l’hiver dévoile le chevet de Notre-Dame.
Cette hardiesse du Moyen Age nous offre la joie d’être, de comprendre ce que l’homme a crée de plus beau pour n’être jamais seul.
Comment quitter ce lieu magique ?
 
Un vent de neige plisse la Seine jusqu’au Pont Saint-Louis où convergent mille influences.
L’Île de la Cité et l’Île Saint-Louis livrent leurs âmes.
 
Au Pont au Change la Seine porte l’empreinte des passions. ’une rive à l’autre son chant s’élargit jusqu’à la houppelande des bouquinistes.
 
L’heure de vérité sonne Quai de l’Horloge. e glaive et la balance trouvent un point d’équilibre et rendent leur verdict :
                                                  Justice retrouvée
                                                  Neige sur l’arbre de Mai
 
Sous les douze arches du Pont Neuf résonnent les voix de Marquet et de Signac.
Parée de ses plus beaux atours, la Déesse Sequana déroule ses songes le long des berges enneigées de la Seine :
                                                   à Lutèce
                                                        sur le pilier des Nautes
                                                               la Seine se métamorphose
                                                                        en blanche aigrette amoureuse
 
Mes pas crissent sur la neige poudreuse quand s’ouvre la place Dauphine.
Sous la valse des flocons, j’entre au numéro 14.
Près de l’âtre, une Muse écoute Jean Ferrat :
 
          « Quand l’hiver a pris sa besace
             Que tout s’endort et tout se glace
             Dans mon jardin abandonné
             Quand les jours soudain rapetissent
             Que les fantômes envahissent
             La solitude des allées
             Quand la burle secoue les portes
             En balayant les feuilles mortes
             Aux quatre coins de la vallée
 
                                       Un grillon dans ma cheminée
                                       Un grillon se met à chanter
                                                                                           … »

©Roland Souchon
www.rolandsouchon.com  
 
 
 

 


 
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15 février 2021 1 15 /02 /février /2021 05:32
Photo Émilie Grenier

 

( à Coline et Bilo, sur l'air de :
c'est une maison bleue -Maxime Leforestier)
 
 
C'est un petit panier
Il n'y rentre pas trois pommes
même en les serrant
il ne peut fermer
 
Un panier d'osier
de ceux qu'aiment bien les filles
pour transporter quoi ?
Du fil, une aiguille
et un napperon
à broder en somme
 
C'est un panier d'osier
tout rose et lumineux comme
le visage frais, les éclats de rire
des enfants des hommes
 
Il a un fermoir
qui ressemble à un sourire
et qui tient serré
rêves et secrets
et les mots pour rire
 
Des petits cailloux
y font un bruit de bisou
Quand on les secoue
on dirait des sous
 
C'est un petit panier
à deux anses et un couvercle
en osier tressé, il est tout petit
mais tient sur ses pieds
 
Et je l'offrirai
à Coline la coquine
qui transporte tout
son chat, sa cuisine
et vient voir Bilo
pour jouer là-haut
à cousin-cousine
 
C'est un petit panier
Il n'y rentre pas trois pommes
mais pour un doudou
le renard tout roux
il est vraiment chou !
 
© Jeanne CHAMPEL GRENIER      
 
 
 
 
 
 

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14 février 2021 7 14 /02 /février /2021 07:53


 

 

Les vieux arbres de l’oliveraie,
Sève enracinée au sol cicatriciel,
Tendent leurs branches orantes
Vers les échappées d’or célestes.
Un vent délétère délie              
Mes frêles poèmes suspendus
Au vert séculaire du feuillage,
Mots et lettres esseulés
S’envolent pêle-mêle
Tourbillonnent
Avant de s’abandonner,
Gorgés de liberté,
À l’humus de terres ameublies
Par l’imaginaire encré
Des jardiniers de la beauté
Fertilisant le pollen de la paix.     

     

©Nicole Portay

 

 

 

 
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13 février 2021 6 13 /02 /février /2021 07:48


 

 

La France fut le pays des lumières,
Elle a donné aux hommes
La joie de vivre dans la paix
La liberté de s’exprimer.

 

Ce n’est pas vous qui la décapiterez !

 

La France fut  phare
De la mode, du monde moderne
De l’aéronautique
Des scientifiques

 

Ce n’est pas vous qui la décapiterez !

 

La France a accueilli
Les malheureux qui souffraient
Aujourd’hui elle vous a accueilli
Mais elle a ses lois, sa culture.

 

Ce n’est pas vous qui la décapiterez !

 

Si vous êtes ici
C’est pour ériger en paix
Alors faites-là régner.

 

©Eliane Hurtado              

 

 


 
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12 février 2021 5 12 /02 /février /2021 07:36
Femme au cerceau, Anne Bachelier


 

 


Tout en métamorphose
La tête qui explose
La souffrance à petite dose
Et le choix qui s'impose
À trop vouloir satisfaire
Le cœur de lucifer
C'est son monde qui se perd
La fin de son univers

 

Flamboyante enveloppe
Tout en métamorphose
Elle prend le dessus la rêveuse
La fébrile nauséeuse
L'estomac noué
La gorge enrouée
La captive du monde stérile
Renonce et se met en péril

 

Elle avance d'un seul pas
Elle ne reculera pas
La patience paiera
La rivière de larme s'assèchera
Elle sera à son apogée
Et la fleur qui a fané
Prendra la lumière qui lui a manquée

 

©Djida Cherfi
 07/12/2020
 

 

 


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11 février 2021 4 11 /02 /février /2021 07:28
Myriam - sculpture d’Etienne Fatras©


 

 

Il y a très longtemps
Dans un moyen orient lointain
Une fleur encore en bouton
S'épanouissait confiante.

 

Rayonnante avant d'éclore
Elle assurait la descendance de sa race
De génération en génération,
Cette éternité-là, est humaine.

 

Regardez-la, comme elle vous regarde,
L’éclat de lumière de ses yeux
Vous perce le cœur.

 

Si les yeux dans les yeux
Vous n'avez jamais été foudroyé,
Alors, vous n'avez jamais été amoureux.


 
©Etienne Fatras  

 

 

 


 
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