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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 07:04

 

MaddalenaH_G-28b3a.jpg
© Louis Roux


L’humanité sans guide est une mer obscure
Où les vents déchaînés entrecroisent leurs flots.
Rompu le gouvernail, assombris les falots,
Une angoisse de mort étreint la créature.

Ballotté sur l’abîme et privé de mâture,
Déboussolé se voit le meilleur paquebot.
Sa quille endommagée a perdu l’étambot
Et rien ne marque plus sur l’onde sa nervure.

Le bateau dérivant dans un cours torrentiel,
Comment peut-il jeter son ancre dans le ciel ?
Entraîné vers sa fin, mélancolique histoire,

Il ne sait pas le phare installé sur le roc,
Ni l’Esprit détenteur d’une autre trajectoire
Qui pourtant gonfle encor la toile de son foc !

© Luce Péclard


Francis Picabia:
«Mer obscure est l’humanité,
c’est une bien mélancolique histoire
pour le bateau qui veut jeter
son ancre dans le ciel.»


Extrait de « La Sentinelle dit », 38 sonnets
Décembre 2006, Ed. du Madrier
CH 1416 Pailly



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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 08:20

 

lesamoureuxpeynet.jpg

© Tendre Raymond Peynet et ses « Amoureux »


Faire une promenade au bord de l’eau
Sous les rayures des grands peupliers
Suivre la trace des hérons
Suivre nos traces au bord de l’eau

Glisser mon bras dessous le tien
Et serrer ta main très fort
Serrer à en perdre mon nord
Dans ton midi déboussolé

Marcher soudés l’un contre l’autre
Ton pas, mon pas et puis encore
Avancer vers ce qui nous attend
Sans ces pourquoi ni ces comment

Chauffer nos envies au soleil
A bout de feu à bout de temps
Et tant d’années sans toi sans moi
Si loin de tout si près de nous

Marcher sans rime ni raison
Perdre la tête dans les nuages
Envoyer valser les saisons
S’aimer d’amour même davantage

© Annie Mullenbach-Nigay



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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 08:20

 

oeuvres-contemporaines-0121.JPG
Œuvre de Michel Bénard ©


Calligraphier sur le satin
De ton corps épicé,
Délier d’un calame ébloui
Les lettrines enluminées
Des feux de nos jeux amoureux,
Traduire l’ineffable de nos murmures
Le non dit, le non révélé,
Les secrets de nos intimités,
Et par nos encres jumelées
Sceller le bleu d’un avenir
Aux espérances de nos vies.

© Michel Bénard.



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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 07:19

 

571966-horloge.jpg

© Salvador Dali – Le temps qui passe

 

Entendez ce silence assourdissant
C'est celui de l'attente
D'une absence
Et je vous cherche au large du rêve
Sur l'île endeuillée de l'espace du temps
Sur la mer généreuse des âmes

Je ferme les yeux d'ennui
À la seule lune de la solitude
Tout est retournement
Dans le silence bleu de feu
O moments d'émois lumineux
Aux odeurs déroutantes d'encens

Survivre à la nuit
Où s'acharne la tourmente
Quand l'espoir ne suffit plus
Longue traversée de la conscience
Entre sommeil et éveil
En quête d'un oasis secret

Laisser entrer le rêve
Refaire les instants précieux
Même, refaire le monde
Tout est permis en ces hors-temps
Où le tic-tac de l'horloge se tait
Laissant place à toutes possibilités

Et l'histoire se réécrit
À la roue de l'horloge arrêtée
Palpitation de l'instant
À la remontée depuis l'enfance
Jusqu'à marée haute
Sur les plages des amours

Hautes marées de bonheur
Hautes marées de chagrins

Une barque emporte l'heure
Au rythme des saisons de la vie
Jusqu'à l'infini point de fuite
De la frontière du temps

Basses marées d'absences
Basses marées d'amour

À la démesure des marées
Sur l'île lunaire des rêves
Le fil se rompt
Pour accueillir la mesure du temps
Aux amours nouvelles
Qui font repartir le tic-tac de l'horloge

Ode©
Joliette, ce 22 janvier 2010

 

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 07:49

 images.jpg

 http://www.hebdoweb.com/2009/11/08/

 

 

Dès le premier regard

Nous nous sommes promis

L’amour à jamais

Emus et tremblants

Par l’échange des anneaux

Nous avons engagé

Notre existence

Pour le meilleur et pour le pire

 

Nous étions sincères

Cœurs brûlants

D’amour et désir

Plus forts que le vent

Mais les jours passent

Emportés par le tourbillon

De la vie et des occupations

Envolées, les illusions…

 

Ô cruel quotidien

Qui fait de la passion

Une longue habitude

Ô cruel destin

Qui fait de l’amour

Une pénible servitude

Ô cruelle est la vie

Qui altère même la beauté

 

Comme un tricot usé

Les fils de laine

Se tirent à la chaine

Défaisant ce qui était construit

Nos liens se sont distendus

Un rien provoque

La tempête inattendue

Qui détourne nos regards

 

Ces yeux qui, avec le temps

N’osent plus se croiser

Ne peuvent plus se confronter

La honte dans l’âme

Et l’orgueil en porte-drapeau

Et les corps, frustrés

Qui ne se touchent plus

Loin de tout désir…

 

Que l’on soit prince ou roturier

Il faut affronter le même combat

Il eut mieux valu

Que nous nous aimions

Sans serments ni falbala

Fuir le quotidien à deux

Est peut-être la leçon

L’ultime sagesse de l’amour

 

© Jean Dornac

Paris, le 1er mai 2011

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 07:26

 

G.Beaulieu-Double-Obscure.jpg

Œuvre de toute délicatesse de Gérard Beaulieu©

Visiter son site : http://g.beaulieu.free.fr/


     

J’ai senti l’invisible

se poser sur mon visage

et couvrir mon cou

d’une douceur de flamme…

 

Etait-ce le désir

d'une pensée secrète

ou la pulpe de tes doigts

qui rêvait sur mon corps ?...

 

Etait-ce une rumeur

qui se grisait

de sa voix de cristal

ou le battement

de ton âme

sur la poitrine

du sommeil ?...

 

Comme le silence

ne contient que lui-même

je rouvre les paumes

de ton regard

et je me souviens

de cette eau transparente

qui frôlait

la marche de mon cœur…

 

Ô tempête admirable

gonflée de sève

et de parfums

tu déferles et secoues

la pâleur de mes jours…

 

J’entre alors en ta beauté

comme un fou ébloui

par l’aube du plaisir

et sur le piège de ta bouche

je capture le songe

qui contient

le flacon de ma vie !...

 

© Victor Varjac

Antibes, le 20 janvier 2001


Extrait du recueil « l’Homme Imaginaire » aux éditions MELIS

 

 

 

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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 07:49

Pour lancer mon nouveau blog, « Couleurs Poésies - jdornac », suite de « Couleurs Poésies »,  qui mieux que Victor Hugo ? On peut trouver cela ringard, mais je considère que cet homme, au travers de ses différentes œuvres, appartient à tous les temps. Dans « Fonction du poète », il montre magnifiquement l’une des vocations du poète. Puissions-nous, mes amis poètes et moi-même, être et rester fidèles, au-delà des styles changeants en fonction des époques, à l’esprit du grand Victor Hugo. (Jean Dornac)

 

 * * *

 

VICTOR-HUGO-JC.BEMBEN.JPG

 

 Oeuvre forte et passionnée de Jean-Claude Bemben © 

 


 

Fonction du poète


 

Dieu le veut, dans les temps contraires,
Chacun travaille et chacun sert.
Malheur à qui dit à ses frères :
Je retourne dans le désert !
Malheur à qui prend ses sandales
Quand les haines et les scandales
Tourmentent le peuple agité !
Honte au penseur qui se mutile
Et s'en va, chanteur inutile,
Par la porte de la cité !

 

Le poète en des jours impies
Vient préparer des jours meilleurs.
ll est l'homme des utopies,
Les pieds ici, les yeux ailleurs.
C'est lui qui sur toutes les têtes,
En tout temps, pareil aux prophètes,
Dans sa main, où tout peut tenir,
Doit, qu'on l'insulte ou qu'on le loue,
Comme une torche qu'il secoue,
Faire flamboyer l'avenir !

 

Il voit, quand les peuples végètent !
Ses rêves, toujours pleins d'amour,
Sont faits des ombres que lui jettent
Les choses qui seront un jour.
On le raille. Qu'importe ! il pense.
Plus d'une âme inscrit en silence
Ce que la foule n'entend pas.
Il plaint ses contempteurs frivoles ;
Et maint faux sage à ses paroles
Rit tout haut et songe tout bas !

 

Peuples! écoutez le poète !
Ecoutez le rêveur sacré !
Dans votre nuit, sans lui complète,
Lui seul a le front éclairé.
Des temps futurs perçant les ombres,
Lui seul distingue en leurs flancs sombres
Le germe qui n'est pas éclos.
Homme, il est doux comme une femme.
Dieu parle à voix basse à son âme
Comme aux forêts et comme aux flots.

 

C'est lui qui, malgré les épines,
L'envie et la dérision,
Marche, courbé dans vos ruines,
Ramassant la tradition.
De la tradition féconde
Sort tout ce qui couvre le monde,
Tout ce que le ciel peut bénir.
Toute idée, humaine ou divine,
Qui prend le passé pour racine,
A pour feuillage l'avenir.

 

Il rayonne ! il jette sa flamme
Sur l'éternelle vérité !
Il la fait resplendir pour l'âme
D'une merveilleuse clarté.
Il inonde de sa lumière
Ville et désert, Louvre et chaumière,
Et les plaines et les hauteurs ;
A tous d'en haut il la dévoile;
Car la poésie est l'étoile
Qui mène à Dieu rois et pasteurs !

 

 

VICTOR HUGO (1802-1885)

 

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  • Amoureux de l'écriture, poésie, romans, théâtre, articles politiques et de réflexions... Amoureux encore de la beauté de tant de femmes, malgré l'âge qui avance, la santé qui décline, leurs sourires ensoleillent mes jours...
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