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9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 07:22

 

 

 

Tous ces mots éclos sur mes lèvres

Dans les nuits de silence.

Tous ces visages effleurés

Dans l’innocence de l’air.

Ces mains dont je cherchais

L’étreinte fugitive…

J’appelais à moi

Les gestes échappés

De mondes inconnus,

Et je vivais des chimères

Telles, que mon corps

Comme d’une onde fine,

S’en trouvait apaisé.

Vous mes amants de papier,

Errant dans la nuit de l’espace,

Avez-vous quelque fois frissonné

En traversant un songe,

Et tressailli

Au bruissement léger

D’un baiser.  

 

©Denise Bernhardt


Extrait du recueil de Denise Bernhardt, « La mangrove du désir », aux éditions Le chasseur abstrait.


 

 




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8 décembre 2019 7 08 /12 /décembre /2019 07:31

 

 

 

 

Je viens vers vous,
Vous êtes là à m’attendre

 

Aurez-vous des questions

Et le courage de les poser ?

 

Je vous dirai :
« Aimons-nous
avant que d’être cadavres »

 

Je viens vers vous,
Belle et désirable humaine

 

Allez-vous nous supporter

Moi et ma façon d’aimer ?  

 

© David Chomier

 

 Extrait du recueil « Soyons Bref » aux éditions Stellamaris

 

 

 

 

 

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7 décembre 2019 6 07 /12 /décembre /2019 07:43
ekladata.com

 

 

 

                                             

Te rappelles-tu,

toi, la langue de bois

trahie par tes racines,

ou plutôt leur absence ?

Te rappelles-tu

quand je me suis engagé,

moi qui n’ai qu’une parole,

à te scier les côtes

en te priant à maintes reprises

de surveiller ton vocabulaire,

faute de quoi il se pourrait

que tu doives affronter

un sérieux problème d’articulation ?

 

Toi qui déclarais toujours mettre un point d’honneur

en guise de ponctuation,

souriant sous ton masque imprégné d’innocence.

Imposteur invétéré face aux faux reflets du réel,

avec ta bouche amère,

tu m’as déçu à tous les coups.

 

Quoi, la mienne ? Ah, ma langue à moi !

Oh, mais vas-y, tu as le feu vert pour me fouiller,

on ne la trouvera pas dans ma poche,

et d’ailleurs, la prochaine fois,

rien que pour te faire enrager,

croix de bois, croix de fer,

je la donnerai au chat.


©Michel Duprez

 

 

 

 

 

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6 décembre 2019 5 06 /12 /décembre /2019 07:36

 

 

 

 

Comme tout être humain qui médite et qui pense,

Ignorant d’où je viens, ne sachant où je vais,

Je me suis bien souvent demandé qui j’étais

Sur le chemin pentu de mon adolescence,

 

Je ne sais toujours pas, mais, de toute évidence,

Du gamin d’autrefois qui déjà se cherchait,

Ou du portrait d’hier, aussi fin soit le trait,

Je ne suis qu’un reflet qui change en permanence.

 

Mon image a terni, perdu de son brillant,

D’heure en heure, il est vrai, je deviens moins vaillant.

Qui sait ce qui demain restera dans ma tête.

 

En attendant je suis chaque matin qui vient

Un enfant qui renaît, la vie est une fête.

Tourne, tourne manège un jour tu n’es plus rien.

 

©Gérard Cazé

 

 

 

 

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5 décembre 2019 4 05 /12 /décembre /2019 07:21
Sidonie s’est vraiment fâchée

 

 

 


Sidonie, arrête de vociférer, de crier à tue-tête à longueur de journée : ça m'ébrèche, m'écorche, me ronge, ça m'encrasse, me transforme la cervelle en huile de vidange et la tête en fagot d'épines. Si encore tu m'en faisais voir de toutes les couleurs car la couleur suscite l'allégresse, l'enthousiasme, mais tu m'en cercles d'une épaisse grisaille. Même une simple pomme a le goût d'amertume, du désespoir. Et puis j'en ai soupé de tes soupes à la grimace. Mais qu'est-ce qui ne va pas dans ta citrouille ? Tu es devenue une rabotée du cœur, une ratiboisée du ciboulot, un étouffoir d'ardeur. Est-ce si compliqué de laisser le bon temps rouler ? C'est hélas bien vrai que nous portons en nous, notre enfer ou notre paradis. Mais si nous le voulons vraiment, tout peut changer.


Quand trouverais-je dans tes mots, du délicieux ? Quand tisserons-nous ensemble, de délicats fils d'or ?


Mais pour l'heure, je reprends mes billes et je dis : Stop ! Si la colère m'étouffe, aujourd'hui, je ne veux pourtant pas t'offrir une soupe aux gnons. Je préfère prendre le large, le temps de me secouer la pulpe, de m'aérer, refaire peau neuve.


Et il s'éclipsa sans un mot.


La nuit le prit dans ses bras et l'apaisa.  La nuit n'était plus la nuit, elle était comme ensoleillée...    

 

©Michèle Freud

 

 

 

 

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4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 05:35
Photo JDornac©

 

 

 

Comme la mer lorsqu’elle lance ses jupons d’écume pour faire l’amour avec le goéland

comme le roc tremblant sous l’effleurement

de la bruyère blanche

comme la neige épanouie contre l’épaule

du versant aux rêves océaniques

comme la pirouette de la cascade

certaine de l’attente du torrent.

VIVRE

en Ophélie que l’en entendrait enfin rire

en Orante de liturgies secrètes

en Amante des noces marines

vivre.

 

©Nicole Hardouin

 

 

 

 

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3 décembre 2019 2 03 /12 /décembre /2019 07:31

 

 

 

 

 

Deux larmes de cristal

Saisissent l’étrange silence

De la nuit

 

 

Un souffle d’amour

Vibre dans l’air parfumé

Dispersant à tous vents

L’arôme d’un rêve étoilé. 

 

 

©Eliane Hurtado

 

 

 

 

 

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2 décembre 2019 1 02 /12 /décembre /2019 07:31

Nouvel auteur, proposé par Michel Bénard, que j'accueille avec plaisir ! J'espère que vous lui réserverez un bon accueil !!

 

Nativité par Rosa Schweninger (1849–1918)

 

 

                                                           dédié à mon amie Elisabeth Mathieu
 

 

 

 

Dans l’obscurité d’une pauvre étable,

Avec l’âne et le bœuf pour seuls témoins,

En ce lieu, entre tous, le plus misérable,

Marie, donnant la vie, a serré les poings

 

Tenant emmailloté, contre elle, son tout petit,

Elle ne peut songer aux tourments de demain,

Et, tout en rendant grâce à Dieu de l’avoir choisie,

Sur le bras de Joseph, elle a posé sa main

 

Emerveillés par la présence de leur enfant,

Ils se regardent et se sourient avec tendresse,

Car le miracle pour eux maintenant,

C’est cet amour pour lui qui les transperce

 

Voilà que se font entendre des sonnailles,

Joseph et Marie voient, près de leur nouveau-né,

Des inconnus mettre un genou sur la paille,

Ce sont des troupeaux accourus, les bergers

 

Mais plus grand encore est leur étonnement,

Lorsque des vastes horizons lointains,

Des rois étrangers sont venus adorer l’enfant,

Et déposer à ses pieds de précieux parfums

 

Dans le ciel étoilé de cette nuit à nulle autre pareille,

Les anges ont porté au monde l’incroyable nouvelle,

L’humanité ne pouvait espérer plus grande merveille,

Que la naissance de son Sauveur, sa lumière éternelle

 

©Jean François Di Murro

 

Fait à Hendaye, le 01 décembre 2019

( Premier dimanche de l’Avent )  

 

 

 

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1 décembre 2019 7 01 /12 /décembre /2019 07:39

 

 

 

 

 

Voilà trois siècles, le Livradois-Forez était pratiquement dépourvu de forêt.
Avec l’exode progressif vers les grandes villes, la forêt a conquis ce territoire auvergnat jusqu’aux portes des villages.

 

Besace sur l’épaule avec leur ample blouse bleu foncé, c’est d’ici, de novembre à avril, que les scieurs de long partaient pour la Franche-Comté et le Nivernais jusqu’en Normandie.

 

Sur la roche-mère sont venus le soleil, la pluie et le vent.

Granite et roches cristallines ont accueilli l’humus, et l’équilibre s’est installé avec l’arbre.

 

Quittant le village de Saint-Amant-Roche-Savine, une ensoleillée d’octobre éclaire le coude d’un chemin pentu où s’égaye une colonie de fougères en robe d’automne.

Les fougères sont un monde sans fleur, sans fruit, sans graine, pareilles aux mousses.

Quand l’air se dessèche comme cet été durant les fortes chaleurs, la fougère laisse tomber sur le sol des quantités de cellules microscopiques appelées spores. Minuscules organes, elles évoquent le tissu primitif de l’algue ancestrale qu’on appelle le thalle où aura lieu la fécondation entre un organe mâle et un organe femelle ; alors la fougère prendra forme.

Ce qui est extraordinaire, c’est que la fougère s’obstine à témoigner, après des centaines de millions d’années, de ce que fut la première conquête de la terre.

 

Après avoir croisé l’alisier et le sorbier, je les aperçois dans l’air vif et le chant des grives.

Silhouette parfaitement conique s’élevant jusqu’à soixante mètres, tronc droit, écorce lisse gris argenté, le sapin pectiné est ici dans son aire naturelle.

Il côtoie le pin sylvestre, arbre de lumière à l’écorce moirée de craquelures roses. Son architecture se pare de mille fantaisies, ses branches se tordent, se coudent, s’élancent toujours vers la lumière.

Heureux des étés chauds et des hivers rigoureux, le pin sylvestre peut atteindre trois siècles.

 

L’arbre, compagnon de vie n’est jamais seul , il vit en symbiose avec les champignons ; les filaments souterrains des bolets et des chanterelles enserrent, étreignent les racines de l’arbre. Ces commensaux, hôtes bienfaisants aident l’arbre à déliter minéraux et roches, à libérer les indispensables éléments qui, sans eux, resteraient gîtés, inutiles dans le sol. C’est par eux que l’inerte azote de l’air entre dans le tourbillon de la vie, énorme fabrique d’aliments et engrais naturel pour l’arbre.

 

A l’orée d’une sapinière à myrtilles, le farouche pic noir attend, comme chaque année, la bécasse.

Tandis que là-haut, franchissant avec aisance le col du Béal, le milan nous dit :

            «  On va dans les étoiles et on ne sait toujours pas ce qui se passe sur le talus en face de chez soi… »

 

                                                         Automne deux mille dix-neuf,

                                                  au pays de Gaspard des Montagnes

 

 

©Roland Souchon


www.rolandsouchon.com  

 

 

 

 

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30 novembre 2019 6 30 /11 /novembre /2019 07:39

 

 

 

 

Dans le sillage incertain

Des signes jumelés

De nos flammes ravivées

Par le secret voilé,

Je me surprends à rêver

De peindre le poème

Et d’écrire l’icône,

Sur le désert d’une plage

Au sable mordoré.

Simples concordances

Entre lettrines rouges et or,

Juste à ce point où veille

Une forme nouvelle d’amour,

Que fertilisent l’écume et le sel

Sur l’orbe nacré

Des lèvres irisées

De la naissance du jour.  

 

©Michel Bénard.
 

 
 
 

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