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11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 08:21

 

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http://www.lecube.com/fr/le-silence-n-existe-pas-isabelle-bonte_851



Je hais ce tchadri fou qui voile ton visage
Ô femme amie, amante, épouse, mère aussi,
Toi la fleur dérobée au-delà de son âge :
Quand cessera le sort qui te tient à merci ?

Mais c’en est fait de lui. Au sortir de ta chambre,
Découverte, on verra de la même façon,
Que ta peau soit laiteuse ou bien qu’elle soit d’ambre,
Ton visage affranchi d’une vaine rançon.

Je sais que le soleil prépare des caresses
Pour embrasser ton front, tes tempes et ta main…
Attends, ne languis plus, s’annoncent les ivresses
De te livrer à lui. Rêve ! C’est pour demain.

Quand sous la lune avec ses cortèges d’étoiles
Un vent déjà murmure au fond de tes vergers,
Qu’il t’aidera s’il faut à soulever ces voiles,
Sans exposer ta vie à d’arrogants dangers.

Je t’aime d’un amour et fébrile et sincère
Et ta blessure laisse au plus profond de moi,
L’attente du moment qui fera ta misère,
Antique un souvenir où buvait ton effroi.

" J’ai tenu quelque instant à me tenir aux grilles
Du palais d’un vizir m’ayant couverte d’or,
Fait baigner, parfumer parmi toutes ses filles,
Goûter le miel, l’eau d’oranger, que sais-je encor "…

Tel était le récit brûlant de la Sagesse,
Désireuse de vivre avant que d’en parler,
L’amer enfermement de l’âme qu’on oppresse
Sans nom, car sans regard et qu’on vient de voiler.

Elle fut prise ainsi d’un étrange malaise
Irrépressible trouble au point qu’elle en a fui,
Puis m’a dit que : " savoir n’est que pure fadaise,
Quand subir ce néant est un mortel ennui " !

De quels féroces, noirs, instincts imaginaires,
Est sorti ce décret qui ramène au tombeau
Et ma mère et ma sœur, mon amante si chères,
À peine qu’elles ont déserté le berceau.

Et puisque tes doux yeux ont tari leur fontaine,
Je regarde plus loin, pour deux, sur l’horizon,
Mais en larmes qu’un jour, toi la Samaritaine,
Vienne te réveiller une aube de raison.

Dès lors, nous irons tous hors les murs de la ville
Nous réjouir des feux de tel autodafé,
Géhenne où brûleront le fouet, la toile vile
Dont ton visage tendre avait été coiffé.

Désormais cette chape, indigne flétrissure,
Enfin tombée aux pieds d’un sort libérateur,
Me fera contempler, ô ! l’exquise gageure,
Ta beauté mon amante et ma mère et ma sœur.

© Claude Gauthier
28 octobre 2001



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