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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 08:41

 

Coq-1.jpg

http://minisite.catho.be/echosdesclochers/2013/01/29/etre-reveille-par-le-chant-du-coq



Il se dit qu’une race asphyxiée en ville,
A compris non sans mal cette idée entre mille,
Qu’un bercail bienfaisant peut exister ailleurs,
Sûr asile longtemps moqué par les railleurs.
Nul n’y a, j’en conviens, jamais pêché la lune
Ne sut rien de Babel, si peu de Pampelune,
Mais dont les sains climats reniflent la santé,
Exit depuis longtemps des flancs de la Cité.
Après avoir cru trop, aux chants de ses sirènes,
Qu’une science aseptique au jeu de ses alènes
A cousu dans les tours de froids appartements,
L’homo sapiens tissa de sombres firmaments,
Ayant mis bout à bout kyrielles d’astuces
Mais, dans le même temps qu’il s’épargnait les puces,
Il empoisonnait l’air et goudronnait le sol,
Chacun de ses exploits générant un bémol.
Puis à force de temps, sevré de la nature,
Il ressentit de maux l’inexorable allure,
Au point que son instinct pour aller un peu mieux,
L’entraîna derechef vers de champêtres cieux.
Hélas, en transportant sa carcasse au village,
Pour se refaire un cœur, à peu près, un plumage,
Le quidam toujours plein de son programme urbain,
Vécut mal le transfert d’aller changer de bain.
Au point qu’il récusa, curieuse phobie,
Les évidents bonheurs des règles de la vie
Tous ces mille et un rien qui tissent champs et près,
Rameutant par réflexe, en somme, les progrès
D’un environnement dont on sait ce qu’il coûte !
Tout lui devient rival et le mit en déroute,
Les bruits et les odeurs de toute antiquité,
Leur préférant les mœurs de sa modernité…
C’est dire ses émois quand devançant l’aurore,
Selon son habitude et toujours et encore,
Fidèle à ses aïeux, juché sur un fatras,
Le coq de son voisin le sortit de ses draps.
Fini le vide abstrait d’une chambre insipide,
Le silence apeuré de son lever livide,
L’homme urbain n’aura plus de ses levers pâteux
Qui n’en finissent plus, qu’on soit jeune ou gâteux !
A tout instant ici, chaque chose se nomme,
Que ce soit en hiver, été, printemps, automne,
Le gallinacé n’a, visiblement qu’un but :
Brandir aube naissante un éclatant contre-ut !
Casqué comme un soldat cramponné sur sa terre,
Aussi haut qu’il le pousse, il rameute naguère,
C’est la glèbe qui corne et veut pour son réveil,
Que l’assiste et le coiffe un éternel soleil.
Au diable citadin ! Perclus comme aphasique,
Un nystagmus pour seule aventure athlétique,
Il ne saurait falloir que la moindre saison,
S’invalide et se plie à son diapason !
Oh ! vous, qui trop longtemps méprisâtes l’espace,
Vous recroquevillant dans votre urbaine nasse,
N’allez pas disputer avec le Coq gaulois,
Superbissime héros qu’inventèrent nos lois !
Si la Cité vous prit jusques à vous défaire,
Vous aurez pour guérir, à réapprendre à braire
Et souffrir sur vos seuils de mon âne l’encan,
Pour mieux accompagner de Chanteclerc le chant.

© Claude Gauthier



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