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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 09:20

 

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Savoir ce que vaut l’aune,
Craindre l’élan trompeur que masque un vain émoi,
Et quelque fort douteuse soit la faune :
Se méfier, d’abord de soi.

- Mon oncle, la nature, est vraiment merveilleuse -
Dit le jeune persan - accomplie en tous points,
Tant la Providence a, soucieuse
Voulut, nous prodiguer de soins !
Je viens, dans l’air léger d’en goûter la caresse,
D’en humer les parfums, chaviré par l’ivresse
D’exister. Ebloui dès le petit matin,
Par un décor fait de rosée ;
De chants d’oiseaux… lors me vint la visée,
De m’aller à la terre investir à temps plein !
-Si je t’ai bien compris, séduit par la campagne,
De vendange en moisson s’y veut fixer ton cœur ?
Je formule des vœux, que le ciel t’accompagne,
Dès lors qu’être manant doit assurer ton heur.
L’enfant ravi s’en va, d’autant qu’aucune alerte
De la part du parent n’en tempéra l’esprit,
Au prétexte possible d’une perte.
Ainsi, mektoub… c’était écrit !

Or, faut-il y voir un signe
Le même jour, à ciel couchant,
L’enfant pubère et dans la même ligne,
Se porte chez son oncle et confesse touchant :
- Ô frère de mon père,
Toi qui depuis toujours recueilles ces secrets,
Cachés à mes parents - ce qui ne leur va guère –
Avec mes sentiments je me trouve en procès
Tant un événement vient de changer ma vie… !
- Tu renonces aux champs, ce n’était que lubie… ?
- Non pas ! Mais écoute plutôt. Dans ce bazar
Où nos familles font couramment leurs emplettes,
Inimitable lys parmi mille toilettes
Je l’aperçus. Ô le charmant hasard,
Juste-là, fille du ciel tombée, et si belle,
Plus que ne fût jamais l’aimable tourterelle,
J’en tremble encor, mon oncle… prends mes mains,
Son aisance, son tour, d’épices ses parfums,
M’ont imprégné sans que je puisse
M’en défaire et cet émoi
Qui me chantourne au cœur, n’y vois pas caprice !
Je la devine assez, toute faite pour moi !
Est-ce un aval nouveau, celui d’une autre chance ?
Quand dans le même jour, matin naissant,
La nature m’émeut, puis à peu de distance,
Mon âme voit, se trouble et bouillonne mon sang !

L’homme d’âge sourit, qu’amuse le jeune homme,
Tout en lui fait théâtre ; en somme
Sa peau deux fois s’éprend, six heures ont suffit,
Flanquant l’avant, l’après, du soleil au zénith,
Pour qu’un charivari dupe l’âme immature.
Elle s’engage à fond sans n’avoir rien pesé,
Et l’absente raison fait déjà forfaiture…
L’aîné sait qu’en l’état, pour le moins abusé,
Ne servira de rien de tempérer le drôle,
Sachant depuis toujours que plus rien ne contrôle
Les fulgurances de l’humeur,
Quand un leurre pourvoit pour piéger un cœur.
Trop de serments d’une heure à l’autre,
Laisse à penser que l’étourdi
Fut-il loyal, le bel apôtre,
Aurait besoin des bons conseils d’un efendi.

L’oncle prudent : - Sans t’aller faire offenses :
Quelle heure était-il donc t’égayant dans les près,
De la même façon quand celle à qui tu penses,
S’empara de tes vœux… Que leurs apprêts,
Aient su par la grâce de francs mystères,
Subordonner d’un coup pour jamais tes repères,
Semble-t-il, c’est à l’aune d’un rien
Que je te recommande et sans perte de bien,
De filtrer ces amours neuves, au temps,
Dont le tamis d’un jour prévient les imprudents.
– Tout va… - Ecoute-moi, pour ta gouverne,
Ce temps que je te dis n’est jamais baliverne,
De l’horaire il s’agit, qui fait ou qui défait
Le chant du rossignol pour un âne qui brait.
- La nature au matin se paraît de l’aurore,
Quand j’en goûtais la recréation
Revivre ce moment et toujours et encore,
En quoi me reprocher cette dévotion ?
Quant à celle entrevue à peine, face à face,
En cette après-midi, chatoyante au soleil,
Son aisance, son ris, en un instant fugace,
M’ont convaincu de leur vermeil !

Le seul avis que je vais me permettre,
Si tu veux sagement en visiter la lettre,
Sera, d’éprouver bien la valeur de ton choix,
Qu’à grand dam il ne tourne en un chemin de croix.
A l’heure où tu la vis, va donc à la campagne,
Où tu gagnas les champs, assiste à son lever :
Ce qui dans les deux cas, pourrait fort t’éprouver,
Car tout passe si vite au pays de cocagne !

L’on ne sait si l’enfant y trouva son profit…
Mais prévenir est l’art majeur d’un bel esprit.

© Claude Gauthier



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