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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 09:29

 

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© Auguste Rodin



                                                             A Henry Claude Buret, mon ami


Je connais des douleurs
plus vastes que le monde
et que l’on voit à peine
dans le creux d’une main…
Des douleurs qui se couchent
dans le lit de la chair
pour atteindre le cœur
d’une flèche mortelle !...
Ah ! Si je pouvais prendre
le drame par les ailes
l’habiller de silence
lui dire la beauté
qui tourne dans nos veines
le mal n’oserait plus
s’infiltrer dans nos rêves
et la lumière enfin
passerait dans nos âmes
mais la souffrance hélas
entre dans notre corps
avec le premier cri…
Tu portes la ténèbre
et le chant de la fièvre
et de tes bras s’écoule
la force qui déchire
mais tu n’oseras pas
étreindre le bonheur
ce mot est bien trop grand
pour l’enfer de tes mains…

La tiédeur de la vie
se lève avec le jour
le regard peu à peu
va décrire les choses
pour délivrer l’image
et comprendre nos pas…
Le destin tu le sais
n'existe pas encore
il appartient au cœur
que tu mettras au monde
mais déjà le mal creuse
la tombe d’espérance
pour enfouir ta plainte
dans l’herbe de tes mots…
Refuse je t’en prie
de te laisser mourir…
Le murmure des pierres
est un triste voyage
où les yeux sont absents…
Le monde pleure
le songe perdu
engourdi sous la terre
et le ciel toujours noir
ne peut rien entendre
les hommes vivent trop loin
de l’artère du jour !...
Je connais ta douleur
plus vaste que le monde
mais dans les bras du temps
cette fièvre perfide
ne sera même plus
une tache de sang
à peine un souvenir
au large de ton souffle…

Je connais mon ami
des douleurs affamées
plus vastes que la vie
et qui tiennent hélas
dans le creux d’une main…
Penche ton visage
A la dérive du fleuve
ne vois-tu pas les heures
briser tes souvenirs ?...
Il n’est pas temps encore
pour entrer dans l’oubli…
Chasse l’ombre
qui blesse le soleil
renonce à la tristesse
ouvre les yeux de l’ange
et Suzanne… Suzanne
t’apparaîtra plus belle
plus douce que jamais
et la main sur le cœur
vous reprendrez enfin
votre duo d’amour…

© Victor Varjac
Antibes, le 28 février 2002


Extrait du recueil « Le Dragon de Poussière » aux éditions MELIS



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Published by jdor - dans Victor Varjac
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