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7 septembre 2017 4 07 /09 /septembre /2017 06:37
Illustration par Bertall de "La petite sirène" d'Andersen, 1876 (wikisource)
 
 
 
 
 
Ecoutez, le vent ne cesse de chanter cette histoire, une histoire de sirène et de sous-marin.
 
Il était une fois un jeune homme qui passait son temps à inventer des histoires abracadabrantesques. Un jour, il voulut se donner à fond dans une de ses aventures extravagantes dont on n’ose rêver tellement elles semblent inaccessibles…
 
Et chose des plus étonnantes, inattendues, impensables, farfelues, l’adolescent se mit à construire un petit sous-marin, toute en vitres transparentes. Par une belle matinée de printemps, des enfants qui jouaient sur la plage, remarquèrent au milieu des vagues, un drôle de bateau qui peu à peu s’enfonça dans les flots.
 
Que voulait-il ce mystérieux marin ? Il désirait tout simplement réaliser un rêve, tellement fou, tellement insensé qu’il n’en avait parlé à personne. Quel était donc ce rêve étrange ? Eh bien, il souhaitait écouter le chant d’une sirène, s’absorber dans ce chant, vivre par ce chant toute une éternité.
 
Ce marin en herbe naviguait tranquillement en eaux profondes, dans une lueur bleuâtre, parmi des poissons de toutes les couleurs, des plantes étranges et fascinantes. Il voguait dans un monde féerique où régnait un silence de cristal. Soudain, il l’entendit enfin, ce chant rêvé, cette mélodie harmonieuse, enchanteresse, cette voix encore plus belle que la plus belle des voix humaines. Il but comme un précieux nectar toutes ces notes de musique. Il s’en imprégna, il s’en enveloppa. C’était un régal, une jubilation de tous ses sens. En même temps, il ressentait dans tout son être une douceur quasiment magique. C’est dans cet état d’euphorie qu’il l’aperçut, la sirène, sublime vision qui paracheva l’enchantement. Attirée par ce curieux bateau qui ressemblait à un gros poisson blanc, elle se rapprocha, peu à peu. Alors, il se virent mieux, ils se regardèrent, il se découvrirent, ils s’émerveillèrent. Il la trouva belle : sa peau avait la fraîcheur et la délicatesse d’un pétale de rose, dans ses yeux fleurissaient des bleuets et ses longs cheveux d’ébène portaient une couronne d’anémones.
 
Elle le trouva beau avec ses cheveux blonds, lumineux comme un soleil et sa drôle d’écharpe verte autour du cou.
 
D’un bond, la sirène vint tout près de la paroi de verre, elle étendit ses mains contre les mains du jeune homme, mit sa joue contre sa joue, ses lèvres contre ses lèvres. Mais comment s’aimer d’avantage ? Un mur transparent, infranchissable, les séparait. Mais un mur qui pouvait se briser…
 
D’un côté, la vie, de l’autre, la mort. Le marin n’hésita pas. une seule étreinte, mais pour l’éternité… 
 
©Michèle Freud




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